Editions du Cerf

  • Première mondiale, ce monument savant et accessible, qui réunit trente spécialistes internationaux, offre, en trois mille pages, une synthèse complète et critique des travaux passés et des recherches présentes sur les origines du Coran, sa formation et son apparition, sa composition et sa canonisation : vingt études exhaustives sur le contexte introduisent ici à l'analyse circonstanciée du texte, les éléments archéologiques et épigraphiques, les environnements géographiques et linguistiques, les faits ethnologiques et politiques, les parallèles religieux éclairant, verset après verset, en un commentaire total les cent quatorze sourates du livre fondateur de l'islam.
    Une aventure inédite de l'esprit.
    Une somme sans précédent dans l'histoire.
    Une contribution majeure à la science.
    Une avancée décisive pour la compréhension mutuelle des cultures.
    VOLUME 3 : Bibliographie des études sur
    le Coran.

  • Le signe de croix tel qu'on le pratique aujourd'hui est l'aboutissement d'une histoire longue et complexe que jalonnent d'innombrables textes qui, loin d'être des balises, indiquent que l'observance rituelle des chrétiens a considérablement varié au cours des siècles et que les indices à même de nous renseigner sur l'évolution précise de la pratique sont bien ténus. Après un volet historique, dont le but est de repérer des textes et des auteurs emblématiques, et avant un volet plus théologique, consacré notamment à une typologie et à une herméneutique du signe de croix au XXIe siècle, le volet central interroge deux domaines de la réforme liturgique de Vatican II particulièrement significatifs : celui de la prière eucharistique, où le Concile renoue avec l'Antiquité chrétienne en privilégiant l'approche mystérique du signe de croix ; celui du Rituel de l'Initiation Chrétienne des Adultes, où le signe de croix devient le mémorial de la plongée du baptisé dans le mystère trinitaire intrinsèquement lié au mystère de la mort-résurrection de Jésus : faire le signe de croix, c'est désirer entrer dans la suite du Christ mort et ressuscité et participer à la vie même de la Trinité. En d'autres termes, être marqué du signe de la croix du Christ, c'est accepter que la puissance de Dieu Trinité apparaisse, en Jésus crucifié, comme folie aux yeux de la sagesse humaine tout en révélant la sagesse de Dieu. " Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes " (1 Co 1, 25). Dès lors, tout signe de croix est bien une forme de célébration kérigmatique.

  • La recherche qui aboutit à ce volume répond à des questions essentielles, qui nous habitent et qui surgissent dans les moments les plus surprenants de la vie : Qu'estce que l'Homme ? Que peut-on dire de lui ? Que peut-on formuler de ce que Dieu révèle de Sa volonté ? Ce livre est à la fois une expérience de la théologie et une réflexion sur la théologie. Il est le fruit d'une confrontation ardente à la question de l'anthropologie chrétienne, une anthropologie fondée théologiquement, question soulevée dans un contexte où la personne humaine et sa nature tendent à être confondues, où se confondent également le psychique et le pneumatique. Comment la personne, au sein de la souffrance, s'épanouitelle par l'obéissance ? La question anthropologique associée à la question de la souffrance est née dans ce contexte de réflexion existentielle sur l'amour de Dieu et sur l'obéissance à Sa volonté. Comment l'être humain, au lieu d'être écrasé et déshumanisé par la souffrance, peut-il, grâce à Dieu, grandir et s'épanouir en tant que personne ? Ou encore : pour quoi souffre-t-on ? Pourrait-on ne pas ou ne plus souffrir, sans que cela soit une anesthésie ? Où la souffrance conduit-elle l'être humain ?

  • De plus en plus de chrétiens s'interrogent sur la réalité de l'islam et sur la place d'une religion apparue après l'avènement du Christ, confessé comme l'ultime manifestation de Dieu au monde. Mais à la différence de la tradition musulmane qui, dans ses textes de référence, le Coran et la sunna, a développé des positions relatives aux chrétiens et à leur foi, la tradition de l'Église a diversement intégré la question de l'islam. À l'aide de huit entrées spécifiques : l'islam pris dans sa globalité ; le Coran ; le prophète de l'islam ; la foi musulmane ; les rites et les pratiques prescrits et vécus ; l'anthropologie associée à la tradition musulmane ; la communauté des musulmans ; le dialogue islamochrétien, l'ouvrage de Michel Younès vise une double opération. La première présente une grande variété d'harmoniques de la parole prononcée au nom de la foi chrétienne : depuis Jean Damascène (v. 676-749) jusqu'à Mouchir Basile Aoun (n. 1966). La seconde envisage une expression musulmane tout aussi complexe et riche dans le temps et dans l'espace. En s'appuyant sur les études les plus récentes, l'ouvrage fait apparaître la variété des discours contemporains, depuis une position intégrale illustrée par Morta Moahhar (1920-1979), jusqu'à l'approche libérée des lectures traditionnelles du texte coranique portée par Muammad Šarr (1938-2019).

  • Comment vivre dans la joie ? Pour répondre à cette question cruciale, deux modèles se sont souvent affrontés : l'existence joyeuse a été conçue comme une vie contemplative ou bien comme une vie créatrice. Entre le repos contemplatif et l'acte créateur, de nombreux penseurs nous ont condamnés à faire un choix. Pourtant la créativité ne trouve-t-elle pas sa source d'inspiration dans la contemplation ? Le philosophe et l'artiste s'émerveillent face à la beauté du monde et cet émerveillement a suscité le désir de créer une oeuvre. Quant à la personne charitable qui crée de nouvelles relations avec les plus démunis, elle contemple leur malheur puis leur renaissance. Sur le plan du vrai (la philosophie), du beau (l'art) et du bien (la charité), attitude contemplative et démarche créatrice sont intimement liées. Nous avons ainsi étudié cinq auteurs qui ont pressenti la nécessité de penser ensemble contemplation et création (Schiller, Jacques Maritain, Bergson, Luigi Pareyson et Simone Weil) avant de proposer une thèse plus personnelle : contemplation et création forment deux pôles entre lesquels se joue une alternance féconde. Deux pôles entre lesquels la vie oscille, s'inscrivant dans une dynamique de progrès et s'élevant vers des joies toujours plus grandes.

  • Les religions sont-elles condamnées à s'opposer et à être source de conflits en raison de la diversité et du caractère souvent contradictoire de leurs doctrines ? Lorsqu'elles sont missionnaires et prétendent détenir la vérité sur Dieu, le monde et l'homme, le caractère systématique de leurs énoncés théologiques et juridiques qui excluent les autres systèmes ne redouble-t-il pas ces conflits ? Comment dans ces conditions le dialogue interreligieux pourrait-il aller au-delà des rencontres et du dialogue de vie ? Peut-on penser du point de vue théologique une ouverture à l'autre qui assoie l'unité entre les religions, leur communion et leur réconciliation au niveau de la doctrine sans obliger chacune à renoncer aux énoncés de sa foi ?
    Pour envisager ces questions fondamentales qui concernent tous les acteurs impliqués dans le dialogue interreligieux ou la théologie du pluralisme religieux, plusieurs théologiens ont interrogé George Lindbeck afin d'évaluer si les principes qu'il avance pour repenser l'oecuménisme sont transposables au niveau de l'interreligieux. En effet, conscient de l'enjeu des différences doctrinales entre les Églises chrétiennes, Lindbeck a questionné la nature d'une doctrine et a proposé un modèle post-libéral privilégiant la praxis, l'articulation entre l'action et le langage, la réactivation et la réadaptation constante des identités. Ces recherches montrent qu'en dépit de bien des limites de son modèle, on trouve chez le théologien luthérien une approche originale et féconde pour répondre à bien des défis contemporains.

  • Spécialiste d'histoire des Missions, Yannick Essertel s'est demandé comment les missionnaires ont évangélisé les peuples au cours de vingt siècles d'histoire. Partaient-ils sans méthode, sans instructions à appliquer ? La découverte de directoires et de traités de missionnaires, proposant des conseils pédagogiques pour évangéliser, apportaient un début de réponse. Or, la comparaison de ces textes a révélé l'existence d'une pédagogie en deux étapes : l'insertion du missionnaire dans la culture, et la mise en place d'une pastorale d'inculturation.
    Cet essai s'efforce de retracer la formation de cette pédagogie à travers vingt siècles, en partant de l'Apôtre Paul et en s'appuyant sur divers traités d'évangélisation. En 1659, théorisée par les Instructions de la propaganda Fide, elle sera recommandée par de nombreux papes du début du XXe siècle.
    Dans la préface, Claude Prudhomme, explique que " dès la première prédication apostolique, se met en mouvement une logique d'inculturation qui n'est pas simplement une habile adaptation aux sociétés d'accueil mais un effort pour penser le message chrétien à partir et à travers de multiples cultures. Et si le concept d'inculturation s'est imposé seulement dans le dernier tiers du XXe siècle, il rend compte d'une préoccupation qui traverse toute l'histoire des missions. "

  • Jésus, dans son intelligence humaine, savait-il tout sur tout ? Jouissait-il d'une connaissance humaine en tous points semblable à la nôtre ? Celui qui était plein de grâce et de vérité et qui avait reçu l'Esprit sans mesure pouvait-il être surpris, étonné, admiratif ou même grandir en sagesse et en grâce ? Pouvait-il être bienheureux sur la terre tandis qu'il souffrait et se déclarait abandonné par Dieu dans la Passion ? L'ouvrage expose la doctrine de saint Thomas d'Aquin sur la scientia visionis - la vision immédiate de l'essence divine par l'intellect humain - du Christ durant sa vie terrestre pré-pascale. D'après le docteur commun, cette science est bienheureuse parce qu'elle constitue la béatitude de l'âme fixée dans le bien. Or cette question divise les théologiens. Pour les uns, l'enseignement du docteur commun sur la vision bienheureuse du Christ pré-pascal est dénué de fondement scripturaire ; il est une sorte d'aporie, le fruit d'une déduction métaphysique, d'un principe a priori de perfection de l'humanité de Jésus. Pour les autres, elle est une vérité théologique et métaphysique qui s'impose en tant que conséquence intrinsèque nécessaire de l'union hypostatique. L'originalité de cette étude est de montrer que la position de saint Thomas est déterminée par des motifs premièrement scripturaires. L'ouvrage se concentre tout d'abord sur les commentaires bibliques majeurs de l'Aquinate, pour ensuite analyser la doctrine de la Somme de théologie à la lumière de l'étude desdits commentaires.
    Prix Henri-de-Lubac 2019

  • " Son visage est déformé, ses yeux sont devenus petits, enfoncés dans l'empâtement de la face. Ce n'était pas facile ! J'étais émue " raconte Dorothée, bénévole ; " cependant, nous avons échangé un regard et nous nous sommes souris ". S'engager auprès d'un malade, c'est approcher une justesse de relation, rencontrer quelqu'un dont le corps est déformé, accepter un autre qui ne veut pas parler, tolérer ce qui pourrait donner envie de fuir. Il s'agit d'un engagement de deux humanités, démarche altruiste, fraternelle et bienveillante. L'engagement de l'accompagnant implique générosité et simplicité. Ce guide cherche à aider les accompagnants de personnes en fin de vie à travers la complexité de la relation entre accompagnant et malade en explorant ses diverses facettes. Il s'adresse à toute personne souhaitant s'investir sur ce chemin délicat de l'accompagnement, parsemé de difficultés, de joies et de la beauté de nouer une telle alliance.

  • Cet ouvrage collectif traite de la question de la singularité des rationalités culturelles et religieuses et de leur possible dialogue, et de son importance pour la théologie et les sociétés de notre temps. " Rationalité " désigne ici une vision, une approche, une appréhension rationnelle singulière de la réalité. Croisant sciences humaines, sciences des religions, philosophie, théologie, management, art, etc. - et y invitant les différents mondes, cultures et religions, l'ouvrage contribue à montrer la pertinence qu'un changement de paradigme est nécessaire : " La reconnaissance de la singularité culturelle et religieuse d'un monde avec ses aspects irréductibles à d'autres mondes n'est pas un problème ou un obstacle à un dialogue véritable. Bien au contraire, prendre conscience de la singularité d'autrui est un des atouts décisifs pour avancer dans une connaissance plus juste de soi et pour la construction d'un projet commun de société. " Il est le fruit (79 contributions) des travaux du Congrès organisé sous l'égide du Laboratoire de recherche sur le dialogue de l'Institut de Science et de Théologie des Religions (ISTR) du Theologicum, dans le cadre de l'Unité de recherche " Religions, culture et société " - EA 403 de l'Institut catholique de Paris, en collaboration avec la Revue internationale de théologie -
    Concilium, l'Ordre des Prêcheurs, le laboratoire Shangai Sacred (Chine), et une quarantaine d'institutions universitaires et de partenaires du monde entier.

  • Cet essai évoque la portée spirituelle de l'oeuvre du célèbre psychologue et théoricien de la culture Carl Gustav Jung (1875-1961). Son approche, qui demeure largement sous-exploitée, peut en effet éclairer les racines profondes de la crise de civilisation que traverse l'Occident, et, partant, aider à préciser les défis qui s'imposent au christianisme contemporain. Dans cette perspective, le présent ouvrage se concentre sur les bouleversements de la relation au masculin et au féminin qui caractérisent notre culture. C'est ainsi qu'il examine d'abord le destin du récent protestantisme en faisant ressortir plusieurs enjeux majeurs de son fonctionnement anthropologique. Il étudie ensuite la montée contemporaine des idéologies " politiquement correctes " et évoque leurs connexions avec un féminisme anglo-saxon souvent radicalisé dans sa relation à la symbolique sexuée. Il analyse enfin le débat relatif à la " théorie du genre " et en propose une mise en perspective originale. Rédigé dans un style précis et sans concession, courageusement voué à des questions dont l'urgence ne cesse de croître, cet essai ne constitue pas un pamphlet mais une réflexion éclairante.

  • Cet ouvrage, écrit alors que la question d'histoire médiévale au programme de l'agrégation interne d'Histoire porte sur les rapports entre pouvoirs et minorités, souhaite donner aux lecteurs les clés pour comprendre la situation et l'existence des juifs dans l'Occident médiéval. En conduisant le lecteur au plus près des textes médiévaux, de la production écrite la plus quotidienne et la moins connue, en montrant comment s'écrit une histoire des juifs renouvelée, loin des stéréotypes persistants, les cinq chapitres parcourent quatre siècles de vie juive, dans sa diversité et sa vitalité, pour dresser un portrait d'un judaïsme médiéval bien différent de celui de l'Antiquité ou de ceux des périodes moderne et contemporaine. Sans négliger les faits déjà connus, comme la richesse de la vie intellectuelle juive ou les relations entre des élites juives et les princes, le lecteur découvrira une synthèse sur des questions complexes qui ont fait l'objet de travaux universitaires récents : quels sont les droits qui règlent les activités des juifs, quelle place et quelle position les juifs avaient dans la communauté politique, entre citoyenneté et servage, comment les universités des juifs s'inscrivaient dans l'espace local, du royaume, national, transnational. La découverte d'un monde encore mal connu pourrait bien offrir une distance bienvenue pour réfléchir aux problèmes qui taraudent le corps politique d'aujourd'hui.

  • Cinquante ans après Vatican II, il est temps de faire le point sur le vaste mouvement de transformation des
    espaces de célébration généré par la réforme liturgique. Le constat posé par les théologiens de l'Institut Supérieur de Liturgie est celui d'un très fréquent défi cit théologique dans la réflexion conduite suite à la réforme liturgique, réduisant les choix à leur dimension fonctionnelle, esthétique voire idéologique aux dépens de leur dimension fondamentalement théologique. Le Colloque dont cet ouvrage reprend les principales contributions visait à poser les linéaments d'une véritable théologie de l'espace liturgique au moyen d'une approche pluridisciplinaire : scripturaire, historique, philosophique, architecturale et dogmatique. L'enjeu est de taille, il s'agit de rendre possible un dialogue confiant entre communautés, architectes et théologiens pour que nos espaces liturgiques retrouvent une dimension initiatique, hospitalière... au service de la mission.

  • " Nos contemporains n'ont plus le sens du péché ! ", entend-on parfois. Pourtant l'allusion fréquente aux sept péchés capitaux dans les films ou la publicité ou les marques permet d'en douter. Si le péché dérange nos contemporains, est-ce seulement parce que beaucoup en ont encore une vision culpabilisante ? De plus, les prédicateurs parlent plus volontiers du pardon que du péché. Il faut mettre l'accent sur la force et la miséricorde de Dieu vainqueur du mal et du péché en Jésus-Christ, et sur la Bonne Nouvelle pour toute l'humanité. Pourtant, si l'on n'a pas conscience de l'étendue de la blessure, comment mesurer la puissance de la guérison divine ? Dans le contexte du Jubilé de la Réforme, le Colloque des Facultés organisé au printemps 2017 par l'Institut supérieur d'études oecuméniques (ISÉO) a voulu approfondir cette gêne à l'égard du péché, pour aider de nombreux acteurs de la vie oecuménique, éclairés par des théologiens de diverses confessions, à chercher ensemble une vision véritablement chrétienne du péché. Vingt ans après la signature de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification par l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale, bien des incompréhensions autour du " Simuliustus et peccator " de Luther ont été surmontées. Mais des différences de style et d'accentuation théologiques continuent de marquer notre manière d'aborder le lien entre grâce et péché lorsque nous devons faire face ensemble aux défis du monde contemporain.

  • Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion de " chrétiens virtuels " dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentale de l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfl échit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout êtrehumain. Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fondeson inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle définit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défi ni comme un " chrétien virtuel et potentiel ". Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?
    Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion
    de " chrétiens virtuels " dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentalede l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfléchit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout être humain.
    Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fonde son inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle défi nit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défini comme un " chrétien virtuel et potentiel ". Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?

  • Les membres d'un institut de vie religieuse cherchent à établir des relations fraternelles conformes à l'Évangile. Cependant, la faiblesse de la nature humaine ou le péché sont des obstacles. Ainsi, dans le cadre de l'exercice de l'autorité et de l'obéissance peuvent se glisser des comportements atteignant la santé et la sécurité d'un membre ou de plusieurs. La présente recherche étudie attentivement l'autorité et l'obéissance dans le c. 501 du Code de 1917, dans les cc. 601, 618, 619 du Code de 1983 ainsi que dans les documents sur la vie consacrée postérieure à la publication du Code. À la suite de cela, elle étudie la manière dont la société séculière à partir du début du XXe siècle avec la création des grandes organisations internationales s'est souciée de la santé et de la sécurité des travailleurs. Cela va mettre en évidence qu'un des enjeux de la société du XXIe siècle concerne les risques psychosociaux au travail. L'étude, après avoir regardé la manière dont les cc. 231, § 2 et 1286, 1o sont appliqués dans différents diocèses, se termine par une synthèse présentant un outil complémentaire pour le gouvernement d'un institut soucieux de mieux prendre en compte la santé et la sécurité de ses membres. Par ce moyen, un institut peut mieux identifier et se prémunir des abus présents en son sein.

  • Lettres à quelques autres :
    - À un ami, humaniste et religieusement indifférent : sur la différence religieuse (ou la crainte de Dieu)
    - À un prêtre, sexuellement aphasique : sur la sexualité
    - À tant de visages anonymes, avec le nez sur le smartphone : sur l'addiction
    - À de jeunes pasteurs, de la part d'un vieux : sur la distinction entre le spirituel et le temporel
    - À un évêque, pour un problème (ou : en guise de partage critique) : sur l'Église
    - À des jeunes, qui s'interrogent sur le christianisme : sur la suivance du Christ
    Et à quelques autres encore :
    - À un ami qui vient de perdre son père : sur le travail de deuil
    - À des amis musulmans, différents et proches : sur le voisinage
    - À des frères et soeurs chrétiens, rattachés à des Églises différentes : sur des rencontres interecclésiales.

  • Fondé en 1967 dans l'élan du Concile Vatican II à la demande des congrégations missionnaires et de Rome, par les Pères Jean Daniélou et Henri Bouillard, l'Institut de science et théologie des religions de Paris allie la réflexion théologique fondamentale avec les pratiques pastorales et les questions sociétales. Comme institution chrétienne de recherche et de formation, l'ISTR articule plusieurs axes : la recherche et l'enseignement d'une théologie chrétienne de la mission, des religions et du dialogue ; la connaissance des religions et des cultures dans leur diversité et leur créativité contemporaine ; la compréhension du phénomène religieux, du labyrinthe des identités, des athéismes et de l'indifférentisme ; la prise en compte de la complexité des questions d'interculturalité, des interactions sociétales, de l'essor des intégrismes ; la réflexion sur la responsabilité des Églises chrétiennes à l'égard de la société. Les Actes du colloque tenu en juin 2017 à l'occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de l'Institut ont permis de mettre en évidence comment l'approfondissement de la dimension dialogale de la mission est au coeur du projet de l'Institut. Il en ressort l'enseignement d'un dialogue qui passe par l'écoute de l'autre, la nécessité de l'estimer, tel qu'il est, sans chercher à le ramener à soi. L'ISTR contribue ainsi à promouvoir depuis cinquante ans une " théologie de l'accueil " où la réflexion sur le dialogue avec les autres religions irrigue et éclaire la société sur la réalité et la nécessité du dialogue. Ouvert sur les autres, l'ISTR de Paris atteste comment le christianisme se déploie comme sagesse et ressource pour l'ensemble des acteurs sociaux, au-delà de leurs croyances personnelles.

  • Que vaut le corps humain ? Le corps est le lieu privilégié de l'action du médecin. Or, il est pris dans le dilemme entre valeur marchande et valeur inestimable. Le coût de notre médecine risque d'entraîner nos sociétés à privilégier la première au détriment de l'autre. Sans douteconvient-il de ne jamais extraire le corps de la relation interpersonnelle entre soignant et soigné. Plus encore, la complexité du rapport du corps à la personne exige que nous mobilisions d'autres ressources que celles de la raison pour garder à ce rapport sa qualité humaine. Il s'agit de prendre appui sur l'expérience de notre propre corps, des capacités de notre mémoire, de notre imagination, de notre coeur, de notre esprit créatif. Une telle mobilisation peut donner lieu à une meilleure compréhension de chaque personne humaine, vulnérable dans son esprit comme dans son corps. L'enjeu est de taille car nous avons affaire, précisément, au destin d'êtres de chair et d'âme. Or, la personne peut être oubliée au profit des ressources potentielles de son corps. Au nom de certaines " valeurs ", des personnes peuvent même être niées ou détruites, physiquement comme moralement. Dans la richesse d'un regard croisé, médecin et philosophes, juriste et exégète, artiste et psychanalystes partagent leur expérience réfléchie dans le souci de garder le corps dans une vision intégrale de la personne.

  • L'Église catholique s'est impliquée dans la construction européenne dès son origine. À l'occasion du cinquantième anniversaire de la Mission permanente du Saint-Siège au Conseil de l'Europe à Strasbourg, des journées interdisciplinaires organisées par la Faculté de théologie catholique de l'Université de Strasbourg ont exploré certains aspects de sa présence et de l'engagement des chrétiens dans la conscience collective qui rassemble les peuples et les États du continent. La géographie, la politique ou l'économie ne forgent pas à elles seules une histoire commune. Les convictions et les croyances y contribuent pour leur part.
    Cet ouvrage aborde d'abord les questions relatives aux chrétiens dans la construction européenne : présence institutionnelle et autres engagements chrétiens campent le paysage religieux européen général au moment où le projet européen est mis en question. Il interroge ensuite les principes et fondements. L'exégèse biblique et la théologie permettent de réfléchir aux nouveaux rapports entre foi et politique et les éléments qui peuvent contribuer à la construction de la " maison commune européenne " et notamment du point de vue de la défense des droits humains fondamentaux et le respect de la dignité de la personne. Enfin, l'attention portée aux questions éthiques (bioéthique, nouvelles technologies, accueil des migrants...), à l'éducation et la culture, donne l'occasion d'illustrer l'engagement des chrétiens en ces domaines au sein d'organisations internationales.

  • Les Cent cinquante chapitres constituent une exception dans l'oeuvre de saint Grégoire Palamas :
    ils nous proposent une véritable synthèse de sa théologie. L'oeuvre comporte deux parties. D'une part, la création de l'univers et de l'homme, véritable " sortie " de Dieu hors de lui-même par amour des êtres créés. Et d'autre part, le retour de l'homme vers Dieu par sa participation à la grâce divine incréée.
    Dans ce texte, saint Grégoire défend la position de l'Église depuis les origines. Sa théologie lumineuse répond au plan de Dieu et à la vocation de l'homme appelé à devenir " participant à la nature divine " (2 Pierre 1, 4).

  • Le récit concernant les eaux de Mériba (Nombres 20, 1-13) est l'un de ceux qui posent le plus d'énigmes aux commentateurs. Il s'ouvre sur la mort de Miryam, brièvement évoquée ; l'essentiel concerne la contestation des Hébreux à l'égard de Moïse et d'Aaron, à la suite de la pénurie d'eau. Comme dans Exode 17, Moïse fait jaillir de l'eau d'un rocher. Mais à la suite de cet épisode, Dieu le condamne à ne pas entrer en Terre promise. L'un des problèmes est rédactionnel : quel est le rapport de Nombres 20 avec Exode 17, s'agit-il d'un même épisode raconté deux fois ? Et, surtout, pourquoi Moïse, homme parfait et constamment à l'écoute de Dieu, est-il ainsi condamné ? A-t-il fauté dans ses paroles, dans ses gestes, dans son attitude à l'égard du peuple, dans son comportement à l'égard de Dieu ? L'exégèse traditionnelle, tant juive que chrétienne, a formulé un certain nombre d'hypothèses. L'épisode est plusieurs fois cité dans d'autres textes bibliques, notamment dans le Deutéronome et dans les Psaumes ; y a-t-il là une première exégèse et déjà des réponses ? Par la suite, l'étude littérale s'intéresse aux indications de lieu et de temps. L'exégèse juive exploite les midrashim autour de ce récit, sans négliger la dimension éthique. L'exégèse chrétienne est également parfois d'ordre midrashique, dans la mesure où elle exploite le midrash du rocher qui accompagne les Hébreux du fait des mérites de Miryam, médiatisé par 1 Corinthiens 10, 4. Mais ce passage paulinien pose les bases d'une interprétation typologique, que l'on retrouve au moyen âge. Après une mise au point sur l'exégèse actuelle, sont étudiés les apports de l'exégèse juive ancienne et médiévale, ceux de l'exégèse patristique (avec notamment Origène, Augustin et Grégoire de Nysse), médiévale (des monastères à l'université) et du XVIe siècle (aussi bien chez les réformés que chez les catholiques). Ce volume est issu de la quatorzième des " Journées bibliques " organisées par le Laboratoire d'Études des monothéismes/Institut d'études augustiniennes, UMR 8584 (CNRS-EPHE Sciences religieuses-Sorbonne Université, PSL) et l'EA 4378, Faculté de théologie protestante (Université de Strasbourg).

  • Cette étude se fonde sur le dépouillement d'archives jamais étudiées : les écrits intimes d'Albert de Mun, figure majeure du " ralliement " à la République prôné par Léon XIII dans les années 1890. Elle offre un aperçu original sur l'évolution de la pratique du ralliement, alors que le regain anticlérical qui suit l'affaire Dreyfus soumet les catholiques à un renversement complet des circonstances.
    Albert de Mun se montre plus que jamais, en 1904-1907, convaincu de l'opportunité des principes de Léon XIII. Absolument opposé à la séparation, il n'a de cesse de lutter contre son application. Cependant il met l'accent sur l'alliance nécessaire avec les républicains modérés et, en acceptant d'amender la loi, montre son refus de la politique du pire. Ébranlé par la défaite électorale subie par la droite en 1906, il en vient même à envisager la solution d'associations cultuelles " canoniques et légales ", mais se soumet avec soulagement à leur condamnation par Pie X.
    La mise en lumière de cette période inconnue de la vie d'Albert de Mun est l'occasion d'une étude précise sur les positions des catholiques, parfois simplifiées, à l'époque de la loi de 1905. Cette étude se révèle particulièrement utile à notre époque sensible à la compréhension de la laïcité et de son histoire.

  • Pourquoi Bernard de Fontaine (1090-1153), abbé de Clairvaux, a-t-il mis plus de quinze ans à rédiger cet admirable livre où son coeur tente de partager ce qui le fait battre ? Voulait-il articuler avec rigueur les deux volets de la raison que nous avons d'aimer pour Lui-même " le Dieu et Père de Jésus " (Col 1, 3) ? " Rien n'est plus juste, écrit-il, et rien n'est plus fructueux. " De fait, si Dieu n'a pu, ne peut, ne pourra jamais nous aimer davantage qu'en nous livrant son Fils afin qu'Il soit " l'Aîné d'une multitude de frères " (Rm 8, 29), nous sommes appelés à nous trouver, par-delà tout intéressement et tout désintéressement, en laissant ce Fils, que la grisaille nous enveloppe ou que nous ravissent de soudaines trouées de lumière, devenir la Vie plus haute et plus douce de la nôtre. Mais Bernard a si peu cerné ce qu'il lisait de neuf dans les Écritures qu'il a dû conclure en recopiant une lettre ancienne sur la Charité.

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