Presses des Mines

  • Demain, la Chine ouverte ? Nouv.

    Loin de l'image d'Epinal d'un pays fermé, mercantiliste et au protectionnisme agressif, la Chine cherche aujourd'hui à normaliser son économie et à intégrer pleinement le multilatéralisme mondial. En effet, dans beaucoup de secteurs, la Chine a atteint la même maturité industrielle que les entreprises occidentales. Pour continuer à se développer, ses champions nationaux ont besoin d'un cadre compétitif propice aux innovations plutôt que d'un blocage de la concurrence par le gouvernement.
    Pour autant, les entreprises occidentales connaissent désormais de plus en plus de difficultés pour pénétrer le marché chinois. Cet ouvrage dresse le portrait de la Chine d'aujourd'hui, entre libéralisation et nationalisme. A partir d'une série d'entretiens menés auprès de responsables industriels, il propose également une typologie originale de secteurs du marché chinois selon leur degré d'ouverture.
    Sans prétendre à l'exhaustivité, cette typologie a pour but de livrer des conseils utiles et des bonnes pratiques aux responsables industriels voulant investir en Chine. Ce Doc de La Fabrique s'adresse à toutes les personnes intéressées par l'économie chinoise, et notamment aux dirigeants d'entreprises qui souhaitent se lancer à la conquête de l'Empire du Milieu.

  • Et si les machines ou les lignes de production d'une usine pouvaient "parler" en émettant des données ? C'est l'une des promesses de l'Internet industriel des objets. L'IIoT fait appel à un continuum de technologies, depuis des capteurs placés à différentes étapes d'un process industriel jusqu'à des plateformes permettant le traitement des données à base de machine learning ou d'IA. Mais ces données valent-elles vraiment de l'or pour les entreprises manufacturières ? Ces technologies réalisent-elles sur le terrain les ambitions qu'elles promettent ? Né d'une idée conjointe de La Fabrique de l'industrie et d'IBM France, et s'appuyant sur des cas d'usages dans l'industrie et des auditions d'experts, cet ouvrage propose un bilan d'étape sur les effets réellement mesurables de ces technologies sur le terrain et sur de possibles écarts, permanents ou provisoires, entre théorie et pratique. Il a pour but de livrer des conseils utiles aux responsables industriels voulant investir dans cette voie. Sans entrer dans le détail des technologies, il rassemble de façon synthétique les enseignements techniques, financiers et organisationnels de quelques expériences de déploiement et signale les principales erreurs à éviter. Cet ouvrage s'adresse à un public non spécialiste, et notamment aux dirigeants d'entreprises et à leurs directeurs de sites ou de production, ainsi qu'à l'ensemble des lecteurs intéressés par le déploiement des technologies de l'industrie du futur.

  • Le souci environnemental né du constat d'une pression dommageable exercée par les activités économiques sur la biosphère a conduit à la multiplication d'initiatives et de régulations destinées à endiguer les destructions. À la mise en économie de l'environnement qu'effectuent de fait les activités économiques quand elles prélèvent des ressources, répondent les efforts de la théorie économique pour penser ces questions et l'élaboration d'instruments de politique économique destinés à intervenir.

    Cet ouvrage pluridisciplinaire (économie, sociologie, histoire, STS) explore les multiples facettes de ces mises en économie de l'environnement (par l'exploitation, par la théorie économique et par les politiques environnementales) à partir d'analyses historiques et contemporaines destinées à en montrer les enjeux, limites et opportunités.
    Le bilan reste contrasté, ces différentes façons de faire l'économie de l'environnement pouvant tendre à négliger les spécificités biogéochimiques de la nature jusqu'à faire l'économie d'une prise en compte ambitieuse de l'environnement.

  • Le numérique dévore le monde. Après les échanges économiques, c'est aujourd'hui au tour d'une fonction régalienne de l'État - assurer la sécurité - d'être chamboulée. Intelligence artificielle, analyse de big data, reconnaissance faciale, drones et écoutes numériques sont autant de technologies dont les polices du monde entier se saisissent.

    Cependant, ces usages se développent parfois au détriment de la vie privée. La Chine développe un État "Big Brother" dans lequel chacun des faits et gestes des citoyens semble scruté grâce aux caméras de surveillance et aux réseaux sociaux. À chacun sa bonne note, son "crédit social".

    Face aux systèmes dystopiques américains et chinois, la France doit tracer sa propre voie. Elle doit refuser de choisir entre la promesse d'un monde plus sûr et la garantie des libertés fondamentales des citoyens. Un monde hypersécuritaire n'est pas une fatalité.

    Cet ouvrage dresse un inventaire des innovations et stratégies de développement de technologies de sécurité en France et à l'étranger. Nourri par une cinquantaine d'entretiens avec des experts, des praticiens et des associations du monde de la sécurité, il esquisse une voie pour réconcilier citoyen, police et technologie en saisissant les opportunités de cette révolution numérique.

  • La sous-reconnaissance des maladies liées au travail constitue aujourd'hui, en France comme dans d'autres pays industrialisés, un fait social massif. Qu'il s'agisse de cancers provoqués par l'exposition à des produits toxiques, de troubles musculo-squelettiques induits par des postures répétitives ou par le port de charges lourdes, ou d'atteintes psychologiques associées à certains modes de management, les effets du travail sur la santé restent un problème insuffisamment pris en charge par les pouvoirs publics. Les dispositifs devant assurer leur reconnaissance et leur indemnisation ne fonctionnent pas de façon satisfaisante, rendant en grande partie invisibles les origines professionnelles de nombreuses maladies et décès.

    Cette situation n'est pas nouvelle. Elle perdure depuis le début du XXe siècle malgré l'adoption, dans plusieurs pays occidentaux, de législations permettant d'indemniser les pathologies engendrées par les conditions de travail. Remarquablement résistantes à l'épreuve du temps, ces lois fondatrices structurent en effet toujours aujourd'hui le soubassement légal et épistémique de la reconnaissance des maladies professionnelles, continuant à s'avérer incapables de réparer correctement les maux du travail.

    Cet ouvrage rassemble des contributions d'historiens et de sociologues qui étudient les raisons de cette inertie, et donnent à voir les causes de la sous-reconnaissance chronique des maladies professionnelles, depuis les débats fondateurs jusqu'aux controverses contemporaines sur les dégâts que le travail peut induire pour la santé physique et mentale. Ces recherches ouvrent des pistes de réflexion pour revoir les modalités de la réparation de ces dégâts, et sortir de l'impasse que ceux-ci, depuis plus d'un siècle, occasionnent pour la justice sociale dans nos sociétés.

  • Comment de jeunes ingénieurs créent-ils une entreprise dans un secteur qui leur est étranger ? Comment, avec une innovation de rupture, réussissent-ils face à des acteurs puissants ?

    Ce livre raconte la création de trois start-ups et de leur innovation technique : DNA Script et son imprimante à ADN, Expliseat et son siège d'avion ultra-léger, Criteo et ses algorithmes de reciblage publicitaire. Il s'intéresse à ce que font concrètement les entrepreneurs, au processus entrepreneurial en train de se faire. Le récit démarre avant la création de ces start-ups et nous conduit jusqu'au moment où elles mettent en adéquation un produit et un marché. L'auteur a suivi ces entreprises pas-à-pas pendant plusieurs années et détaille l'ensemble des opérations qui fabriquent à la fois une technologie, un produit et un marché, une entreprise mais aussi... des entrepreneurs.

    Cet ouvrage est un outil pédagogique destiné à celles et ceux qui veulent créer une entreprise technologique ou qui s'intéressent à cette question. Il propose des analyses qui leur permettront de mieux comprendre le processus de l'innovation entrepreneuriale, et ainsi de le mettre en oeuvre plus solidement.

  • Depuis vingt ans, le droit de la non-discrimination a été largement étoffé. La qualification de "discrimination" est aujourd'hui utilisée pour dénoncer de nombreuses inégalités de traitement.

    Mais qu'en est-il de ses usages réels ? Pourquoi et comment des individus décident-ils de dénoncer des discriminations devant les tribunaux ? Quelles difficultés rencontrent-ils ?

    Ce livre s'intéresse à l'appropriation de cette catégorie de discrimination dans les contentieux du travail. À partir d'une approche ethnographique auprès de plaignants et d'intermédiaires du droit (CGT et SOS Racisme), il retrace le parcours difficile des victimes devant les prud'hommes et les stratégies développées pour rendre ce droit plus efficace.

    Prenant appui sur les apports d'une sociologie pragmatique du droit, l'ouvrage montre comment les normes juridiques sont capables de rétablir ponctuellement la justice au travail.

    Faire du droit un véritable levier pour l'égalité dépendra de la capacité des organisations militantes à concilier la grammaire juridique avec le souci des victimes et un horizon transformateur des pratiques sociales.

  • Les industries culturelles et les médias se sont emparés des outils de l'intelligence artificielle grâce à des algorithmes nourris par de larges corpus de données. La recommandation, si cruciale face à une offre surabondante, se construit en rapprochant les comportements des utilisateurs et les caractéristiques précises des contenus. Les habituelles intuitions et expertises humaines sont complétées afin de découvrir, enfin, les clés de la réussite. De nouvelles oeuvres, plus ou moins automatisées, sont produites tel le fameux tableau Edouard de Bellamy dont la vente a atteint des records chez Christie's.

    L'ouvrage abonde d'exemples d'utilisation d'outils d'intelligence artificielle par des plateformes comme Spotify ou Netflix ou par des start-ups spécialisées. Les industries culturelles font figure de laboratoire pour les modèles économiques émergents en posant de nouvelles questions. Qui sont les auteurs de ces créations et comment seront répartis les revenus associés ? Comment articuler la supervision par des humains avec l'automatisme des machines ? Sous quelles conditions les données personnelles des internautes sont-elles protégées ? La compétitivité des acteurs et la régulation d'un secteur atypique sont en jeu.

  • Les individus modestes sont-ils exclus de la révolution numérique ? On l'a longtemps cru. Ils sont peu ou pas diplômés et exercent des métiers qui ne demandent pas d'usage de l'informatique. Pourtant, ils se sont pleinement emparés d'internet et en ont fait un instrument de leur vie quotidienne. La recherche en ligne leur a ouvert un monde jusque-là hors de portée : elle leur permet de percer le mystère des termes médicaux, leur fournit des armes pour l'aide scolaire aux enfants, leur ouvre de nouvelles activités. Des biens et des services, auxquels il leur était impossible d'accéder avant dans ces zones rurales, sont à portée de clic, à des prix imbattables. Internet est aussi un lieu de parole et de réconfort : dans l'entre soi des comptes Facebook sont confiés aux proches les drames de la vie en milieu populaire - le célibat subi, la perte d'emploi, les incertitudes du travail précaire. Mais cette aventure a un coût. Ces outils, dont le potentiel d'individualisation est fort, fragilisent la vie collective familiale en multipliant les « moments à soi » entre conjoints et en rendant le contrôle de la sociabilité des enfants impossible. Les achats en ligne contribuent à détruire le petit commerce et à désertifier l'environnement immédiat. Les relations électroniques avec Pôle Emploi ou la CAF tournent souvent au cauchemar et transforment l'État providence en État tourmenteur. Fondée sur des entretiens et l'analyse approfondie de comptes Facebook, cette recherche sur les classes populaires non précaires, éclaire la tension constante entre ouverture et risque que représente la course à la modernité électronique.

  • Le réseau "Economie et Développement Urbain Durable" a comme ambition de contribuer au développement de la recherche économique dans le domaine du développement urbain durable en prenant en compte les préoccupations des acteurs socio-économiques (élus, entreprises, associations). Ce réseau rassemble sept équipes de recherche : le Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement (CIRED), le Laboratoire d'Economie de la Production et de l'Intégration Internationale (LEPII), le Laboratoire d'Économie des Transports (LET), le Laboratoire Ville, Mobilité, Transports (LVMT), l'Ecole des Mines ParisTech, le Département Economie et Sciences Humaines du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment et la Mission Climat de la Caisse des Dépôts. Ce livre présente un état des lieux des travaux exposés et partagés lors de la première réunion annuelle du réseau en 2009. Ces travaux sont dédiés aux modèles économiques appliqués à la ville ainsi qu'au financement et au coût de l'investissement durable.

  • Dès la fin des années 1970 l'importance du génie génétique est reconnue en France qui, grâce au programme mobilisateur "essor des biotechnologies" de 1983, devient un pays leader dans la recherche et l'expérimentation en plein champ de plantes transgéniques : les OGM. La culture commerciale de variétés de maïs transgénique résistant à des insectes est autorisée dès 1997. Or, le 3 juin 2014, la France adopte une loi interdisant la mise en culture des variétés de maïs génétiquement modifié.

    Comment en est-on arrivé là ? Quel a été le rôle des organisations non gouvernementales, de la grande distribution, de personnalités de la société civile, des transformateurs des produits agricoles et des média dans l'évolution de l'opinion des Français sur ces développements technologiques ?

    Pourquoi les syndicats agricoles français, à quelques exceptions près, n'ont pas soutenu de façon nette la culture des maïs OGM ? Quel a été le rôle de la recherche publique ? Pourquoi et comment ont réagi les différents gouvernements de 1996 à 2014, de moratoires annulés par le Conseil d'Etat, à la loi d'interdiction définitive de 2014 ?

    L'auteur, observateur actif de cette évolution dès la mise en oeuvre du premier programme mobilisateur "essor des biotechnologies", et après consultation de nombreux autres acteurs directement engagés, apporte ici des réponses factuelles et documentées à l'ensemble de ces questions.

  • Reporteres de guerre - gout et couts Nouv.

    Qu'est-ce qui conduit une journaliste à choisir la guerre comme terrain de travail ? Être reportère de conflits armés, c'est à la fois s'engager, rejoindre un collectif professionnel (une « amitié dentifrice », disait Isabel Ellsen), mais aussi connaître l'ennui, voir la violence, risquer des blessures, un « jeu personnel avec la mort » témoignait Brigitte Friang. L'ouvrage se penche sur cette activité pour comprendre comment elle est vécue, quels bénéfices en sont tirés, quels dommages en découlent, comment les proches y contribuent. Il montre comment les situations de tension extrême construisent un attachement particulier au monde, un goût singulier. Il interroge aussi la place grandissante des journalistes femmes, le rôle des ressources de genre et des assignations dans cette transformation, les inégalités persistantes. Ce livre emprunte un chemin original pour répondre à ces questions. L'auteur propose d'abord quinze portraits subjectifs et exploratoires de femmes (Andrée Viollis, Gerda Taro, Oriana Fallaci, Christine Spengler, Catherine Jentile...) qui, depuis un siècle, ont couvert des conflits armés. Ensuite, à travers l'analyse des carrières et des entretiens avec une cinquantaine de journalistes, femmes et hommes, qui exercent ou ont exercé sur des terrains de conflit, ainsi qu'une dizaine de leurs proches, il interroge les circonstances et les intérêts pour un métier où désormais, dans la plus jeune génération, la parité des effectifs s'établit.

  • Le constat est unanime : la France souffre d'un déficit d'ETI et de grosses PME. Ces entreprises constituent pourtant un moteur de l'emploi, de l'innovation, du développement de nos territoires, et du succès de notre économie à l'international. Il est donc crucial d'identifier et d'analyser les stratégies susceptibles de favoriser la croissance des PME industrielles et de les transformer en ETI.

    Cet ouvrage, construit à partir de témoignages de dirigeants de PME et d'ETI, examine deux accélérateurs possibles de la croissance des PME industrielles : la croissance externe soutenue ou "build-up", et les alliances entre PME. Au travers de récits inspirants, l'étude livre des enseignements précieux sur les clés de la réussite de ces stratégies de croissance, sans éluder les difficultés d'ordre financier, psychologique, managérial ou organisationnel, qu'elles impliquent.

    Grossir, passer de PME à ETI, est parfois difficile à appréhender pour les dirigeants de PME. Parmi les facteurs déterminants d'une croissance externe réussie, on retiendra par exemple : la construction d'une vision stratégique de long terme, le choix d'un bon équilibre entre centralisation et autonomie des filiales, ou encore, dans le cas spécifique des alliances, la définition d'un périmètre pertinent faisant jouer les complémentarités, et la mise en place d'une gouvernance efficace fondée sur le respect de l'équité entre les partenaires. Cet ouvrage s'adresse aux dirigeants d'entreprises ainsi qu'aux journalistes, analystes et étudiants intéressés par les conditions d'émergence de nouveaux champions industriels dans nos territoires.

  • Comment un groupe industriel s'empare de la responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) ? Comment intègre-t-elle un concept aux multiples dimensions ? Quels en sont les effets ? En répondant à ces questions, l'ouvrage opère une descente en profondeur dans l'univers d'une organisation pour analyser la dynamique d'appropriation de la RSE par le déploiement de la norme internationale ISO 26000. A partir d'une recherche-intervention réalisée dans une entreprise du secteur de l'agro-alimentaire, le livre retrace les étapes du processus par lequel l'entreprise s'empare des principes de RSE ; étapes qui ont mené à des transformations profondes de la stratégie, des modes de gouvernance, des structures et redéfinit ses relations avec les parties prenantes.Ce livre s'intéresse à l'opérationnalisation de la RSE. A travers une étude de cas unique et singulière, il offre l'opportunité rare, d'observer la RSE "en train de se faire" en adoptant les regards de la normalisation et des outils de gestion. La RSE perturbe les logiques de gestion à l'uvre dans les entreprises. Au-delà, dans une perspective de long terme, la RSE questionne le rôle de l'entreprise, sa finalité dans la société.A travers le concept d'appropriation, le livre révèle les tensions et les paradoxes qui émergent de la conciliation des dimensions économique, sociale, environnementale et éthique. Il propose également des recommandations transposables à d'autres entreprises. Par son approche pédagogique, cet ouvrage répond aux attentes d'un large lectorat. Il s'adresse aux étudiants, enseignants, dirigeants, cadres d'entreprise et consultants ainsi qu'à toute personne intéressée par la RSE.

  • Plongeons dans les eaux profondes du capitalisme financier en scrutant l'activité de son avant-garde - les fonds d'investissement.

    Dans l'actualité de ces dernières années figurent de nombreuses nouvelles concernant l'activité de ces nouveaux acteurs ; des mauvaises nouvelles, comme des licenciements collectifs ou des dépôts de bilan, ou bien des "success stories" lorsque des empires industriels sont construits par acquisitions successives.Ces nouvelles ont souvent un point commun : l'utilisation d'une technique de rachat d'entreprise par endettement, appelée Leveraged Buy-Out (LBO).

    Quel rôle joue le LBO dans les transformations du capitalisme français ? Pour répondre à cette question, l'ouvrage s'appuie sur une enquête sociologique de plusieurs années, qui démonte les mécanismes de ces opérations par lesquelles les fonds d'investissement prennent le contrôle des entreprises.

    Il montre que le LBO joue un rôle significatif mais limité, car il s'agit d'une "arme organisationnelle" à double tranchant. Le LBO s'est rapidement développé en France mais engendre des bulles de crédit qui entraînent son recul brutal ; il permet d'enrôler les directions générales jusqu'à ce que les tensions mènent à la rupture de la relation ; il reconfigure le pouvoir mais fragilise l'ordre social de l'entreprise. En fin de compte, il contribue à remodeler le capitalisme français sous l'égide du capital financier, tout en conservant certaines de ses caractéristiques les plus traditionnelles."

  • Emeutes de Villiers-le-Bel, affaire Kerviel, péripéties de l'Arche de Zoé, fiasco de la France à l'Euro de football, élection de Barack Obama, crise financière : des sujets qui se bousculent à la une des journaux télévisés, la sociologie a-t-elle quelque chose à dire ? Sa vocation première n'a jamais été de s'exprimer dans l'urgence et l'immédiateté. Le temps, souvent très long, de l'enquête lui est nécessaire pour réussir à éclairer d'une intelligibilité nouvelle le monde social qui se bâtit sous nos yeux. Restent pourtant les attitudes et les tournures de pensée qu'elle nous enseigne. Restent ces connaissances, si nombreuses, qu'elle accumule patiemment depuis ses débuts. Autant de ressources pour nous aider, face à un quotidien incertain et opaque, non pas à produire dans l'instant un discours de vérité mais, plutôt, à nous distancier des analyses propres à " l'air du temps " et ainsi, peut-être, à mieux saisir des enjeux demeurés inaperçus et à éviter certaines erreurs de jugement. C'est un tel pari émancipateur que poursuit ce livre, où le lecteur retrouvera les chroniques que l'auteur donna, selon un rythme hebdomadaire, sur l'antenne de France-Culture entre août 2007 et juillet 2009. Un fait d'actualité brûlant y est à chaque fois place sous l'éclairage d'une théorie, d'un concept ou d'un raisonnement sociologiques. Manière de revisiter notre époque et, d'un même mouvement, d'éprouver les pouvoirs de distanciation qu'offre la pratique de la sociologie.

  • Ne pas pouvoir joindre un médecin généraliste après 20h, attendre des semaines pour un rendez-vous avec un spécialiste, accumuler les versions papier des synthèses et analyses médicales, remplir pour la énième fois les formulaires administratifs avant d'entrer à l'hôpital, en sortie ne pas trouver une infirmière disponible le week-end... Ces problèmes, nous les connaissons tous ! Pourtant, des solutions existent pour en finir avec le parcours du combattant : outils de coordination, d'échange d'informations, de prise en charge à distance.
    Au-delà des outils, c'est l'organisation qui semble devoir être repensée pour améliorer la coordination des soins entre l'ensemble des acteurs. Il s'agit pour l'ensemble de notre système de santé d'un changement majeur dans son mode de production "d'un patient en bonne santé".

  • Au début des années 80, un groupe de chercheurs de l'École des mines se penche sur un aspect du monde contemporain négligé par les sciences sociales : les sciences et les techniques. Comment sont-elles produites ? Comment leur validité ou leur efficacité sont-elles établies ? Comment se diffusent-elles ? Comment contribuent-ils à transformer le monde ? Ces travaux donnent naissance à une approche aujourd'hui reconnue : la sociologie de la traduction, dite aussi théorie de l'acteur réseau, avec ses concepts clefs, la traduction, l'intéressement, le script, la controverse, etc. Cette théorie est si féconde que les sciences sociales mobilisent désormais très largement ses concepts, mais aussi ses règles de méthodes et ses outils de travail. Or, nombre de ses textes fondateurs n'étaient pas ou plus disponibles en français. En rassemblant des textes de trois de ses pionniers, Madeleine Akrich, Michel Callon et Bruno Latour, on permettra au lecteur de comprendre les développements de la sociologie de la traduction et la manière dont elle a interrogé le lien social, les machines, les objets, les usagers, les pratiques scientifiques. Pour montrer en conclusion comment cette approche permet de renouveler l'analyse sociologique classique.

  • En matière d'autisme, l'errance diagnostique reste un phénomène très fréquent mais aussi très éprouvant pour les personnes concernées et leurs familles. Le diagnostic est devenu depuis le début des années 1990 un enjeu central pour l'activisme des parents, la recherche scientifique et l'action publique. Mais comment ce diagnostic est-il concrètement produit en pratiques ? Dans une approche pionnière, cet ouvrage porte précisément sur ce maillon peu étudié par les travaux existants en sociologie de la santé. La question est d'autant plus cruciale que l'autisme constitue une réalité à la fois complexe et disputée. L'analyse s'appuie sur une enquête dans un centre de diagnostic spécialisé, au coeur du monde médical. Elle met notamment en évidence les différentes conceptions de l'autisme, les implications du recours à des outils standardisés, les désaccords entre professionnels et le rôle déterminant des parents.

  • Un nombre croissant de citoyens et en particulier d'acteurs du bâtiment est sensible à la préservation de l'environnement. Ce livre a pour but d'informer sur les méthodes et les techniques permettant de faire évoluer les bonnes intentions, relayées par exemple par la démarche " HQE - haute qualité environnementale ", vers une réelle performance environnementale. Le premier chapitre précise les problèmes auxquels nous sommes confrontés de manière à définir ensuite des critères de qualité environnementale pertinents. Les méthodes proposées pour évaluer ces critères permettent d'établir un lien entre les décisions et les impacts environnementaux. Elles constituent ainsi une aide à l'éco-conception des bâtiments, depuis les premiers stades d'un projet (choix d'un site, programme, esquisse architecturale) jusqu'à la conception détaillée, la réalisation et la gestion des bâtiments. Un chapitre est consacré aux éco-techniques dans le domaine des économies d'énergie et d'eau, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets, des matériaux à moindre impact, en incluant des aspects de confort et de santé. L'ouvrage se termine par la présentation d'exemples concrets et de réalisations. Il s'adresse aux maîtres d'ouvrages, architectes, bureaux d'études techniques, entreprises, gestionnaires de bâtiments et à toute personne intéressée par la qualité environnementale de nos lieux de vie.

  • « Faire de Paris la capitale européenne du crowdfunding » - telle est l'ambition politique affichée à l'heure actuelle. Cet outil de l'économie du partage permet à des entrepreneurs à la recherche de financement de faire appel à un grand nombre d'épargnants internautes via des plateformes web. Cet ouvrage apporte un éclairage sur l'avenir du crowdfunding à la française. Il propose une analyse méthodique de l'écosystème français du financement participatif illustrée de cas concrets, en s'appuyant sur une comparaison de plus d'un millier de plateformes internationales ainsi que sur des entretiens avec toutes les parties prenantes du secteur en France.
    De cette minutieuse étude découlent des propositions opérationnelles à court, moyen et long termes, fondées sur trois principes-clés : la réglementation, la communication et l'éducation financière. Ces propositions à destination des pouvoirs publics et des plateformes visent à un développement pérenne et dynamique du crowdfunding en France.

  • Le droit d'auteur, élaboré sur les fondements analogiques de la rareté du support, est remis en question par le numérique, qui s'appuie sur la copie, la réappropriation et le partage. Il a été adapté au rythme des innovations techniques de reproduction et de diffusion et peut conduire aussi bien au contrôle de l'accès qu'à la constitution de biens communs. Les processus d'élaboration des normes et standards techniques et d'extension des droits ont été pensés de manière indépendante, entraînant des tensions entre les industries culturelles et les droits du public.

    L'ouvrage propose un modèle techno-juridique de la régulation du partage de la culture. Fondé sur la lex informatica, il intègre code juridique et code informatique pour exprimer les informations sur les droits et élargir les catégories actuelles du droit d'auteur pour faciliter l'utilisation, la création et le partage non marchand.

    Ce livre est basé sur plus de dix ans de participation à la régulation juridique et technique du droit d'auteur. Co-fondatrice et responsable juridique de Creative Commons France au CERSA (CNRS Université Paris II) entre 2003 et 2013, l'auteure a pris part à la standardisation technique MPEG (ISO), à deux commissions du CSPLA (ministère de la Culture) et à des travaux de l'OMPI (Nations unies) avec le statut d'observateur en tant que présidente de Communia, l'association internationale pour le domaine public numérique.

  • Peut-on se libérer des mails ? " On devient assujettis aux mails qui tombent ", " On ne peut jamais se vider la tête ", " On met tout le monde en copie pour se déresponsabiliser ", " Certains sont pros dans la mise en visibilité par le mail ", " Si on ne répond pas vite, on est soupçonné de ne pas être loyal ". Ces témoignages montrent la prégnance de l'usage du mail dans le travail contemporain. En effet, nombreux sont ceux qui ne déconnectent jamais de leur travail.
    Par choix, obligation ou incitation, près de 80% des cadres regardent leurs mails le soir ou durant leurs congés. Par ailleurs, le développement sans limites des mails a un impact sur la productivité des salariés dont les tâches sont sans cesse interrompues. Faut-il imposer des journées sans mail comme l'ont fait Canon ou Sodexo ou former à un nouvel usage du mail comme l'a initié Engie ? A partir d'une recherche - action conduite dans une collectivité de l'Ouest de la France - cet ouvrage propose de questionner le rôle que jouent l'organisation du travail et le management dans le développement des mails.
    A contre-courant des poncifs sur la place omnipotente du numérique, il suggère de repenser l'organisation pour canaliser l'usage du mail, car loin de simplifier la coordination et la coopération, ce dernier peut créer des e-bureaucraties en exacerbant des comportements d'évitement, de déresponsabilisation ou de déni du réel.

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