Presses universitaires François-Rabelais

  • L'espace urbain a toujours été le lieu de la manifestation d'utopies ou d'expérimentations qui sont la traduction de recherches prospectives quant à l'habiter, de la demeure individuelle ou collective, aux édifices publics, religieux ou profanes. Ces prospectives dans lesquelles l'esprit et l'art des lieux s'affirment par une forte identité sont aussi souvent liées à des mouvements artistiques et/ou des avantgardes d'idées. Par définition, elles sont porteuses d'intentions fortes qui suscitent une interrogation sur leurs sens multiples, alimentant un débat public intense. L'argumentaire mis au jour à cette occasion constitue une part importante de leur communication-médiation.

  • La mondialisation de l'économie, d'une part, les limites d'une planification urbaine procédant principalement par normes et réglementations, d'autre part, ont conduit les villes méditerranéennes à imiter les grandes métropoles mondiales en se tournant vers une programmation plus stratégique et plus flexible de leur développement et de leur aménagement. En Méditerranée comme ailleurs, prendre place dans la compétition internationale et attirer des flux croissants d'investissements internationalement mobiles devient un enjeu décisif qui conditionne fortement l'adoption d'un "projet urbain", caractérisé le plus souvent par de grandes opérations d'urbanisme à caractère emblématique. Cet ouvrage, faisant suite au colloque du Groupe de Recherches sur les Espaces et les Réseaux du Bassin Méditerranéen (GRERBAM) organisé à Barcelone en mai 2000 avec la collaboration de l'Institut Catala de la Mediterrania, s'interroge sur les conditions de mise en oeuvre du projet urbain dans le contexte spécifique des villes méditerranéennes. Soumises souvent à deux menaces, tantôt alternatives, tantôt complémentaires, de marginalisation périphérique et de métropolisation mal-maîtrisée, comment les villes méditerranéennes peuvent-elles penser leur projet urbain ? Quels atouts cherchent-elles à valoriser au travers de leurs plans stratégiques de développement pour se positionner sur le marché mondialisé des territoires ? Quelles sont les implications sociales, culturelles, urbanistiques de ces projets ? Telles sont quelques-unes des questions principales qui traversent les différents chapitres rédigés par des spécialistes des espaces méditerranéens, croisant leurs approches interdisciplinaires en partant d'exemples observés sur l'ensemble du pourtour méditerranéen.

  • Le centre de recherches " Ville Société Territoire " affilié à la M.S.H. de Tours a organisé en novembre 2000 des journées d'études pluridisciplinaires consacrées aux questions d'ordre méthodologique et réflexif posées par l'analyse des territoires. Cet ouvrage est issu des travaux de plus de 70 participants, qui ont porté notamment sur les échelles et enchevêtrements des territoires, les dynamiques spatiales et les légitimités, les pratiques et les vécus. Les approches ont été menées tant par des sociologues que des géographes, des économistes ou des aménageurs, l'un des objectifs étant de proposer un regard croisé sur un concept largement utilisé, sans doute trop, et rarement défini ou justifié. Il paraissait donc utile d'amener les chercheurs en sciences sociales à préciser leur lecture non pas des territoires mais du mot, du concept et de leurs usages. Ce livre n'est pas l'exposé intégral des contributions, trop nombreuses, disponibles toutefois sur CD-rom à la M.S.H., mais résulte d'un travail de mise en forme et de synthèse, dont les auteurs espèrent qu'il contribuera à éclairer la réflexion commune à toutes les sciences sociales sur le territoire.

  • Apparue dans le champ historique avec les travaux fondateurs de Maurice Agulhon, la notion de sociabilité s'est révélée une grille d'analyse pertinente pour une histoire socio-culturelle attachée à comprendre les transformations du siècle des Lumières, les mutations de la culture politique et la genèse de l'opinion publique, le passage d'une société aristocratique à une société bourgeoise et le lien entre l'émergence d'une sphère publique et l'expansion d'un capitalisme commercial. Ces problématiques sont au coeur des sujets abordés dans ce volume, qui s'intéresse à un type spécifique de sociabilités urbaines : celles, plutôt élitaires, qui ont été regardées comme les laboratoires d'idéaux nouveaux, étrangers, sinon antagoniques avec ceux de l'univers de la cour. Les contributions rassemblées soumettent à un nouvel examen et nuancent le schéma de la formation, entre le xviie et le xviiie siècle, d'un espace public urbain défini par sa différence avec la cour ou les académies, ou par opposition à la sphère privée, domestique, à l'espace du secret initiatique ou encore au domaine clos des cabinets et des galeries scientifiques et artistiques.

  • Cet ouvrage propose de considérer l'étude de la dimension spatiale et territoriale des conflits comme une modalité privilégiée de l'analyse de la territorialisation de l'action publique. Les recherches présentées ici ont pour ambition non seulement d'analyser les causes et effets de conflits et controverses, mais surtout d'interroger les cadres d'interprétations et les notions utilisées pour rendre compte de situations de conflits d'usages, d'aménagement, d'environnement ou de luttes politiques. La généralisation de controverses et conflits liés à des oppositions entre usagers d'un espace ou à des projets publics donne lieu à des interprétations opposées : pour certains, crise de la capacité des pouvoirs publics à incarner l'intérêt général, pour d'autres, expression d'une demande de prévisibilité face à l'incertitude des évolutions urbaines, mise en place d'une démocratie participative ou simplement manifestation d'une volonté de repli sur les espaces de l'homogénéité sociale stigmatisée comme NIMBY. La généralisation de controverses et conflits liés à des oppositions entre usagers d'un espace ou à des projets publics donne lieu à des interprétations opposées : pour certains, crise de la capacité des pouvoirs publics à incarner l'intérêt général, pour d'autres, expression d'une demande de prévisibilité face à l'incertitude des évolutions urbaines, mise en place d'une démocratie participative ou simplement manifestation d'une volonté de repli sur les espaces de l'homogénéité sociale stigmatisée comme NIMBY.

  • Y-a-t'il une pertinence à étudier la place et le rôle des femmes dans les villes ? La ville est un miroir concret des normes de genres et elle est aussi, à travers les choix politiques, l'un des outils de la régulation sociale. Comme expression de la différenciation des sexes, la ville donne à voir les normes qui régissent les comportements collectifs en la matière dans ce qu'elles ont de légal, d'implicite, de caché, d'interdit, de valorisé. Elle montre les archaïsmes et les évolutions, les transitions et les pérennités. Elle fonctionne comme une loupe permettant de mettre en évidence la matérialité de pratiques souvent symboliques. En rétro-action, cet éclairage des fonctionnements et dysfonctionnements sociaux doit pouvoir servir les politiques urbaines en particulier pour leurs orientations vers l'égalité des droits. Du moins, pour autant que les rôles de sexe soient porteurs de dysfonctionnement, ce sur quoi l'analyse des situations urbaines nous éclaire. Les voies de recherche et leurs implications dans l'action politique, au sens le plus large, sont très vastes lorsqu'on confronte les études urbaines et les études sur le genre. Les textes de cet ouvrage amorcent des débats sur la sécurité, les choix résidentiels, la mobilité, l'émancipation notamment. Mais au delà, ce sont les liens entre l'action et la connaissance, la ville et les normes sociales, les territoires urbains et leurs significations qui sont interrogés. La réciprocité de l'étude et de l'action est au coeur de la réflexion sur Femmes et Villes. Comment la ville peut-elle informer la réflexion sur les normes sociales de sexe ? En quoi cela peut-il servir les politiques urbaines ? Voilà les deux questions qui traversent les études présentées à Tours lors du colloque Femmes et Villes de mars 2002, dont cet ouvrage est la restitution.

  • À partir de travaux de terrain sociologiques et anthropologiques, ce recueil se propose d'explorer quelques unes des multiples formes de manifestation du politique, à des échelles différentes et à partir d'une diversité d'objets : institutions et structures étatiques, associations, espaces résidentiels, mobilisations sociales, mouvements religieux, sémantiques de la « citoyenneté » ou de la « gouvernance ». L'ouvrage s'intéresse avant tout aux nouveaux modes de production du politique. Cette perspective conduira les auteurs à revenir sur les définitions même du politique. Les problématiques les plus répandues tendent à instituer une coupure entre « politique » et « vie quotidienne », opposant « acteurs » des rapports de pouvoir globaux et groupes sociaux repliés sur le local, opposant aussi à un autre niveau pays du Nord et pays du Sud. Comment dépasser ces dichotomies ? Les contributions présentées ici tentent de proposer quelques pistes en montrant l'imbrication des différents niveaux et formes du politique. La plupart prennent pour objet de départ des politiques publiques : mise en oeuvre au niveau local des lois françaises concernant la démocratie participative, politiques municipales de mise en valeur du patrimoine historique, politiques d'aménagement urbain au Mexique, processus électoraux liés à la politique de décentralisation au Mali. Les auteurs exploreront alors les dispositifs pratiques élaborés par les populations concernées. Certains auteurs adoptent un autre angle d'attaque, focalisant leurs observations sur les modalités de construction d'un territoire à la fois spatial et social (néo-ruraux des Cévennes et mouvements religieux au Mali). Les structures politiques et les dispositifs de pouvoir seront alors lus à travers les formes culturelles et symboliques produites « en bas ».

  • Le système d'information devient le pivot du pilotage des organisations confrontées à un environnement complexe. La dimension informationnelle des différentes activités, le caractère stratégique de l'information, la prise en compte du jeu des acteurs, la question centrale de la mémoire des organisations, l'impact du numérique... Autant de facteurs qui incitent les chercheurs en sciences de l'information et de la communication à développer les recherches dans ce contexte managérial. Cet ouvrage rassemble les textes issus du colloque international qui a permis d'alimenter la réflexion scientifique sur l'information dans les organisations. Il aborde des questions relatives : - au lien information-organisation, - aux systèmes d'information, - à la représentation des connaissances, - à la construction collective du savoir et au travail coopératif, - à la compréhension du besoin informationnel et à la modélisation des pratiques, - à l'impact du numérique et à la « mémoire sociale ». La diversité des approches proposées, le réel recul critique exercé et la réflexion scientifique engagée permettent de contribuer de façon originale aux questionnements en cours.

  • Le présent ouvrage rend compte du colloque Continu et discontinu dans l'espace géographique tenu à la «Maison des Sciences de la Ville» de Tours en novembre 2002. On n'y lira pas le grand combat des « continuistes et des discontinuistes » mais une occasion de dialogue entre sciences de la nature et sciences sociales pour tenter de penser les deux concepts dans leur opposition, forme classique, et aussi dans leur complémentarité, ce qui est plus novateur. Au départ, un ensemble de travaux menées à l'initiative de Michel Lecompte autour du Bassin méditerranéen et dans les Alpes a ouvert la voie à une relecture de la géographique de la végétation aux échelles moyennes de l'espace biophysique. La « phytoclimatologie dynamique » qui en est issue a mis en lumière l'importance de l'analyse des configurations spatiales, du monde de variation - continu ou discontinu - des phénomènes biologiques et physiques dans l'espace géographique. Cette interrogation participe à celle de la géographie, considérée comme un tout, auquel d'autres champs de réflexion se trouvent, de fait, associés, puisque l'espace géographique n'est pas seulement affaire de géographes. De cette expérience, de la volonté d'en rendre compte à l'ensemble de la communauté des géographes et, au-delà, à tous ceux que l'organisation de l'espace géographique ne laisse pas indifférent, est ainsi né le désir de réunir les personnes qui ont pu se poser des questions semblables dans l'autres domaines que celui de la biogéographie. Après une longue introduction, l'ouvrage propose vingt textes de vingt-huit auteurs (surtout géographes mais aussi écologues, archéologue ...). Les écrits sont certes variés puisque la géomorphologie fluviale côtoie l'urbain, la dimension technique la fête, la frontière les réseaux et la cartographie les représentations, mais toujours accordées au sujet, débordant largement du factuel pour proposer des réflexions riches. Le découpage en quatre parties permet un cheminement cohérent. D'abord, six auteurs s'attaquent à « saisir les formes de l'espace géographique ». Ensuite, cinq autres discutent du continu et du discontinu au sein des « interactions sociétés-nature ». La troisième partie composée de quatre écrits, ne peut éviter de s'interroger sur « frontières et limites » où continu et discontinu sont si prégnants. Enfin, ils sont cinq également à tenter d'aller « au-delà du dualisme continu-discontinu », entreprise certes pas toujours évidente mais qui fournit ici quelques pistes subtiles, dialectiques et relativistes.

  • Durant l'époque coloniale, en Algérie, en Libye, au Maroc et en Tunisie, se côtoient différents types d'architectures dites « orientalistes », « arabisantes », « néo-mauresques », « méditerranéennes ». De la même façon, des créations postcoloniales intègrent les éléments du répertoire de l'architecture traditionnelle et du patrimoine vernaculaire maghrébin. Ce livre explore ces créations inventées à partir de modèles patrimoniaux et traditionnels locaux. Il offre une meilleure compréhension de la physionomie des villes maghrébines actuelles. Les auteurs, des chercheurs issus des différentes disciplines des sciences humaines et sociales, reviennent sur le sens que donnent à ces architectures les différents acteurs des sociétés du Maghreb, aux xixe et xxe siècles. Ces architectures sont représentatives des politiques idéologiques, identitaires, économiques, sociales et touristiques de leur époque. Cet ouvrage offre ainsi un large panorama des différentes inventions architecturales nées de l'observation du patrimoine et des traditions constructives du Maghreb, aux xixe et xxe siècles.

  • Destinée à promouvoir une recherche fondamentale pluridisciplinaire, l'Action Concertée Incitative Ville (ACIV) créée par le Ministère de la Recherche visait au renouvellement des problématiques, afin de mieux comprendre les enjeux urbains contemporains, les transformations en cours et d'anticiper les évolutions. Cet ouvrage dresse l'inventaire des recherches soutenues lors des quatre années de programmation de l'ACIV. Les deux tomes rassemblent 143 contributions qui manifestent, de la part d'équipes « confirmées », de « jeunes » chercheurs ou de doctorants, le foisonnement et la richesse des thèmes, des problématiques, des méthodes et des terrains. Ces contributions qui rendent compte des recherches financées par l'ACIV et des allocations de thèse soutenues par elle, s'organisent autour de six thématiques : « Formes urbaines, cultures et modes de vie », « Cohésion sociale et citoyenneté », « Modifications d'échelles, recomposition des systèmes territoriaux et gouvernance », « Cultures urbanistiques : des sources de l'histoire urbaine au développement urbain durable », « Milieux physiques, ambiances urbaines et technologies », « Management, gestion et systèmes techniques ». La postface ouvre, quant à elle, une réflexion critique et prospective « à plusieurs voix » sur le devenir de la recherche urbaine.

empty