Charles Leopold Mayer - Eclm

  • Depuis les années 1980, l'humanitaire s'est furtivement laissé conquérir par la rationalité néolibérale. Son imaginaire, constitué de principes présumés infaillibles et de représentations occidentales, est devenu un facteur d'inertie. Du fait d'une relation appauvrie avec la démocratie, l'humanitaire dépolitise : il décontextualise les situations de souffrances, il désactive la condition politique des personnes concernées, il renonce à penser la transformation sociale.
    Son glissement vers un humanitarisme satisfait de lui-même, résultat d'une absence de regard critique sur sa propre doctrine, le rend toujours plus impuissant face à un néolibéralisme que rien ne semble pouvoir contrarier. Il devient urgent qu'émerge un nouveau paradigme combatif, radical, reconnaissant la valeur sociale et la politicité des personnes concernées.

  • Comment répondre aux défis posés aux villes par les migrations ? Quelles solutions architecturales et urbaines mettre en place quand les manières actuelles de fabriquer la ville ne savent manifestement pas résoudre les problématiques de l'accueil pour les populations sans domicile ? Les habitants, la société civile et les élus locaux n'ont pas de prise sur les causes à l'origine de ces situations mais peuvent en revanche s'efforcer d'offrir des cadres de vie plus dignes aux personnes. La crise de l'accueil apparue depuis 2015 a démontré la nécessité pour les villes de développer des stratégies et des politiques d'intégration. Et si ces nouvelles manières d'imaginer l'accueil servaient aussi à mieux penser la ville pour tous, à oeuvrer pour une ville plus démocratique, plus sociale, plus résiliente et plus durable ?

  • Coupes rases et monocultures, usages d'intrants chimiques, destruction d'une multitude d'espèces animales et végétales, concentration des filières, pertes d'emploi et de savoir-faire, achat de forêts par de gros acteurs financiers, la forêt et les forestiers sont mis sous pression de toutes parts.
    Cet ouvrage, guide à l'usage des artisans, des consommateurs de bois, des propriétaires, des promeneurs, etc., promeut l'idée d'une forêt vivante et habitée en contribuant à une transformation profonde de la relation entre société humaine et forêt. Rétablir le dialogue au sein de la filière doit permettre une gestion forestière écologiquement responsable et socialement solidaire.

  • Les multinationales impliquées dans des scandales environnementaux ou liés aux droits humains, tels que la catastrophe de Bhopal ou l'effondrement du Rana Plaza, ont souvent bénéficié d'une totale impunité. Pour tenter de les contraindre à prendre leurs responsabilités, un consortium d'ONG et d'organisations de la société civile s'est constitué en France pour défendre l'idée d'une loi. Adoptée en 2017, la loi sur le devoir de vigilance des multinationales est l'une des seules législations d'initiative citoyenne qui ait été votée en France. Elle contraint les entreprises donneuses d'ordre à prévenir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance liés à leurs opérations mais qui peuvent aussi s'étendre aux activités de leurs filiales et de leurs partenaires commerciaux. Olivier Petitjean retrace les grandes étapes de la construction de cette loi et la replace dans l'histoire plus longue de la lutte contre l'impunité des multinationales.

  • Si certains problèmes sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont complexes, d'autres sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont trop simples. La crise climatique est un problème du deuxième genre : pour la résoudre, il suffit d'arrêter de brûler le carbone fossile, c'est-à-dire le pétrole, le gaz et le charbon, ces sources d'énergie qui ont alimenté l'économie mondiale depuis deux siècles.
    Une grande partie des instruments de la politique du climat ont été créés pour cacher la simplicité désarmante de ce fait, car la politique climatique est aussi une politique de puissance, le carbone fossile alimentant la croissance économique depuis des décennies. En conséquence, les opposants à une politique climatique efficace exercent une grande influence.
    Or si l'on peut agir sur l'activité économique, on ne peut changer les lois de la nature, et l'on doit de ce fait dessiner un monde avec moins de croissance.
    Marcel Hänggi se penche sur l'avenir de la politique climatique. Il réclame du courage pour l'utopie et davantage d'imagination sociopolitique.

  • De plus en plus, nos villes sont devenues le lieu où sévissent la spéculation, les exclusions de toutes sortes et la ségrégation sociale. Pourtant, de l'Espagne aux États-Unis et à l'Afrique du Sud, en passant par le Chili, le Rojava syrien, la Serbie, la Pologne ou la France, des groupes renversent cette logique et inventent une nouvelle manière de vivre ensemble. Ce mouvement de démocratie radicale place les citoyens au centre des décisions publiques et de la sauvegarde de l'intérêt général. Il réintroduit la démocratie directe en s'appuyant sur des valeurs sociales, féministes, écologiques et solidaires pour ouvrir le champ politique et en faire un espace d'émancipation et de transformation. Le municipalisme s'impose comme une alternative politique aux traditionnelles formes d'organisation et de pouvoir fondées sur la verticalité, la centralisation et le patriarcat. Ce guide est le fruit de la collaboration de plus de 140 maires, conseillers municipaux et militants du monde entier.

  • La non-violence reste pour beaucoup assimilée à un pacifisme béat, à une posture molle, naïve et impuissante donc potentiellement dangereuse quand la mort et la haine ont déjà frappé. Pourtant, il semble aujourd'hui crucial de soumettre la réponse non violente à la discussion, ne serait-ce que pour éviter les risques de surenchère face à l'horreur des actions terroristes. En s'appuyant sur des matériaux divers, depuis les témoignages recueillis sur le terrain jusqu'aux recherches universitaires et aux rapports d'expertise, l'auteur s'attache d'abord à étudier les racines du terrorisme. Il interroge ensuite les dérives sécuritaires des États démocratiques (torture, recul de l'État de droit) qui ne vont pas sans risques dès lors qu'elles réalisent une partie du projet terroriste: déstabiliser durablement nos sociétés.
    Dans cette perspective, ce livre invite à ne pas céder à la peur, au mimétisme, à la collaboration avec la violence terroriste, mais plutôt à reconquérir notre pouvoir d'action contre la haine. La non-violence est-elle en mesure de fournir des propositions réalistes en contexte de crise ? Sans être LA solution, peut-elle réellement participer des solutions face à la radicalisation violente et le terrorisme ?

  • En 2011, le cigarettier Philip Morris intente une action en arbitrage contre l'État australien, après que le parlement a adopté une loi en faveur des paquets de cigarettes dits « neutres ».
    Ce litige, non encore résolu, a mis au jour un mécanisme peu connu du grand public : le règlement des différends entre investisseurs et États, permettant à une entreprise de porter un litige l'opposant à un État devant une juridiction privée.
    Cet ouvrage reviendra aux origines de l'arbitrage d'investissement, né notamment pour protéger les économies post-coloniales, pour en décrire ensuite le fonctionnement : quelles instances hébergent des tribunaux d'arbitrage ? Quels sont les textes juridiques qui le définissent ? Quels en sont les acteurs ?
    Cet instrument, présent dans de nombreux traités de libreéchange, est aujourd'hui utilisé à grande échelle et laisse craindre une remise en cause des politiques publiques par des multinationales. Démesure des sommes en jeu, opacité, conflits d'intérêt, tout indique qu'une réforme est nécessaire.
    Ajouter des clauses internes aux accords, qui introduisent des droits sociaux et environnementaux, renforcer la médiation et la conciliation, repenser l'équilibre entre les différents acteurs, faire évoluer le droit pour restaurer la supériorité des droits humains sur ceux des entreprises, créer des juridictions économiques internationales, sont autant d'alternatives qui devraient permettre de rééquilibrer le système.

  • Construction de lignes ferroviaires, rénovations urbaines, gestion de certains cours d'eau... de nombreux projets d'aménagement ou de politiques publiques locales sont aujourd'hui soumis à l'obligation de susciter un débat public, et de mettre en oeuvre un processus de concertation. Dans ce domaine, et notamment du fait d'incitations législatives (loi Grenelle II), le recours à des garants tend à se diffuser en France depuis quelques années chez les maîtres d'ouvrage que sont les entreprises publiques et les collectivités territoriales. Dans ces moments de dialogue, le garant est une personne chargée de veiller à la qualité du processus de concertation : transparence, équité, efficacité...
    Les pratiques montrent pourtant une grande diversité dans l'action des garants. Alors que certains se cantonnent à un rôle d'observateurs, la plupart sont des facilitateurs actifs, voire des médiateurs. Ils contribuent à élever le niveau d'exigence méthodologique et de transparence de la concertation.
    Cette « nouvelle figure » de la concertation pose question.
    Comment le garant est-il perçu par les participants aux concertations ? Comment préserve-t-il son indépendance ?
    Quelles doivent être ses compétences ? Et la question du garant renvoie aux imperfections de la concertation : risques de dévoiement, de manipulation, d'inefficacité... Comment y répond-on ? Par la loi ? Par la formation ? Par un tiers extérieur comme le garant ? Il s'agit avant tout de créer une confiance suffisante pour que puissent s'exprimer de façon constructive les désaccords sur le fond des projets et des politiques.

  • Partage de fichiers, distribution de musique, installation de logiciels, la technologie du peer-to-peer (P2P) permet différents types de coopération via un échange direct de données entre ordinateurs, sans passer par des serveurs centralisés. Mais ce type d'utilisation a au fond une portée limitée, et si l'on adopte un point de vue plus large, le P2P peut être considéré comme un nouveau modèle de relations humaines.
    Dans cet ouvrage, Michel Bauwens et Vasilis Kostakis décrivent et expliquent l'émergence de la dynamique du P2P, et la replacent dans le cadre de l'évolution des différents modes de production. Cette nouvelle modalité de création et de distribution de la valeur, qui favorise les relations horizontales, crée les conditions pour une transition vers une nouvelle économie, respectueuse de la nature et des personnes, une véritable économie collaborative.

  • Un nouveau courant de l'économie prospère depuis le début des années 2000. À base d'expérimentations, il se propose de créer des modèles pour transformer la conduite des individus par la connaissance des biais qui régissent leurs comportements.
    L'apparente simplicité de ce «?nouveau comportementalisme?», qui prétend notamment changer le sort des populations les plus démunies, redore le blason terni de l'économie, ainsi présentée comme compréhensible, accessible et utile.
    Jean-Michel Servet déconstruit la rhétorique comme la pratique de ce mouvement qui représente, selon lui, non seulement une régression pour les sciences sociales, mais aussi une manière de discipliner les populations pour les amener à agir selon les dogmes d'une économie supposée efficace. Parce qu'il semble ignorer les origines culturelles et sociales des actions humaines, le nouveau comportementalisme perpétue des hypothèses fondamentales de l'orthodoxie économique, revue et corrigée par le néolibéralisme.

  • Pour gérer une planète unique et fragile, il est nécessaire de se mettre d'accord à l'échelle mondiale sur des valeurs communes. Dans les années 1990, s'appuyant sur ce constat, Pierre Calame a initié un projet d'« Alliance pour un monde responsable et solidaire », réseau informel constitué de militants du monde entier, dont l'idée était la production d'un texte fondateur couvrant l'ensemble des défis communs.
    La responsabilité s'impose alors comme concept fédérateur, parce qu'il est le corollaire de toute vie en communauté et à ce titre présent, sous des vocables divers, dans toutes les sociétés.
    Après avoir décrit l'émergence de cette « Déclaration universelle des responsabilités humaines » et les principes généraux qu'elle énonce, Pierre Calame s'attache aux conditions de mise en oeuvre d'une telle charte, en passant en revue les trois niveaux de la responsabilité : celui des choix individuels, en montrant le rôle de l'éducation ; celui des normes collectives des milieux sociaux et professionnels, en montrant comment la Charte peut révolutionner aussi bien la recherche et l'enseignement supérieur que la finance ; celui enfin des systèmes juridiques, en montrant comment l'adoption d'une telle Déclaration par l'ONU renouvellerait le droit international en frayant la voie à un « droit commun mondial ».

  • Monnaie SOL en France, LETS au Canada et en Grande-Bretagne, banques de temps en Italie et en Grande-Bretagne, Ithaca Hour aux États-Unis, Regiogeld et Chiemgauer en Allemagne, banques communautaires de développement au Brésil. Il existe aujourd'hui pas moins de 5 000 monnaies régionales dans plus de 50 pays de par le monde.
    Si ces monnaies émergent dans des contextes de vulnérabilité, voire de crise économique, sociale ou environnementale, elles parviennent à durer et parfois à se faire reconnaître par les autorités politiques locales qui voient dans leur usage un moyen de soutenir une certaine dynamique de développement territorial.
    Marie Fare explore dans cet ouvrage les possibilités offertes par ces monnaies, qui permettent de doter les territoires d'une richesse, qui sont aussi la réappropriation d'un droit inclus dans le contrat social mais en quelque sorte kidnappé par les autorités économiques. La monnaie est et doit rester un bien commun, mis au service d'un développement territorial durable.

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  • En 2011, la Commission européenne donne une nouvelle définition de la Responsabilité sociale de l'entreprise (RSE), comme relevant de la maîtrise par une entreprise de ses impacts. Cela constitue un véritable changement de paradigme vis-à-vis de la conception encore prédominante selon laquelle l'entreprise contribuerait à la société par la maximisation du profit, et par des actions philanthropiques volontaires (la RSE).
    Mais pour que cette nouvelle perspective soit effective, cela suppose - paradoxalement - d'en finir avec la RSE : celle-ci continue, en effet, à être envisagée de façon instrumentale et de manière séparée de la stratégie. Maîtriser ses impacts, sur des territoires et au long de chaînes de valeur aujourd'hui mondiales, suppose de définir et d'évaluer l'entreprise comme un commun : par la démocratisation de sa gouvernance et par sa capacité à préserver les biens communs mondiaux tant immatériels (le lien social, la souveraineté populaire) que matériels (le climat, la biodiversité et la qualité de l'eau et de l'air).

  • Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd'hui dans les zones urbaines, qui ne sont pas destinées à la production agricole. Force est de constater, donc, que «?la ville mange?» : elle mange la nourriture, certes, mais aussi le territoire nécessaire pour produire celle-ci. Les flux induits par l'alimentation d'une communauté urbaine sont intenses et inéluctables, mais ils sont aussi anarchiques, et le gaspillage alimentaire n'est que la partie émergée de cet iceberg.

    Maîtriser ces flux requiert d'adopter une vision systémique. Plusieurs tentatives visant à construire des systèmes alimentaires produisant une nourriture saine, goûteuse, en symbiose avec les territoires et les hommes, émergent un peu partout. Elles montrent une voie différente, reposant sur le développement de l'agriculture périurbaine et intra-urbaine, la conscientisation des «?mangeurs?», l'aménagement du territoire et du cadre politique. Mais cette nouvelle approche demande à être confortée par une gouvernance appropriée et des filières efficaces. Elle peut aussi s'appuyer sur la restauration collective pour en faire un des leviers fondamentaux de la construction d'une société durable. En partant de la ville qui mange et de ses appétits, nous devrions pouvoir entrer dans une ère de Renaissance de nos systèmes alimentaires.

  • Le conflit est un phénomène sociétal normal dans la mesure où il résulte de la rencontre d'opinions et de positions opposées et incompatibles. Il devient problématique quand il génère de la violence mais sans cela, il a tout intérêt à émerger et à s'exprimer pour réclamer d'être traité. Pourtant, dans notre société, il est perçu comme un désordre illégitime et à ce titre, on lui applique un traitement sécuritaire et répressif. Si la priorité, quand le conflit explose, est certes de restaurer la sécurité pour tous, on ne peut se limiter à une telle action.
    Le propos central de cet ouvrage vise à décrire le conflit comme un phénomène social également porteur d'opportunités. Cette approche a été théorisée dans la littérature anglo-saxonne sous le nom de Conflict transformation. Il s'agit d'un long processus qui vise à transformer les relations et les structures à la base du conflit et invite à le percevoir comme une opportunité pour le changement social et à faire le deuil de la disposition sociale antérieure.
    Ainsi, ce livre cherche à construire un esprit critique, à poser les bases d'une disposition d'esprit propre à adopter une attitude constructive face aux conflits, à favoriser une posture d'ouverture et de créativité pour amener les changements sociaux qui permettront de construire un avenir commun apaisé.

  • Ce livre est une réédition de Parier pour la paix, du même auteur, publié en 2006. Le général Cot en a réactualisé le contenu, incluant l'analyse des conflits récents en Ukraine, en Afghanistan, en Irak ou en Syrie et l'émergence de Daesh.
    Il retrace son parcours de militaire ayant exercé de hautes responsabilités opérationnelles. Ce texte relève autant du témoignage personnel que de la réflexion abstraite. Avec une conviction communicative, l'auteur proclame sa foi en une utopie aussi vieille que la guerre : la paix du monde. La guerre, dit-il, n'est pas une fatalité mais un mode aberrant de résolution des tensions inévitables, voire nécessaires. Elle ne résulte pas de réactions en chaîne incontrôlables mais, le plus souvent, de la volonté délibérée de « fauteurs de guerres » qu'il faut identifier, dénoncer, condamner. À la base, des femmes et des hommes de plus en plus nombreux nourrissent et transmettent une véritable culture de paix. Au sommet, l'Onu reste malgré tout la seule instance légitime pour fédérer les efforts de tous les peuples afin que la loi du plus fort cesse enfin d'être la meilleure.

  • Dans les années 1970, en France, apparaissent les premières aides à l'installation en agriculture à destination des jeunes, pour participer à la dynamique et à l'aménagement des espaces ruraux. Aujourd'hui, le « parcours installation » proposé par les Chambres d'agriculture est censé accompagner les jeunes agriculteurs dans leur projet, sur le plan économique, agronomique, commercial et juridique.
    Cet ouvrage retracera l'évolution du dispositif d'accompagnement et en décrira le fonctionnement, ses forces, ses évolutions, ses limites et parfois ses dérives. Il montrera comment, à toutes les époques, les porteurs de projets « atypiques » (petites productions, productions biologiques, productions diversifiées, installation en collectif, vente directe, etc.), ont connu et connaissent encore des difficultés pour se faire accompagner. Il analysera également le système de gouvernance de l'agriculture en place en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et duquel émanent les critères d'éligibilité au parcours installation. En soi, le parcours cristallise les oppositions entre deux modèles et peut apparaître comme un des symboles de la confrontation entre les agriculteurs et le système de gouvernance auquel ils sont soumis en permanence.

  • Derrière la crise et les doutes économiques et financiers sur l'avenir de l'Europe, se cache aussi une crise de la citoyenneté européenne. Les normes d'enseignement supérieur, les médias sociaux et les voyages à bas coûts auraient dû renforcer cette citoyenneté, mais dans les faits, nous sommes loin d'avoir créé les conditions nécessaires au développement d'un sentiment d'appartenance, et la distance réelle ou supposée entre la « bureaucratie » de Bruxelles et les européens ordinaires ne semble pas se réduire.
    Dans cet ouvrage, Tony Venables plaide pour une citoyenneté européenne à grande échelle, la seule pouvant rassembler une Union européenne composée de 28 États membres avec 24 langues officielles et une grande diversité en termes de taille, de structures institutionnelles et de performances économiques, où l'identification des intérêts communs devient plus problématique. Avec pour fondement l'égalité de traitement, la lutte contre toutes les formes de discrimination et une Charte des droits fondamentaux juridiquement contraignante, la citoyenneté européenne peut aider à prévenir les excès du nationalisme débouchant sur le racisme et la xénophobie.
    Une citoyenneté européenne plus active devrait permettre aux citoyens d'unir leurs forces par-delà les frontières et d'engager la responsabilité des gouvernements lorsqu'ils négocient dans les organisations internationales ou au sein de l'Union européenne.

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