Ninon Grangé

  • Ninon Grangé aborde l'état d'exception sous l'angle philosophique. L'ouvrage se consacre à une analyse diachronique en se référant à des textes d'histoire du droit et aux généalogies qui ont pu être proposées, et à une analyse synchronique qui s'appuie sur des sources philosophiques, sociologiques et politistes. La réduction et la suppression des libertés ne sont que la partie émergée de l'état d'exception tel qu'il a été récemment mis en place dans différents pays. Dans son appréhension philosophique, il révèle des aspects du politique qui, dans le temps ordinaire que l'on croit linéaire, sont invisibles. L'ouvrage dessine une trame historique qui ramène l'état d'exception à son origine, l'état de siège qui, étonnamment, ne distingue plus guerre civile et guerre extérieure. Grâce à cet indice d'une ambivalence imprégnant d'emblée l'état d'exception, sont analysées différentes instrumentalisations : l'amalgame avec la guerre civile, l'idée de dictature, le non-droit. Ce livre se propose de montrer que le politique est toujours une manière d'imposer une temporalité contre d'autres temporalités, à la fois dévoilées et recouvertes par l'état d'exception.

  • Entre horreur et activité normale de l´État, la guerre civile, opposée à la guerre classique, est une absence remarquable de la philosophie politique. Or les convergences entre ces deux catégories hâtivement séparées apparaissent en creux chez des auteurs éloignés comme Machiavel ou Carl Schmitt, ou encore dans les problèmes posés par la recherche des limites, notamment chez les penseurs de la guerre juste, souvent contraints d´amender leur théorie.  Guerre civile et guerre extérieure ont pourtant en commun la transgression et la désignation de l´ennemi. La démarche non historique, qui compare la guerre de Trente Ans, la Commune et la guerre d´Espagne, révèle la dialectique entre guerre tolérable et guerre intolérable. Les enjeux se font sociaux et surtout politiques. La guerre civile, interne, partisane, rejoint la guérilla, tandis que les guerres étrangères ne sont pas exemptes de risques internes. Comment déterminer si la guerre du Péloponnèse, la guerre de Sécession ou la guerre d´Algérie sont des guerres internes ou externes ?
      La guerre civile, mal politique absolu, oblige la philosophie à revenir sur l´irrégularité totale ou partielle, et à considérer les intermittences d´un droit de la guerre parfois évanescent. L´articulation entre l´essence transgressive de la guerre et la loi que l´on se donne permet de comprendre le politique comme une conjuration répétée de la guerre intérieure. 

  • Carl Schmitt, théoricien sous la république de Weimar de la « dictature souveraine », se voulut le juriste du IIIe Reich. Connu pour ses travaux de constitutionnaliste, il fut aussi un penseur du politique capable d'appréhender et de critiquer le droit international en mobilisant des connaissances, et parfois des partis pris, à la fois historiques et philosophiques. Ce volume relit Schmitt sous l'angle précis de sa réflexion sur les relations internationales.

    Suivi de deux inédits de Carl Schmitt, « Le concept de piraterie », « Sur les deux grands "dualismes" du système juridique contemporain » (traduction d'Emmanuel Pasquier.

    Avec le soutien de l'IRSEM, du CERPHI et du LLCP.

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