FeniXX réédition numérique (Economica)

  • Entre les pieuses fondations ou « congrégations » charitables de l'âge classique et ce que certains dénomment aujourd'hui État-Providence, quels furent, du XVIIIe au XXe siècle, l'inspiration et le champ social des philanthropies d'Europe occidentale, quels furent aussi leurs liens avec les premières politiques sociales ? Ce volume regroupe les études présentées lors du Colloque de l'AREPPOS qui a réuni les 27 et 28 mars 1992 à Paris, des historiens, sociologues, juristes et philosophes français et étrangers. Les interventions se sont organisées autour de quatre axes principaux qui constituent les parties de l'ouvrage : les modèles nationaux de la philanthropie et leurs inspirations, les champs d'intervention et les pratiques au quotidien, les réseaux, enfin les problématiques des actions sociales publiques ou privées. Il est important de mettre en évidence, malgré leurs limites, l'importance et l'influence de ces philanthropes souvent vilipendés. Les militants de l'action humanitaire actuelle, ces nouveaux citoyens du monde, ne sont-ils pas leurs successeurs ? Enfin, à l'heure où beaucoup considèrent qu'il y a trop d'État, il n'est pas moins utile de rappeler que les acquis sociaux sont l'aboutissement d'une longue expérience historique en Europe, et qu'ils viennent aussi bien du privé que du public.

  • Avant que Louis XVI ne soit guillotiné, le 21 janvier 1793, les « amis du roi » l'avaient mis sept fois à mort. « Sept » est manière de compter ; et les « mises à mort », façon de dire ou plutôt de donner à voir. Dès le lendemain des grandes journées de juillet et d'octobre 1789, l'imaginaire royaliste subit un traumatisme dont il ne se relèvera jamais : la royauté est morte, mort est le royaume et le roi pourtant est toujours vivant ! Constat terrifiant mais qu'il est impossible d'avouer - et d'abord à soi-même - sinon par le détour de fictions, écrites d'abord, gravées ensuite. Cette reconstitution minutieuse, faite sur dossiers, d'une « vision des vaincus » jusqu'alors ignorée est aussi un essai stimulant sur l'autonomisation progressive de l'image par rapport au texte qui longtemps l'a portée. Car ce n'est pas le moindre des paradoxes de cette histoire que de voir les « amis du roi » inventer aussi, à leur manière, un des modes d'expression les plus neufs de la vie politique nouvelle, la caricature.

empty