L'Herne

  • Sans renier pour autant son statut d´icône féministe, L'Herne a voulu restituer à Simone de Beauvoir toute sa dimension d´écrivain. Ce Cahier tente d´éclairer les différents genres dans lesquels son talent s´est exercé et souligne un travail d´écriture souvent méconnu.

    La publication d´extraits de romans de jeunesse inédits, la découverte de manuscrits dont l´analyse permet de relire autrement romans, nouvelles et autobiographies, révèlent la constance d`une vocation et le souci obstiné de la solution littéraire adéquate. Refusant les excès du tout biographique, ce Cahier offre néanmoins aux lecteurs des correspondances inédites, qui font le point sur les relations inventives que Simone de Beauvoir noua avec ses amours et ses amis. Des entretiens témoignent du désir qu´elle eut toujours de s´expliquer sur son oeuvre et sur sa vie, et de nombreux articles, publiés dans des revues ou quotidiens américains et français, illustrent ses engagements.

    Ce Cahier rend compte des recherches, notamment anglo-saxonnes, qui ont sorti Simone de Beauvoir de l´ombre sartrienne et lui ont conféré une stature de philosophe à part entière. Nous avons souhaité élargir notre étude aux adaptations cinématographiques et théâtrales que ses romans et ses essais ont suscitées.

    Le rayonnement de Simone de Beauvoir se mesure également à l´abondance des lettres de lecteurs qu´elle reçut et dont nous publions des échantillons, en privilégiant les correspondances d´écrivains. Ce dialogue se poursuit, non sans débats, avec les écrivaines des générations suivantes.

  • Les Cahiers de L'Herne entreprennent de saluer en Pierre Michon l'absolue singularité d'une voix et d'une écriture qui n'en finit pas de surprendre et d'enchanter un lectorat toujours plus vaste depuis l'apparition, en 1984, de son premier ouvrage, Vies minuscules. Les livres de Pierre Michon, denses et tendus dans leur beauté paradoxale, à la fois sauvage et classique, naturelle et travaillée, ont depuis longtemps conquis une place de premier plan auprès des écrivains, des lettrés et dans les milieux de la critique savante. Il est alors naturel de solliciter dans ce volume les plus grands noms de la critique universitaire - Jean-Pierre Richard, Henri Mitterrand ou Philippe Berthier - tout en s'ouvrant à d'autres disciplines de la pensée et de la création : l'Histoire (Patrick Boucheron, François Hartog), histoire de l'art et anthropologie, géographie (Jean-Louis Tissier), la musique et arts plastiques (Henri Cueco), l'art théâtral (Denis Podalydès), sans oublier la question de la traduction (Élizabeth Deshays).
    Ce Cahier est aussi l'occasion de convoquer autour de l'oeuvre de Michon, les textes et témoignages de grands critiques et écrivains comme Pietro Citati, Maurice Nadeau ou Jacques Réda, et d'autres contemporains (Goffette, Bergounioux, Echenoz ou Olivier Rolin) ou auteurs plus jeunes (Marie-Hélène Lafon, Maylis de Kerangal) qui disent ici le pouvoir fécondant de cette écriture éblouissante et rare. S'intéressant aussi à l'atelier littéraire, le présent Cahier donne à lire nombre d'inédits ou textes rares de Michon : premiers écrits mais aussi variantes, passages supprimés, chapitres retranchés, toutes « victimes » de l'exigence de l'auteur qui opte pour le fragment fulgurant et l'inachèvement.
    Ainsi ce Cahier de L'Herne participe-t-il puissamment du rayonnement de l'oeuvre dense, lumineuse et féconde de cet immense écrivain aussi rare et secret qu'exigeant - donnant toute sa véracité à cette remarque que l'entreprise vient de susciter chez Jean-Pierre Richard à propos de notre auteur : « Son silence si têtu, il faudrait alors l'entendre comme une sorte de paradoxale, et réversible, insémination... ».

  • Ce Cahier propose une approche de la pensée d'Onfray, devenue incontournable, à partir de contributions sur les engagements et les thèmes qui structurent son travail depuis maintenant trente ans et tente également d'apporter un nouvel éclairage sur la personnalité du philosophe ; par des textes inédits, des portraits réalisés par Jacques Pasquier, Gérard Fromanger ou Valerio Adami, des témoignages d'amis et de proches, ou encore des correspondances inédites avec Pascal Dusapin et Lucien Jerphagnon.

  • S´adressant à la fois aux amateurs et aux chercheurs, ce Cahier comporte des inédits de l´auteur et des textes rares, des études approfondies par des spécialistes, des articles critiques, des entretiens, des témoignages et une volumineuse correspondance. Il offre l´occasion de revenir sur les aspects marquants d´une oeuvre littéraire remarquablement cohérente mais aussi de révéler sa diversité en arpentant des territoires encore peu explorés.

  • Cahier Camus

    Collectif

    • L'herne
    • 1 Septembre 2013

    Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour d'Albert Camus : les six sections visent à proposer des éclairages originaux sur sa vie, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements. Aucune recherche d´exhaustivité dans notre démarche : d´amples synthèses voisinent avec des « petits faits » ; des témoignages directs avec des études très « pointues » ; des textes de Camus avec des textes sur Camus. Nous avons voulu varier le plus possible les points de vue, pour que chaque lecteur circule dans le Cahier en gardant sa liberté d´interprétation. Nous voulons le rendre proche, frayer des voies vers l´homme, vers l´artiste, vers le penseur engagé, vers le journaliste - de manière que le lecteur du Cahier ait envie de lire ou relire telle ou telle des oeuvres de Camus. Nous avons pensé notre tâche comme celle de passeurs.

  • François Jullien est tout à la fois philosophe, helléniste et sinologue. Trois compétences qui ne témoignent pas seulement d'une intense curiosité et d'une vaste culture, mais plus essentiellement de l'originalité d'une démarche intellectuelle.
    La Chine est pour lui l'occasion d'un détour, l'occasion de se défaire des points de vue unilatéraux, d'opérer un décentrement. C'est le prix à payer pour se rendre disponible, pour donner toute sa mesure à la « croissance du divers », selon l'expression de Victor Segalen. Il faut faire l'épreuve du dépaysement de la pensée, créer du dissensus et donc faire dissidence. Cela conduit François Jullien à interroger nos propres catégories de pensée, celles qui nous viennent de l'Antiquité, principalement des Grecs, celles qui fondent notre tradition philosophique, qui nourrissent notre métaphysique. Il veut sonder, à la manière de Hegel préfaçant la Phénoménologie de l'esprit, ce qui bien qu'entrevu et parfois « bien connu » n'a pas été reconnu, ou poursuivi dans notre tradition venue de l'Antiquité. Il a donc voulu déclore d'autres voies, ranimer des possibles de la pensée, cultivés ailleurs et laissés chez nous en friche, ou tombés en déshérence. Cette relance de la philosophie exigeant un dehors, la Chine lui sert de point d'appui pour faire levier.
    Le Cahier de l'Herne qui lui est consacré cherche à rendre compte de toutes les facettes de cette pensée et de son influence aussi bien en France qu'à l'étranger (rappelons qu'il est le philosophe français actuellement le plus traduit dans le monde).

  • Simone Weil

    Collectif

    • L'herne
    • 22 Janvier 2014

    Simone Weil, c'est d'abord un ton qui ne ment pas, qu'on ne peut guère comparer, en authenticité et en élévation, qu'aux derniers livres de l'Éthique de Spinoza.
    Témoin d'une époque détestable, elle a voulu la penser. Il se pourrait bien, pour cette raison, que le siècle qui s'engage soit weilien. Non pas deleuzien, mais weilien. Car elle a pressenti l'imminence de la catastrophe et surtout les conséquences catastrophiques de la catastrophe. À cet égard, elle joue le rôle irremplaçable de ceux qui annoncent le destin apocalyptique de l'humanité, pour tenter d'inverser le cours du temps. Ce Cahier sera placé sous le signe du passage. Passage aussi bien d'Athènes à Jérusalem, la rencontre des philosophes et des prophètes, que de l'Occident vers l'Orient (la lecture des textes sacrés d'Égypte, d'Inde et de Chine et la rencontre météorique avec René Daumal), que l'articulation, chez elle "évidente", de la théorie et de la pratique, de la sagesse et de la science (« la géométrie grecque est une prophétie » - dira-t-elle), de l'université et de l'usine... Une praxis qu'elle s'attachera, en bonne platonicienne, à exhausser.
    Elle a fait sienne la règle implacable de G.-K. Chesterton : toute pensée qui ne devient parole est une mauvaise pensée, toute parole qui ne devient acte est une mauvaise parole, tout acte qui ne devient fruit est une mauvaise action. Il s'agit assurément de l'une des plus grandes pensées de notre tradition philosophique.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Perec

    Collectif

    • L'herne
    • 2 Novembre 2016

    S'adressant à la fois aux amateurs et aux chercheurs, ce Cahier comporte des inédits de l'auteur et des textes rares, des études approfondies par des spécialistes, des articles critiques, des entretiens, des témoignages et de la correspondance. Il offre l'occasion de revenir sur les aspects marquants d'une oeuvre littéraire caractérisée par une remarquable diversité, dont il arpente les différents territoires : le ludique et le romanesque, l'interrogation du quotidien, l'exploration autobiographique - l'idée générale étant de donner une vue d'ensemble de l'oeuvre perecquienne sans répéter le discours critique qui lui est déjà consacré.

    Richement illustré d'un cahier iconographique et de nombreux fac-similés in texto, ce Cahier contient un grand nombre de documents, pour la plupart inédits. Il permettra de découvrir de nombreux textes de Georges Perec, dont certains éclairent la formation de l'écrivain : textes de jeunesse, mais aussi premiers écrits critiques qui ont forgé sa plume et sa conception de la littérature, et ne sont pas connus du grand public (recensions pour la Nouvelle NRF, pour la revue Partisans, etc.). Il contient des petits textes ludiques très drôles, qui préfigurent l'engagement oulipien de Perec, mais aussi des esquisses de projets témoignant de la prégnance chez lui de l'interrogation autobiographique (« L'Âge », « Lieux où j'ai dormi », etc.). Les contributions des critiques, écrivains et universitaires reviennent quant à elles sur ces thématiques centrales de l'oeuvre de Perec, mais aussi sur des aspects moins connus, tel le rapport de l'écrivain à la radio ou à l'art contemporain, la place chez lui de l'écriture poétique (qu'elle soit ou non contrainte, comme en témoigne la publication de poèmes rares ou inédits), ou sa proximité avec les recherches actuelles en sciences sociales. On y trouve également des comptes rendus critiques importants, parus au moment de la sortie de certaines de ses oeuvres (W ou le souvenir d'enfance, Espèces d'espaces,...) dans des revues comme Esprit, Les Temps modernes et La Quinzaine littéraire, et jamais réédités depuis. Dans son ensemble, ce Cahier contribue à penser la place décisive prise par Perec dans l'histoire littéraire du XXe siècle.

  • Depuis la parution de son premier recueil de nouvelles, By the North Gate (1963), Joyce Carol Oates s'est imposée dans le paysage littéraire américain comme l'un des écrivains les plus prolifiques. À la fois classique (solidement ancrée dans le paysage littéraire américain depuis plusieurs décennies et régulièrement citée parmi les finalistes du prix Nobel de littérature, par exemple) et iconoclaste (sa présence volubile sur twitter, sa plume acerbe, ses connaissances pointues sur la boxe en font quelqu'un d'indéniablement à part), elle reste à ce jour fascinante. Ce volume des Cahiers de l'Herne constitue la première monographie française sur cette figure de la littérature américaine contemporaine devenue incontournable.
    Cet ouvrage, première étude critique de l'oeuvre de Oates en France, est donc nécessaire. Pour rendre hommage à son ambition balzacienne de faire entrer toute l'Amérique dans son oeuvre, pour rendre compte des chemins déjà tracés dans cette oeuvre labyrinthique par les spécialistes, et pour essayer de lever une part du mystère dont Joyce Carol Oates semble étonnamment toujours auréolée. Le Cahier est constitué d'un faisceau de regards français, britanniques et américains sur l'écrivain : regards universitaires sur son oeuvre protéiforme et ses ramifications à la scène ou à l'écran, regards plus intimes de son biographe, ses collègues, amis, anciens étudiants, regards croisés d'auteurs et de traducteurs, regards de chercheurs découvrant les coulisses de son travail et partageant avec nous ses manuscrits et pages de brouillon annotées.
    Des textes inédits de Oates, des extraits de correspondance avec sa grand-mère ou avec son collègue et ami Russell Banks, ainsi que des photos de l'écrivain entourée de sa famille et ses amis complètent ces portraits et permettront au lectorat français d'embrasser du regard l'impitoyable diagnostic porté par l'auteur sur l'homo americanus ainsi que l'incroyable générosité, drôlerie, et inventivité de cet écrivain inclassable.

  • Si John le Carré est salué par tant d'écrivains comme l'un de leurs pairs, c'est bien parce qu'il ne se laisse pas enfermer dans un cadre univoque. Loin de se cantonner à une architecture binaire dans laquelle tout serait noir ou blanc, il aime explorer les zones d'ombre et la grisaille. L'entre-deux psychologique et métaphorique l'intéresse plus que le manichéisme idéologique.
    Sa production littéraire elle-même est bien plus protéiforme que ne pourrait le laisser croire sa réputation. Il ne se réduit pas à l'étiquette « romancier de la guerre froide » - et la fin de la guerre froide n'a pas sonné le glas de l'écrivain ; bien au contraire, elle lui a permis d'étendre son terrain de jeu thématique et géographique pour mieux se recentrer sur l'humain -, pas plus qu'à celle, plus englobante, de « romancier d'espionnage ». Mais la simple étiquette de « romancier », même, ne suffit pas à décrire son oeuvre foisonnante. John le Carré a publié vingt-quatre romans, certes, mais il a également écrit une pièce de théâtre et des mémoires. Et ce ne sont pas seulement des livres qu'il a signés de sa plume, mais plus d'une centaine de textes courts : contes, nouvelles, préfaces, articles journalistiques, tribunes, billets d'humeur, discours, et même textes autofictionnels bien avant que ce genre n'acquière ses lettres de noblesse. Premier ouvrage en français consacré à John le Carré, le présent volume rassemble nombre de ces textes, inédits en français à ce jour, qui permettent de constater que le Carré a plus d'une corde à son arc.

  • Aucune réflexion d'ampleur n'a encore été menée en France autour de l'oeuvre d'Orhan Pamuk. C'est pourtant l'une des voix les plus singulières de Turquie, qui n'hésite pas à s'exprimer sur la situation politique de son pays, plus que jamais sous les feux de l'actualité.
    Pour autant, nous n'avons pas souhaité présenter Pamuk sous l'angle privilégié de l'engagement. Ses positions courageuses sont connues et reconnues. L'oeuvre si particulière de Pamuk, si ancrée dans son Istanbul natal, résonne de multiples échos. C'est pourquoi les textes qui composent ce Cahier émanent de cultures et d'horizons divers : écrivains, critiques littéraires, historiens de l'art, traducteurs, architectes, sociologues, philosophes, géographes... Écrivain hors norme, Orhan Pamuk est aussi exceptionnel par l'éventail de son audience.
    Un des buts de ce volume est d'établir la « cartographie sentimentale » de la réception du romancier, en fonction de l'attente très variée de ses lecteurs à travers le monde. On retrouve ainsi parmi les contributeurs, les grandes plumes de la presse et de la littérature mondiale tel Pietro Citati, Claudio Magris, John Updike ou Thomas Steinfeld, aux côtés desquels figurent des collaborateurs d'horizons géographiques moins représentés dans la critique comme le Japon (Ryô Miyashita), la Norvège (Bernt Brendemoen) ou la Grèce mais qui témoigne du rayonnement incontestable de l'oeuvre de Pamuk.
    Ce Cahier unique parce qu'il est sans équivalent en France et parce que sa composition diffère des hommages réalisés à l'étranger est en outre enrichi par des écrits de jeunesse et par des pages inédites d'Orhan Pamuk. Il révèle enfin en France l'oeuvre graphique de l'écrivain qui enrichit cette édition de nombreux dessins et croquis, publiés eux aussi pour la première fois.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Blanchot

    Collectif

    • L'herne
    • 17 Septembre 2014

    Maurice Blanchot (1907-2003) est l´un des écrivains et des penseurs majeurs du XXe siècle, mais il reste peu connu du grand public du fait de sa radicale discrétion, par son refus de toute interview, toute photo ; sa vie ressemble - du moins en apparence - à une incarnation possible de l´effacement. Donner une certaine visibilité à ce retrait, en comprendre la nécessité : tel peut être le premier objectif de ce Cahier.
    Le Cahier présentera ainsi des documents exceptionnels, totalement inédits, à commencer par des photos de Blanchot. Il ne sera pas une étude universitaire de plus. Il est destiné à un large public qui connaît peu ou mal Blanchot et qui chercherait des repères, des incitations pour aller plus avant dans la lecture de l´ensemble de son oeuvre. S´il importe de lire l´oeuvre de Blanchot, c´est qu´elle nous appelle non seulement à questionner le temps présent, mais à entrer dans une représentation inédite et paradoxale de l´espace littéraire. Cette écriture, qui désarçonne son lecteur, tente de repousser les limites du langage et de la pensée, en nous invitant par des moyens qui lui sont propres à accueillir ce qui sans fin se dérobe.

  • À la lumière des travaux de recherche des 30 dernières années, ce Cahier de l´Herne consacré à Franz Kafka cherche à restituer avec le plus de précision possible l´histoire de l´écrivain et de l´homme et à donner un aperçu de la richesse et de la diversité de l´oeuvre, ainsi que de la variété des interprétations qu´elle continue de susciter même après la fin de ce XXe siècle dont Kafka représente la plus parfaite incarnation littéraire.
    Ce Cahier reconstitue la trajectoire de Kafka écrivain, à travers un choix de textes autobiographiques pris dans les Journaux, dans les Cahiers in-octavo ou dans les lettres. Ainsi, la partie conservée de la correspondance avec Felice Bauer (1912-1917) et Milena Jesenská (1920-1924), les deux principales destinataires des lettres d´amour de l´auteur, y est mise à contribution.
    L´Herne a sollicité Olivier Mannoni pour retraduire ces textes ; le résultat sera sans doute une découverte pour ceux qui ne connaissent pas Kafka épistolier ou diariste et une surprise pour ceux qui le connaissent par des traductions antérieures : la vigueur de la langue, l´audace des images, les constructions parfois déconcertantes donnent de l´homme privé et de l´écrivain Kafka une image différente de celle, plus discrète et plus policée, à laquelle on est accoutumé. Un florilège de textes écrits sur Kafka par d´autres écrivains et penseurs, allemands, français et d´autres nationalités, vient compléter une vingtaine de contributions dues aux participants français, mais aussi allemands, anglais, américains et canadiens, du colloque de Cerisy « Kafka après «son» siècle » (août 2010).
    Cet ensemble se clôt, comme il s´était ouvert, sur une rubrique « Interpréter Kafka », pour souligner qu´en définitive c´est le mouvement de l´interprétation, sans cesse relancé, qui porte la possibilité de survie de l´oeuvre : l´examen s´oriente cette fois vers quelques-uns des textes écrits par Kafka entre 1917 et 1924, et notamment Chacals et Arabes, lequel, dès son titre, fascine par la polyvalence des lectures idéologiques ou politiques auxquelles il peut prêter dans le monde de 2014.

  • Ce Cahier de l'Herne consacré à Joseph Roth, l'écrivain autrichien en exil qui mourait à Paris en mai 1939 des suites de son alcoolisme et du désespoir, rassemble des contributions originales dues à des spécialistes reconnus de l'oeuvre de Roth, des littératures d'expression allemande et de littérature comparée, des textes critiques fondamentaux déjà parus précédemment et repris pour l'occasion, et des inédits de l'écrivain lui-même, l'idée étant de créer un dialogue et une dynamique entre tous ces éclairages.
    Ce livre s'articule en huit grands volets : « Situations de Joseph Roth », « Journalisme, voyages, vision européenne », « Modernités de Joseph Roth », « Tournant classique : fresque et totalité », « Les oeuvres de l'exil français », « L'homme de lettres en dialogue », « Adaptations cinématographiques » et « Résonances ».
    Le volume est complété par toute une partie d'inédits de Joseph Roth : des chroniques et des nouvelles traduites par Alexis Tautou. La moitié de l'oeuvre de Joseph Roth est constituée d'articles, de reportages, de chroniques, de Feuilletons (pour reprendre le terme usité alors en Allemagne et en Autriche) dont la qualité littéraire n'a souvent rien à envier aux oeuvres de fiction, et il était essentiel que cet aspect de l'écrivain - qui le rattache à la tradition viennoise, mais qui par certains côtés le place aussi dans le sillage du grand journalisme européen (Guy de Maupassant, Émile Zola ou Matilde Serao, brillants chroniqueurs dont l'oeuvre journalistique est aujourd'hui mieux connue) - soit représenté de manière forte et visible dans le Cahier.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Conrad

    Collectif

    • L'herne
    • 18 Février 2015

    Ce Cahier dédié à Joseph Conrad se compose de textes d´origines et de longueur très diverses. Nous avons sollicité la plume d´une vingtaine de spécialistes internationaux parmi les plus reconnus, dont les contributions ont ensuite été traduites en français. Le cahier inclut également dix-neuf textes de Conrad, qui pour certains ont été traduits pour la première fois. Figurent également une dizaine de textes traduits de l´anglais (Chinua Achebe, John Berger, John Cowper Powys, Bob Dylan, Malcolm Lowry, Robert Penn Warren, J.L. Borgès, Virginia Woolf ) ainsi qu´un impressionnant florilège d´extraits. À ceci s´ajoute une importante moisson de contributions de spécialistes universitaires, de lecteurs, et d´écrivains francophones (une cinquantaine), qui témoignent de la présence vivante de Conrad dans la culture contemporaine.
    /> Le volume évoque d´abord les années de formation qui vont de l´enfance polonaise à l´émergence de l´homme de lettres anglais. Déjà se profilent la difficulté du choix de vivre de sa plume, et un rapport complexe à l´argent : l´écrivain, naturalisé anglais en 1884, avait tendance à vivre largement au-dessus de ses moyens et souffrait d´endettement chronique.
    Le succès commercial n´arriva qu´avec Fortune (1913). Dans un deuxième temps, l´ouvrage explore l´oeuvre en devenir. Le volume fait apparaître l´importance primordiale de la langue et de la culture françaises qui constituent tout l´arrière plan permettant de saisir les formes si multiples de l´univers conradien. Cet enracinement francophone apparaît autant dans la vie vécue de l´écrivain, que dans les influences (Flaubert, Maupassant, Loti, Anatole France, Rimbaud) et amitiés littéraires (André Gide, Saint John Perse, Valéry Larbaud). Enfin, nous avons pris à la lettre Marguerite Duras qui souhaitait que la présence de Conrad reste vivante dans les écritures de notre temps, et nous avons suivi sa trace littéraire jusqu´à nos jours, en recueillant des contributions d´auteurs contemporains, parmi lesquels Philippe Roth, Salman Rushdie, David Lodge, Joyce Carol Oates pour la langue anglaise, et Christian Bobin, Patrick Deville, Marie Darrieussecq, Michel Déon, Jacques Rancière pour la France. Nous avons accordé une place importante au cinéma qui s´est intéressé à Conrad pratiquement dès la parution de ses oeuvres jusqu´à nos jours (Julien Duvivier, Alfred Hitchcock, Francis Ford Coppola, Andrzej Wajda, Patrice Chéreau, Chantal Akerman) sans parler des innombrables adaptations pour les télévisions de tous les pays. La plasticité de son oeuvre se prête merveilleusement à ce nouvel art qu´est la bande dessinée, à la création musicale et chorégraphique (Bob Dylan, Philip Glass, Tarik O´Regan, Angelin Preljocaj).

  • Pourquoi ce Cahier ? À cette question, deux réponses majeures : la première naît précisément du vacarme : dès ses origines et toujours ensuite, la psychanalyse a été attaquée, et souvent avec une passion qui suscite chez ses défenseurs une réaction tout aussi passionnée. La seconde est qu´il s´agit aujourd´hui d´une longue histoire, qu´il vaut la peine de réexaminer.
    Consacré à Sigmund Freud, ce Cahier présente un ensemble de textes rassemblés sur la base d´une idée simple et forte, énoncée en un « argument » préalablement soumis aux auteurs sollicités, et dont voici l´essentiel : La visée est de situer les déterminants et la portée de l´oeuvre de Freud dans la culture occidentale, compte tenu du recul dont nous disposons aujourd´hui. La psychanalyse y est apparue comme un produit du 19ème siècle, née à la confluence d´influences culturelles, de mouvements scientifiques, de traditions philosophiques, de mouvements sociaux, etc., qui lui ont donné, via l´homme Freud, sa figure particulière. Cette oeuvre aura fortement contribué à modeler le siècle suivant. On se propose donc d´organiser ce volume sur le thème « Freud résonateur », par analogie avec le « résonateur » dispositif physique qui vibre en réponse à des actions du milieu, choisit et transforme ces vibrations selon des lois qui lui sont propres, et qui en retour fait vibrer son entourage selon de nouvelles fréquences. Cette métaphore est utile pour évaluer la vie et l´oeuvre d´un Sigmund Freud né en 1856 et à bien des égards produit du 19ème siècle, mort en 1939 au coeur d´un 20ème siècle qu´il aura puissamment contribué à modifier.
    À l´aube du 21ème siècle, quel regard pouvons-nous porter sur la vie et l´oeuvre d´un homme si lointain et si proche ? Il est bien entendu que ce volume se situera à l´écart de toute polémique. Les textes recueillis dans cette optique sont ici présentés après regroupement sous cinq rubriques :
    - personalia : l´homme Freud // - les racines de Freud, c´est-à-dire les influences formatrices // - quelques aspects des bases épistémologiques de sa pensée // - quelques uns des principaux thèmes qui en ont jalonné le développement // - après Freud : aspects de la pensée contemporaine qui portent à l´évidence sa marque.

  • Ce que propose de montrer ce Cahier de L´Herne, c´est une image d´Isaac Bashevis Singer et de son oeuvre qui se situe très loin des stéréotypes habituels - l´aimable fabuliste de l´âme juive, le lutin talmudique échappé d´une toile de Chagall ou encore le conteur nostalgique ressuscitant inlassablement le folklore pittoresque d´un yiddishland enfoui.

  • Walter Benjamin

    Collectif

    • L'herne
    • 6 Novembre 2013

    Trente ans après la parution du premier volume collectif sur Benjamin en France, il est temps de revenir sur l´auteur en prenant en compte la distance historique qui nous sépare maintenant de son oeuvre.
    Le présent volume, qui s´organise autour de l´interrogation sur les matériaux biographiques et historiques avec lesquels il a façonné sa pensée, cherche à accomplir une reconstruction historique à laquelle viennent s´ajouter des lectures attentives aux formes de présentation qu´il a adoptées. Cette enquête collective s´intéresse aussi bien aux sources de Benjamin qu´à son style, qu'à la fécondité théorique de l´oeuvre.
    L´entrée en matière par les formes d´expression autobiographique qui permettent d´exploiter la tension entre ses dimensions philosophique et littéraire, est en cela stratégique : elle ouvre la voie à des réflexions très actuelles autour de la problématique de l´image.

  • Ce Cahier de l´Herne dynamique, transdisciplinaire et créatif recueille des entretiens : ceux d´amis, de proches, qui dressent un portrait plus intime, offrant un visage différent de l´auteur ; des textes inédits de Foucault, et même inconnus à ce jour, sur l´art, la folie, Nietzsche, etc. ; des témoignages qui révèlent l´atmosphère intellectuelle de l´époque et la place controversée mais néanmoins centrale qu´y occupa Foucault. Toute la variété de l´oeuvre de Michel Foucault est prise en considération dans l´éventail des contributions. Une iconographie inédite et abondante vient enrichir ce Cahier.

  • Cocteau le disait déjà : « N´allez pas croire qu´elle ressemblait à la dame tartine et à la sainte nitouche qu´on voulut en faire. Jamais nous ne laverons assez Madame Colette de cette fausse bonhomie dont la légende l´affuble. » Le poète a été entendu : depuis maintenant une bonne trentaine d´années, chercheurs, collectionneurs, lecteurs et spécialistes ont fait apparaître un nouveau visage de la femme et de l´écrivain. Plus riche, plus profond, plus complexe. Plus violemment humain - ou inhumain - inscrit dans la modernité.
    C´est cette modernité que veut explorer ce numéro des Cahiers de L´Herne. Non seulement en revisitant quelques uns des grands thèmes de l´oeuvre, mais aussi en s´interrogeant sur la radicalité dont Colette fait preuve dans ses choix. À propos des bêtes, par exemple, ou de la nature, bien loin de l´image propagée dans le public d´une « mère-chat » ou d´une simple amie des animaux, c´est à une réflexion passionnée sur la créature qu´elle se livre. De la même manière, on a longtemps résumé la position de Colette à l´égard du féminisme naissant à quelques provocations fanfaronnes. Sur le vote des femmes, notamment : « les Suffragettes ? Elles méritent le fouet et le harem », déclare-t-elle en substance, en 1910. De nombreux travaux et textes prouvent au contraire que Colette professe un féminisme non pas théorique et militant, mais un féminisme au quotidien, on serait tenté de dire : un féminisme constitutif. Le développement des « gender studies » (études de genre), venues des États-Unis, a contribué à faire relire Colette dans cette optique. Car il s´agit, là aussi, d´une interrogation essentielle qui irrigue toute son oeuvre et bien souvent sa vie. Colette est la première femme écrivain à considérer l´homme, dans ses romans, comme les hommes eux-mêmes, dans les leurs, considèrent les femmes, c´est-à-dire comme des objets. Ce qui lui permet de questionner les classiques représentations féminin/masculin en les détournant, voire en les inversant.
    Une iconographie abondante et inédite vient enrichir l´ensemble.

  • Traversé par de multiples contradictions, s´inscrivant au coeur de ce vingtième siècle si tourmenté, le parcours humain et intellectuel d´Emil Cioran est, aujourd´hui plus que jamais, l´objet de débats passionnés. Car Cioran est l´homme des décalages, sinon des paradoxes : on le dit nihiliste, pessimiste, sceptique, misanthrope, etc. ; et pourtant, ses essais, ses aphorismes ont quelque chose de tonique, de revigorant, de thérapeutique, pour ainsi dire... En somme, un goût certain pour l´inachevé, une quête à jamais renouvelée... Et, par conséquent, une multiplicité de facettes à explorer.


    Or, c´est à une telle exploration que ce numéro des Cahiers de l´Herne veut inviter le lecteur. Celui-ci y pourra découvrir un ensemble de documents extrêmement varié , allant du jeune auteur roumain assoiffé d´absolu et impliqué dans les débats politiques, ou de l´écrivain français cultivant le retrait, et éprouvant les rigueurs du style comme une ascèse susceptible de le délivrer de lui-même. Les très nombreux textes inédits de Cioran - dont certains historiques - d´origine, de forme et d´époque diverses -, nourrissent d´autant plus l´approche qu´ils mêlent à des analyses de fond des anecdotes et des souvenirs qui sont, en eux-mêmes, riches d´enseignements. À cela, s´ajoute un très riche choix de correspondances inédites qui éclairent d´un jour nouveau l´écart existant entre le « penseur » et l´« homme » Cioran, ces deux facettes d´un même être singulièrement divisé, pour ne pas dire : écartelé.

  • Déon

    Collectif

    Acteur et témoin de plus d´un demi-siècle de vie littéraire, en France et hors de France - où il a résidé le plus souvent -, Michel Déon occupe une place singulière dans la littérature française contemporaine. Par l´amplitude chronologique de son oeuvre tout d´abord (Adieux à Sheila, 1944 - Lettres de château, 2009) et l´extrême variété de ses moyens d´expression : romans, essais, livres de voyage, mais aussi pièces de théâtre, journalisme, critique littéraire et dramatique, scénarios. C´est aussi un grand Européen qui a partagé sa vie entre la Grèce, l´Irlande, le Portugal, l´Italie et la France. L´omniprésence de ces cultures au sein de cette panoplie littéraire hors du commun révèle l´amplitude d´un rêve intérieur qui témoigne d´une curiosité insatiable pour les êtres et la littérature, autant de signes d´une générosité intellectuelle peut-être sans égale dans sa génération.


    Ce Cahier se propose de mettre en perspective un grand nombre d´inédits ou de textes rares de Michel Déon, à côté des témoignages d´écrivains et amis : M. Kundera, C. de Rivoyre, F. Marceau, J. d´Ormesson, E. Carrère, F. Vitoux, Y. Reza, P. Morand, A. Blondin... Des correspondances inédites de J. Anouilh, J. Chardonne, S. Leys, K. Haedens, S. Bellow, J. Cabanis ou F. Mitterrand. Sans s´apesantir en lourdes exégèses, des écrivains et universitaires, français comme étrangers, (M. Serra, X. Darcos, P. Joannon, L. Proguidis ou A.Wilhelm) étudient aussi bien les grands thèmes de l´oeuvre que les constantes de l´imaginaire qui la nourrissent ou les paysages qui l´ont vu naître. Ils font ainsi le point sur une oeuvre à la fois très connue et pourtant méconnue dans ses ressorts et ses intentions les moins visibles.

  • Girard

    Collectif

    Ce Cahier vise également à révéler des aspects méconnus de la vie et de l?oeuvre de René Girard à travers des témoignages, des correspondances, un nouvel entretien avec lui, et une sélection riche et variée de ses écrits, avec notamment des articles sur Voltaire et Simone de Beauvoir et un texte autobiographique où il raconte pour la première fois comment il a surmonté la « maladie mimétique » qui l?avait paralysé au début de sa carrière. Dans l?entretien, il livre des souvenirs inédits de sa jeunesse : son intérêt précoce pour les guerres révolutionnaires et napoléoniennes, les « farces » qui lui ont valu d?être expulsé du lycée sous l?Occupation, sa lecture passionnée du Livre de la jungle dont les scènes de chasses et de meutes préfigurent sa théorie de la violence collective. Enfin, le Cahier comporte un témoignage de Jean-Michel Oughourlian, qui nous fait entrer dans les coulisses de la rédaction des Choses cachées depuis la fondation du monde, ainsi que les textes des discours prononcés par Michel Serres et Jean-Pierre Dupuy à l?occasion de l?entrée de René Girard à l?Académie française.

  • On ne présente pas Yves Bonnefoy : son oeuvre poétique et théorique, à laquelle il faut ajouter son oeuvre de traducteur, commencée dans les années 50 et qui s´étend donc sur près de 60 ans, est d´une importance considérable tant du point de vue de la poésie elle-même que par sa réflexion sur les caractéristiques propres à la poésie au sein de la littérature, sur le langage, sur la création artistique.


    Cette oeuvre immense a, comme il se doit, engendré une immensité d´ouvrages critiques et de volumes collectifs d´hommage ou d´analyse. Toute la variété de l´oeuvre d´Yves Bonnefoy est prise en considération dans l´éventail des contributions, sans qu´on ait cherché à en dresser un panorama exhaustif : l´oeuvre poétique, la lecture critique des oeuvres d´art - peinture et musique -, mais aussi les traductions de Shakespeare et les préfaces qui les accompagnent. Un cahier iconographique constitué par des photos personnelles d´Yves Bonnefoy pour la plupart inédites accompagne cet ensemble de textes.

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