Philippe Urfalino

  • On tend à prêter trop ou trop peu à la décision collective. Pour certains, cette notion qui renvoie aux assemblées, comités, commissions, corps électoraux et aux divers groupes amenés à faire des choix, aurait le pouvoir d'établir une communauté ; pour d'autres, elle ne serait qu'une technique de sélection entre différentes options. C'est sur la ligne de crête entre le fantasme de l'auto-institution et la vision procédurale, que chemine l'ouvrage de Philippe Urfalino et que se révèle son originalité.
    Car l'auteur change entièrement la perspective que l'économie ou les sciences sociales ont privilégiée jusqu'alors : bien plus qu'un mécanisme de coordination entre une pluralité d'acteurs, il voit dans la décision collective un phénomène normatif, le moment de la formation d'une obligation. Car décider n'est pas seulement choisir, c'est aussi produire l'obligation d'agir et de se soumettre à la décision. C'est parce que cette dernière est prise au nom d'un tout dont les protagonistes sont les parties qu'elle parvient à s'imposer comme l'expression acceptable de la volonté commune. À ce titre, la décision collective n'est pas le fait d'un agrégat d'individus, mais celui d'un collectif. D'où les questions : qu'est-ce qu'un corps délibérant ? Qu'est-ce qu'une délibération collective ? Quelles sont les conditions sous lesquelles il est justifié de se soumettre à la décision prise ?
    À partir de nombreux cas empiriques, empruntés à un large échantillon de sociétés et d'époques, l'auteur répond à ces interrogations, proposant ainsi une théorie sociologique de la décision collective.

    Philippe Urfalino, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, après des recherches sur les politiques culturelles (L'Invention de la politique culturelle, Fayard, 2004) et les marchés du médicaments (Le grand méchant loup pharmaceutique, Textuel, 2005) est devenu un spécialiste reconnu de la décision collective.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les onze essais sur la politique et la culture en France réunis dans cet ouvrage livrent onze coups de sonde, onze manières de rendre intelligibles différentes facettes de la vie politique et intellectuelle de l'hexagone, le plus souvent à partir d'un regard qui embrasse trente, voire cinquante années de son évolution.

    Ils couvrent quatre grands thèmes : la situation politique du pays à la veille des élections présidentielles de 2007, la place de la France dans les relations entre l'Ouest et l'Est de l'Europe avant et après la chute du mur de Berlin, l'articulation entre politique et culture dans la vie intellectuelle française, et enfin les avatars de l'État modernisateur.

    Leur point commun est d'emprunter l'une ou plusieurs des voies d'analyse dont la fécondité a été démontrée par l'oeuvre du sociologue et historien Pierre Grémion, spécialiste reconnu de la vie politique et intellectuelle française de la seconde partie du xxe siècle, à qui ce livre rend hommage.

    Philippe Urfalino, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, dirige le Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS/CNRS).
    Martha Zuber est Executive Director de la Society for the Advancement of Socio-Economics (SASE).

    Ont contribué à cet ouvrage : Suzanne Berger, Volker Berghahn, Goulven Boudic, Pierre Hassner, Jack Hayward, Stanley Hoffmann, Marc Lazar, Olivier Mongin, Jacques Rupnik, Antoine de Tarlé et Catherine Vilkas.

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