Jean-Noël Jeanneney

  • "La guerre", nous dit-on. Et d'autres : "Rien à voir...".
    L'historien qui songe aux deux conflits mondiaux du XXe siècle débusque, dans la crise sanitaire que nous affrontons, bien des concordances qui stimulent la réflexion, dans l'immédiat des angoisses. Sur l'irruption de l'imprévu bousculant les tranquillités paresseuses. Sur les désarrois et les courages. Sur les égoïsmes et les générosités. Sur les solidarités spontanées et les inégalités ravageuses. Sur la concurrence, sans relâche, des rumeurs et de la vérité. Sur les dévergondages du toutau-marché et le surplomb salvateur de l'État. Sur les libertés menacées et le provisoire des exceptions à consentir. Sur l'efficacité, en définitive, de la démocratie contre les assauts que lui livrent sans relâche, au centre du maelström, les passions totalitaires. Le message peut être civique, en somme.

  • Au passage du col de Süsten, un soir d'août 1960, Jean-Noël Jeanneney, alors jeune étudiant, a échappé de très peu à la mort : la voiture qui les précédait, lui et ses camarades de voyage, a été écrasée par un rocher détaché de la paroi. C'est la scène inaugurale de ces Mémoires, celle qui sans doute fit que l'auteur s'interrogea longtemps sur la part du hasard dans la vie des sociétés et dans celle des hommes.
    Né dans une famille de grands serviteurs de l'État - son grand-père Jules Jeanneney fut le dernier président du Sénat de la IIIe République et son père Jean-Marcel Jeanneney ministre de De Gaulle et premier ambassadeur de France en Algérie -, Jean-Noël Jeanneney a eu précocement le goût de l'histoire et la passion de la politique - « la politique comme curiosité, comme atout, comme séduction, comme leçon ». Avec vivacité et humour, ces Mémoires nourris de notes prises au quotidien retracent une existence au plus près de l'histoire contemporaine et dessinent quarante ans de vie politique et intellectuelle de la France.
    Depuis le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958, jusqu'à la victoire de la gauche en 1981 avec l'accession de François Mitterrand à la présidence, en passant par l'indépendance de l'Algérie en 1962, le concile de Vatican II et les années Giscard, le livre mêle avec une élégance singulière histoire publique et histoire privée, croquant de savoureux portraits sur le vif, rapportant des rencontres - avec de Gaulle bien sûr (merveilleux récit d'un déjeuner à Colombey en décembre 1969) et toute une partie de la classe politique française, mais aussi avec le vieux Kerenski réfugié aux États-Unis, Paul Morand, Saint-John Perse, ou encore Ben Gourion.

  • L'histoire de la presse est d'une richesse quasiment sans limite. Les personnalités hautes en couleur y abondent, depuis Théophraste Renaudot, le fondateur mythique, jusqu'aux plus brillants des entrepreneurs contemporains. Les reporters les plus audacieux, les éditorialistes les plus déterminés, les chroniqueurs les plus inventifs se retrouvent, d'âge en âge, pour animer ce monde-là, chacun à sa manière, de leur plume, de leur voix et souvent de leur courage.
    Comme un puzzle peu à peu reconstitué révèle, de pièce en pièce, l'entièreté d'un dessin, ce livre s'attache à faire resurgir, au long de près de quatre siècles, épisode par épisode, l'évolution de la presse française : passionnée, tourmentée, brillante.

  • Jean-Noël Jeanneney livre un récit captivant de l'attentat qui faillit coûter la vie à de Gaulle quelques semaines après la fin de la guerre d'Algérie. Le 22 août 1962, emmené par le lieutenant-colonel Bastien-Thiry, un commando de fanatiques opposés à l'indépendance de l'Algérie tenta d'assassiner le chef de l'État, en ouvrant le feu sur la DS présidentielle, au Petit-Clamart, à proximité de l'aéroport de Villacoublay. Quelques mois plus tard, au terme d'un procès au cours duquel il put exposer à loisir ses raisons et sa haine du « tyran », Bastien-Thiry fut fusillé. Jean-Noël Jeanneney a plongé dans les archives de la police, de la justice et de la présidence de la République, et dans les mémoires des principaux acteurs, pour reconstituer avec une netteté passionnante l'attentat, le complot qui le précède et ses suites. Il dévoile un paysage haut en couleurs, où se croisent les activistes de l'OAS, des catholiques traditionalistes lecteurs de Thomas d'Aquin et des réfugiés hongrois à la frontière du banditisme qui se considèrent comme les pieds-noirs de l'Europe. Chemin faisant, il jette une lumière neuve sur la personnalité de Charles de Gaulle, il éclaire les relations entre la puissance du hasard et les forces profondes qui sont au travail, et il fait entendre des échos inattendus entre cette époque et la nôtre : devant les fanatismes meurtriers, jusqu'où une démocratie menacée peut-elle accepter des atteintes aux libertés publiques fondamentales, au risque d'y perdre son âme ? Auteur de nombreux ouvrages et documentaires, Jean-Noël Jeanneney a été président de Radio France, de RFI, de la Mission du Bicentenaire de la Révolution et de la Bibliothèque nationale de France, et secrétaire d'État à la Communication. Il est producteur de l'émission « Concordance des temps », sur France Culture, et professeur émérite des universités à Sciences Po.

  • Libre parcours, vif et allègre, ce livre se nourrit de la double expérience de l'auteur comme historien de la vie politique et culturelle, et comme praticien des médias dans plusieurs responsabilités importantes. Il raconte comment les sociétés occidentales ont organisé, au cours des âges, leur connaissance d'elles-mêmes et des autres. Il retrace l'essor de la liberté de la presse si difficilement conquise. Il décrit la diversité des efforts déployés de tout temps par les acteurs, publics ou privés, pour influencer les journaux d'abord, puis la radio et la télévision - jusqu'à Internet. Il offre enfin, à partir du passé proche ou lointain, une riche matière à la réflexion des citoyens soucieux d'affronter les évolutions formidables qui s'annoncent dans la communication planétaire.

  • Revendiqué désormais par nombre de nos dirigeants politiques, sujet de films et d'expositions à succès, le souvenir de Clemenceau n'a jamais semblé aussi vivant, aussi stimulant. Mais cette large adhésion à sa mémoire ne saurait faire oublier qu'il n'a jamais manqué, en son temps, de susciter, à droite et ailleurs, les critiques les plus vives, les controverses les plus ardentes. C'est l'effet d'un tempérament hors de pair : tout au long de son chemin, le Tigre ne cessa pas de rompre fougueusement avec tous les conformismes et, sans relâche,

  • 2010-2019 : interventions, engagements, analyses. Au fil des textes qui composent ce recueil, la voix libre de Jean-Noël Jeanneney confirme de quel prix peut être la complicité de Clio et de Marianne.

    2010-2019 : interventions, engagements, analyses. Au fil des textes qui composent ce recueil, la voix libre de Jean-Noël Jeanneney confirme de quel prix peut être la complicité de Clio et de Marianne. Parmi le tohu-bohu d'un monde et d'une nation désorientés par tout ce qui, de jour en jour, surgit pour les bousculer, les défier, les angoisser, l'Histoire s'impose comme un fanal.

    Plaidoyer pour une Europe de la culture ; évocation des pouvoirs de la radio, de la télévision et d'Internet ; célébration de la photographie ; débats sur la commémoration de la Grande Guerre, le " fascisme français " ou l'" affaire Maurras ", réflexions sur le hasard en Histoire et salut aux prestiges de l'uchronie ; mise en perspective de la question du blasphème et des crimes djihadistes ; évaluation de l'émergence d'Emmanuel Macron ; hommage à quelques hautes figures...

    En multipliant les éclairages et en jouant de la concordance des temps, Jean-Noël Jeanneney s'interroge à nouveaux frais sur l'inscription du passé dans notre présent, au profit de la liberté et de l'action des citoyens, pour demain.

  • Le moment Macron

    Jean-Noël Jeanneney

    • Seuil
    • 19 Octobre 2017

    Il nous a fait part de sa certitude, dès le 8 mai 2016, à Orléans : " Le passé, toujours, brûle notre époque et le présent est gros de ce qui a été. " Prenons-le au mot. Considérons les relations que ce destin à peine éclos entretient avec l'Histoire. Tempérament et attitudes du nouveau chef de l'État, doctrines de gouvernement, tactiques et stratégies dans la conduite de la nation, plasticité des institutions, jeu des forces politiques, pédagogie démocratique : des précédents éclairent la configuration imprévue, le "moment Macron", dans laquelle le nouveau président a saisi sa chance. En attendant de savoir ce qu'il en fera.
    Auteur de nombreux ouvrages et documentaires, Jean-Noël Jeanneney a été président de Radio France, de RFI, de la Mission du bicentenaire de la Révolution et de la Bibliothèque nationale de France et membre de deux gouvernements de François Mitterrand (1991-1993). Il est producteur de l'émission Concordance des temps, sur France-Culture, et professeur émérite des universités à Sciences-Po.

  • Le duel, rajeunissant un rituel de l'Ancien Régime, s'est perpétué en France, sans fléchir, de la Révolution française jusqu'à la guerre de 1914. À l'épée ou au pistolet, tout au long du XIXe siècle, parlementaires, journalistes, écrivains et artistes n'ont cessé de s'affronter passionnément sur le terrain, selon des règles codifiées et en courant de grands risques. Ni le bon sens ni la dérision ne parvinrent à y mettre un terme ; les pouvoirs publics demeurèrent impuissants ; la Justice détourna les yeux. Prenant appui sur une multitude d'épisodes parfois grotesques, souvent dramatiques, toujours pittoresques, Jean-Noël Jeanneney s'interroge sur les motifs d'une pareille pérennité.
    Et c'est toute une société en quête d'équilibres nouveaux qui s'en trouve, chemin faisant, éclairée.

  • Jean-Noël Jeanneney, accompagné ici de quinze historiens, s'empare de la querelle qui entoure le « récit national » et l'« identité » de notre pays. Entre la morosité des nostalgiques d'un passé fantasmé et les tenants d'un chagrin rétrospectif, il y a place, à l'école et dans le forum, pour une histoire critique, donc civique. Pour une vision équilibrée qui favorise de nouveaux élans et de nouvelles générosités. A condition de refuser l'idée d'une France figée, d'en rappeler la féconde diversité, d'en dire la grandeur comme les défaillances, et de la replacer dans un monde extérieur auquel elle a beaucoup donné et dont elle a tant reçu.  Jean-Noël Jeanneney, professeur émérite des universités à l'Institut d'études politiques de Paris, a présidé Radio France, la Mission du Bicentenaire de la Révolution et la Bibliothèque nationale de France. Il a appartenu à deux gouvernements de François Mitterrand (1991-1993). Animant chaque samedi matin, sur France Culture, depuis 1999, l'émission « Concordance des temps », il rassemble ici quinze dialogues consacrés à l'histoire de France. Avec Christian Amalvi, Anne-Claude Ambroise-Rendu, Claire Andrieu, Guy Carcassonne, Jean-Claude Caron, Delphine Diaz, Patrick Eveno, Sudhir Hazareesingh, Hervé Le Bras, Mona Ozouf, Michel Pastoureau, Michelle Perrot, René Rémond, Patrick Weil.

  • Malheur provisoire ou mutation durable ? La dégradation de l'État à laquelle nous assistons est-elle définitive ou réversible ? Les confidences de hauts fonctionnaires ont nourri ce livre à la fois angoissé et combatif.

    Jean-Noël Jeanneney par Carole Bellaïche © Flammarion

  • Le destin tragique de celui que Churchill appelait « Mandel le grand » et qui fut assassiné par la Milice en juillet 1944 sort du commun. Il est d'abord le collaborateur intime de Clemenceau, avec qui il forme un attelage orageux et qui le marque pour toujours. Plus tard, dans les années 1930, son intelligence, sa mémoire et son autorité l'imposent comme un ministre hors de pair. Aux yeux de beaucoup, il est l'homme du recours en cas de drame national. Et pourtant, en 1940, il manque le rendez-vous de l'Histoire.Pourquoi ?Enquête à conduire, mystère à élucider, en prenant en compte, dans la vie de Georges Mandel, l'héritage ambigu du Tigre, la solitude du sans-parti, les limites de son pragmatisme. Et surtout le doute secret que font naître en lui, dissimulées derrière son courage et le masque de son mépris, les haines suscitées par sa différence.Auteur de nombreux ouvrages, Jean-Noël Jeanneney a été président de Radio France, de RFI et de la Bibliothèque nationale de France, et secrétaire d'État à la communication. Il est producteur de l'émission « Concordance des temps », sur France Culture, et professeur émérite des universités à Sciences Po.

  • L'Histoire est-elle indispensable aux sociétés contemporaines gagnées par le culte de l'urgence ? Oui, répond Jean-Noël Jeanneney dans son émission Concordance des temps. Chaque samedi sur France Culture, depuis 1999, il porte, avec ses invités, un regard distancié sur les thèmes les plus brûlants de l'actualité, relativise leur nouveauté et trouve dans la comparaison entre le passé et le présent l'occasion de réflexions stimulantes pour le citoyen. Violences et répressions, saveurs perdues et risques alimentaires, religions et fanatismes, transgressions et tabous sexuels, péripéties et avatars des démocraties française et américaine, heurs et malheurs de la construction européenne... Une quarantaine de dialogues sont ici rassemblés, nourris d'une érudition joyeuse et pédagogique. Ils seront précieux pour tous ceux qui, amoureux de l'Histoire, aiment à y chercher des clés d'interprétation afin de mieux comprendre notre temps.

  • Google a inauguré sa bibliothèque numérique le 1er juin 2005, six mois après l´annonce de sa vaste entreprise de mise en ligne de 15 millions de livres, soit plus de 4,5 milliards de pages en moins de six ans. En 2009, Google affirmait en avoir déjà numérisé 10 millions. Entre-temps, Google n´a cessé de renforcer sa position dominante et de chercher à aspirer tous les « contenus », souvent au mépris du droit d´auteur. Entre-temps, la « googlisation » du patrimoine, si ce n´est du monde, inspire partout de plus en plus de méfiance et de crainte sur les véritables intentions de l´entreprise : hégémonie sur l´indexation, hégémonie sur l´accès... En France, rien n´est tranché : en juin 2009, le groupe La Martinière a déposé une plainte à New York. Les éditeurs se mobilisent. En août, Bruno Racine, actuel président de la BNF, annonce vouloir confier à Google la numérisation d´une partie des collections de la BNF, rompant avec la stratégie frontale de son prédécesseur, Jean-Noël Jeanneney, qui avait appelé à une vaste numérisation concurrente dans le cadre du projet qu´il avait baptisé Europeana. Le grand emprunt laisse cependant espérer que soient dégagées les sommes nécessaires à l´ambition d´indépendance dont ce livre, traduit en quatorze langues, ici enrichi et mis à jour, est le manifeste.
    3e édition revue et augmentée

  • 2010-2019 : interventions, engagements, analyses. Au fil des textes qui composent ce recueil, la voix libre de Jean-Noël Jeanneney confirme de quel prix peut être la complicité de Clio et de Marianne.

    2010-2019 : interventions, engagements, analyses. Au fil des textes qui composent ce recueil, la voix libre de Jean-Noël Jeanneney confirme de quel prix peut être la complicité de Clio et de Marianne. Parmi le tohu-bohu d'un monde et d'une nation désorientés par tout ce qui, de jour en jour, surgit pour les bousculer, les défier, les angoisser, l'Histoire s'impose comme un fanal.

    Plaidoyer pour une Europe de la culture ; évocation des pouvoirs de la radio, de la télévision et d'Internet ; célébration de la photographie ; débats sur la commémoration de la Grande Guerre, le " fascisme français " ou l'" affaire Maurras ", réflexions sur le hasard en Histoire et salut aux prestiges de l'uchronie ; mise en perspective de la question du blasphème et des crimes djihadistes ; évaluation de l'émergence d'Emmanuel Macron ; hommage à quelques hautes figures...

    En multipliant les éclairages et en jouant de la concordance des temps, Jean-Noël Jeanneney s'interroge à nouveaux frais sur l'inscription du passé dans notre présent, au profit de la liberté et de l'action des citoyens, pour demain.

  • Cet ouvrage est proposé par les Rendez-vous de l'Histoire de Blois, le grand festival annuel des amoureux de l'Histoire.
    Il offre un éclairage inédit sur l'actualité grâce au regard d'historiens de premier plan réunis par Jean-Noël Jeanneney, président du Conseil scientifique des RVH.
    Serge et Gisèle Berstein, Jean-Luc Domenach, Olivier Feiertag, Henry Laurens, Gabriel Martinez-Gros, Robert Muchembled, Maurice Sartre, Pierre-François Souyri, Maurice Vaïsse et Michel Winock ont répondu à l'appel de Jean-Noël Jeanneney pour donner à réfléchir sur dix grands moments de l'année écoulée.
    En 2011 et 2012, des événements marquants, dramatiques ou scandaleux, se sont succédé à un rythme soutenu : le printemps arabe, Fukushima au Japon, la mort de Ben Laden, l'affaire DSK, jusqu'à la présidentielle française de mai 2012 qui a vu l'élection de François Hollande.
    Les journaux s'en sont fait l'écho à chaud. Mais seule l'Histoire peut leur donner leur pleine portée, en les resituant ? rupture ou continuité ? ? dans la profondeur du temps.

  • Le procès de Maurice Papon s'est tenu plus d'un demi-siècle après les actes en cause ; il pose la question des relations entre la Justice et l'Histoire - sous le regard de la presse, troisième partenaire.Dans un jeu compliqué, souvent subtil, parfois violent, chacun a sa mission, son rythme, ses exigences. Les logiques se heurtent ou s'allient selon les conjonctures. Celle de l'Etat, entre la purge et l'oubli programmé, celle de la science, distanciée et toujours en marche, celle des tribunaux fixant l'absolution ou le châtiment définitifs, celle enfin des médias, libres et pourtant dépendant du mouvement des émotions collectives.A partir d'exemples multiples, récents ou anciens, étranges ou familiers, Jean-Noël Jeanneney jette une lumière neuve sur le dialogue d'une nation et de son passé.

  • Jean-Noël Jeanneney a publié dans le Monde, en juillet et août 1987, les chroniques qui forment la matière première de ce livre. L'idée de départ en est simple. Il s'agit de débusquer dans l'histoire des deux derniers siècles des similitudes méconnues avec nos conjonctures contemporaines, de faire surgir du passé des références inédites pour l'actualité française de nos années 1980, d'évoquer des événements et des querelles qui trouvent, par les temps qui courent, des résonances inattendues. Car les défaillances de la mémoire collective conduisent à exagérer d'ordinaire l'originalité de notre présent - qui est souvent moins neuf que ne le croient les commentateurs attentifs aux mouvements clinquants de l'instantané.

  • La première édition de ce livre remonte à 1977. A cette époque chacun prévoyait, à juste titre, un prochain retour de la gauche au pouvoir, après vingt ans d'absence. Jean-Noël Jeanneney mit alors en lumière l'actualité étonnante d'une expérience ancienne: celle du Cartel des gauches, en 1924-1926. Il s' agissait, en réfléchissant sur une impuissance et des désillusions passées, d'aider le « parti du mouvement » à se prémunir contre une répétition de l'échec. Après la victoire de François Mitterrand en 1981, surgirent en effet de nombreux défis similaires : nécessité d'une promptitude dans l'action, dépendance de la politique étrangère envers la finance internationale, risque d'une revanche économique de la droite après sa défaite dans les urnes (le « mur de l'argent »), fuite des capitaux, perspective d'un impôt sur le capital, destin de l'école libre et défense de la laïcité... Un quart de siècle plus tard, la gauche ayant été longuement aux affaires, il est temps de reprendre le dossier à neuf. La leçon a-t-elle été utile ? Peut-elle encore servir ? L'auteur propose sa réponse dans une postface inédite.

  • A en croire divers augures, l'opposition droite-gauche serait vouée à disparaître bientôt, emportée par les grands vents de la modernité.Le clivage qui, depuis deux siècles, sépare la gauche et la droite ne peut-il donc plus être invoqué que par des calculateurs cyniques ou des passéistes desséchés ? Je voudrai démontrer au contraire sa vitalité. Et développer la conviction que, dans les périodes de doute ou d'incertitude, quand les imaginations paraissent se lasser, rien n'est plus tonique et salubre que de fréquenter les grands auteurs et les grands acteurs du passé. Bref, que s'impose un retour aux sources, pour servir de nouvelles ardeurs.J.-N. J.

  • Gérant de la puissante entreprise sidérurgique lorraine fondée par ses ancêtres, président du Comité des forges, régent de la Banque de France, maître du Journal des débats, député puis sénateur de Meurthe-et-Moselle, François de Wendel (1874-1949) s'est trouvé pendant trente ans au carrefour des milieux d'affaires et des cercles gouvernementaux. Il a été aussi , dans les grandes polémiques de l'entre-deux-guerres, le symbole vivant et mythique des "deux cents familles". A partir de la masse de ses papiers, en particulier des 10 000 pages de ses carnets inédits, confrontés à l'ensemble des autres sources accessibles, publiques et privées, Jean-Noël Jeanneney dissipe bien des légendes et rétablit la vérité d'une influence politique. Affrontements et compromis franco-allemands, finances électorales, "mur d'argent" funeste au Cartel des gauches, querelles autour du "franc Poincaré", rachat du Temps par le monde patronal, montée des ligues, réaction des industriels au Front populaire et au régime de Vichy... A la rencontre de l'histoire et de la science politique, ce livre apporte une contribution essentielle à la connaissance des rapports compliqués de l'argent et du pouvoir dans la France contemporaine. Jean-Noël Jeanneney Professeur émérite à l'Institut d'études politiques de Paris, historien du politique et des médias, Jean-Noël Jeanneney a exercé de nombreuses responsabilités dans le domaine de la culture et de la communication : président de Radio France (1982-1986), responsable de la Mission du Bicentenaire de la Révolution (1988-1989), secrétaire d'État à la communication (1992-1993), président de la BnF (2002-2007). Son dernier livre : L'État blessé (Flammarion, 2012).

  • L'actualité annonce comme probables pour bientôt des choix politiques qui vont peser sur tout le système de l'audiovisuel français des prochaines décennies. Dans le concert bruyant des doctrines opposées, Jean-Noël Jeanneney intervient. Sa thèse se fonde sur l'expérience qu'il a vécue durant près de quatre ans à la tête de la radio nationale : il est d'intérêt public et du privé. Il faut qu'en face de la radio et de la télévision privées mues surtout par la recherche du profit, un service public animé par d'autres logiques prospère tant à Paris, avec ses grandes chaînes nationales, qu'en régions, avec ses stations locales. Développant un esprit d'entreprise aiguillonné par la concurrence, le secteur public peut seul offrir aux citoyens une information abondante et libre, protégée par la Haute Autorité contre les pressions de l'argent et des divers pouvoirs politiques, et une profusion de richesses culturelles affranchies des tyrannies de la mode, enracinées dans le patrimoine et préparant les créations de l'avenir. Le rayonnement et l'image de la France au-dehors y trouveront de surcroît un puissant renfort.

  • Ses études à peine achevées, l'auteur de ce récit de voyage a connu ce privilège d'un autre temps : pouvoir parcourir l'Extrême-Orient durant plusieurs mois sans autres mesures que celles de sa fantaisie et de sa curiosité, sans autre espoir que de s'y passionner, et se donnant pour seule règle d'échapper aux conventions du tourisme stéréotypé. Ainsi le voit-on en compagnie d'un futur député faisant campagne dans l'île de Kyushu, au sud du Japon, très loin de Tokyo ; à Java et à Sumatra, tout au long des chemins d'un paradis gaspillé ; en plein drame vietnamien, de Saïgon à Vientiane ; de Bangkok à Pnom-Penh, là où la tragédie laisse parfois substituer d'étranges et si fragiles îlots de sérénité ; du nord au sud de la Chine, enfin, au centre même de la Révolution culturelle, à la rencontre de ces gardes rouges omniprésents qu'il a pu voir et interroger longuement, attentif à scruter et à comprendre leur foi, leur orgueil et leurs frénésies. Japon, Chine, Indonésie, Vietnam, Laos, Thaïlande, Cambodge : c'est ici la chronique d'un voyage en liberté à travers l'Asie indécise, au coeur et aux frontières de ces pays au destin suspendu.

  • « Les interventions que je rassemble ici, réparties sur plus de deux décennies, se fondent sur une conviction : certains, en République, doivent se situer à la frontière de deux mondes et nourrir le dialogue entre Marianne et Clio. La connivence de l´Histoire et de la politique est de salubrité civique. A l´opposé des thuriféraires du " tout beau tout neuf ", des apôtres de l´accélération de l´Histoire, des dénonciateurs de la conduite " les yeux dans le rétroviseur ", on doit rappeler que nul acteur ne peut jamais se couper d´un patrimoine de réflexes enracinés dans la longue durée. L´Histoire, bien entendu, ne saurait offrir quelque caution que ce soit à la prise de décision, mais elle fait don de quelque chose de plus précieux encore : sa capacité à définir le décor et les contraintes où s´inscrit la possibilité » des réformes, à discriminer l´accessoire et l´essentiel, à dessiner la ligne du durable, à distinguer, dans le corps social et les attitudes collectives, le solide et le friable. » J.-N.J.

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