Georges Chapouthier

  • Comment rendre l'homme meilleur ? Face à des morales classiques qui veulent endiguer ou humaniser en l'homme la part animale, ce livre propose une réponse inattendue. En étudiant les animaux, l'éthologie a montré qu'à leurs aptitudes cognitives, longtemps insoupçonnées, étaient jointes des aptitudes émotionnelles et affectives étonnantes, souvent laissées en friche chez l'homme. S'ils savaient retrouver ces facultés animales oubliées, s'ils développaient par l'éducation ces ressources affectives, les êtres humains ne pourraient-ils pas développer des sociétés plus altruistes, plus justes et plus paisibles ? En s'appuyant sur les découvertes récentes concernant l'intelligence et le comportement des animaux, Georges Chapouthier suggère qu'il serait possible de rendre l'homme plus « humain » en réveillant en lui le meilleur de l'animal. Pour sauver l'homme de sa violence, la culture ne doit pas le couper de la nature, mais l'inviter à retrouver en lui sa nature et ses émotions animales. Georges Chapouthier, biologiste et philosophe, est directeur de recherche émérite au CNRS. Il a publié de nombreux livres sur le cerveau et sur les animaux, notamment Biologie de la mémoire, L'Homme, ce singe en mosaïque.

  • C'est grâce à la mémoire que nous nous rappelons qui nous sommes, qui sont nos proches, où nous habitons, ce que nous devons faire aujourd'hui... C'est grâce à elle que nous parlons plusieurs langues, que nous fredonnons des chansons, que nous conduisons notre voiture sans y penser et que nous retrouvons nos clefs. Et lorsqu'elle s'effondre, nous en perdons notre identité. Dans ce livre complet et limpide, Georges Chapouthier, l'un de nos meilleurs spécialistes, fait la synthèse de ce que nous avons appris ces trente dernières années sur les différents types de mémoire et sur la mosaïque de leurs mécanismes moléculaires. Il montre aussi que la mémoire a partie liée avec l'anxiété. Georges Chapouthier, directeur de recherche au CNRS, anime une équipe du laboratoire « Vulnérabilité, adaptation et psychopathologie » à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière de l'université Pierre-et-Marie-Curie. Il a publié L'Homme, ce singe en mosaïque.

  • On connaît bien le mécanisme de la sélection naturelle par lequel l'évolution favorise les individus et les espèces les mieux adaptés à leur environnement. Mais comment l'évolution fait-elle pour construire des êtres de plus en plus complexes ? Georges Chapouthier montre que l'évolution construit les organismes vivants en juxtaposant des organismes élémentaires puis en les intégrant par spécialisation de chacun dans des fonctions spécifiques. C'est ainsi que des colonies de coraux peuvent s'étendre sur plusieurs kilomètres. Et, pour autant que chaque élément ne perd pas son individualité, un organisme apparaît alors comme une mosaïque. Selon Georges Chapouthier, cette loi régit non seulement la constitution des organismes supérieurs, mais encore celle de notre cerveau et de nos sociétés. L'émergence de la pensée comme de la liberté s'explique par ce mode de construction en mosaïque qui préserve l'identité des éléments et donc leur diversité. Georges Chapouthier est directeur de recherche au CNRS. Il anime une équipe de l'unité mixte de recherche sur la vulnérabilité, l'adaptation et la psychopathologie à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière.

  • Nous, êtres humains, sommes issus d'une longue évolution, minérale et cosmique d'abord, biologique et terrestre ensuite. Pour certains, nous aurions définitivement rompu avec un héritage ancestral qui faisait de nous des bêtes. Nous seuls serions capables du sens du bien et du sens du beau. Nous seuls serions doués de morale. Il existerait ainsi un fossé infranchissable entre le grand philosophe Emmanuel Kant et nos cousins les chimpanzés ! Ou bien, au contraire, faut-il considérer que la morale et l'esthétique chez l'homme plongent leurs racines dans le terreau de la « nature » ? Les animaux ne sont-ils pas eux aussi capables de dévouement pour leurs proches ? Nos cousins les primates ne peuvent-ils pas éprouver eux aussi des sentiments en face d'une belle (d'un beau) chimpanzé ? Bref, la découverte des « cultures animales » n'amène-t-elle pas à concevoir davantage de continuité entre l'homme et l'animal ?

  • Pérenniser la mémoire est certainement l'une des plus grandes aventures d'Homo sapiens. En complément de l'évolution biologique fort lente des capacités cérébrales – dont il a particulièrement bénéficié – il lui faut inventer.

    Pérenniser la mémoire est certainement l'une des plus grandes aventures d'
    Homo sapiens. En complément de l'évolution biologique fort lente des capacités cérébrales – dont il a particulièrement bénéficié – il lui faut inventer. D'abord dessiner et peindre, puis construire des écritures, avec des symboles et des règles. Sur des tablettes d'argile, de bois, de feuilles, de papyrus, de soie, de parchemin, de papier... En enregistrant ainsi ses idées et ses textes, ses nombres et ses équations, ses chants et ses philosophies, il démontre et développe son agilité intellectuelle, son désir de surmonter sa finitude, de transmettre une trace à ses descendants.

    Puis l'aventure s'emballe. La machine mesure, des automates enregistrent, mieux et bien plus vite que la main ne peut écrire. Enfin, la machine, encore, convertit toute information en nombres. Désormais la mémoire se blottit au cœur des atomes et s'évapore dans les nuages. Elle est traitée, se transforme et se communique instantanément dans le monde entier. Un être humain peut disposer du savoir de l'Humanité dans la paume de sa main. Une telle accélération exponentielle de la croissance des techniques nous promet des transformations radicales du monde au cœur du XXIe siècle. Cet ouvrage propose ainsi une fresque continue depuis le génome, registre de notre personne et de notre espèce, jusqu'aux promesses et aux risques des
    Big Data.

    Préface de Yves Quéré

    Postface de Hubert Reeves

  • L'histoire des relations entre l'homme et l'animal est faite de cruauté, de fascination, d'asservissement, de vie partagée et parfois d'amour fou. Une ambiguïté particulièrement troublante pour les chercheurs en biologie qui peuvent, tout en aimant les animaux, les utiliser pour faire progresser les connaissances scientifiques et médicales. Françoise Tristani-Potteaux raconte le parcours de Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe qui a vécu cette difficile contradiction. Elle revisite son oeuvre, analyse les événements, les interrogations et les désarrois qui l'ont conduit à devenir, tout en poursuivant une brillante carrière scientifique, un militant des droits de l'animal.Entre récits d'enfance, souvenirs furtifs, rencontres amicales et découvertes étonnantes sur la mémoire et l'anxiété, ce récit vivant et accessible permet d'entrer dans les coulisses de l'aventure scientifique. Et de suivre le parcours intellectuel d'un chercheur qui, depuis sa passion pour les ours en peluche jusqu'au travail mené avec ses souris de laboratoire, en passant par une longue amitié avec des chimpanzés, nous fait partager sa réflexion sur l'injuste statut de l'animal et sur son destin, indissociable du nôtre.

  • Astres, villes, vivant, robots : quatre objets d'études apparemment profondément différents les uns des autres. Et pourtant, les analogies sont nombreuses. Tous ont un rapport très fort à la simplicité – la Nature, comme les hommes, choisit les procédés les plus simples possibles –, à la symétrie, à la cohérence. Tous sont soumis à l'entropie – le désordre les gagne –, tous ont une complexité qui s'accroît selon une évolution tout à la fois darwinienne – qui conduit, par sélection, à une meilleure adaptation – et en mosaïque – juxtaposition d'entités de même ordre de complexité qui, tout en conservant une autonomie certaine, sont intégrées dans des structures plus vastes, où le tout est supérieur à la partie. L'architecture des astres, des villes, des robots, est donc éminemment semblable à celle des systèmes les plus complexes qu'il nous soit donné d'appréhender : les organismes vivants. Dire que la complexité du vivant mime celle du monde matériel revient à constater que le cerveau, construit sur les mêmes bases que le reste de l'Univers, peut intégrer les lois du monde, et ainsi créer des villes ou de l'intelligence artificielle fondées sur ces mêmes lois. Un dialogue entre quatre disciplines en apparence étrangères les unes aux autres, riche d'enseignements et propre à susciter les questionnements et les débats.

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