Francoise Naudillon

  • Yasmina Khadra est sans doute l'écrivain algérien le plus singulier passé au feu des médias en cette fin de millénaire. Auteur de romans policiers et ancien militaire, il écrit sous un pseudonyme féminin. Aussitôt publiés, ses romans policiers sont traduits dans 11 langues. Du jamais vu. Fascination ou répulsion, Yasmina Khadra ne laisse personne indifférent. Sa démission spectaculaire de l'armée algérienne, son installation en France avec sa famille, sa croyance inébranlable dans le pouvoir des mots et de la littérature, sont sans doute la marque d'un tempérament entier dont on trouve les échos dans le portrait systématique d'une société algérienne en proie à la guerre civile depuis plus de 10 ans. Ce livre propose une analyse de l'ouvre de l'un des maîtres de l'anthropolar.

  • Cet essai, Tristes Tropismes, convie à un voyage rare, inédit, troublant autant que fascinant dans les imaginaires littéraires de lieux aussi différents que le Japon, les pays du Maghreb, l'Afrique noire ou les Caraïbes. De l'Extrême-Orient au Moyen-Orient, de l'Afrique aux Amériques, c'est l'avènement de la weltliteratur (littérature universelle) rêvée par Goethe. À l'heure de l'internet et des groupes multimédias, comment se lit, se dit, se commente la littérature des autres ? « Invariants culturels » ? « Universaux » ? Tristes Tropismes invite à la lecture des clichés, des poncifs et autres lieux communs médiatiques où l'Autre se dérobe. Mais au terme de cette enquête apparaissent, en filigrane, les règles déroutantes de la médiatisation de l'altérité. Car, en parlant de l'Autre, on parle toujours de Soi. Tristes Tropismes est aussi un plaidoyer pour l'avènement de l'Universel au travers des particularismes.

  • Images et mirages des migrations dans les littératures et les cinémas d'Afrique francophone évoque les thèmes de l'errance et de l'exil dans les productions littéraires et cinématographiques d'Afrique et de la diaspora. Comment se négocient les notions d'espace de soi versus espace de l'autre sur les plans culturels et professionnels? Dans ce rapport postcolonial, comment se vivent l'idéologie communautaire ou le fardeau familial des immigrants au contact de l'individualisme occidental? Quelles solutions sont proposées face aux questions de race, de citoyenneté, de légalité, d'égalité et de préférence épidermique? Au plan esthétique, quels sont les aspects de la représentation du migrant (comiques et dramatiques, esthétiques, etc.) qui sont privilégiés? Comment sont mises en scène les rencontres? Comment éviter les dérives identitaires sur fond de préjugés raciaux et culturels? Comment organiser le vivre-ensemble à l'ère de la mondialisation? Les auteurs interrogent-de Herzog à Sembène Ousmane, de Tahar Ben Jelloun à Dany Laferrière, d'Henri Lopès à Alain Gomis, de Mahmoud Zemmouri à Marie Binet- les espaces migrants, symboliques ou réels et leurs représentations.

  • Le féminin dans les lettres francophones est un complexe de métadiscours et de représentations parfois engagées, parfois ambivalentes, mais toutes très parlantes : ces rhétoriques pointent à l'horizon des nouvelles productions littéraires les enjeux d'une partie des littératures francophones où la femme - et subséquemment le féminin -, quitte le décor pour prendre la scène, et désavoue le rôle de la victime pour échanger le pilon contre le crayon.

  • Le présent dossier s'articule autour d'une problématique peu étudiée dans le champ des littératures francophones : les enjeux critiques et les modalités figuratives du corps. La francophonie dont il est question dans les réflexions en présence est celle que l'on situe généralement en dehors de l'espace occidental, tout en y incluant le Québec[1].

    Souvent perçues comme de nouvelles littératures ou des littératures émergentes, les littératures francophones jouissent d'une considération critique et institutionnelle croissante, dont l'historiographie permet de voir qu'elles sont le résultat de plusieurs tentatives successives de délimitation et de détutélarisation par rapport notamment au champ littéraire français. Dans cet élan de délimitation et de spécification de productions littéraires en langue française, issues d'autres contextes géographiques, culturels et politiques, contextes marqués le plus souvent par un multilinguisme notoire, on observe que plusieurs paradigmes ont été convoqués, dont celui de l'identité et de l'altérité.

    Cette approche identitaire des textes francophones a par exemple mis de l'avant le paradigme racial dans la forte orientation donnée par le mouvement de la négritude depuis les années 1940 jusqu'aux années 1970 du siècle dernier. C'est la présence avérée des liens - évidents dans le cas de la négritude - entre écritures francophones et corps d'une part, et leurs implications critiques et théoriques d'autre part, qui justifie les réflexions réunies dans le présent dossier.

  • « Un élargissement des frontières herméneutiques de la spatialité littéraire et
    cinématographique en francophonie constitue un important et nécessaire moment de réflexion que les études réunies dans ce volume veulent marquer. »

    Cet ouvrage est l'un des premiers travaux scientifiques consacrés aux littératures et aux cinémas francophones sous l'angle d'une géocritique postcoloniale. Développée au début des années 2000 autour des travaux de Bertrand Westphal, la géocritique est un nouveau champ d'étude de la représentation des espaces référentiels dans les narrations littéraires et non littéraires. Cet ouvrage en analyse les potentialités
    sémantiques dans les textes et les films francophones contemporains et montre comment des villes comme Dakar, Bizerte, Paris, Port-au-Prince, Libreville, Cyrthe ou le Cap révèlent de nouvelles topographies
    urbaines dont les formes architecturales et les histoires humaines sont reconstruites de manière surprenante dans les romans et les films francophones.

    Collaborateurs : Françoise Naudillon, Mbaye Diouf, Sihem Sidaoui, Obed Nkunzimana, Sada Niang, Whitney Bevill, Mouhamadou Cissé, Morgan Faulkner, Srilata Ravi, Josias Semujanga, Vincent Simédoh, Désiré Nyela, Kodjo Attikpoé, Lamia Mecheri.

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