Editions du Cerf

  • Première mondiale, ce monument savant et accessible, qui réunit trente spécialistes internationaux, offre, en trois mille pages, une synthèse complète et critique des travaux passés et des recherches présentes sur les origines du Coran, sa formation et son apparition, sa composition et sa canonisation : vingt études exhaustives sur le contexte introduisent ici à l'analyse circonstanciée du texte, les éléments archéologiques et épigraphiques, les environnements géographiques et linguistiques, les faits ethnologiques et politiques, les parallèles religieux éclairant, verset après verset, en un commentaire total les cent quatorze sourates du livre fondateur de l'islam.
    Une aventure inédite de l'esprit.
    Une somme sans précédent dans l'histoire.
    Une contribution majeure à la science.
    Une avancée décisive pour la compréhension mutuelle des cultures.
    VOLUME 3 : Bibliographie des études sur
    le Coran.

  • Le signe de croix tel qu'on le pratique aujourd'hui est l'aboutissement d'une histoire longue et complexe que jalonnent d'innombrables textes qui, loin d'être des balises, indiquent que l'observance rituelle des chrétiens a considérablement varié au cours des siècles et que les indices à même de nous renseigner sur l'évolution précise de la pratique sont bien ténus. Après un volet historique, dont le but est de repérer des textes et des auteurs emblématiques, et avant un volet plus théologique, consacré notamment à une typologie et à une herméneutique du signe de croix au XXIe siècle, le volet central interroge deux domaines de la réforme liturgique de Vatican II particulièrement significatifs : celui de la prière eucharistique, où le Concile renoue avec l'Antiquité chrétienne en privilégiant l'approche mystérique du signe de croix ; celui du Rituel de l'Initiation Chrétienne des Adultes, où le signe de croix devient le mémorial de la plongée du baptisé dans le mystère trinitaire intrinsèquement lié au mystère de la mort-résurrection de Jésus : faire le signe de croix, c'est désirer entrer dans la suite du Christ mort et ressuscité et participer à la vie même de la Trinité. En d'autres termes, être marqué du signe de la croix du Christ, c'est accepter que la puissance de Dieu Trinité apparaisse, en Jésus crucifié, comme folie aux yeux de la sagesse humaine tout en révélant la sagesse de Dieu. " Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes " (1 Co 1, 25). Dès lors, tout signe de croix est bien une forme de célébration kérigmatique.

  • La recherche qui aboutit à ce volume répond à des questions essentielles, qui nous habitent et qui surgissent dans les moments les plus surprenants de la vie : Qu'estce que l'Homme ? Que peut-on dire de lui ? Que peut-on formuler de ce que Dieu révèle de Sa volonté ? Ce livre est à la fois une expérience de la théologie et une réflexion sur la théologie. Il est le fruit d'une confrontation ardente à la question de l'anthropologie chrétienne, une anthropologie fondée théologiquement, question soulevée dans un contexte où la personne humaine et sa nature tendent à être confondues, où se confondent également le psychique et le pneumatique. Comment la personne, au sein de la souffrance, s'épanouitelle par l'obéissance ? La question anthropologique associée à la question de la souffrance est née dans ce contexte de réflexion existentielle sur l'amour de Dieu et sur l'obéissance à Sa volonté. Comment l'être humain, au lieu d'être écrasé et déshumanisé par la souffrance, peut-il, grâce à Dieu, grandir et s'épanouir en tant que personne ? Ou encore : pour quoi souffre-t-on ? Pourrait-on ne pas ou ne plus souffrir, sans que cela soit une anesthésie ? Où la souffrance conduit-elle l'être humain ?

  • Comment vivre dans la joie ? Pour répondre à cette question cruciale, deux modèles se sont souvent affrontés : l'existence joyeuse a été conçue comme une vie contemplative ou bien comme une vie créatrice. Entre le repos contemplatif et l'acte créateur, de nombreux penseurs nous ont condamnés à faire un choix. Pourtant la créativité ne trouve-t-elle pas sa source d'inspiration dans la contemplation ? Le philosophe et l'artiste s'émerveillent face à la beauté du monde et cet émerveillement a suscité le désir de créer une oeuvre. Quant à la personne charitable qui crée de nouvelles relations avec les plus démunis, elle contemple leur malheur puis leur renaissance. Sur le plan du vrai (la philosophie), du beau (l'art) et du bien (la charité), attitude contemplative et démarche créatrice sont intimement liées. Nous avons ainsi étudié cinq auteurs qui ont pressenti la nécessité de penser ensemble contemplation et création (Schiller, Jacques Maritain, Bergson, Luigi Pareyson et Simone Weil) avant de proposer une thèse plus personnelle : contemplation et création forment deux pôles entre lesquels se joue une alternance féconde. Deux pôles entre lesquels la vie oscille, s'inscrivant dans une dynamique de progrès et s'élevant vers des joies toujours plus grandes.

  • Que se passe-t-il quand nous faisons, dans notre vie, l'expérience d'une parole qui nous touche, nous bouleverse, nous interpelle, et dont nous avons l'intuition, pour un instant, qu'elle nous dit bien plus que ce qu'elle dit et qu'elle fait signe vers quelque chose qui la dépasse, comme " la trace d'un ailleurs ", selon l'expression de Jean Grondin dans sa préface à La parole et l'Infini ? La conviction qui traverse ce livre est celle-ci : il y aurait dans ces événements de parole ce que l'on pourrait appeler à la suite du philosophe Emmanuel Levinas, la " trace de l'Infini ". C'est cette trace que Jean-Yves Rémond s'attache à retrouver tout au long d'un parcours dans les grands textes du judaïsme et du christianisme, dans la philosophie depuis Platon et Descartes jusqu'à la phénoménologie, avec notamment Martin Heidegger, Paul Ricoeur et Jean-Luc Marion, et enfin dans la poésie. Cette réfl exion est ancrée dans une lecture dynamique de ces textes, lecture théologique et philosophique, mais aussi poétique et spirituelle, car cette idée d'une parole reflétant l'Infini peut parler à tous ceux qui cherchent, au-delà du seul monde matériel, mais aussi dans le monde, une spiritualité vraie. À l'opposé de la parole totalitaire, qui tue la parole et la vie, la parole en recherche de l'Infini sait qu'elle ne l'atteindra jamais, mais persévérer dans cette recherche de l'Infini, c'est ce qui nous fait humains et vivants, c'est-à-dire toujours en devenir. Ainsi reconnaître dans la parole humaine la signifiance infinie, qui est trace de l'Infini, hors d'atteinte tout en l'espérant, c'est sans doute ce que le poète Hlderlin nous signifie quand il nous invite à " habiter poétiquement le monde ".

  • De plus en plus de chrétiens s'interrogent sur la réalité de l'islam et sur la place d'une religion apparue après l'avènement du Christ, confessé comme l'ultime manifestation de Dieu au monde. Mais à la différence de la tradition musulmane qui, dans ses textes de référence, le Coran et la sunna, a développé des positions relatives aux chrétiens et à leur foi, la tradition de l'Église a diversement intégré la question de l'islam. À l'aide de huit entrées spécifiques : l'islam pris dans sa globalité ; le Coran ; le prophète de l'islam ; la foi musulmane ; les rites et les pratiques prescrits et vécus ; l'anthropologie associée à la tradition musulmane ; la communauté des musulmans ; le dialogue islamochrétien, l'ouvrage de Michel Younès vise une double opération. La première présente une grande variété d'harmoniques de la parole prononcée au nom de la foi chrétienne : depuis Jean Damascène (v. 676-749) jusqu'à Mouchir Basile Aoun (n. 1966). La seconde envisage une expression musulmane tout aussi complexe et riche dans le temps et dans l'espace. En s'appuyant sur les études les plus récentes, l'ouvrage fait apparaître la variété des discours contemporains, depuis une position intégrale illustrée par Morta Moahhar (1920-1979), jusqu'à l'approche libérée des lectures traditionnelles du texte coranique portée par Muammad Šarr (1938-2019).

  • Fondé en 1967 dans l'élan du Concile Vatican II à la demande des congrégations missionnaires et de Rome, par les Pères Jean Daniélou et Henri Bouillard, l'Institut de science et théologie des religions de Paris allie la réflexion théologique fondamentale avec les pratiques pastorales et les questions sociétales. Comme institution chrétienne de recherche et de formation, l'ISTR articule plusieurs axes : la recherche et l'enseignement d'une théologie chrétienne de la mission, des religions et du dialogue ; la connaissance des religions et des cultures dans leur diversité et leur créativité contemporaine ; la compréhension du phénomène religieux, du labyrinthe des identités, des athéismes et de l'indifférentisme ; la prise en compte de la complexité des questions d'interculturalité, des interactions sociétales, de l'essor des intégrismes ; la réflexion sur la responsabilité des Églises chrétiennes à l'égard de la société. Les Actes du colloque tenu en juin 2017 à l'occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de l'Institut ont permis de mettre en évidence comment l'approfondissement de la dimension dialogale de la mission est au coeur du projet de l'Institut. Il en ressort l'enseignement d'un dialogue qui passe par l'écoute de l'autre, la nécessité de l'estimer, tel qu'il est, sans chercher à le ramener à soi. L'ISTR contribue ainsi à promouvoir depuis cinquante ans une " théologie de l'accueil " où la réflexion sur le dialogue avec les autres religions irrigue et éclaire la société sur la réalité et la nécessité du dialogue. Ouvert sur les autres, l'ISTR de Paris atteste comment le christianisme se déploie comme sagesse et ressource pour l'ensemble des acteurs sociaux, au-delà de leurs croyances personnelles.

  • Que vaut le corps humain ? Le corps est le lieu privilégié de l'action du médecin. Or, il est pris dans le dilemme entre valeur marchande et valeur inestimable. Le coût de notre médecine risque d'entraîner nos sociétés à privilégier la première au détriment de l'autre. Sans douteconvient-il de ne jamais extraire le corps de la relation interpersonnelle entre soignant et soigné. Plus encore, la complexité du rapport du corps à la personne exige que nous mobilisions d'autres ressources que celles de la raison pour garder à ce rapport sa qualité humaine. Il s'agit de prendre appui sur l'expérience de notre propre corps, des capacités de notre mémoire, de notre imagination, de notre coeur, de notre esprit créatif. Une telle mobilisation peut donner lieu à une meilleure compréhension de chaque personne humaine, vulnérable dans son esprit comme dans son corps. L'enjeu est de taille car nous avons affaire, précisément, au destin d'êtres de chair et d'âme. Or, la personne peut être oubliée au profit des ressources potentielles de son corps. Au nom de certaines " valeurs ", des personnes peuvent même être niées ou détruites, physiquement comme moralement. Dans la richesse d'un regard croisé, médecin et philosophes, juriste et exégète, artiste et psychanalystes partagent leur expérience réfléchie dans le souci de garder le corps dans une vision intégrale de la personne.

  • Lettres à quelques autres :
    - À un ami, humaniste et religieusement indifférent : sur la différence religieuse (ou la crainte de Dieu)
    - À un prêtre, sexuellement aphasique : sur la sexualité
    - À tant de visages anonymes, avec le nez sur le smartphone : sur l'addiction
    - À de jeunes pasteurs, de la part d'un vieux : sur la distinction entre le spirituel et le temporel
    - À un évêque, pour un problème (ou : en guise de partage critique) : sur l'Église
    - À des jeunes, qui s'interrogent sur le christianisme : sur la suivance du Christ
    Et à quelques autres encore :
    - À un ami qui vient de perdre son père : sur le travail de deuil
    - À des amis musulmans, différents et proches : sur le voisinage
    - À des frères et soeurs chrétiens, rattachés à des Églises différentes : sur des rencontres interecclésiales.

  • Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion de " chrétiens virtuels " dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentale de l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfl échit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout êtrehumain. Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fondeson inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle définit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défi ni comme un " chrétien virtuel et potentiel ". Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?
    Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion
    de " chrétiens virtuels " dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentalede l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfléchit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout être humain.
    Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fonde son inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle défi nit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défini comme un " chrétien virtuel et potentiel ". Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?

  • Les doctrines religieuses sont-elles condamnées à s'opposer ? Nouv.

    Les religions sont-elles condamnées à s'opposer et à être source de conflits en raison de la diversité et du caractère souvent contradictoire de leurs doctrines ? Lorsqu'elles sont missionnaires et prétendent détenir la vérité sur Dieu, le monde et l'homme, le caractère systématique de leurs énoncés théologiques et juridiques qui excluent les autres systèmes ne redouble-t-il pas ces conflits ? Comment dans ces conditions le dialogue interreligieux pourrait-il aller au-delà des rencontres et du dialogue de vie ? Peut-on penser du point de vue théologique une ouverture à l'autre qui assoie l'unité entre les religions, leur communion et leur réconciliation au niveau de la doctrine sans obliger chacune à renoncer aux énoncés de sa foi ?
    Pour envisager ces questions fondamentales qui concernent tous les acteurs impliqués dans le dialogue interreligieux ou la théologie du pluralisme religieux, plusieurs théologiens ont interrogé George Lindbeck afin d'évaluer si les principes qu'il avance pour repenser l'oecuménisme sont transposables au niveau de l'interreligieux. En effet, conscient de l'enjeu des différences doctrinales entre les Églises chrétiennes, Lindbeck a questionné la nature d'une doctrine et a proposé un modèle post-libéral privilégiant la praxis, l'articulation entre l'action et le langage, la réactivation et la réadaptation constante des identités. Ces recherches montrent qu'en dépit de bien des limites de son modèle, on trouve chez le théologien luthérien une approche originale et féconde pour répondre à bien des défis contemporains.

  • Cinquante ans après Vatican II, il est temps de faire le point sur le vaste mouvement de transformation des
    espaces de célébration généré par la réforme liturgique. Le constat posé par les théologiens de l'Institut Supérieur de Liturgie est celui d'un très fréquent défi cit théologique dans la réflexion conduite suite à la réforme liturgique, réduisant les choix à leur dimension fonctionnelle, esthétique voire idéologique aux dépens de leur dimension fondamentalement théologique. Le Colloque dont cet ouvrage reprend les principales contributions visait à poser les linéaments d'une véritable théologie de l'espace liturgique au moyen d'une approche pluridisciplinaire : scripturaire, historique, philosophique, architecturale et dogmatique. L'enjeu est de taille, il s'agit de rendre possible un dialogue confiant entre communautés, architectes et théologiens pour que nos espaces liturgiques retrouvent une dimension initiatique, hospitalière... au service de la mission.

  • Spécialiste d'histoire des Missions, Yannick Essertel s'est demandé comment les missionnaires ont évangélisé les peuples au cours de vingt siècles d'histoire. Partaient-ils sans méthode, sans instructions à appliquer ? La découverte de directoires et de traités de missionnaires, proposant des conseils pédagogiques pour évangéliser, apportaient un début de réponse. Or, la comparaison de ces textes a révélé l'existence d'une pédagogie en deux étapes : l'insertion du missionnaire dans la culture, et la mise en place d'une pastorale d'inculturation.
    Cet essai s'efforce de retracer la formation de cette pédagogie à travers vingt siècles, en partant de l'Apôtre Paul et en s'appuyant sur divers traités d'évangélisation. En 1659, théorisée par les Instructions de la propaganda Fide, elle sera recommandée par de nombreux papes du début du XXe siècle.
    Dans la préface, Claude Prudhomme, explique que " dès la première prédication apostolique, se met en mouvement une logique d'inculturation qui n'est pas simplement une habile adaptation aux sociétés d'accueil mais un effort pour penser le message chrétien à partir et à travers de multiples cultures. Et si le concept d'inculturation s'est imposé seulement dans le dernier tiers du XXe siècle, il rend compte d'une préoccupation qui traverse toute l'histoire des missions. "

  • " Son visage est déformé, ses yeux sont devenus petits, enfoncés dans l'empâtement de la face. Ce n'était pas facile ! J'étais émue " raconte Dorothée, bénévole ; " cependant, nous avons échangé un regard et nous nous sommes souris ". S'engager auprès d'un malade, c'est approcher une justesse de relation, rencontrer quelqu'un dont le corps est déformé, accepter un autre qui ne veut pas parler, tolérer ce qui pourrait donner envie de fuir. Il s'agit d'un engagement de deux humanités, démarche altruiste, fraternelle et bienveillante. L'engagement de l'accompagnant implique générosité et simplicité. Ce guide cherche à aider les accompagnants de personnes en fin de vie à travers la complexité de la relation entre accompagnant et malade en explorant ses diverses facettes. Il s'adresse à toute personne souhaitant s'investir sur ce chemin délicat de l'accompagnement, parsemé de difficultés, de joies et de la beauté de nouer une telle alliance.

  • Cet ouvrage collectif traite de la question de la singularité des rationalités culturelles et religieuses et de leur possible dialogue, et de son importance pour la théologie et les sociétés de notre temps. " Rationalité " désigne ici une vision, une approche, une appréhension rationnelle singulière de la réalité. Croisant sciences humaines, sciences des religions, philosophie, théologie, management, art, etc. - et y invitant les différents mondes, cultures et religions, l'ouvrage contribue à montrer la pertinence qu'un changement de paradigme est nécessaire : " La reconnaissance de la singularité culturelle et religieuse d'un monde avec ses aspects irréductibles à d'autres mondes n'est pas un problème ou un obstacle à un dialogue véritable. Bien au contraire, prendre conscience de la singularité d'autrui est un des atouts décisifs pour avancer dans une connaissance plus juste de soi et pour la construction d'un projet commun de société. " Il est le fruit (79 contributions) des travaux du Congrès organisé sous l'égide du Laboratoire de recherche sur le dialogue de l'Institut de Science et de Théologie des Religions (ISTR) du Theologicum, dans le cadre de l'Unité de recherche " Religions, culture et société " - EA 403 de l'Institut catholique de Paris, en collaboration avec la Revue internationale de théologie -
    Concilium, l'Ordre des Prêcheurs, le laboratoire Shangai Sacred (Chine), et une quarantaine d'institutions universitaires et de partenaires du monde entier.

  • Cet essai évoque la portée spirituelle de l'oeuvre du célèbre psychologue et théoricien de la culture Carl Gustav Jung (1875-1961). Son approche, qui demeure largement sous-exploitée, peut en effet éclairer les racines profondes de la crise de civilisation que traverse l'Occident, et, partant, aider à préciser les défis qui s'imposent au christianisme contemporain. Dans cette perspective, le présent ouvrage se concentre sur les bouleversements de la relation au masculin et au féminin qui caractérisent notre culture. C'est ainsi qu'il examine d'abord le destin du récent protestantisme en faisant ressortir plusieurs enjeux majeurs de son fonctionnement anthropologique. Il étudie ensuite la montée contemporaine des idéologies " politiquement correctes " et évoque leurs connexions avec un féminisme anglo-saxon souvent radicalisé dans sa relation à la symbolique sexuée. Il analyse enfin le débat relatif à la " théorie du genre " et en propose une mise en perspective originale. Rédigé dans un style précis et sans concession, courageusement voué à des questions dont l'urgence ne cesse de croître, cet essai ne constitue pas un pamphlet mais une réflexion éclairante.

  • Avec sa très fine sensibilité au monde invisible, saint John Henry Newman oriente sa prédication paroissiale vers l'attente de la glorieuse venue du Christ. Le prédicateur anticipe cette venue dans une vision de foi. Témoin de cette vision, il s'emploie à former une vision analogue en ses auditeurs, puis en ses lecteurs, lorsqu'il publie ses sermons. La présente recherche étudie l'empreinte littéraire de cette vision. Elle cherche à atteindre le génie théologique qui commande sa communication. Mettant en évidence la présence d'une 'vision eschatologique' dans les Sermons paroissiaux, l'étude détaille la physionomie de l'auditeur ou du lecteur qu'elle implique ; elle décrit les procédés de discours et la langue de la foi utilisés pour la former peu à peu chez ces derniers. Afin d'enraciner historiquement et théoriquement la théologie de la 'vision eschatologique' qu'elle établit, l'étude analyse dans d'autres oeuvres de Newman l'intention du prédicateur lui-même. Elle appréhende enfin le génie de ses compositions dans les termes d'une rhétorique de la foi et d'une fiction théologique. La théologie de la 'vision eschatologique' manifeste alors chez ce prédicateur récemment canonisé par l'Église une véritable théologie de la prédication.

  • Dans plusieurs pays européens le contexte religieux actuel est celui de la sécularisation. Se pose alors à frais nouveaux la question du comportement des baptisés catholiques quant à leur rapport à l'institution ecclésiale. Ce comportement en termes d'adhésion ou de ruptures s'apprécie à l'aune de l'enseignement de l'Église, de sa vie cultuelle et de l'exercice de son autorité. Les liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique expriment l'union au Christ dans l'ensemble visible de l'Église et forment le degré maximal d'expression de l'appartenance et d'adhésion à l'institution ecclésiale. Si pour l'institution ecclésiale catholique l'appartenance par le baptême à l'Église est inaliénable, les baptisés eux-mêmes réagissent diversement de nos jours dans l'expression de cette appartenance par des comportements liés, d'une part, au sentiment d'appartenance à un groupe en voie de minorisation et, d'autre part, à la sécularisation et à l'individualisme religieux. Partant d'une approche interdisciplinaire et comparatiste intégrant l'Allemagne, l'Espagne, la France et l'Italie, les contributions réunies dans ce livre constituent une réflexion sur les différents rapports des baptisés à l'institution ecclésiastique, de leur appartenance à l'Église aux ruptures, et présentent les tentatives de réponses, empreintes d'humilité et d'espérance, de l'institution aux comportements de ces baptisés.

  • Les membres d'un institut de vie religieuse cherchent à établir des relations fraternelles conformes à l'Évangile. Cependant, la faiblesse de la nature humaine ou le péché sont des obstacles. Ainsi, dans le cadre de l'exercice de l'autorité et de l'obéissance peuvent se glisser des comportements atteignant la santé et la sécurité d'un membre ou de plusieurs. La présente recherche étudie attentivement l'autorité et l'obéissance dans le c. 501 du Code de 1917, dans les cc. 601, 618, 619 du Code de 1983 ainsi que dans les documents sur la vie consacrée postérieure à la publication du Code. À la suite de cela, elle étudie la manière dont la société séculière à partir du début du XXe siècle avec la création des grandes organisations internationales s'est souciée de la santé et de la sécurité des travailleurs. Cela va mettre en évidence qu'un des enjeux de la société du XXIe siècle concerne les risques psychosociaux au travail. L'étude, après avoir regardé la manière dont les cc. 231, § 2 et 1286, 1o sont appliqués dans différents diocèses, se termine par une synthèse présentant un outil complémentaire pour le gouvernement d'un institut soucieux de mieux prendre en compte la santé et la sécurité de ses membres. Par ce moyen, un institut peut mieux identifier et se prémunir des abus présents en son sein.

  • Cet ouvrage examine la réception controversée de la proposition théologique de J. Dupuis dans son oeuvre sous l'angle de la médiation unique et salvifi que de Jésus-Christ. Cette réflexion du théologien belge, qui est ici exposée et commentée, suggère que le modèle " pluralisme-inclusiviste " ou " inclusivisme-pluralisme " est une alternative au " christocentrisme étroit " et au " pluralisme relativiste " parfois exposés en théologie des religions. Cette étude s'inscrit dans une réception caractérisée par la vivacité des débats autour de sa christologie trinitaire, et elle explicite les notions de l'unicité et de l'universalité de la médiation salvifique du Christ. Elle examine également la médiation de l'Église comme sacrement du salut et de la valeur salvifique des religions. De ce point de vue, l'ouvrage entre dans le concert de la réception de l'oeuvre de J. Dupuis dont il manifeste la large et profonde connaissance qu'en a le théologien congolais Maurille Zola Toko. Le lecteur prend d'abord connaissance de cette controverse pour ensuite vérifier dans la lecture précise des oeuvres de J. Dupuis la pertinence des questions qui lui sont adressées. Dans ces pages, M. Zola Toko contribue à clarifier l'importance de la singularité de Jésus dans la christologie mise en oeuvre dans le dialogue interreligieux. Il mesure avec tact et finesse les apories de l'unique médiation salvifique du Christ dans les théologies du pluralisme religieux contemporaines.

  • Voici une injonction pour la société musulmane de faire l'histoire. Assez peu reconnu à son époque et encore largement méconnu aujourd'hui, l'intellectuel algérien Malek Bennabi (1905-1973) a pourtant fait une entrée remarquée dans la vie intellectuelle en Algérie avec sa notion de " colonisabilité " en 1949. Il se fera connaître ensuite dans le monde musulman notamment avec ses définitions fonctionnelles de la culture et de la civilisation. Néanmoins, sa conception réformiste de la religion, nommée " idée religieuse " et ayant une fonction sociale, a été très peu analysée. Or, elle est la clé de voûte de la compréhension de la pensée de Bennabi. Pour lui, " l'idée religieuse " doit être une idée vécue comme une " vérité travaillante ", authentique avec l'islam et efficace dans le monde moderne. Il mélange des savoirs issus à la fois de la Tradition musulmane et des sciences humaines et propose de connecter l'islam authentique avec l'esprit technique cartésien. Ainsi, dans un contexte de décolonisation, Bennabi veut réaliser, par le déploiement moral et social de " l'idée religieuse " un projet de société pérenne, prospère et ouvert sur la civilisation humaine. Par le biais de cette notion " d'idée religieuse ", nous proposons dans cette étude d'analyser la vocation civilisationnelle que Bennabi donne à l'islam. Cet ouvrage se veut une introduction approfondie de la vie et de la pensée de Malek Bennabi. C'est aussi un nouvel angle d'analyse proposé aux études sur la pensée islamique contemporaine et à l'islamologie à travers le regard méconnu d'un acteur de l'islam contemporain au XXe siècle.

  • " Ma tante Makrig aurait voulu qu'on me mette à l'école des religieuses catholiques pour que j'apprenne le français. Ma grand-mère, elle, voulait qu'on nous mette toutes les deux, ma soeur et moi, à l'école Mesbourian, que fréquentaient les filles des opulentes et bonnes familles de Scutari. Quant à ma tante Yeranig, elle trouvait, elle, que tout cela n'avait aucun sens, [...] et elle proposait de mettre l'aînée en apprentissage
    chez une couturière et de garder provisoirement à la maison la cadette, qui était sage et obéissante. " (Zabel Essayan, Les jardins de Silidhar) À la fin du XIXe siècle, dans l'Empire ottoman fi nissant, les écoles missionnaires françaises sont souvent le choix qui s'impose pour une société s'ouvrant sur l'Europe. Les religieuses françaises, jeunes provinciales pour la plupart, femmes de terrain, prêtes à souffrir pour gagner le ciel et répandre la culture française, répondent à l'appel et se lancent à la conquête des âmes et des coeurs auprès de la minorité chrétienne et parfois juive. Tout un réseau d'enseignement se met ainsi en place dans les grandes métropoles de l'Empire comme dans ses provinces les plus reculées. Le présent ouvrage offre une page oubliée de cette aventure tant de la France missionnaire que des jeunes Arméniennes en voie d'émancipation, dans un monde oriental en pleine mutation, à la veille de sa disparition dans la tragédie du génocide de 1915.

  • S'épanouir personnellement : élan spirituel ou ressource au service de l'entreprise ? Ce désir fondamental de chacun est entendu et rencontré actuellement par de nombreux modèles managériaux. Les bénéfices semblent précieux pour tout le monde. Cependant, ils font émerger bien des questions : celle du lien paradoxal et subtil entre efficience managériale et liberté spirituelle des salariés ; celle, au niveau juridique, de possibles manipulations qui joueraient sur les ressorts du bien-être des individus ; celle de la définition de ce qui est signifié et visé par le management ; celle de l'utilisation de ressources traditionnelles chrétiennes ou religieuses qui seraient détournées de leur finalité propre. Dans quelle mesure l'exploitation par l'entreprise du registre spirituel peut-elle nourrir des altérités bienheureuses et créatrices, au sein d'un projet collectif réel ? Cet ouvrage explore cette tendance sociétale majeure, moyennant une approche interdisciplinaire entre sciences de gestion, spiritualité et théologie. Dans le respect de l'autonomie de chaque domaine, l'instance éthique en féconde le dialogue et en fixe les conditions. Elle contribue à l'accueil d'une lumière qui émane d'une " théologie faible ", libérante pour le service des hommes et des femmes au travail, et plus particulièrement de décideurs à la fois performants et soucieux des relations humaines dans leur vulnérabilité.

  • En quoi l'Amour est-il mystique ? Au début des années 1940, alors que le monde sombrait dans la folie de la guerre, la ville de Bâle, en Suisse, fut le lieu d'une intervention remarquable du Ciel. Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar, dont les chemins venaient de se croiser, reçurent de Dieu, dans une discrétion totale, d'être introduits surnaturellement par Lui dans de nouvelles profondeurs de sa Révélation. Cette grâce leur fut dispensée pendant vingt-sept ans. Entre autres résultats, elle devait conduire, avec leur collaboration, à un fruit théologique étonnant, destiné à l'Église, et qui se présente aujourd'hui sous la forme d'une oeuvre " une et double " de tout premier plan.
    Cette oeuvre théologique est présentée ici pour la première fois en son origine précise et dans le processus de son élaboration. En tenant compte non seulement de sa position propre dans l'histoire de la théologie, mais surtout de son contexte natif surnaturel et de sa structuration spécifique liée à une mission double, le coeur de l'oeuvre est ensuite soigneusement exposé : ce qu'elle apporte de totalement nouveau sur Dieu, les avancées dans la compréhension et l'énonciation théologique de Son Mystère trinitaire. À partir d'en haut, et d'une manière remarquablement objective (biblique), brille alors l'inouï du don éternel fait à l'homme : l'Amour s'offrant lui-même en partage, allant jusqu'à faire de la créature un partenaire. Dieu faisant surgir, à partir de lui-même, et conformément à Ses lois trinitaires les plus intimes, la mystique de l'Amour.

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