Fayard

  • Ce début de XXIe siècle est traversé par une telle succession de crises - écologique, économique et politique - qu´il voir refleurir le vieux mythe de la fin des temps. Nous nous trouvons confrontés aujourd´hui à au moins dix bouleversements inédits dans notre histoire. Pour trouver une mutation similaire, il faut remonter non pas à la Renaissance, ni à la fin de l´Empire romain, mais au tournant du néolithique, lorsque, il y a plus de dix mille ans, les groupes humains abandonnèrent le mode de vie nomade pour se sédentariser. On assista alors à un changement radical du rapport de l´homme à lui-même et au monde, dont nous sommes les ultimes héritiers. Aujourd´hui, ce n´est pas la fin du monde que nous connaissons, mais la fin d´un monde, celui fondé sur la prééminence du cerveau rationnel et logique par rapport au cerveau émotionnel et intuitif, sur l´exploitation mercantile de la nature, sur la domination du masculin sur le féminin. Frédéric Lenoir montre ici que la guérison est possible. Illustrant les impasses de la fuite en avant (le progrès à tout-va) comme celles du retour en arrière (démondialisation, écologie radicale, intégrismes religieux), il exprime sa conviction que l´humanité peut dépasser cette crise planétaire par une profonde transformation de nos modes de vie et de pensée : rééquilibrage du masculin et du féminin, passage de la logique du « toujours plus » à celle de la « sobriété heureuse », de l´égoïsme à la communion, de l´état de spectateur passif à celui d´acteur responsable... Au-delà des rafistolages provisoires d´une pensée et d´un système à bout de souffle, une immense révolution est en marche : celle de la conscience humaine.

  • L'auteur : Ancienne ministre de la Culture du Mali, Aminata Traoré est l'une des grandes figures politiques de la scène africaine. Elle est l'auteur de L'Étau : l'Afrique dans un monde sans frontières, publié chez Actes Sud en 1999. Le livre : Il n'est rien de plus encombrant ni aliénant qu'une image de soi et de sa place dans le monde se nourrissant des désirs et du discours des autres. Depuis plus de 40 ans, l'Afrique cherche sa voie, mais en vain. Elle est dans l'impasse. Les violences de l'histoire ayant fait des vainqueurs et des vaincus, des gagnants et des perdants, les rapports entre nations riches et nations pauvres demeurent des rapports de domination qui se perpétuent à travers des mots clés, qui ne sont que mots d'ordre. Pillée - esclaves, matières premières, service de la dette... - et marginalisée, l'Afrique est invitée par les maîtres du monde à se penser pauvre, à se comporter en région pauvre et à s'organiser à l'intérieur de Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) conçus, imposés et financés par ces derniers, soucieux de parachever les réformes économiques et structurelles en cours. Surendettés et acculés par une demande sociale extrêmement forte, les États africains adoptent et appliquent ces remèdes qui tuent le malade. Le coût social et humain est exorbitant : taux de morbidité et de mortalité anormalement élevés, dénuement matériel, misère morale, fuite des bras valides et des cerveaux vers le Nord...
    Le pillage des ressources est allé de pair avec la violence symbolique, aux séquelles graves. L'esclavage et le colonialisme ont façonné des êtres peu sûrs d'eux-mêmes, de leurs valeurs de culture et de société ; les indépendances et les démocraties formelles ont, à leur tour, donné naissance à des États mimétiques, plus aptes à exécuter et à copier qu'à créer et à investir dans les ressources locales. Ils infligent à leurs peuples les pires souffrances au nom d'une mondialisation qui serait incontournable et irréversible, dont nous sommes en fait les plus grands perdants. Plus que de capitaux, de technologies et d'investisseurs étrangers, l'Afrique a besoin de retrouver cette part d'elle-même qui lui a été dérobée : son humanité. Or le viol de l'imaginaire, qui est une constante dans les rapports Nord-Sud, et plus particulièrement dans les rapports du continent africain au monde, est entrée dans une nouvelle phase le 11 septembre dernier : en s'effondrant, les tours du World Trade Center ont libéré les vieux démons du racisme et du sentiment de supériorité de l'Occident. Les nations nanties vont bientôt faire de la lutte contre le terrorisme l'une des nouvelles conditions de délivrance de l'aide publique au développement. L'Afrique ferait mieux, pour une fois, de suivre son chemin en commençant par se soigner des violences dont elle est elle-même victime, notamment la violence symbolique. Les États-Unis, l'Europe, le FMI, la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'ont pas de remèdes pour les blessures de l'âme dont souffre l'Afrique. Elle est seule à les détenir.
    Mais elle l'ignore car on ne lui laisse ni le temps ni le loisir de s'écouter, de formuler son propre diagnostic et de disposer de son propre agenda.
    Contrairement à l'homo oeconomicus, l'humain - qui est en chacun de nous et que les Africains revendiquent -, en se mondialisant, s'enrichit, enrichit les autres et met la planète à l'abri de bien des saccages. Ce besoin d'être, de présence et d'avenir est celui du peuple de Seattle. *** Par la grande voix africaine, ancienne ministre de la Culture du Mali, un livre bouleversant sur la douleur d'une Afrique mutilée par la mondialisation libérale. Aminata Traoré inaugurera à Bamako, au Mali, le 5 janvier 2002 la première Conférence africaine contre la mondialisation. Elle participera également fin janvier 2002 au Forum de Porto A.

  • Une interprétation, fort discutable, de l'oeuvre de Darwin a imposé la compétition et la lutte comme les moteurs de la vie, aussi bien dans la nature que dans la société. Or la nature met en oeuvre d'innombrables systèmes de symbioses et de solidarités qui ont joué un rôle déterminant dans toute l'évolution biologique et sans lesquelles il serait impossible de comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Les lichens comme les coraux sont des êtres doubles où chacune des parties rend des services à l'autre ; quant aux champignons, ils nourrissent les arbres qu'ils paraissent parasiter. Dans le règne animal, les prestations de services mutuels entre espèces sont tout à fait courantes. Poissons et oiseaux pratiquent des comportements d'entraide qui témoignent d'un authentique altruisme : ceux-ci, comme l'amitié chez de nombreux mammifères, ne sont pas le propre de l'homme. Quant aux sociétés humaines, elles ont mis en oeuvre de précieuses organisations : les mutualités, les coopératives, la sécurité sociale et les assurances, etc., qui sont la base de l'économie solidaire. La mise en oeuvre de nouveaux mécanismes de solidarité sera pourtant absolument nécessaire si l'on veut assurer demain à tous un emploi et un statut dignes d'un être humain ; mais aussi pour sauver la planète des menaces grandissantes que notre mode de développement fait peser sur elle.

  • No steak

    Aymeric Caron

    Bientôt, nous ne mangerons plus de viande. Nous cesserons définitivement de tuer des êtres vivants - 60 milliards d´animaux chaque année - pour nous en nourrir. Épuisement des sols, utilisation abusive des ressources en eau, pollution des nappes phréatiques, réchauffement climatique, manque de surfaces agricoles : ce rythme est intenable. Et il le sera d´autant plus lorsque nous serons 9 ou 10 milliards en 2050, et peut-être 15 milliards en 2100. Nous allons donc cesser de manger de la viande parce que notre planète nous l´ordonne, mais pas seulement pour cette raison. Le passage à un régime végétarien va faire partie d´une nouvelle phase de notre évolution. La science nous prouve un peu plus chaque jour que, contrairement à ce que nous avons longtemps prétendu, les animaux sont des êtres qui souffrent, ressentent des émotions et ont une vie sociale. Et c´est là que la philosophie prend le relais. Depuis une trentaine d´années, l´éthique animale nous invite à reconsidérer totalement nos devoirs moraux vis-à-vis des autres animaux, auxquels nous sommes tenus d´accorder des droits. Mais, pourrait-on répliquer, ne faisons-nous pas partie d´un système alimentaire où il est normal de manger et d´être mangé ? Non. Nous ne faisons partie d´aucun système, si ce n´est celui que nous mettons en place grâce à ce que la Nature nous a offert en cadeau et dont nous nous servons parfois à mauvais escient : la conscience. Plus se réduit la frontière entre l´homme et les autres espèces, plus se rapproche l´heure où la viande aura disparu.

  • Dans un monde envahi par la chimie, où ni ce que nous mangeons, ni ce que nous portons et ni même l´intérieur de nos maisons ne sont épargnés, il est pourtant possible, à l´échelle individuelle, de vivre sainement. Le propos du livre anti toxique est de donner au lecteur des bases scientifiques solides et de débrouiller l´écheveau des informations partielles et contradictoires qui nous parviennent des institutions, des experts et des industriels. Doit-on impérativement consommer tout bio ? Jusqu´où les pesticides vont-ils se nicher ? Les métaux influent-ils sur notre moral ? Conçu comme un guide, cet ouvrage donne des conseils clairs et des clés pratiques. Contre le pessimisme et la désinformation, les auteurs y tiennent un discours lucide qui fait appel à la responsabilité de chacun dans ses choix les plus quotidiens. Au-delà des actions individuelles, l´objectif est aussi inspirer des actions collectives pour ne plus accepter l´inadmissible : la pollution généralisée qui entrave notre santé et celle de la planète, et qui n´a rien d´une fatalité.

  • Les épices

    Jean-Marie Pelt

    La Reine de Saba, Sindbad le Marin, le Calife de Bagdad, Marco Polo... autant de figures légendaires évoquant les mystères de l'Orient fabuleux, mais aussi les épices. Tandis que les Arabes sillonnent l'océan Indien, le Portugais Vasco de Gama découvre, au XVIe siècle, la route maritime des Indes, la fameuse route des épices. S'engage alors une farouche compétition, où disparaissent tour à tour les monopoles de Gènes, de Venise, du Portugal et finalement des Pays-Bas. C'est à un Français, savant et aventurier, Pierre Poivre, au nom prédestiné, que revient le mérite d'avoir cassé le monopole hollandais ouvrant le marché des épices au commerce international. Mais, au-delà de l'histoire et des légendes qui entourent les épices, Jean-Marie Pelt va diagnostiquer ici leurs caractéristiques botaniques, pharmacologiques et, naturellement, culinaires. Ainsi, apprendra-t-on qu'il n'y a pas moins de six variétés de poivre, que la vanille n'est pas une gousse et toutes les façons d'utiliser nos herbes de Provence. Bien inspiré, le fin cordon bleu qui saura harmoniser les épices et créer entre elles de subtiles synergies de nature à emballer notre palais, voire à l'embraser. Art dans lequel excelle Jean Cabodi, restaurateur, qui nous livre ici, en prime, une vingtaine de ses recettes, délicatement épicées... Jean-Marie Pelt est professeur émérite de biologie végétale à l'Université de Metz, et président de l'Institut européen d'écologie. Il a notamment publié chez Fayard : Drogues et plantes magiques, Les Langages secrets de la nature, Le tour du monde d'un écologiste, Des légumes, Des fruits, Le Jardin de l'âme, La Cannelle et le Panda, La Terre en héritage, Les Nouveaux Remèdes naturels.

  • « Je suis né à Paris, le 8 juillet 1921, rue Mayran, dans le IXe arrondissement, au pied de la butte Montmartre... »C´est à l´occasion de la remise par Bertrand Delanoë, maire de la capitale, de la médaille d´honneur de la Ville de Paris, que, prononçant son discours de remerciement, l´auteur de La Voie, bon pied , bon oeil, a eu l´idée de ce récit de sa vie en évoquant ses tribulations dans les différents quartiers de la capitale. A chaque déménagement, à chaque compagne ou conquête amoureuse correspondent aussi des étapes de la vie intellectuelle et des engagements politiques de l´inventeur de la « pensée complexe », co-auteur avec Stéphane Hessel du Chemin de l´espérance. Un récit pétillant d´humour et d´intelligence par le plus non-conformiste des jeunes nonagénaires, traduit et célébré dans le monde entier.

  • Quelles furent les spécificités des conflits coloniaux engagés par la France en Afrique du Nord et ailleurs ? Que nous apprennent les méthodes singulières - enfumades, massacres de prisonniers et de civils, razzias, destructions de cultures et de villages - couramment employées par les militaires français sur la nature de la guerre conduite pour pacifier l´ancienne Régence d´Alger ? Pourquoi de nombreuses mesures racistes et discriminatoires ont-elles été élaborées puis appliquées au cours de la conquête et de la colonisation de l´Algérie ? Comment furent-elles codifiées sous la Troisième République puis étendues aux nouveaux territoires de l´empire tels que l´Indochine, la Nouvelle-Calédonie et l´Afrique-Occidentale française ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage entend répondre. En effet, la conquête puis la colonisation difficiles et meurtrières de l´Algérie doivent être considérées comme une sorte de vaste laboratoire au sein duquel des concepts - ceux de «races inférieures», de «vie sans valeur» et d´«espace vital», promis à l´avenir et aux usages que l´on sait - furent forgés. De même, on découvre les origines de nouvelles techniques répressives - l´internement administratif et la responsabilité collective notamment - qui, avec le Code de l´indigénat adopté en 1881, firent de l´Etat colonial un état d´exception permanent. Plus tard, l´internement fut même importé en métropole pour s´appliquer, à la fin des années 1930, aux étrangers d´abord, aux communistes ensuite puis aux Juifs après l´arrivée de Pétain au pouvoir. S´appuyant sur quantité de documents peu connus voire oubliés, sur la littérature aussi, cette étude originale et dédisciplinarisée éclaire d´un jour nouveau les particularités du dernier conflit qui s´est déroulé entre 1954 et 1962, mais aussi les violences extrêmes et les guerres totales qui ont ravagé le Vieux Continent au cours du XXe siècle.

  • Déconstruite, recomposée, monoparentale, homoparentale artificiellement engendrée, la famille occidentale est aujourd'hui soumise à un grand désordre d'où découleraient, nous explique-t-on, bien des catastrophes : les enfants violeurs et violés, les professeurs malmenés, les banlieues livrées à la délinquance. Notre époque génère ainsi une profonde angoisse : désorientée par la perte d'autorité du père, mutilée par la libéralisation des moeurs, bousculée par la précarité propre à l'économie moderne, la famille nous apparaît de moins en moins capable de transmettre les valeurs qu'elle a longtemps incarnées. Or, jamais en même temps elle n'a été autant revendiquée comme le lieu par excellence de l'épanouissement individuel.
    Puisque le père n'est plus le père, que les femmes maîtrisent la procréation et que les homosexuels ont la possibilité de se faire une place dans le processus de la filiation, la famille n'est-elle pas finalement condamnée et avec elle la possibilité pour chacun de nous de se construire comme sujet ?
    C'est à comprendre l'origine de ce désordre, à percer le secret de ces troubles et à imaginer l'avenir qu'est consacré ce livre.

    Historienne, chargée de conférences à l'Ecole pratique des hautes études (IVe section), Elisabeth Roudinesco a publié ses derniers livres chez Fayard.
    Notamment : Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée (1993), Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol. (rééd. 1994), Dictionnaire de la psychanalyse (en coll. avec Michel Plon, 1997 et 2000), et, avec Jacques Derrida, De quoi demain...Dialogue (2001).

  • Les Palestiniens et les Israéliens ignorent à quel point ils sont étrangers à leur propre conflit, victimes d'une histoire qui n'est pas la leur, une histoire fondée sur un crime : l'extermination de 6 millions de Juifs sans que l'Occident ait rien fait pour les protéger. L'Etat d'Israël est le fruit de ce crime, la mauvaise conscience de l'Occident. Et les massacres actuels, la réplique du crime initial. En prendre conscience, c'est déjà se mettre sur la voie d'une issue possible, celle qui verra Israéliens et Palestiniens se réconcilier avec leur propre histoire et se reconnaître mutuellement. Un document explosif.

  • Les réformes économiques menées en Chine à partir de 1980 ont changé le destin de ce pays longtemps soumis à la dictature de Mao Zedong. Au tournant du nouveau siècle, la Chine, apparemment convertie au capitalisme, semble marcher vers la démocratie. La crise de 2008 a cependant mis en lumière le rôle croissant du secteur public qu´on croyait condamné, et les obstacles rencontrés par un capitalisme qu´on croyait prêt à triompher. Quelle est donc la véritable nature de ce système économique et politique ? Pour répondre à cette question, Marie-Claire Bergère examine la nature des réformes lancées depuis 1980, et conduites de façon autoritaire par un régime demeuré communiste dont l´objectif n´est pas de créer un système capitaliste, mais d´utiliser au mieux les ressources du marché pour développer la richesse de la Chine, renforcer sa puissance et préserver le monopole politique du parti. La stratégie mise en oeuvre repose sur le rôle primordial accordé à un secteur public rénové et à ses entrepreneurs bureaucrates et sur le dynamisme soigneusement circonscrit du secteur privé et de ses capitalistes. La clé de voûte de ce système demeure le parti unique qui tire sa légitimité non plus de l´idéologie, mais de la croissance. Les succès remportés par ce nouveau capitalisme d´État sont-ils durables et en font-ils un modèle transposable ? Un tel modèle serait-il capable d´assurer la diffusion et l´universalisation des valeurs « confucéennes » dont se réclame désormais le pouvoir communiste ? Bien des scénarios sont imaginables dont trois sont ici examinés : panne de croissance catastrophique, improbable révolution sociale et maintien d´un statu quo flexible.

  • Pour son pic d´activité, à l´approche des fêtes de Noël 2012, Amazon recrute des milliers d´intérimaires. Pour la première fois en France, un journaliste décide d´infiltrer un entrepôt logistique du géant du commerce en ligne. Il intègre l´équipe de nuit. Après avoir souscrit au credo managérial et appris la novlangue de l´entreprise, c´est la plongée dans la mine : il sera pickeur, chargé d´extraire de leurs bins (cellules) des milliers de « produits culturels », amassés sur des kilomètres de rayonnages, marchandises qu´il enverra se faire emballer à la chaîne par un packeur, assigné à cette tâche.
    Chaque nuit, le pickeur courra son semi-marathon, conscient de la nécessité de faire une belle performance, voire de battre son record, sous le contrôle vigilant et constant des leads (contremaîtres), planqués derrière des écrans : ils calculent en temps réel la cadence de chacun des mouvements des ouvriers, produisent du ratio et admonestent dès qu´un fléchissement est enregistré...
    Bienvenue dans le pire du « meilleur des mondes », celui qui réinvente le stakhanovisme et la délation sympathiques, avec tutoiement. Plus de quarante-deux heures nocturnes par semaine, en période de pointe. Un récit époustouflant. Jean-Baptiste Malet nous entraîne de l´autre côté de l´écran, une fois la commande validée. La librairie en ligne n´a plus rien de virtuel, l´acheteur ne pourra plus dire qu´il ignorait tout de la condition faite aux « amazoniens ».

  • " En tant qu´envoyée spéciale en Tchétchénie, je suis fière, mais également profondément triste d´avoir pu apporter mon témoignage sur ce sombre conflit.
    En 1999, c´était mon devoir de journaliste ; aujourd´hui, cela reste mon devoir tout court. C´est pourquoi j´ai décidé de publier ces nouvelles pages sur cette guerre qui se perpétue dans l´indifférence quasi générale et dont on pourra bientôt dire qu´elle n´aura pas eu lieu. "

  • Contrairement à une idée bien répandue, en France comme en Afrique, la crise qui secoue aujourd'hui la Côte d'Ivoire est loin d'être une affaire interne à ce pays.

    Jusqu'en septembre 2002, le pays de Félix Houphouët-Boigny était en effet avant tout le modèle le plus achevé de l'ouverture des anciennes colonies françaises d'Afrique noire au libéralisme économique. Son implosion révèle l'échec criant de ce modèle, et surtout ses conséquences dramatiques pour tous les peuples d'Afrique.

    Dans sa lettre ouverte à Jacques Chirac - l'homme du refus de la guerre en Irak, l'" avocat " de l'Afrique à travers la francophonie, au niveau de l'Union européenne et des instances internationales -, Aminata Traoré décrypte la politique africaine de la France, ainsi que l'ordre cynique du monde dans lequel elle s'inscrit et auquel elle participe.

    Elle invite surtout le président de la République française et tous ses homologues occidentaux à donner enfin les moyens à l'Afrique de vivre de ses propres richesses et de décider de ses propres orientations.

  • Contrairement aux idées reçues, la dépression, loin de constituer une maladie à éradiquer, représente une crise maturante, l'occasion privilégiée de guérir son enfant intérieur. A condition d'être accueillie et travaillée, elle aide la personne à faire le deuil de son passé, à devenir enfin elle-même, celle qu'elle a toujours été mais n'a jamais osé être, par peur de déranger, de déplaire. A travers huit témoignages de femmes, histoires vécues et racontées par ses patientes au cours de leur psychothérapie, Moussa Nabati expose et développe les symptômes de la dépression, leur origine et leur signification. Toutes ces souffrances ? les idées noires, les envies de mourir, l'anorexie, la boulimie, la frigidité, la fatigue, l'alcoolisme, l'extinction de tout désir ? renvoient chez la femme déprimée à une culpabilité imaginaire, ancienne et inconsciente, se situant dans l'Ailleurs et Avant de son enfance. Cette culpabilité n'est liée à aucune mauvaise action, mais apparaît chez la petite fille lorsqu'elle a été le témoin impuissant ou la victime directe d'une maltraitance ou d'une violence (mésentente des parents, non-amour de l'un d'entre eux, abus sexuels...). La compréhension des mécanismes de la dépression chez la femme permettra au lecteur de se familiariser avec les grands concepts de la psychanalyse moderne. Elle l'aidera surtout à faire plus ample connaissance avec le vaste continent de l'intériorité féminine, son « inquiétante étrangeté », à travers ses divers âges et visages : la petite fille, l'amie, la soeur, l'épouse, la mère, l'amante.

  • Quelle vie ! Et quelle histoire... Celle de Denis Diderot, sans doute le plus grand esprit du XVIIIe siècle. Il est d´abord resté dans l´histoire pour avoir mené à bien, luttant pendant vingt ans contre toutes les censures, l´extraordinaire aventure de l´Encyclopédie, premier recueil mondial de l´état de sciences et des idées, mais il est aussi un philosophe et un écrivain génial qui s´est essayé à tous les genres, le roman, le théâtre d´avant-garde, les premières critiques d´art... Esprit universel, mû par un insatiable curiosité, Diderot couvre tous les champs du savoirs, des mathématiques à la poésie, de la science politique à la biologie, où ses intuitions annoncent celles de Darwin. Eternel rebelle, refusant de courtiser les princes et rêvant de les conseiller, ami de Rousseau, D´Alembert, Condillac, Helvetius - et de la plupart des grands esprits de son temps qui lui doivent souvent beaucoup de leurs idées -, il est aussi un formidable amoureux. En témoigne sa correspondance avec Sophie Volland, un sommet de littérature amoureuse. Diderot incarne le bonheur de penser, dont il a fait une activité à plein temps, aussi vitale pour lui que manger ou boire pour d´autres. Avec le souffle qui ont fait de ses biographies de Gândhî et de Karl Marx des succès, Jacques Attali livre une fascinante vie de Diderot, une vie qui nous donne à réfléchir à ce que l´homme peut être de meilleur, à un moment où le XVIIIe siècle paraît se répéter, pour le meilleur ou pour le pire.

  • « Si l´on se mettait à rechercher une ressemblance entre les peuples, on la trouverait avant tout dans leurs erreurs. » Ismail Kadaré, en évoquant entre autres les erreurs de son propre pays, passe en revue la symbolique de l´Albanie qui, soumis au joug ottoman pendant un demi-millénaire, a connu au XXe siècle successivement la république, la monarchie, l´invasion hitléro-mussolinienne, le communisme stalinien puis maoïste, enfin un retour à une démocratie brouillonne, tout en battant la semelle aux portes d´une Europe qui la fait lanterner. Ces symboles sont l´hymne et le drapeau, le premier non exempt d´arrogance vis-à-vis du reste du monde, le second ambigu avec son aigle à deux têtes figurant une nation divisée et un peuple en douloureuse discorde. S´y ajoute le père fondateur, Georges Kastriote Skanderbeg, lequel, trente ans durant, se battit pour contenir le déferlement ottoman qui atteignit jusqu´aux portes de Vienne, et prôna jusqu´au bout - comme le fait avec ardeur Kadaré aujourd´hui - le retour de la petite Albanie dans le giron du continent-souche, l´Europe.

  • Le 17 mars 2011, le conseil de sécurité de l´ONU invente l´équation libyenne : les États Membres sont autorisés à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les populations à l´exclusion du « déploiement d´une force d´occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n´importe quelle partie du territoire libyen ».  Figure de proue de la dénonciation du régime après un silence jugé coupable en Tunisie, la France a déjà mis en oeuvre une partie de sa solution depuis quelques semaines et va s´échiner à développer la suite, baptisée « opération Harmattan », jusqu´à la chute de Kadhafi.  De la Présidence de la République et du Quai d´Orsay aux forces spéciales et aux sous-marins nucléaires, de l´Etat-Major des Armées en France aux QG de l´Otan en Italie, du commandement des opérations aériennes à Paris aux escadrons de chasseurs en Corse, Sicile ou Crète, Jean-Christophe Notin a eu accès à tous les intervenants. Une première véritablement exceptionnelle pour un conflit qui n´était pas encore terminé au commencement de ses recherches.
    Dans la droite ligne de son précédent ouvrage consacré à l´Afghanistan, il peut ainsi entremêler le récit de plus de 150 diplomates, militaires et hommes de l´ombre qui permettent de comprendre comment une décision prise dans un salon de l´Elysée se traduit dans le cockpit d´un Mirage 2000, mais aussi d´apporter une réponse à une question redoutablement simple : la France a-t-elle eu raison de s´engager en Libye ?

  • La carrière de Michel Polnareff commence sur les chapeaux de roue par deux succès enregistrés dans la seule année 1966 : La poupée qui fait non et Love Me Please Love Me. Huit ans plus tard, en 1974, après de nombreux triomphes dans les plus grandes salles de France, un scandale dont Gainsbourg en personne s´avoua jaloux (6000 affiches de concert dévoilant les fesses du chanteur placardées dans tout le pays) et d´importants succès discographiques, floué par son comptable, complètement ruiné, Michel Polnareff s´exile aux Etats-Unis.
    Naît alors un mythe qui tient à la fois de Dorian Gray et du Fantôme de l´Opéra. Immensément populaire en France, Michel Polnareff est à la fois présent et absent. Non seulement ses retours ne sont jamais définitifs mais, alors même qu´il est bel et bien à Paris, il est capable de rester 900 jours sans sortir de son hôtel - autre façon d´être là sans y être. Par ailleurs, depuis 1989, aucune nouvelle composition n´est venue enrichir son répertoire, dont le succès demeure pourtant intact, comme figé dans le temps, indifférent à l´évolution des modes et des styles.
    S´il se range parmi les fans du chanteur, Christian Eudeline n´en a pas moins gardé son indépendance d´esprit pour rédiger cette biographie, interrogeant plus de cinquante témoins, connus ou anonymes, jusque sur les plus infimes détails du parcours de cette star aussi célèbre que mystérieuse. Sa grande connaissance de l´histoire de la musique lui a permis en outre de resituer la vie et l´oeuvre de Michel Polnareff dans leur contexte historique, culturel et social, de l´euphorie libertaire et pacifiste des années 1960 à aujourd´hui.

  • « Ce qui se joue aujourd´hui est une question de vie ou de mort. Pour la démocratie. Pour la France. La crise est là, et peut-être pour longtemps. Confronté à l´impitoyable concurrence des autres nations, notre pays peut encore s´en sortir. Il peut tout autant décliner jusqu´à l´effondrement. Que faire ? Agir dès maintenant. Dans les douze mois. Mettre en oeuvre une série de réformes précises dont je livre ici le détail. Avant tout, il s´agit d´une question de volonté: sommes-nous prêts à affronter le monde comme il est, en nous en donnant les moyens, avec le sourire de la confiance ? Ce livre est un programme d´action, une incitation à remettre en cause les situations de rente, une supplique en vue de penser à l´intérêt des générations à venir. Mon ambition est d´aider les Français, et pas seulement les gouvernants, à prendre conscience de cette urgence, de leurs atouts comme de leurs lacunes, et à parcourir au plus vite le chemin qui les conduira à l´action. Avant que d´autres forces, hélas bien plus sombres, ne nous imposent d´emprunter la même voie au pas de l´oie. » J.A.

  • Ressources naturelles, entreprises industrielles, filières technologiques : rien ne semble échapper à la boulimie d'acquisitions qui projette le dragon chinois aux quatre coins de la planète. Premier créancier des États-Unis, la Chine finance les déficits occidentaux, mais s'impose aussi auprès des pays pauvres comme une Banque mondiale bis. Après le rouleau compresseur des exportations, se profile une déferlante chinoise sur la finance.
    À quelles sources s'alimente cette puissance financière ? Qui sont les acteurs de cette offensive et quels en sont les objectifs ? Le yuan pourra-t-il détrôner le dollar ? Domination commerciale, expansion financière : le géant chinois va-t-il céder à la tentation hégémonique ? Cet essai s'efforce d'apporter des réponses solidement argumentées, sans procès d'intention mais aussi sans complaisance.
    Dans cet ouvrage essentiel, Claude Meyer fait le bilan de la puissance financière chinoise et la confronte aux stratégies du Parti communiste. Alliant analyse économique et prospective, il nous décrit le monde qui vient avec, en arrière-plan, cette énigmatique " renaissance du peuple chinois ", dont le président Xi Jinping a fait son leitmotiv.

  • Savez-vous que : Certains produits chimiques cancérigènes se dégagent des tables, chaises, étagères, livres et cahiers, avec des risques « non négligeables » pour nos enfants, notamment dans les écoles, selon des études scientifiques confidentielles. · La majorité des pesticides ne font pas l'objet d'analyses officielles dans les aliments et les seuils limites de leur présence dans l'eau ne reposent pas sur des critères médicaux. · Des sites industriels et des incinérateurs ont longtemps contaminé leur environnement avec des métaux lourds ou de la dioxine, sans que les pouvoirs publics prennent en compte la santé des riverains. · La pollution atmosphérique urbaine provoque au moins 32 000 « décès prématurés » chaque année en France, dont une grande partie seraient évitables, d'après les experts, qui ne sont guère écoutés. · L'amiante, interdit en France en 1997, nous empoisonne toujours : il en reste partout, le nombre de personnes exposées est bien supérieur aux chiffres annoncés, aucune véritable prévention n'a démarré et l'hécatombe des malades s'amplifie. Pour la première fois, une enquête tente d'évaluer les dégâts sanitaires des polluants et produits toxiques qui nous entourent, et s'interroge sur les responsabilités de tous les « empoisonneurs », si involontaires soient-ils. Témoignages de victimes, reportages aux quatre coins de la France, découvertes récentes des chercheurs, alertes des médecins, plongée dans les coulisses de l'industrie et du pouvoir, rapports méconnus ou enterrés : Les Empoisonneurs rassemble les données pour s'informer sur ces risques de notre vie quotidienne, expliquant comment il est encore possible d'éviter le pire, à condition de ne plus se voiler la face.

  • Sur le quatrième président de la Ve République, des dizaines de livres ont été écrits, dont bien des biographies ; j'ai publié pour ma part dans Verbatim (3 tomes), il y a plus de dix ans et à sa demande, une partie des notes prises pendant les dix ans que j'ai passés à ses côtés à l'Élysée.Dix ans après sa mort, voici ce que je pense de lui. Ce récit est nourri par de nombreuses révélations sur son action. On trouvera ici l'histoire de notre aventure commune, depuis notre rencontre en 1966, jusqu'à la fin de son second mandat. Je voudrais par ce livre répondre aux questions que chacun se pose à son égard : qui était-il ? A-t-il menti aux Français sur son passé ? Aimait-il l'argent ? Quels étaient ses rapports avec ses proches ? A-t-il utilisé l'État à son service personnel ? Comment prenait-il ses décisions ? S'est-il trompé sur la réunification allemande ? A-t-il laissé une France en meilleur état qu'à son arrivée ? Était-il un homme de gauche ?Sur toutes ces questions et tant d'autres encore, le moment est venu pour moi de faire connaître des faits souvent considérables et encore ignorés. Ils éclaireront, je l'espère, cette période si essentielle de notre histoire.

  • Rigoureuse indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et formation très poussée, moyens matériels efficaces, tout cela, certes, est indispensable au corps judiciaire pour répondre aux demandes croissantes d'une société sans cesse plus complexe, qui tolère mal l'injustice (ou ce qu'elle tient pour tel) et dont les membres réclament de plus en plus qu'une tierce autorité les départage en cas de conflit. Encore faut-il que le magistrat qu'il soit agent de la société (procureur) ou bien organe de la loi (juge) sache que l'impartialité ne procède que de lui seul. Il doit se savoir dépendant d'abord de son milieu, de ses croyances, de ses amitiés, de ses inimitiés ; il doit être conscient des effets inattendus, parfois dévastateurs de la violence qu'il est chargé d'exercer ; enfin, il doit concilier l'irresponsabilité que son statut organise et se sentir responsable des sanctions qu'il est amené à prendre. Conditions ô combien difficiles à remplir.Pierre Truche a accompli une grande carrière dans la magistrature : il a été le « premier magistrat de France » en occupant de 1996 à 1999 le poste de premier président de la Cour de cassation, après une longue activité de procureur. Il a en outre été directeur des études à l'Ecole nationale de la magistrature (1974-1978), membre de la Commission Justice pénale et droits de l'homme en 1991, président du Comité de réflexion sur la création d'un tribunal international appelé à juger les crimes commis dans l'ex-Yougoslavie en 1993 et président de la Commission de réflexion sur la justice en 1997. C'est à la fois en humaniste et en expert qu'il s'interroge ici sur ce qu'aujourd'hui la nouvelle donne sociale requiert des hommes et des femmes qui rendent la justice.

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