Ausonius Éditions

  • L'apparition des moulins dans le paysage s'est faite très tôt avec, sous l'Ancien Régime, une période d'activité dense et riche où le meunier a un rôle social très en vue dans le monde rural. À partir du xviiie siècle, les progrès techniques améliorent la productivité des moulins. Puis sous l'impulsion de la Révolution industrielle, l'introduction de la vapeur et/ou des turbines permet de moins dépendre du régime saisonnier des rivières. Le coeur des moulins : Archives départementales de la Gironde est issu d'une exposition présentée par les Archives départementales de la Gironde de novembre 2015 à mars 2016. Les contributions d'universitaires et d'érudits invitent à pénétrer au coeur d'une économie rurale et de réseaux de sociabilité développés autour de la mouture des céréales, de la vente des farines et des autres productions des moulins.

  • Cet ouvrage consacré aux agglomérations et aux communications sur le territoire de la Serbie contemporaine, entre le ier et vie s. p.C., a été rédigé dans l'intention de rassembler en un texte unique les informations historiques, littéraires, épigraphiques et archéologiques relatives à ce vaste espace stratégiquement important. Il s'adresse aussi bien aux spécialistes, historiens et archéologues, qu'au grand public. Il s'agit, en fait, d'un essai de caractérisation des étapes du développement des agglomérations et des communications dans cette partie de l'Empire, dont l'histoire est marquée par des changements historiques et sociaux majeurs.

  • Les champs disciplinaires de l'histoire grecque étudiés par Claude Mossé sont variés. Cet ouvrage tente d'en rendre compte en rééditant un ensemble d'articles, souvent issus de colloques publiés en dehors de France. Autour de cinq thèmes, « Économies et Sociétés », « Femmes et Famille », « Droit et Politique », « La Guerre », « Lectures de l'Histoire », se dégagent l'éclectisme et l'originalité d'une pensée sans cesse remise en cause. Ces études ici réunies donnent de l'histoire des cités grecques à l'époque archaïque et classique l'image d'une civilisation dans laquelle action et réflexion étaient étroitement liées, mais aussi une image éloignée de toute hagiographie d'une quelconque « Grèce éternelle ».

  • Jean-Pierre Bost a été professeur d'Histoire ancienne et d'Antiquités nationales à l'Université de Bordeaux 3 (Institut Ausonius). Il est l'auteur d'une oeuvre de premier plan dans le domaine de l'histoire romaine et plus spécialement dans celui de l'Aquitaine et de la péninsule Ibérique antiques. Il fait partie de cette génération de chercheurs qui a su manier avec une égale aisance toutes les disciplines de la science historique, l'archéologie, l'épigraphie et la numismatique. Il a contribué au long et patient travail d'élaboration de plusieurs grands corpus de sources ; son érudition et la finesse de ses analyses ont permis de renouveler bien des perspectives de recherche ; enfin, il a su, par la simplicité et la qualité de son écriture, susciter l'intérêt d'un public plus large que celui des seuls spécialistes. C'est à la fois la diversité et la richesse de ce parcours d'historien que ce livre veut illustrer à travers un choix d'articles et de contributions qui en retracent les apports essentiels et en révèlent toute la fécondité.

  • Cet essai de ce que nous appellerions une prosopographie littéraire est consacré à une série limitée d'épigrammes de Martial, dont la sociabilité est bien connue ; il cherche à préciser la place de plusieurs partenaires de l'oeuvre comme Terentius Priscus et Iulius Martialis, comme Faustinus, comme l'ami de trente-quatre années Iulius, et Frontin. Il propose plusieurs identifications nouvelles et insiste sur la fusion du réalisme, évident, et de l'imaginaire symbolique, moins aisément discernable, qui se fixe dans certains lieux comme tel site de la ville aux sept collines ou, plus loin, comme la Vénétie d'Ateste, Patavium et Aquileia, la Narbonnaise de Tolosa, les Espagnes de Corduba et de la celtibère Bilbilis.

  • Antoine devint, dès l'Antiquité, une figure de morale et de rhétorique, considérée indépendamment de son époque et de son entourage. Mais, dans la société aristocratique de Rome, dans la Ville et dans un État devenu la proie des factions, Antoine n'eût pas réussi par ses seuls talents. Suivre, dans la mesure du possible, les destinées individuelles de ceux qui épousèrent, au moins quelques temps, la cause d'Antoine, permet de reconstituer un large pan de cette période décisive. Né au lendemain de la mort de César, ce parti recruta d'abord des Césariens puis, au fil des ans, sa composition se modifia ; le ralliement à Antoine permit à une majorité de Républicains et de Pompéiens d'opérer un retour dans la vie publique. La rupture entre les triumvirs et la déclaration de guerre à l'Égypte mit les partisans d'Antoine dans une situation délicate : fallait-il rester fidèle à Antoine au risque d'être complice de Cléopâtre et traître à Rome ? Une fois la défaite consommée, la plupart des Antoniens disparurent de nos sources, quelques-uns furent châtiés, d'autres devinrent les soutiens du nouveau régime. La construction de l'Empire passait par la désagrégation du parti antonien et par la réutilisation de ses forces encore vives.

  • Cet ouvrage constitue la première étude des édifices d'époque romaine du site de Xanthos anciennement connus ou récemment découverts. Il offre une description des principaux édifices de la cité et prend en compte de nombreux blocs sans attribution, remployés dans les constructions d'époque tardive mais qui permettent l'analyse technique et stylistique. Les chapitres de synthèse décrivent l'évolution des formes architecturales et celle des décors en montrant jusqu'à quel point l'analyse stylistique constitue un outil de datation fiable. L'analyse de l'architecture xanthienne permet de discerner deux phases principales d'aménagement, correspondant globalement à l'époque flavienne et à la fin du iie s. p.C. Le cas de Xanthos est comparé à celui des autres villes de Lycie ainsi qu'aux grandes cités de l'Asie Mineure romaine. La confrontation montre la généralisation des tendances nouvelles de l'époque mais aussi la permanence de traits locaux. L'exemple de Xanthos est donc bien représentatif de l'architecture romaine en Asie Mineure

  • Le présent livre, coédité par Ausonius et la SEMPAM (Société d'étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval), rassemble les communications prononcées lors d'un colloque tenu les 10 et 11 octobre 2003 à Bordeaux dans l'auditorium du Musée d'Aquitaine, en marge de l'exposition présentée dans ce musée par les soins de son conservateur, Madame Hélène Lafont-Couturier, sur le thème : Saint Augustin, une mémoire d'Algérie. Avec l'appui d'Ausonius et de l'Université Michel de Montaigne, la SEMPAM a saisi l'occasion de cette exposition, organisée avec le soutien de « Djazaïr, une année de l'Algérie en France », pour réunir ses adhérents lors de deux journées d'étude consacrées à Saint Augustin : la Numidie et la société de son temps. À la suite d'une conférence introductive de Serge Lancel, président de la SEMPAM, on lira ici les textes présentés lors de ces journées, qui bénéficièrent de la bienveillante attention de M. Alain Juppé, alors député-maire de Bordeaux.

  • La Guerre civile de Lucain, plus souvent appelée la Pharsale, n'a pas cessé de susciter le débat. Écrite par un tout jeune homme, qui est mort dans la tourmente de la terreur néronienne avant d'avoir pu la terminer, cette épopée sans dieux, où s'affrontent des citoyens romains dans un débordement inouï de violence, pose des questions de différents ordres : littéraire, esthétique, philosophique, historique. Après les lectures « déconstructivistes » des années 1970-1980, qui présentaient une vision éclatée de l'oeuvre, où le lecteur était seul responsable du sens, le présent ouvrage se propose d'ancrer l'interprétation dans la réalité historique et littéraire de l'époque néronienne, sans se priver de recourir aux méthodes de la critique contemporaine. Trois grandes parties, « Histoire et création littéraire », « Idéologie, ordre et désordre » et « Aspects historiques et symboliques », permettent d'aborder les questions majeures que sont la transformation du genre épique, la relation entre récit épique et récit historique, le traitement du problème politique, la présence du féminin, l'expression littéraire de la violence et de l'horreur, l'omniprésence de la rhétorique (discours et sentences). Sont aussi envisagées les grandes figures de l'épopée, César, Pompée, Caton, mais aussi Domitius, sans oublier les foules anonymes. Enfin un traitement plus particulier est fait à certains épisodes majeurs, comme le passage du Rubicon, certains espaces comme l'Afrique, certains morceaux canoniques, comme les catalogues ou les descriptions. La volonté des auteurs a été de ne pas séparer le questionnement historique et idéologique des problèmes de l'expression et de la forme, afin de rendre compte au plus près de la puissance de cette poésie fulgurante.

  • Le livre rassemble les actes d'un colloque tenu à Amiens en décembre 2014 sur les Étrusques à l'époque du fascisme et du nazisme. L'étruscologie est alors une toute jeune discipline universitaire et scientifique, qui subit dans toute l'Europe une crise multiforme qui a touché les contenus et les acteurs de la discipline et dont les effets se sont fait sentir très différemment selon les pays européens. Les tensions se cristallisent surtout autour de la question controversée des origines. La thèse de l'autochtonie connaît un renouveau d'intérêt en Italie ; en revanche, en Allemagne, l'aspect oriental des Étrusques est souligné. La crise atteint un sommet au moment de l'axe Rome-Berlin et menace le recrutement de nouveaux étruscologues dans toute l'Europe et se répercute sur l'image des Étrusques dans la culture populaire. "Race orientale", dégénérée et pervertie ou "race incertaine", les Étrusques sont souvent traités sous un angle plus politique que scientifique.

  • Rien ne prédestinait Jean Hiernard à publier un jour le Journal de voyage d'un Silésien du xvie siècle. Spécialiste d'histoire romaine, il fit un jour par hasard connaissance, par le truchement de l'austère Corpus Inscriptionum Latinarum, de Seyfried Rybisch, un étudiant en droit passé par Poitiers en 1552 au cours de sa peregrinatio academica où il avait relevé quelques épitaphes antiques. Il lui est apparu comme une sorte d'alter ego dont il découvrit les manuscrits, aujourd'hui conservés à Wroclaw, l'ancienne Breslau. L'Itinéraire de Rybisch, comme ses nombreux semblables à cette époque, nous fait parcourir en compagnie de ce studiosus et de ses camarades les chemins de la Renaissance. Son édition, accompagnée d'un commentaire exhaustif, a nécessité de longues années parsemées de doutes, de déceptions, mais aussi de découvertes. L'étude des récits de ce genre permet de renouveler notre connaissance de l'univers mental et intellectuel d'un moment de l'histoire où l'Europe moderne était en train de naître.

  • Ce volume cherche à montrer comment les questions historiques, idéologiques, sociales ou religieuses trouvent une expression privilégiée dans l'épopée latine et comment cette expression évolue avec les bouleversements politiques, philosophiques, religieux ou esthétiques. Plusieurs articles se concentrent tout naturellement sur l'épopée classique, fondement de la tradition latine, mais plusieurs autres se penchent sur les inflexions du genre dans les épopées post-classique, tardive et médiévale. La thématique générale est donc celle de l'expression épique dans ses rapports avec l'époque des auteurs et les problèmes politiques et éthiques liés à celle-ci. Les articles réunis ici éclairent ainsi tout un pan de l'histoire de l'épopée et, en embrassant dans une large variété la tradition de l'épopée latine, fournissent un précieux ouvrage de référence.

  • Cet ouvrage constitue la publication des Actes du Symposium Invitation au voyage, qui s'est tenu en juin 2013, au très prestigieux Lycée Henri IV de Paris. Le thème universel du voyage est ici abordé sous un angle tout à fait nouveau. L'étude conjointe ou contrastive de textes de différentes aires linguistiques, mais aussi de différents media et types d'art (peinture, cinéma), permet de revisiter le thème en dépassant les frontières du temps et de l'espace et de voir ce qui se passe également "ailleurs", dans d'autres langues, d'autres mondes. Les principales langues étudiées sont : le français, l'ancien-français, le latin, le grec ancien, le grec moderne, le sanskrit, l'avestique, le hittite, le vieil-irlandais, le vieil-islandais, l'anglais, l'espagnol, l'italien, le portugais.

  • Le livre retrace le début de la construction de la discipline scientifique et universitaire qui traite de l'histoire et de la civilisation des Étrusques comme un domaine particulier : l'étruscologie. En effet, bien que les Étrusques passent pour le plus ancien peuple d'Italie et pour l'une des civilisations les plus anciennes d'Europe, leur histoire jusqu'au début du xxe siècle n'avait pas fait l'objet d'études scientifiques spécifiques : les Étrusques étaient jugés inférieurs aux Grecs ou aux Romains et ils leur étaient sans cesse comparés. Dans les actes de ce premier colloque consacré à l'histoire de l'étruscologie au xxe siècle, on découvre comment les études sur les Étrusques acquièrent autonomie, reconnaissance et rayonnement grâce à une revue de prestige, des colloques internationaux et des chaires universitaires. Ainsi, l'histoire des Étrusques devient non seulement la composante d'une histoire nationale, mais aussi une science internationale.

  • À partir de plusieurs angles d'analyses, cet ouvrage aborde l'étude des crises brutales de mortalité du passé liées à des épidémies. Le premier concerne la démonstration archéologique d'une crise de mortalité (simultanéité des dépôts). Un autre axe de recherche est l'analyse des ossements en laboratoire qui peut nous éclairer sur la nature des décès : caractéristiques démographiques de l'échantillon exhumé (population sélectionnée) et analyses en biologie moléculaire (détermination de certains pathogènes à l'origine de crises épidémiques). Pour les temps historiques et surtout les plus récents, la compréhension de ces crises va imposer un recours systématique aux données d'archives (travaux en démographies historique, recherche du statut des lieux, investigations de terrain en amont de la fouille). Ce recueil de volets méthodologiques, d'analyses de sites et de synthèses montre la dépendance étroite des recherches historiques et archéologiques, compléments essentiels des études paléobiologiques ; enrichi par une ouverture vers la sociologie de la mort il prouve la nécessité de développer une stratégie de recherche interdisciplinaire dont l'objectif est d'accéder à une meilleure compréhension des crises de mortalité ancienne.

  • Les dix études rassemblées dans ce volume sont le fruit d'une table ronde organisée en 2002 à l'Institut Ausonius (CNRS - université Michel de Montaigne Bordeaux 3). Des spécialistes de l'Antiquité issus d'horizons divers ont été invités à étudier les pratiques de diffusion et de circulation des informations dans différentes structures étatiques qui toutes avaient à assurer l'expression et l'efficacité de leur pouvoir auprès de leurs administrations locales. L'optique choisie permet de jeter un regard croisé sur le développement de ces réseaux de communication dans des époques, des régions et des conditions très différentes (empire néo-assyrien, royaumes hellénistiques, cités grecques, empire romain et monde chrétien). Les différentes enquêtes abordent des thèmes majeurs et récurrents tels que les codes de communication, la production et les vecteurs de l'information, sa conservation et son archivage. Cette contribution à l'étude des rapports entre information et pouvoir s'inscrit dans la continuité du livre édité par A. Bresson, A.-M. Cocula, Chr. Pébarthe, L'écriture publique du pouvoir, Ausonius, « Études » 10, Bordeaux, 2005.

  • Tout rapprochement entre l'Antiquité et le monde contemporain peut paraître saugrenu si l'on veut comparer les moyens de diffusion de l'information. Pourtant, l'histoire de la communication dans le monde romain a suscité de nombreuses recherches avec, comme principaux centres d'intérêt, les rapports entre le centre et la périphérie, entre gouvernants et gouvernés. On ne saurait, cependant, la réduire à cela. Le monde moderne n'a rien inventé en matière de diffusion d'une idéologie ou d'utilisation de la propagande ; le pouvoir impérial romain s'est même révélé à partir d'Auguste un maître en la matière. La transmission des messages du pouvoir, les vecteurs de l'idéologie et de la propagande dynastique constituent un vaste champ de recherche qui n'a pas été complètement exploré même si l'attention s'est beaucoup focalisée sur les capitales provinciales et les fondations coloniales romaines. Précisément, l'espace urbain a été conçu dans l'Antiquité comme un lieu de représentation du pouvoir et les transformations urbanistiques sous l'Empire ont souvent été dictées par la volonté de mettre en scène celui qui le détenait. L'omniprésence de la figure impériale ou des images de la dynastie est au coeur des questions que ce colloque a tenté de résoudre.

  • Les structures de parenté sont dans l'histoire et, comme telles, elles ne cessent de se transformer, mais elles le font à un rythme et selon des modalités qui diffèrent de ce que l'on observe pour la vie politique, économique ou religieuse. Avec une histoire que, depuis Homère, on peut suivre sur près de trois millénaires, la Grèce offre à cet égard un champ d'observation d'une profondeur exceptionnelle. Le but de cette recherche est de cerner à la fois la continuité et les modifications d'un système de parenté. Cette « étude de terrain » est aussi l'occasion d'approfondir la réflexion sur la notion de parenté. Anthropologues et historiens des diverses périodes de l'histoire de la Grèce, depuis l'archaïsme jusqu'à l'époque contemporaine, se sont retrouvés autour de ce thème lors d'un colloque réuni à Volos du 18 au 21 Juin 2003. Ce volume en constitue les actes.

  • Migrare

    Caballos/Demoug

    La cohésion du monde méditerranéen, oeuvre majeure de Rome, qui conditionne encore aujourd'hui nos destins, s'est exprimée à travers un double principe : l'universalisation de l'Empire et l'extension presque mimétique du régime de l'Urbs aux communautés des provinces. Pour en apprécier les caractéristiques, la péninsule ibérique constitue un laboratoire exceptionnel, où les expériences se sont multipliées. Le recueil présenté ici se donne pour but de contribuer à une meilleure connaissance des migrations entre l'Italie, la Narbonnaise, l'Afrique et l'Hispania, en considérant l'émigration individuelle dans les provinces hispaniques et la dynamique du processus. L'étude des conditions de l'arrivée, l'implantation et la mobilité dans le territoire, ainsi que le succès ou l'échec de cette immigration, permettent d'estimer les résultats de la mobilité sociale dans les trois provinces de la péninsule ibérique en mettant aussi l'accent sur les trajectoires familiales. La conjonction spatiale (les trois régions hispaniques) et temporelle (République et Haut-Empire) doit permettre de mettre en valeur les phases et les modalités de la constitution des élites. Le phénomène de la migration a été ainsi exploré sous trois angles : l'émigration, l'immigration et aussi finalement le possible retour, dans son double aspect, le succès, mis en exergue, ou l'échec, souvent difficile à cerner, car dissimulé.

  • Les travaux sur la circulation des personnes ont souvent privilégié l'immigration ; les études réunies dans ce volume concernent son avers, l'émigration, ainsi que l'itinérance qui constitue le mode de vie de populations entières. Il s'agit plus précisément, en suivant le mouvement des hommes, d'examiner les procédures mises en place pour l'encadrer et les logiques qui les sous-tendent, et d'en explorer les représentations dans les sociétés du passé. L'émigration et l'itinérance sont des laboratoires exceptionnels pour analyser les modes de gestion des flux migratoires, parce qu'elles semblent mettre en question les structures sociales et les institutions, construites du point de vue des populations stables. Cet ouvrage montre les complémentarités bien réelles de la sédentarité et du mouvement et invite à réfléchir sur les conditions de possibilité de la liberté de circuler.

  • Cette recherche voudrait répondre à une question simple, mais à laquelle il n'a toujours pas été possible d'apporter une réponse précise et définitive : comment le village en Afrique romaine ("pagus", "castellum", voire "vicus"), est-il devenu une ville, un chef-lieu de "ciuitas" ? L'histoire du village est presque identique à celle de l'esclave, sans cesse à la recherche de la "libertas" pour lui-même ou de l'"ingenuitas" pour sa descendance immédiate. En face, on assiste à une opposition constante de la part de la cité mère qui ne veut aucunement que ses dépendances deviennent autonomes, que leurs membres les plus riches quittent définitivement sa curie avec, de plus, les avantages financiers qui en découlent. Cette promotion relève des compétences de l'Empereur qui peut aussi réduire une ancienne cité au statut de commune attribuée. En général, c'est à la suite d'une requête, une véritable lettre de motivation, qui contient les arguments justifiant la promotion que l'Empereur concède le bienfait. Les inscriptions latines de Dougga fournissent un bel exemple de cette démarche diplomatique dont le but était d'obtenir la liberté ou de la défendre par la suite. Dans ce cas précis, la liberté semble n'avoir aucun lien avec une hypothétique immunité et doit avoir le sens plus "concret" de dignité : "Libertas id est dignitas".

  • En se fondant sur un corpus varié de plus de quatre-vingts inscriptions (dédicaces aux, dieux, évergétisme, épitaphes...) découvertes dans les provinces occidentales de l'empire romain (péninsule Ibérique, Bretagne, Gaules, Germanies), l'auteur, avec la collaboration de Patrice Faure pour les médecins de statut militaire, a réalisé une étude fouillée des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, infirmiers et « pharmaciens ») de l'Occident romain. La première partie est consacrée à l'analyse du statut juridique, de l'origine géographique et sociale, de la dénomination, des croyances, de la participation à la vie publique et de la vie privée de ces six femmes et de ces soixante-neuf hommes, dont la profession était manifestement rentable. Toutefois, en dépit de leur apparente aisance financière, ces hommes et ces femmes n'ont guère joué de rôle dans la vie publique de leur cité. La seconde partie présente la documentation utilisée. C'est un véritable corpus épigraphique : description du support, texte en capitales et en minuscules, apparat critique, traduction, photographie ou dessin, commentaire aussi complet que possible. Une grande place a été accordée à l'étude de la dénomination pour tenter d'apprécier le degré de latinisation des médecins d'Occident.

  • Dans la province romaine d'Asie, que sa vitalité culturelle définit alors comme un phare de l'hellénisme, un discours public cohérent fut construit sur l'« ornement de la cité », en particulier à partir de la fin du ier siècle. Il se déploya tant dans les discours d'apparat et l'éloquence politique que dans les documents officiels émis par la cité ; sa forme se renouvela jusqu'à la fin du ive siècle, grâce aux épigrammes. Il est ainsi possible de sonder les aspirations locales et de recenser les entreprises réalisées ainsi que leur source de financement : on peut alors interroger l'analyse traditionnelle voyant dans ce phénomène historique le succès d'un modèle central, proposé et même mis en oeuvre, en partie, par le pouvoir romain. Aux yeux des habitants des cités grecques d'Asie, le paysage urbain se révèle donc le lieu d'investissement de valeurs communes, où Rome a peu de part. Apporter son concours à l'« ornement de la cité » fut longtemps un mode prisé de participation à l'idéal civique. L'analyse des processus institutionnels à l'oeuvre dans la construction des monuments publics confirme cette appréciation : face aux grands pouvoirs dont dispose l'administration romaine, la cité et ses élites ne paraissent pas désemparées. Cette enquête tente également de définir la politique suivie par les empereurs dans ce domaine. L'étude de ce matériau historique conduit ainsi, après d'autres, à mettre en lumière la richesse de la vie culturelle et politique dans les cités de l'Orient gréco-romain. Ce livre est issu d'une thèse récompensée par le prix Marie-Louise Arconati-Visconti en 2006 et par le prix pour l'épigraphie grecque de l'AIEGL en 2007.

  • Cette recherche se donne pour objet d'étudier comment la mentalité athénienne du Ve siècle percevait le phénomène de la trahison, comportement d'hostilité d'un proche envers sa communauté au bénéfice de l'ennemi extérieur. Même s'il n'existe pas pour les Athéniens de mot ou d'expression qui regroupe toutes les manifestations de ce comportement, le mot prodosia, par lequel ils désignaient l'action de livrer un proche à l'ennemi, avec une extension de sens qui implique l'idée d'un abandon dans le danger, est le plus proche de notre mot « trahison ». Les Athéniens ont défini précisément les actes commis contre la cité dans ses rapports avec l'étranger en les soumettant à la procédure spéciale de l'eisangélie : les caractéristiques de l'entente avec l'ennemi au détriment de la cité permettent d'étendre à plusieurs d'entre eux la qualification de prodosia, bien que la violence ouverte contre la patrie, acte d'adikia envers la communauté, considérée comme sacrilège dans la mentalité commune, ne puisse être désignée par ce terme. Il apparaît que la conception morale de la prodosia peut déborder sur la définition juridique étroite du terme, d'ordre militaire et diplomatique, qui désigne principalement la remise à l'ennemi d'un élément de la puissance de la cité. L'étude de cette période, qui va de 500 environ jusqu'aux premières années qui suivent la restauration démocratique de 403, montre que les crises et temps forts vécus par Athènes ont encouragé, en relation avec l'histoire d'autres États, le grand empire perse, mais aussi des communautés comparables, comme Sparte, Thèbes, ou les cités insulaires alliées, et malgré les luttes civiles, la formation d'un sentiment d'appartenance à une même communauté. Il apparaît qu'à la fin du siècle les Athéniens se trouvent dans la situation non plus de se construire une identité commune, mais bien d'avoir à gérer l'identité qu'ils ont forgée, avec les divergences qu'entraîne dès lors l'appréciation du passé quand de celui-ci on veut tirer des enseignements pour un environnement nouveau.

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