Jean-Claude Barbier

  • L'Europe sociale reste un thème mobilisateur, malgré la modestie des réalisations de solidarité à l'échelle européenne depuis le traité de Rome de 1957. Cela ne dépend pas d'une présence de la gauche ou de la droite au pouvoir, mais d'une question de rivalité entre des "modèles nationaux" construits depuis la fin du XIXe siècle sur une base nationale. Cette diversité est malheureusement minorée, autant par les politiques que par les économistes, et l'Europe sociale ne pourra s'approfondir qu'au prix de la création d'une véritable politique culturelle communautaire appuyée sur un réel échange culturel entre citoyens européens.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce pays somnole et dodeline. Les campagnes se sont vidées plus qu'ailleurs. Plus qu'ailleurs les villages en ruine marquent le pas des randonneurs. Mais la plus grave menace est le désert du dedans. La Provence alpine végète par manque de désir. Si elle perdait de sa réalité, où trouver ce qu'elle est seule à donner, ses heures violettes, ses pierres à mémoire, ses échanges de lumière et de nuit, ses hommes de nature, ses plateaux bleu mistral, ses collines de rouille, le mouvement de ses montagnes dans le réseau de leurs sentiers, le rythme des villages, tous ces grands riens faits par l'histoire, si peu spectaculaires et si loin de Venise ? Il faut réveiller cette Provence comme une belle au bois dormant.

  • L'année 2017 et ce début 2018 ont été marqués en Europe par un certain nombre d'événements, tant institutionnels qu'électoraux avec notamment des scrutins en France, en Italie, en Allemagne et en Autriche et leurs répercussions, le cas échéant, sur la politique de l'Union. Parmi ceux qui y ont entraîné des mouvements de fond, nous pouvons noter, en particulier, les deux référendums organisés l'un au Royaume-Uni et l'autre en Catalogne. Ces scrutins témoignent d'une évolution dans le rapport des citoyens à l'Union européenne. L'existence de celle-ci semble de plus en plus remise en cause par un mouvement de repli sur le national. C'est ce « retour » des nations que se propose d'analyser cet ouvrage.
    Les auteurs étudient successivement la question de l'intégration politique puis celle du droit, de la solidarité et d'une future coordination économique de l'Union.

  • Notre système de protection sociale n'a pas échappé aux réformes engagées en Europe dans le contexte de crise. Il est perçu à la fois comme un rempart à la crise et comme un obstacle à une reprise économique. Les auteurs tentent donc de comprendre comment ces différentes idées pénètrent les réalités des solidarités publiques et privées.

  • L'économie sociale et solidaire (ESS) possède sa dynamique propre. En tant que forme d'économie, elle contrebalance les échecs du marché et les limites de l'Etat et c'est à ce double titre qu'elle prend une place grandissante dans la réflexion des universitaires et des décideurs publics. Elle s'appuie néanmoins sur la longue histoire de l'associationnisme qui passe par l'invention d'institutions de protection sociale (mutuelles, associations caritatives,..) et la définition de politiques sociales (aide à domicile, handicap, insertion, ...) pour aboutir au système français actuel.
    A ce titre, l'ESS est un instrument disponible pour renouveler les modes d'élaboration des politiques publiques et de délivrance des services publics introduisant du partenariat entre l'Etat et l'ESS afin de dynamiser et de réorienter l'action publique. Différents scénarios ont déjà été éprouvés : entre complémentarité et substitution, entre partenariat et affrontement dans le domaine de la protection sociale en France.
    Les enjeux sont de taille, et la question de l'évaluation de l'ESS présente le risque d'être standardisée. La coopération entre ESS et biens communs, ces derniers véhiculent des valeurs communes d'universalité et de partage, offre également des potentialités non négligeables. Plusieurs études de cas sont présentées dans l'ouvrage. En Russie, au Danemark, au Québec, et en France, la diversité des rapports entre Etat et ESS est abordée : concurrence, volontariat, co-production et biens communs.
    D'autres exemples (Suède, Espagne, Grande-Bretagne et Pays-Bas) démontrent le potentiel d'innovation que représentent les relations Etat, secteur privé et l'économie sociale et solidaire.

  • Des réponse claires et argumentées à tous ceux que préoccupe la survivance de l'apartheid. Ce livre est également un instrument d'information, concis mais complet, sur la réalité économique, politique et sociale de l'Afrique du Sud contemporaine.

  • En France, le sociologue est volontiers considéré comme un expert des problèmes sociaux, mais un regard critique porté sur les actions concrètes de protection sociale le qualifie aussitôt de " sociologue d'État ". Signe parmi d'autres de l'ambiguïté qui s'est installée dans le rapport entre expertise scientifique et décision politique, entre État social en action et science en devenir, et dont cet ouvrage collectif entend explorer la grande variété de manifestations.
    Les sociologues sont souvent vus comme des spécialistes des " problèmes sociaux " et les critiques qu'ils portent sur les institutions qui mettent en oeuvre la protection sociale les exposent à être considérés comme des " sociologues d'État ". L'expression est significative d'une manière française de poser la question de l'utilité des sciences sociales - contester ou servir - et porte l'empreinte de la double entreprise durkheimienne de fondation de la sociologie et de promotion d'une certaine conception de l'État social. Mais cette tradition et cette vision hexagonales sont loin d'être les seules qui colorent les relations ambivalentes entre chercheurs et décideurs politiques. Les débats autour de la neutralité axiologique, toujours renaissants, en témoignent.
    Quelles intelligences - effets de connaissance, d'intelligibilité ou de vérité - attendre de la confrontation de la science, définie par la cohérence, et de la politique, vouée au flou ? Cet ouvrage se veut une contribution à l'instruction de cette question. Après une introduction aux grands thèmes des rapports entre la recherche en sciences sociales et la politique dans leurs dynamiques contemporaines, onze études de cas offrent trois registres de réflexivité sur les configurations d'expertise.
    Comment les envisager, avec le recul temporel, comme des succès ponctuels pour les sciences sociales ? Quel recul critique appellent-elles quand elles s'adossent à un référentiel du savoir efficient ? Comment, dans le cours même de son enquête, le chercheur doit-il faire avec des attentes de visions expertes ? Autant d'angles pour saisir, dans le croisement de leurs ancrages, les incertitudes d'un État social en action et celles d'une science se faisant.

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