Editions du Cerf

  • Un homme rencontre une femme. Il est le Fils de Dieu, elle est une fille de rien. Hérétique, abandonnée, réprouvée, c'est pourtant elle qui le désaltère. Sous la plume superbe de Pierre Coulange, le plus émouvant des épisodes de l'Évangile se révèle une dramaturgie mystique.
    Un homme rencontre une femme.
    Il est le Fils de Dieu, elle est une fille de rien. Hérétique, abandonnée, réprouvée, c'est pourtant elle qui le désaltère.
    Pierre Coulange révèle ici la dramaturgie mystique de l'invraisemblable rencontre entre le Christ et la Samaritaine. Cette femme aux cinq maris reçoit en effet une mission inimaginable : annoncer à des Samaritains la présence d'un homme qui pourrait être le Messie.
    C'est à une lecture messianique du récit que nous invite l'auteur. Il met au jour une multitude de signes, comme le puits et le symbole nuptial, l'eau vive et l'allusion à la vie éternelle, l'adoration et la nourriture.
    Bien loin de l'image de la femme de mauvaise vie, la Samaritaine est habitée par des questions fondamentales sur Dieu. Son intelligence et son coeur s'ouvrent peu à peu à la grâce. À travers elle, c'est le Christ qui va au-devant de nous.

  • Un ovni que l'Épître aux Hébreux dans le Nouveau Testament ! Pourquoi n'étant pas de Paul a-t-elle été attribuée à Paul ? Comment expliquer son extrême mais décisive singularité ? Cette grande enquête inédite comble l'un des trous noirs des études bibliques en montrant que ce texte offre la toute première théologisation des Évangiles. Un must !
    Un livre du Nouveau Testament dont tous les aspects, l'auteur, le genre, la datation, les destinataires, les raisons de la canonicité et même le thème exact, font l'objet d'intenses querelles savantes ?
    Tel est le cas de l'épître aux Hébreux, attribuée parfois à saint Paul, qui traite des deux Alliances, de l'espérance dans les persécutions, de Jésus médiateur et qui, pour la première fois dans la littérature chrétienne, recourt à la figure vétérotestamentaire de Melchisédech, prêtre du Dieu très-haut, pour établir l'identité sacerdotale du Christ. Une lettre qui n'en semble pas une, un cours magistral plutôt, et qui peut attester autant de la tradition que de l'innovation la plus hardie pour penser le sens du sacrifice du Christ.
    Mais quel est le sens de ce sacrifice ?
    C'est cette question que tranche ici, grâce à un travail minutieux et documenté, Martin Pochon. Examinant le texte, sa construction, ses assertions, son vocabulaire, ses figures de style, mais pénétrant aussi dans sa signification profonde, il montre en quoi l'épître aux Hébreux est bien un texte charnière dans la compréhension de la mort du Christ. Il l'est parce qu'il offre une interprétation singulière du pardon des péchés, singulière si on la rapporte à la proposition des évangiles, tout en intégrant la christologie des communautés primitives.
    Une enquête passionnante. Une élucidation majeure. Une étude appelée à devenir un classique.

  • La seconde partie du chapitre I de l'épître de Paul aux Romains (1, 18-32) est d'une grande richesse. L'Apôtre blâme les païens qui refusent de reconnaître Dieu, malgré toutes les preuves qui rendent son existence manifeste, à commencer par la grandeur de la création. Au lieu de cela, ils honorent des images représentant des hommes ou des animaux. Mais cette attitude contient en elle-même sa propre punition, puisqu'ils sont livrés à des passions déshonorantes, dont Paul dresse la liste et parmi lesquelles l'inconduite sexuelle a une place particulière. Étudié dans sa perspective propre et situé dans la logique interprétative de l'épître, ce texte est d'abord replacé dans son contexte historique et lu à la lumière des sources juives. Comme toujours dans cette série, quelques étapes de l'histoire de son exégèse sont examinées : les Pères grecs et latins, les commentateurs du Moyen Âge chrétien occidental et deux auteurs majeurs du XVIe siècle, Martin Luther et Jean Calvin. L'exégèse se confronte aux problèmes théologiques que pose la péricope : quelle peut être une connaissance de Dieu qui ne se fonde pas sur la Révélation ? du reste, est-il possible de connaître Dieu par la contemplation de la nature ? quelle est la relation de cause à effet entre le refus de reconnaître l'existence de Dieu et les péchés attribués aux Gentils ? Les exégètes s'interrogent aussi sur le péché " contre nature ". On a de la sorte une série de commentaires d'une grande densité et d'un intérêt permanent, y compris dans les débats qui agitent nos sociétés.

  • Où Dieu et l'homme ont-ils appris à se tutoyer en disant tous deux pour la première fois " je " ? Dans les chants de supplications et de louanges de la Bible, démontre cette belle étude. Aucun livre biblique ne donne autant la parole à un " je " que le Psautier.
    Le présent ouvrage montre à quel point l'histoire de l'exégèse n'a eu de cesse de sonder ce " je " psalmique.
    Les Pères de l'Église ont discerné dans la voix même du psalmiste celle d'un Autre : le Christ. Plus tard, l'exégèse moderne en a dévoilé une pluralité de figures : " je " royal, " je " prophétique, " je " sapientiel etc., tout en faisant émerger la question résolument contemporaine de l'éclatement du " je ".
    Étienne Grenet, en valorisant l'unité du Psautier comme livre, ouvre une voie nouvelle et entreprend ici un commentaire psaume après psaume : le " je " psalmique s'y figure et s'y reconfigure au long d'un itinéraire spirituel. Pour advenir, cette révélation implique, à chaque pas, le " je " du lecteur et interprète. Ce faisant, elle le constitue et le transforme.

  • Cette nouvelle lecture et appropriation du récit de la crucifixion en saint Matthieu met en évidence de façon étonnante deux discours opposés et mêlés. L'examen de l'enchaînement des figures décrivant les événements post mortem suggère qu'elles sont l'exp

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