Institut de la gestion publique et du développement économique

  • Pour analyser la guerre d'Indochine, à la fois réputée « trop chère » et pervertie par le trafic des piastres, Hugues Tertrais a privilégié le point de vue financier. Il ouvre ainsi une fenêtre à la fois nécessaire et originale qui éclaire différemment le conflit et permet d'en repenser le déroulement. Car si l'argent est le « nerf de la guerre », l'occasion des profits indirects. En s'appuyant sur les archives économiques et financières, l'auteur montre comment le conflit, au départ de nature coloniale, a été rattrapé par son coût. En effet, à défaut de pousser à la négociation avec l'adversaire, dans un contexte marqué par les fortes tensions de la guerre froide, les contraintes financières plaidaient pour un montage combinant les États associés et l'aide américaine, et un désengagement progressif. Le financement de la guerre d'Indochine a donc été un élément déterminant de son évolution. L'évaluation du coût de la guerre conduit ainsi à une évaluation de la guerre elle-même, à travers la nature de ses dépenses, les modalités de leur financement et la gestion des flux financiers qui en découlent, dans laquelle le ministère des Finances joue un rôle croissant : un an avant Dien Bien Phu, la dévaluation de la piastre indiquera le sens que la France donne à ses ultimes ambitions en Asie. La guerre d'Indochine est alors « à vendre » et les Etats-Unis apparaissent comme le seul acquéreur possible. La suite n'est certes alors pas encore écrite mais on sait que si la France - pertes et profits confondus - sortira de l'aventure sans trop de dommages, il n'en sera pas de même des pays d'Indochine, certes indépendants mais balkanisés et dans une paix plus que provisoire.

  • Le colloque sur La France, l'Europe et l'aide au développement, des traités de Rome à nos jours, tenu à l'initiative de l'AFD et de l'IGPDE, présente sous la forme d'un dialogue entre des universitaires et des grands acteurs de terrain (Philippe de Fontaine Vive, Dieter Frisch, Omar Kabbaj, Bernard Petit, Dov Zerah, Tertius Zongo) un état des lieux de la coopération pour le développement de trois acteurs clefs : l'AFD et les gouvernements français, la Commission européenne, les États bénéficiaires de l'aide. L'aide publique française au développement tient, depuis 1945, à des raisons humanistes et morales, politiques évidemment et de défense des intérêts économiques français. Elle entre dans le dispositif de l'influence française dans les relations internationales. Quel sens donner désormais à l'aide française au développement alors qu'un nouvel acteur, la Commission européenne, intervient dans ce champ depuis 1958 ? Quelle politique les États membres de l'Union européenne et la Commission proposent-ils pour le développement ? Comment la France investit-elle la dimension européenne de l'aide ? L'aide a-t-elle encore un sens dans un espace économique libéralisé où l'initiative privée est prééminente ? Les réponses données manifestent que les sociétés européennes conçoivent les relations internationales autrement qu'en s'appuyant sur les rapports de force économiques ou de froide indifférence. Le colloque du 8 décembre 2011 a célébré les 70 ans de l'Agence Française de Développement, héritière de la Caisse centrale de la France libre créée à Londres par le général de Gaulle, le 2 décembre 1941.

  • La création de l'Office national interprofessionnel du blé (ONIB) par le gouvernement du Front populaire à l'été 1936 est l'accomplissement d'un élément du programme socialiste, mais il est surtout une réponse à la grave crise du marché du blé qui frappe le pays. Cette crise agricole de surproduction à l'échelle mondiale entraîne en France, malgré la mobilisation parlementaire, des réponses politiques longtemps tâtonnantes, qui ne parviennent pas à lutter contre les fraudes et les scandales provoqués par la spéculation. Ainsi la loi sur le prix minimum de l'été 1933 est un échec tant les intérêts des producteurs, des consommateurs et des différents intermédiaires sont en contradiction. La création de l'ONIB est difficile et témoigne aussi de ces oppositions. L'Office est modifié dans son fonctionnement dès 1938 pour faire face aux enjeux financiers. Transformé en Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), l'Office est maintenu sous l'Occupation puis à la Libération pour faire face aux difficultés du ravitaillement. Fondée sur des archives diverses et méconnues, cette étude se veut une illustration de l'entremêlement de l'histoire économique et de l'histoire sociale avec l'histoire politique. Elle permet aussi de revenir aux sources des mécanismes de régulation des marchés agricoles qui ont été très influents dans la seconde moitié du XXe siècle et en particulier pour la politique agricole commune (PAC).

  • Cette thèse de doctorat d'État soutenue en 1989 sous la direction de M. Jean Bouvier (+) et de M. René Girault renouvelle l'histoire politique et économique du XXe siècle. L'auteur étudie les mutations de l'État entre la crise des années trente et l'amorce de la forte croissance à la fin des années quarante sans oublier les années de guerre et d'occupation. Si l'étude porte avant tout sur les aspects économiques et financiers, les hommes et les "mentalités" ne sont pas pour autant négligés et retrouvent là une place de choix dans l'analyse des décisions politiques et stratégiques. This book, which was originally a PhD thesis defended in 1989 under the direction ofJean Bouvier and René Girault, offers a fresh view of mid-20th century political and economic history. The author examines how the French State changed through the crisis of the 1930s, the war, the German occupation and the beginnings of strong growth in the late 1940s. Its primary focus is the economic and financial aspects of this period, but society and its prevailing attitudes are also examined, and are given pride of place in the book's analysis of political and strategic decision-making. Esta tesis de doctorado de Estado, dirigida por Jean Bouvier y René Girault y defendida en 1989, ha renovado la historia política y económica del siglo XX. El autor estudia las mutaciones del Estado entre la crisis del decenio de 1930 y el inicio del fuerte crecimiento económico de finales de la década de los cuarenta, sin omitir los años de la guerra y la ocupación alemana. Aunque se estudian sobre todo los aspectos económicos y financieros, no se pasan por alto los hombres y las "mentalidades", ya que ocupan un puesto privilegiado en el análisis de las decisiones políticas y estratégicas.

  • Cet ouvrage analyse la montée en puissance des enjeux de contrôle puis d'efficacité et de productivité dans la gestion des finances publiques de 1914 à 1967. à travers une micro-chronologie politico-administrative inédite, il étudie le développement de techniques de contrôle de la dépense, d'une part, et d'instruments de gestion, de l'autre. Secoué par deux guerres et une crise économique sans précédent, mobilisé en 1945 dans la reconstruction du pays après plusieurs changements de régime, l'état libéral se voit sommé de repenser la gestion de ses finances. L'ouvrage décrit les efforts d'élaboration d'un système rationalisé de contrôle de la dépense avant 1945, puis, après la Libération, l'émergence de dispositifs gestionnaires destinés à mesurer le rendement et les résultats de l'action des services publics. Il analyse comment le système financier public se trouve pris entre une rationalité juridique qui déploie toutes ses potentialités et une rationalité gestionnaire qui élabore ses premiers concepts et outils, l'une et l'autre concurrencées par la macro-économie. Il offre ainsi un regard neuf sur les phénomènes d'influence croisée entre secteurs public et privé. Brossant un vaste panorama des acteurs, institutions, techniques et savoirs au coeur du « système financier » de 1914 à 1967, ce deuxième volume poursuit l'entreprise d'une histoire du « gouvernement des finances publiques ».

  • Malgré les clauses du traité de Versailles, le Reich a réussi, à la fin des années 20, son redressement économique. Mais la crise de 1929 révèle la fragilité financière de cette renaissance. La France, dont le stock d'or est important, refuse son concours à l'Allemagne et c'est alors que les deux pays se replient sur leurs espaces nationaux, ...

  • Dans la famille des dictionnaires, et en particulier ceux des élites ou des grands corps, celui des inspecteurs des Finances était attendu. Comme les autres, sans doute, il contient des notices biographiques détaillées, en l'espèce celles des 1 217 membres des promotions qui s'égrènent de 1801 à 2009. Mais il s'en distingue aussi. D'abord, par la richesse des articles rédigés par une quarantaine d'auteurs, qui y analysent dans leur diversité les parcours, les pratiques et les activités des inspecteurs au cours des deux siècles écoulés. Ensuite, par l'analyse des figures singulières de soixante-deux inspecteurs, connus ou méconnus, qui ont marqué de leur empreinte la vie économique financière et politique. Si on y ajoute les nombreuses annexes, on prend la mesure du fait que ce dictionnaire est conçu à la fois comme un état des lieux provisoire des études scientifiques sur les membres de ce corps et sur l'institution, mais aussi comme un outil de travail durable en vue de recherches nouvelles.

  • La question de la dette publique, de son rôle économique ou de son poids excessif, est au coeur des préoccupations contemporaines. Le paradoxe est que les problèmes liés à l'endettement de l'État ont finalement peu mobilisé la réflexion des historiens, hormis pour certaines périodes particulières comme la France de la fin du XVIIIe siècle ou l'Europe d'après la Première Guerre mondiale. Existe-t-il un modèle européen de la dette publique ? Quand le phénomène a-t-il vraiment émergé ? Des sociétés sans dette publique sont-elles possibles ? Quels ont été les états les plus innovants et les plus inventifs en matière d'emprunt ? Les actes de ce colloque international présentent les différentes formes qu'a revêtues la dette publique depuis l'Antiquité, ses rapports avec la construction de l'autorité étatique, le rôle des guerres dans sa formation et ses effets économiques et sociaux. Il n'existe pas une histoire de la dette publique mais plutôt des histoires. C'est ce que confirme l'enquête menée dans des situations variées, dans le temps ­comme dans l'espace, avec des contributions sur la Rome ancienne et le Japon de l'ère Meiji, la Chine des Song et les États-Unis du XIXe siècle, les cités ­grecques et la France du XXe siècle... Cette large fresque permet d'ébaucher une géographie planétaire et une chronologie de la dette publique. Les travaux proposés offrent des clefs pour lire les débats d'aujourd'hui dont la dette publique, directement ou indirectement, est rarement absente.

  • À l'heure de l'après-guerre froide et de la reconversion des ex-pays de l'Est à l'économie de marché, La France, l'aide américaine et la construction européenne constitue un ouvrage de référence pour tous ceux que soucie le devenir de l'Europe. Dans cette somme que forment la thèse qu'il a soutenue en 1988, ...

  • Cette thèse de doctorat d'État soutenue en 1989 sous la direction de M. Jean Bouvier (+) et de M. René Girault renouvelle l'histoire politique et économique du XXe siècle. L'auteur étudie les mutations de l'État entre la crise des années trente et l'amorce de la forte croissance à la fin des années quarante sans oublier les années de guerre et d'occupation. Si l'étude porte avant tout sur les aspects économiques et financiers, les hommes et les "mentalités" ne sont pas pour autant négligés et retrouvent là une place de choix dans l'analyse des décisions politiques et stratégiques.

  • Jean Monnet est mal connu ! Celui qui est considéré comme le « père de l'Europe », parmi d'autres cependant, ne s'est affirmé sur ce créneau que tardivement, à plus de 60 ans, au moment de la déclaration Schuman du 9 mai 1950. Auparavant, l'homme avait eu plusieurs vies : chargé, à son initiative, d'organiser les comités de ravitaillement de la France et de la Grande-Bretagne durant la Première Guerre mondiale, il devint secrétaire général adjoint de la SDN de 1919 à 1923. Commence alors une étape pendant laquelle il développe son goût pour les affaires financières internationales, objet de ce livre. Banquier d'investissement avec la firme Blair and Co., fondateur d'une banque d'affaires, la Monnet, Murnane and Co., investisseur malheureux dans la Bank of America de Giannini en Californie durant les années de crise, puis chargé en 1932 d'organiser un consortium financier international pour développer la Chine de T. V. Soong, la China Development Finance Corporation (CDFC), en s'appuyant sur des banques américaines et françaises. Jamais il n'aura été autant globe-trotteur, voyageant sur les grands paquebots entre la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, le Canada puis la Chine et le Japon. Point d'Europe unie dans ces activités qui, semble-t-il, l'ont finalement lassé. C'est pourquoi il répond en 1938 à l'appel de Daladier pour acheter des avions américains. Une autre histoire commence alors ; celle du banquier Monnet est terminée. Ce livre présente des textes originaux de chercheurs, Gérard Bossuat, Renaud Boulanger, Pierre de Longuemar, Philippe Mioche, Yuichiro Miyashita, qui éclairent ce moment des activités de Jean Monnet. La difficulté était d'accéder à des sources fiables, dispersées, pour une période moins bien documentée que celles qui suivent. Ils font apparaître la complexité et la richesse relationnelle d'un banquier d'affaires avant la Seconde Guerre mondiale, préoccupé d'affaires internationales, financières certes, mais au plus près des milieux politiques internationaux et impliqué dans la grande histoire des relations internationales.

  • Avec le front militaire et le front social, un troisième front, celui des finances de guerre, s'est ouvert en 1914. Par les ruptures et les bouleversements qu'il a engendrés en matière de financement et d'équilibres économiques et monétaires mondiaux, il constitue le véritable tournant du XXe siècle, ...

  • Durant la Grande Guerre, la mobilisation financière des Français pour soutenir les combats a été à la hauteur de la mobilisation humaine. Dans ce contexte et pour gagner une guerre totale et mondiale, les banques nationales deviennent des acteurs clés du financement du conflit. Ce livre présente des destins bancaires très contrastés. Alors que la Société générale se recentre sur ses activités en France, Paribas se tourne résolument vers les États-Unis et se renforce en Europe centrale. Une autre banque parisienne, le CIC, s'offre une expansion régionale dans la continuité de l'avant-guerre. Certaines banques du Nord se régénèrent à Paris, développent un réseau national et sortent de la guerre renforcées, malgré les vicissitudes de l'occupation allemande. Les banques alsaciennes, quant à elles, souffrent cruellement lors du conflit puis du rattachement à la France. Le financement de l'économie est en outre profondément et durablement modifié, notamment car le marché boursier est en sommeil. La place des banques françaises dans le monde demeurera, pour des décennies, en retrait de sa position d'avant-guerre. Les nouveaux liens, entre collaboration nécessaire et tutelle de fait, qui se tissent entre l'État et les banques dureront jusqu'aux réformes bancaires des années 1980. Parallèlement, les difficultés humaines engendrées par la guerre ainsi que le développement du travail des femmes incitent les banques à mener une politique sociale novatrice et modifient l'organisation de ces entreprises, en particulier au Crédit Lyonnais. Le métier de la banque de détail évolue également (mécanisation accrue, titres d'emprunts à diffuser auprès du plus grand nombre, démocratisation des chèques...). Enfin, le conflit (avec l'épargne bloquée dans les Caisses d'épargne, la monnaie dévaluée, les impôts augmentés...) bouleverse la relation des Français avec leur argent.

  • À l'été 2008, la planète tremble en découvrant l'ampleur de la crise financière. Les subprimes deviennent en quelques semaines une réalité dévastatrice. Peut-on considérer que l'échec a eu une vertu et que du séisme est sorti un bien ? Sans doute, mais à quel prix ? Success story, demande de régulation, crise, faillite, échec, tels sont les axes d'une réflexion à laquelle l'Association française d'histoire économique (AFHÉ) a voulu participer à l'occasion de son dernier congrès, les 4 et 5 octobre 2013. Les travaux présentés dans cet ouvrage font varier les échelles d'analyse - temporelle, spatiale et sociale - et révèlent les multiples dimensions de l'échec, puisque celui des uns forge parfois le succès des autres et peut avoir des retombées imprévisibles, pas nécessairement négatives, que l'on se place au niveau des individus, des familles, des sociétés ou de l'humanité tout entière. Lorsque pointe l'échec, plusieurs options s'ouvrent : c'est l'heure des choix. Faut-il opter pour une gestion prudente ? Réorienter l'activité et se faire plus offensif ou au contraire abandonner un créneau, un projet ? Renoncer, persévérer, recréer ? L'échec peut alimenter le repli et le conservatisme autant que l'innovation et la prise de risques. Si la remise en cause est une vertu possible de l'échec, quels en sont les lieux et les outils ? On trouvera ici vingt-quatre interventions inédites organisées en cinq thèmes qui rendent compte de la richesse des approches : les usages sociaux de la faillite ; l'histoire des entreprises ; les espaces transfrontaliers et politiques en Europe ; les districts et les territoires ; les institutions et les politiques publiques. Si le thème de réflexion peut surprendre par sa formulation antinomique, l'introduction d'Aldo Schiavone, « Quelques hypothèses sur les temps qui nous attendent », confirme la justesse de l'intuition originale.

  • Les grands corps de l'État n'ont pas toujours bonne presse, mais, en même temps, ils fascinent. Créé au XVIIIe siècle, le corps des Mines n'a cessé de contribuer à la construction économique du pays. Passés par l'École polytechnique et l'École des mines, les ingénieurs du corps ont surveillé et, souvent, directement encadré les secteurs de l'industrie et de l'énergie. Ils ont également joué un rôle éminent dans le domaine scientifique, leurs contributions allant des sciences « dures » (mathématiques et physique, avec Henri Poincaré, chimie avec Henry Le Chatelier) à l'économie, avec Maurice Allais, le seul Français ayant reçu le prix Nobel d'économie, et aussi la sociologie, avec Frédéric Le Play, considéré comme l'un des précurseurs de cette discipline. Industriel dans son essence, industrialiste dans son esprit, ce corps de fonctionnaires a souvent adopté des approches libérales, mais, a contrario, il a souvent impulsé un patriotisme économique de bon aloi dans le cadre de « grands programmes » d'État. Il restait à la richesse de cette expérience, à la fois technique, scientifique et administrative, à se constituer en histoire, à se « conscientiser ». Telle était l'ambition du colloque dont les actes sont présentés dans ce volume. Organisé dans le cadre de la célébration du deux centième anniversaire du décret du 18 novembre 1810 qui a organisé le « Corps impérial des Ingénieurs des Mines », ce colloque historique s'est attaché à mettre en lumière le rôle joué au service de la France par ces hauts fonctionnaires à formation scientifique et technique.

  • La cause semblerait entendue... Nous vivons dans la société de l'information et de la communication depuis la « révolution » Internet. Cette mutation serait née aux États-Unis. Elle nous ouvrirait un monde du « virtuel » et marquerait le triomphe de l'immatériel. Aucune de ces affirmations n'est totalement inexacte, mais toutes reflètent une vision déformée, sans recul historique ni profondeur d'analyse de notre réalité numérique. Ce livre porte le regard sur le rôle du corps des Télécommunications (aujourd'hui fusionné avec le corps des Mines) et, à travers lui, sur l'histoire de ce domaine depuis le milieu du XIXe siècle. Il souligne que la réalité américaine, pour être incontournable, ne fut pas la seule et qu'en se mobilisant pour un projet national, ces ingénieurs formés par leur pays surent donner à la France un rôle majeur dans le développement d'un secteur essentiel pour la prospérité et la souveraineté des nations. Télégraphie, téléphonie, câbles sous-marins, satellites, réseaux de données, Internet, Web, mobiles... en un siècle et demi les dispositifs techniques se sont succédé et ont vu la France s'intégrer avec plus ou moins d'à-propos dans un mouvement qui a transformé le monde. En relevant l'industrie française des télécommunications et en dotant le pays d'un réseau moderne et performant, ingénieurs, entrepreneurs et politiques ont permis à la France de prendre, dans le dernier tiers du XXe siècle, une place significative dans cette dynamique au sein de laquelle son rôle était longtemps resté marginal. Il en ressort que la technologie et l'ambition sont vaines sans une vision politique et que celle-ci n'est rien si elle n'est portée par des hommes et des femmes ayant la volonté et l'expertise nécessaires pour l'incarner. En associant l'analyse des historiens aux apports de l'économie et de la sociologie, en croisant les approches académiques avec le témoignage des acteurs, cet ouvrage offre les clefs qui permettront de mieux comprendre les enjeux du temps présent. Entre la doxa béate des apôtres du Web et les discours anxieux de ses pourfendeurs, il devient alors possible de penser sereinement et lucidement le présent et le futur des technologies numériques.

  • Cet ouvrage raconte une histoire que résumait ainsi le chef du Service en 1941 : « Autrefois, l'Inspection était pour presque tous une carrière que l'on parcourait depuis l'admission jusqu'à la retraite. Aujourd'hui, l'Inspection est, pour la plupart des jeunes, un tremplin d'où ils s'élanceront vers d'autres postes. Autrefois, ...

  • Dans les débats d'aujourd'hui sur la recherche d'une croissance durable de l'économie, le développement et la diffusion des hautes technologies sont reconnus comme des éléments décisifs. Il s'agit de trouver les moyens et l'organisation pertinents pour mettre en oeuvre les découvertes et les applications scientifiques les plus récentes et assurer le renouveau du tissu économique et social. La conception de produits et de services dans ces domaines, la création et l'essor d'entreprises petites et grandes, le soutien ou les commandes que peuvent leur apporter les différents pouvoirs publics, le rôle des universités et de la recherche, leur impact sur l'environnement, les changements de la société civile et de l'opinion à leur égard sont devenus des enjeux majeurs. Outre la croissance, il y va de la souveraineté, de l'indépendance nationale et de la capacité d'alliance et de coopération des nations. Ce livre est le premier ouvrage d'ensemble qui, loin de se limiter à un secteur, aborde leur histoire parallèle aux États-Unis et en France depuis 1945, deux pays aussi différents par leurs atouts et leur culture que liés par leur histoire et la géopolitique. Il aborde la question de l'hégémonie américaine vis-à-vis des Européens et celle des voies qui s'offrent à eux dans ce contexte, seuls ou ensemble. Il ne se contente pas, en effet, d'une approche nationale : il traite du niveau local et régional comme de la place de l'Europe et du rôle des organismes internationaux. Une première partie analyse les réussites mais aussi quelques échecs du pilotage par l'État de secteurs pionniers. Une deuxième partie concerne spécifiquement les ressources stratégiques et les enjeux militaires. Une troisième partie aborde l'écologie des entreprises de haute technologie et de leurs produits : accès aux technologies, financements, demande, marchés. Une quatrième partie étudie comment, pour faire face au double défi de la concurrence et de la coopération, ont été trouvées des articulations entre les logiques territoriales régionale, nationale et européenne qui sont devenues des bases d'une innovation soutenue dans les hautes technologies. Une table ronde entre acteurs du temps présent fait des comparaisons à l'échelle du monde, débat des forces et des faiblesses françaises en la matière, et s'interroge sur les politiques publiques possibles aux échelles nationale et européenne. Ce livre associe historiens, sociologues, géographes et politistes étrangers et français à des témoignages d'acteurs français importants des secteurs privé et public.

  • Des craintes d'une Europe trop libérale exprimées par Pierre Mendès France, au soutien du général de Gaulle à une Europe modernisatrice mais non fédérale, le modèle économique et institutionnel de la CEE est âprement débattu depuis les débuts de sa négociation en 1955 jusqu'au départ du président français en 1969. S'appuyant sur une approche novatrice - le croisement des sources françaises et européennes - cette étude montre un visage méconnu du général de Gaulle, celui d'un « père involontaire » de l'Europe. Sans son action, la CEE n'aurait pas pu se développer aussi rapidement. De plus, l'étude de politiques publiques négligées comme la « programmation », une forme de planification européenne développée par le commissaire Robert Marjolin, les premières réflexions sur l'union monétaire, ou la naissance de la politique de la concurrence promue par les ordolibéraux allemands, montre que l'intégration économique européenne fait l'objet de vifs débats depuis l'origine. Les controverses actuelles sur l'Union économique et monétaire ou l'opposition entre politique de la concurrence et politique industrielle en sont ainsi éclairées. « On comprend ainsi que Laurent Warlouzet ne s'est pas contenté d'exploiter des points de vue français. Il a aussi tenu compte de conceptions exprimées par nos partenaires. C'est pourquoi ce livre si important mériterait de faire école... » Michel Albert, membre de l'Institut.

  • Le vote et la mise en oeuvre de la loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001 ont rappelé l'importance de la régulation et de la gestion des finances publiques. Pour ses promoteurs, la LOLF introduirait de manière inédite des préoccupations managériales dans le droit budgétaire et comptable, volontiers présenté comme peu soucieux de considérations d'efficacité ou d'efficience. Cette actualité de la LOLF incite l'historien, le juriste ou le politiste à prendre de la distance en réinscrivant ces mutations dans la longue durée. À travers une série d'études inédites, cet ouvrage retrace l'histoire mal connue des principes, des règles, des instruments et des pratiques qui ont façonné le droit budgétaire et compta ble tout au long du XIXe siècle, depuis sa refondation sous la Restauration jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Comment et à travers quels enjeux sont produites les normes du droit budgétaire et comptable ? Quels débats de doctrine suscitentelles ? Que nous apporte la perspective historique pour (re)penser les relations entre la mise en place d'un droit des finances publiques et les préoccupations gestionnaires ? Quelles pratiques ce droit génère-t-il ? Telles sont les grandes questions auxquelles s'efforce de répondre ce livre sur la période 1815-1914. Les analyses et hypothèses avancées dans l'ouvrage sont issues de la confrontation féconde de plusieurs champs disciplinaires, l'histoire, le droit et la science politique. Premier tome d'une « Histoire de la gestion des finances publiques de 1815 à nos jours », ce volume contribue à une histoire de l'État qui s'inscrit au coeur d'un dialogue passé-présent et qui suit le fil riche et complexe du développement de la gestion des finances publiques.

  • Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu'à la fin du Second Empire. Illustrées pour la plupart d'un portrait, enrichies par le dépouillement d'archives jusqu'alors inexploitées, telles que les archives notariales, ...

  • En 1989, Roger Goetze a accordé quatorze entretiens biographiques au Comité pour l'histoire économique et financière de la France. Il a accepté la proposition de celui-ci de publier sous la forme d'une édition critique les chapitres portant sur sa carrière administrative, réservant pour un deuxième volume sa carrière de banquier public.

  • À partir de l'étude des relations économiques et financières entre la France et l'Égypte de la fin du XIXe siècle à 1914, l'auteur s'interroge sur leurs implications politiques dans les relations internationales. Il démontre que, de 1882 à 1914, l'Égypte, alors sous tutelle britannique, est l'une des principales destinations de l'épargne française. La masse des capitaux français exportés en Égypte atteint un sommet inégalé avant ou après ces trois décennies. Pourquoi les intérêts français se sont-ils maintenus dans un pays occupé par une autre puissance ? Quelle est leur influence dans la rivalité franco-britannique en Égypte ? Samir Saul répond à ces questions en s'appuyant notamment sur l'histoire des entreprises qui font appel aux capitaux français, des plus modestes aux plus grandes : Suez, le Crédit foncier égyptien, les Sucreries. Il détaille l'évolution de leur structure financière, de la composition de leur conseil, de leurs activités et de leurs performances. Il insiste, en particulier, sur le contrôle des capitaux exportés, sur la relation entre la structure des entreprises et les modes de contrôle, ainsi que sur les conséquences autant pour la société égyptienne que pour les capitaux étrangers. Il propose enfin une réinterprétation de la question de l'impérialisme. Ce travail repose sur l'exploitation de nombreux fonds d'archives publiques et privées, françaises, égyptiennes, britanniques et belges. Les archives des entreprises françaises sont utilisées pour la première fois.

  • Cet ouvrage apporte une solide contribution à l'histoire des origines de l'intégration européenne entre les deux guerres. L'étude de la période sous ses aspects économiques, monétaires et commerciaux montre combien, malgré les ruptures et les échecs qui rythment les tentatives d'une organisation régionale, un capital d'expériences se constitue, ...

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