Bord De L'eau

  • Le malaise identitaire Nouv.

    Présent dans tous les esprits, un spectre hante notre actualité : l'identité.
    Sur fond de mémoires blessées, certains citoyens s'inquiètent, alors, d'une remise en cause des valeurs de la République, pendant que d'autres dénoncent la persistance des logiques coloniales et les souffrances qu'elles engendrent. Dans ce contexte, des mots s'entrechoquent : « Racisation », « privilège blanc », « racisme systémique », « islamo-gauchisme », « essentialisme », « identitarisme ».
    Au-delà des invectives ou des polémiques, il convient de clarifier les courants de pensée qui irriguent les études postcoloniales et décoloniales.
    Pour quelle raison et à quelle fin, leurs promoteurs mobilisent-ils la psychanalyse ? Sur quelles traditions philosophiques appuient-ils leurs analyses ?
    Les penseurs décoloniaux interrogent, pour leur part, la modernité/colonialité en remontant à la « conquête » de l'Amérique (1492). Cette prise en compte d'une histoire s'étalant sur plusieurs siècles permet-elle d'éclairer notre situation actuelle ?

  • À la SNCF, il est possible de parler de première classe et de seconde classe. Lorsqu'on prend l'avion également... on appelle ça «?classe économique?» ou «?business class?»?! Si officiellement, ou du point de vue juridique, il n'est pas possible de parler de citoyenneté de seconde classe, que faire lorsque les acteurs eux-mêmes évoquent ce type de terminologie?? Leur expliquer qu'ils n'ont pas vraiment compris ce qu'était la citoyenneté et que le registre économique est distinct du politique??
    La réflexion collective de cet ouvrage accorde du crédit au discours des acteurs sur leur expérience, qui vont jusqu'à éprouver une différence statutaire dans leur capacité à participer au pouvoir. Ce livre présente des études empiriques ainsi que des outils conceptuels pour penser les incidences économiques sur les modalités de participation au pouvoir des citoyens. Il propose la notion de «?citoyenneté de seconde classe?» pour penser l'ampleur des inégalités sociales et politiques contemporaines.

  • Souffrance, stress, burn out, RPS... Les témoignages de salariés faisant état d'une montée en puissance de la pénibilité psychique et mentale du travail se multiplient depuis deux à trois décennies, y compris parmi les franges du salariat les mieux loties, que ce soit en termes de conditions d'emploi, de rémunération ou de pénibilité physique du travail. Ce livre analyse ce phénomène à travers le cas de cadres, chercheurs dans l'industrie. Il montre en quoi les organisations contemporaines du travail, en se liquéfiant pour répondre aux exigences post-fordiennes du procès d'accumulation, disloquent le travail et les travailleurs.
    Cette dislocation s'observe à trois niveaux. Au niveau subjectif, d'abord, car en fabriquant des désillusions, des écarts croissants et de plus en plus répandus entre espoirs, investissements subjectifs et réalités observées, ces organisations déstabilisent la subjectivité et le rapport au travail de ces cadres, qui en viennent souvent à remettre en cause et leurs compétences et le sens de tous les efforts et sacrifices faits pour leur travail. Au niveau temporel, ensuite, car en accroissant les tâches périphériques, ces organisations atrophient les coeurs de métier et contraignent ces cadres à travailler plus longtemps, y compris chez eux, pour essayer, malgré tout, de faire un travail de qualité, dans lequel ils puissent encore se reconnaître et trouver du sens. Au niveau cognitif, enfin, car en démultipliant les sollicitations, ces organisations liquides, à travers l'usage des nouvelles technologies qu'elles sécrètent, coupent fréquemment les chercheurs, les empêchent de se concentrer et, par-là, les obligent à déployer une énergie particulièrement importante pour essayer, malgré tout, de sortir la tête de l'eau et continuer à avancer dans leur travail.
    Combinées entre elles, ces trois sortes de dislocation maltraitent les travailleurs. Ce qu'il faut soigner, en somme, ce ne sont pas les individus, mais le travail concret : la façon dont il est organisé, managé, reconnu, subordonné au travail abstrait. L'ambition de cet ouvrage est de montrer combien ces troubles de la santé constituent les symptômes contemporains d'une aliénation capitaliste, dont les racines remontent, non seulement à l'organisation du travail, mais plus fondamentalement encore, aux rapports de production et à ce que le capital fait au travail, en imposant aux hommes et aux femmes, travailleurs comme capitalistes, un usage de soi conforme à la conception productiviste de la qualité et de la performance.

  • Michael Hudson est considéré par certains comme un des meilleurs économistes contemporains. S'il comprend mieux le capitalisme actuel - un capitalisme rentier et spéculatif - que nombre de ses collègues, c'est sans doute parce qu'il a travaillé à Wall Street et dans diverses commissions avant de se plonger dans l'étude à la fois de l'histoire économique et des diverses théories économiques. Il en résulte, pour commencer, un renouvellement complet de l'histoire de la dette et du crédit (qui a fortement inspiré David Graeber dans Dette). Où l'on voit qu'à Babylone et dans le judaïsme antique, on abolissait les dettes tous les 25 ou 50 ans (c'est ce qu'on appelait le jubilé) pour permettre à l'économie et à la société de repartir. « Et pardonnez- nous nos offenses... » voulait dire à l'origine :
    « Remettez-nous nos dettes. » De cette reconstitution historique résulte une critique radicale de l'économie de rente actuelle. L'endettement des États ne sert qu'à transférer la richesse aux prêteurs et aux financiers au détriment de l'économie réelle et des salariés.

  • Les esprits fraternels : l'héritage retrouvé du socialisme républicain Nouv.

    Disposons-nous d'une synthèse idéologique et morale proportionnée aux défis de notre siècle ? La notion de progrès est critiquée de toutes parts. La synthèse catholique l'est aussi. Et que dire de l'utopie qui trouva son acte de naissance dans le Manifeste communiste de 1848 ? Les grands combats actuels, l'écologie, la justice sociale, l'antiracisme, le féminisme sont-ils condamnés à s'improviser sans racines solides dans la culture européenne ?

    Cet ouvrage montre qu'une succession de déviations a laissé en jachère le meilleur de notre patrimoine. Progressivement éliminé au cours des trois Internationales des Travailleurs, le socialisme républicain, n'a pas été relevé dans toute sa richesse malgré la chute du communisme. Sous la conduite de Jacques Viard (1920-2014), ce livre reprend le cours de l'histoire à partir de 1830 et parcourt le chemin balisé par Pierre Leroux, Louis Blanc, le premier Proudhon, Michelet, Péguy, le premier Jaurès, Simone Weil et tant d'hommes et de femmes dont le nom est tombé dans l'oubli. Il apparaît que le socialisme républicain était largement libéral, antiraciste, philosémite, féministe et écologiste avant la lettre.

    Abaissant les barrières entre les disciplines, Jacques Viard met en communication histoire, politique, philosophie, morale, et redonne à la littérature toute la place qui lui revient dans la formation des esprits fraternels. Car elle est plus sensible que les théories, charnelle même, plus dialogique et inscrite dans la diachronie. Jacques Viard se livre lui-même à une lecture approfondie et renouvelée de Sand, de Proust, de Giono.

  • Au croisement des travaux sur les entourages politiques et sur le genre en politique, cet ouvrage révèle la contribution, aussi essentielle que méconnue, des conjointes d'élus. Connoté par la presse à scandale et non questionné par la science politique, ce sujet est au mieux réduit à l'étude de la communication politique des élus les plus médiatisés. Bien au-delà, et à l'aide des concepts de la sociologie de la famille et de la sociologie politique, l'analyse des rôles endossés par les conjointes au sein des maisonnées politiques enrichit doublement notre compréhension du « métier » d'élu : elle révèle d'abord certaines conditions pratiques et parfois prosaïques de cette activité sociale ; elle rompt ensuite avec l'image d'un élu coupé de ses attaches privées et sans affects. Nourrie de récents travaux sur le genre en politique, cette approche permet de mettre en lumière l'importance de cette catégorie de femmes impliquées de fait dans la vie politique et pourtant jusque-là particulièrement ignorées.
    À l'encontre de la théorie politique et de la plupart des travaux de sociologie politique, qui interdisent ou s'interdisent de franchir la frontière qui sépare vie publique et vie privée des élus, c'est donc la nécessaire imbrication et articulation de ces deux sphères au cours de l'ascension élective que cet ouvrage met en évidence.

  • Pourquoi republier, près de deux siècles après sa première parution??

    Leroux, inventeur du socialisme, le premier à avoir, selon ses propres termes, « mis le socialisme dans la République et la République dans le socialisme », le philosophe de l'Humanité, retrouve enfin sa place au panthéon des grands ancêtres.

    Si cette publication pouvait contribuer, après d'autres, à une meilleure connaissance de l'oeuvre de Leroux, ce ne serait que justice. Mais la vérité est autre.

    S'il y a une actualité de ce livre, il la doit au fait qu'il incarne ce qui aurait pu être une autre voie possible pour l'organisation des rapports du politique et du religieux en France, soit une certaine façon d'entendre la laïcité, très différente de celle qui a triomphé en reconduisant le thème chrétien de la séparation de ce qui est à César et de ce qui est à Dieu, du temporel et du spirituel, des Églises et de l'État. Car c'est précisément cette séparation, étrangement pour nous tant elle nous semble évidente et indissociable de la pensée républicaine, que Pierre Leroux critique et refuse, en même temps qu'il conteste toute possibilité pour l'État d'être «?neutre?».

    Cette actualité serait non seulement liée à cette crise de la sécularisation mais à la reconnaissance, qui lui est contemporaine, de la persistance du théologico-politique.

    Il conduit à une proposition?: organiser religieusement la société laïque. Cette proposition ne peut manquer d'apparaître surprenante, pour ne pas dire incompréhensible. Elle suppose en tout cas, a minima, de mobiliser un autre concept de la laïcité et un autre concept de la religion que ceux qui sont les nôtres aujourd'hui.

  • Nous pouvons relever un ensemble de caractéristiques de la période contemporaine participant d'un empêchement de l'exercice de la citoyenneté (l'accélération, la modification de façon durable des conditions d'habitabilité de la planète Terre, la révolution numérique et technoscientifique, la montée des radicalisations religieuses et politiques, l'explosion des inégalités sociales...). Par ailleurs, la domination des logiques économiques de maximisation des intérêts individuels vient également entraver les conditions d'exercice de la citoyenneté, qui, elles, sont politiques. Ces caractéristiques confrontent l'exercice de la citoyenneté à un ensemble de difficultés. Pour bon nombre d'individus la citoyenneté apparaît d'abord comme étant empêchée. Peut-on aujourd'hui aller jusqu'à appréhender le temps présent comme caractérisé par une citoyenneté empêchée ? Les difficultés d'exercice de la citoyenneté ne seraient-elles pas un des enjeux fondamentaux du temps présent ?

  • Un livre pédagogique qui fait le point sur la notion de « racisme d'Etat », qui a récemment fait l'objet de polémiques fortement médiatisées. Il s'appuie sur les apports de la sociologie et de l'histoire du racisme. Sans chercher à trancher la question de la « bonne catégorie » pour parler des choses - plan sur lequel les quatre auteurs ont des positions différentes, dans leurs propres travaux -, l'ouvrage donne aux lecteurs les outils pour construire une culture sur le sujet et une attitude plus constructive quant aux débats passionnés en cours.
    Comment le racisme fonctionne-il aujourd'hui en France ? Que sait-on du racisme dans les champs de l'école, du logement, des pratiques policières mais également dans le domaine des politiques relatives aux migrations ? Ce livre interroge les conditions auxquelles il serait ou non pertinent de parler de « racisme d'Etat » (ou encore de « racisme institutionnel ») pour qualifier les processus et les responsabilités à l'oeuvre.
    Enfin, ce livre propose de mettre en regard les controverses et les usages de la notion de « racisme d'Etat » dans les champs politiques, médiatiques et académiques. Il prend également en considération les réponses judiciaires et institutionnelles aux polémiques successives qui visent la définition officiellement acceptable de ce qu'est le racisme aujourd'hui en France (plaintes contre le syndicat Sud éducation pour usage de l'expression « racisme d'Etat », contre des auteurs pour « racisme anti-blanc », contre des militants pour usage du terme « police raciste », etc.).

  • Crise des gilets jaunes et pandémie du coronavirus, deux raisons pour Christian Pierret et Philippe Latorre de favoriser une révolution de l'entreprise pour transformer la société française.
    Face à l'une des plus graves crises économiques que nous connaissons depuis le début du XXe siècle, l'entreprise est pour eux un des lieux centraux de l'exercice de la démocratie.
    En France, l'histoire a placé l'État au centre. Cette préférence est désormais un obstacle au changement.
    L'entreprise prend une responsabilité nouvelle et se transforme en objet politique : de Google, Amazon ou Facebook à la PME, l'entreprise, hyperpuissante ou simplement locale, conquiert une place nouvelle au coeur des débats de société : les inégalités, le climat, l'innovation, la santé...
    Leur connaissance intime du fonctionnement de l'État et de la gouvernance des entreprises conduit Christian Pierret et Philippe Latorre à proposer un double compromis historique.

  • Jusqu'alors assez discret, le Groupe de Recherche et d'Étude pour la Civilisation Européenne (GRECE) fut placé sous les feux des projecteurs de l'opinion publique en 1979, à la suite d'une campagne médiatique particulièrement violente, donnant naissant à l'expression « Nouvelle Droite ». Elle fut forgée pour qualifier le GRECE et ses positions idéologiques. On fit de la Nouvelle Droite une usine de recyclage d'idées nazies, un club de surhommes, un trotskisme de droite cherchant à infiltrer les médias et les instances politiques ou intellectuelles. Tout ceci est partiellement faux... et donc également en partie réel. Cet ouvrage se propose de montrer les soubassements idéologiques du GRECE, ses filiations intellectuelles et son apport dans l'apparition de l'idéologie identitaire qui dépasse aujourd'hui le cadre restreint de l'extrême droite radicale. Stéphane François y analyse différents points de l'idéologie promue par la Nouvelle Droite et ses principaux théoriciens, notamment Guillaume Faye et Alain de Benoist.
    Il revient également sur ses liens avec le Russe Alexandre Douguine et les théoriciens américains du racisme, dont le courant « altright », connu depuis l'accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis

  • Denis Clerc est économiste par vocation. Et contrairement à la réputation bien établie de cette profession, il est facilement lisible, compréhensible et souvent drôle. On découvrira dans ces entretiens comment il est tombé amoureux de l'économie politique et comment il a acquis, sur les terrains les plus divers, sa compétence pédagogique peu commune. On y verra aussi comment il a créé un journal - pas n'importe lequel : Alternatives Économiques - avec beaucoup de compétence, beaucoup d'énergie et de conviction, quelques copains et aucun capital. Et comment, après avoir transmis la présidence de la SCOP éditrice du magazine, conformément aux règles et surtout à l'esprit coopératif, il continue à se battre pour l'information économique et sociale, pour la démocratie, contre la pauvreté et les inégalités.

  • Cet ouvrage déplace le regard en le focalisant sur la capacité des acteurs civiques organisés (associations, coopératives, collectifs) à lutter contre la mafia, plutôt que sur les « actes sensationnels » des réseaux criminels.

  • Tout le monde entend parler du revenu de base, mais peu savent ce que s'est. Plutôt que d'écrire une énième proposition, partielle et partiale, de revenu de base, le choix d'un angle historique et pluraliste pour ce livre permet de brosser l'ensemble du tableau.
    Destiné au grand public, c'est un outil indispensable qui donne les clés de compréhension de ce débat de société majeur en identifi ant les enjeux, les problématiques et les courants. Loin de n'être qu'une histoire des doctrines, c'est un ouvrage érudit qui détaille les propositions théoriques, les débats et les expérimentations en les resituant toujours dans leurs contextes. Dans un débat très clivé, ce livre apparaît comme un recours pour objectiver, éclairer et mettre en perspective les arguments en présence.
    C'est un livre d'histoire des idées et de philosophie politique pour donner du sens à nos sociétés en crise qui bénéfi cie d'un contexte favorable :
    - la campagne présidentielle de 2017 avec le revenu universel d'existence de Benoit Hamon, - les projets d'expérimentation citoyen (monrevenudebase.
    Fr) ou politique (les 13 départements), - les projets gouvernementaux en cours de réforme des prestations sociales.
    Le revenu de base se situe à la croisée de trois enjeux centraux : le travail, la protection sociale et la citoyenneté.
    Ce livre participe du retour de la question sociale et de l'utopie concrète dans le débat public.

  • La Doctrine de Saint-Simon. Ce texte collectif des disciples du grand penseur de l'industrie du début du XIXe siècle, élaboré et rédigé à plusieurs voix et à plusieurs mains, s'il a été très lu au XIXe siècle, a été largement oublié, comme digéré par les systèmes de pensée ultérieurs : le comtisme, l'anarchisme, le marxisme, le socialisme républicain.
    Cette édition vise à rendre accessible ce texte pour un très large public. C'est un ouvrage sans la connaissance duquel toute une partie des courants théoriques et politiques du XIXe et du XXe siècles sont difficilement compréhensibles.
    Faut-il redire l'influence sur la longue durée des idées saint-simoniennes dans des milieux très différents, des polytechniciens aux militants du monde ouvrier ?
    Il nous paraît donc essentiel de republier ce texte qui a constitué un événement considérable dans l'histoire intellectuelle et sociale. La Doctrine de Saint-Simon peut aujourd'hui rencontrer un nouveau lectorat. Le saint-simonisme suscite un nouvel intérêt. N'a-t-on pas, étrangement d'ailleurs, comparé la pensée de l'actuel Président de la République, à celle de Saint-Simon ? Mais surtout ce texte nous parle mieux que beaucoup d'autres des fondations du monde contemporain. À un moment où le monde industriel tremble sur ses fondations, il est urgent de revenir sur les croyances fondamentales qui l'ont constitué.

  • Cet ouvrage propose une approche ineÌdite et multisitueÌe de l'eÌmergence de ces eÌtablissements scolaires.

  • Le capitalisme ressemble de plus en plus à ces trous noirs qu'ont identifiés les astrophysiciens. Entraîné par une logique d'expansion infinie, il entend absorber toutes les activités humaines, les ressources naturelles, les connaissances et tout le vivant, pour en faire des marchandises.

  • Le discours que prononça Nasser le 26 juillet 1956 est historique à plus d'un titre.
    À nous lecteurs de ce début de XXIe siècle, le chef de l'État égyptien montre que la civilisation arabomusulmane libérée du colonialisme ottoman puis occidental, désormais fi xée vers des perspectives meilleures, ne peut se résumer en une soumission à une pratique religieuse, comme trop souvent l'Occident le ressent.
    L'action de Nasser modernise l'identité arabe et peut se lire comme une tentative de réforme de l'islam.
    À cette époque, Nasser parle, Oum Kalsoum chante, et les grandes puissances s'agitent.

  • Les écosystèmes dont nous dépendons pour notre survie sont en train de disparaître sous l'effet de notre propre action. En réponse, nous éduquons les individus et cherchons à corriger nos modes de production, soit en transformant volontairement les industries existantes, soit en créant des modèles considérés comme alternatifs. Cet essai propose d'expliquer pourquoi, malgré une conscience écologique toujours plus forte, ces initiatives n'infléchissent pas notre trajectoire. À la croisée des sciences sociales et de la biologie évolutive, il montre que nos organisations industrielles forment des systèmes si complexes et envahissants que nos recherches compulsives de solutions risquent au contraire de les renforcer et d'accélérer l'effondrement de la biodiversité.

  • Une étude consacrée aux les langages de la stigmatisation et les réponses que des sujets stigmatisés peuvent produire, individuellement ou collectivement, pour s'en défendre.
    La stigmatisation se manifeste dans les discours d'une société donnée à un moment donné, elle se nourrit d'une culture de la haine et repose sur la construction arbitraire d'une domination. Désigner une différence, attribuer un nom injurieux, assigner un rôle, exclure, légitimer des actes de violence, telles sont les étapes qui scandent le processus de stigmatisation.
    Classes sociales, genres, origines, couleurs de peau, professions, confessions, appartenances politiques, maladies, handicaps apparaissent alors comme la justification de rejets, de violences symboliques et physiques.
    Pour lutter contre la discrimination et la ségrégation, des formes multiples de résistances voient le jour qui peuvent s'inscrire dans le registre du politique et du militantisme. Certains groupes se saisissent des mots et des images qui stigmatisent pour les resignifier, et ainsi proposer des représentations qui combattent les préjugés.

  • Après plus d'un demi-siècle d'absence, la guerre entre grandes puissances pourrait-elle signer son retour ? Alors que la dégradation des relations entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie a désormais été actée, cet ouvrage entend s'interroger sur le risque du déclenchement d'une guerre, globale ou régionale, entre eux d'ici à 2030.

    Certaines évolutions technologiques pourraient-elles venir remettre en cause la stabilité de l'équilibre nucléaire, garant de la paix depuis 1945 ? Les projets américains, notamment dans le domaine des défenses anti-missile balistique, sont-ils sur le point de rendre caduc les dissuasions nucléaires chinoise et russe ? Se dirige-t-on en réaction vers une nouvelle course aux armements nucléaires ?

    Sur le plan conventionnel, comment Pékin et Moscou pourraient-ils chercher à contourner la supériorité militaire américaine ? Dans quelle mesure le développement de leurs capacités dites de « déni d'accès » renforce la probabilité d'un conflit armé au niveau régional ?

  • Comment le numérique facilite ou au contraire entrave un projet sociétal convivialiste ? Le convivialisme est défini par Les Convivialistes dans un Manifeste publié 2013 comme étant « la recherche d'un art de vivre ensemble (con-vivere) qui valorise la relation et la coopération, et permet de s'opposer sans se massacrer, en prenant soin des autres et de la nature »

  • Un ouvrage de plus sur une personnalité politique ? Un nouveau témoignage, écrit souvent par un autre, publié par un élu ? Des « mémoires » édités en pleine activité ? Une biographie autorisée (ou pas) destinée à tout nous dire sur tel ou tel acteur de la chose publique ? Ce livre n'est rien de tout cela. C'est un exercice unique en son genre. Un recueil d'une vingtaine de contributions décryptant, sous de nombreuses facettes, la trajectoire et l'action politique de celui qui préside aux destinées de la plus grande région de France depuis janvier 2016 : la Nouvelle-Aquitaine. Il s'appelle Alain Rousset. « Provincial » mais diplômé de Sciences Po Paris, dix ans parlementaire tout en ayant été successivement maire, président d'une communauté urbaine, premier vice-président d'un département et président de région depuis 1998, Alain Rousset aurait pu être un de ces innombrables grands commis d'un État triomphant, plus jacobin que jamais mais colosse aux pieds d'argile. Les circonstances en ont décidé autrement. Les textes qui composent ce livre et qui donnent à voir une personnalité contrastée, originale et passionnée par le fait régional, ne tiennent pas de l'hagiographie béate d'admiration. Ils sont autant de points de vue différents puisque vus d'une pluralité de points : amicaux ; institutionnels, médiatiques ; universitaires ; sociaux ; économiques ; culturels et, même pour l'un d'eux, situé sur « l'autre rive » (politique). Ils éclairent, chacun à leur manière, le long entretien qui clôt cet ouvrage entre Alain Rousset, véritable décentralisateur de la République, et Jean Petaux. Un échange final en trois temps : celui d'apprendre, celui d'entreprendre et celui de comprendre.

    Avec les contributions de : Alain ANZIANI ; Joël AUBERT ; Naïma CHARAÏ ; Anne-Marie COCULA ; Emilie COUTANCEAU ; François DUBET ; Michel GARICOIX ; Guillaume GONIN ; Laurence HARRIBEY ; Jean-Noël JEANNENEY ; Alain JUPPÉ ; Jean PETAUX ; Marc PRIKAZSKY ; Jacques RIPOCHE ; Pierre SADRAN ; Gilles SAVARY ; Jean VIARD.

  • Jules César, Louis 14, Napoléon III, Ismaïl Pacha, Hitler, Staline ou Mao Zedong ont voulu des places publiques à leur image. Ils ont été les commanditaires d'espaces qu'ils destinaient à incarner leur vision politique et à consolider leur pouvoir. Eux et leurs congénères nous ont légué des places royales, impériales, nationalistes, fascistes qui, aujourd'hui encore, jalonnent nos villes et nos villages. Mais qu'en est-il des démocrates convaincus ? Se sont-ils eux aussi demandés quelles places pourraient convenir à leurs idéaux et à la promotion des modes de vie qui leur tiennent à coeur ? À quelques exceptions près, la réponse est non. Cette question n'a pas été posée, pas même à Athènes. D'où vient cette lacune ? Quelle est la nature de l'inconscient politique qui nous la rend invisible ? Quelles places en démocratie ?

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