Dominique Bourg

  • Nous avons longtemps considéré l'État et le marché comme deux réalités hétérogènes, l'une relevant de la sphère politique, souveraine, l'autre de la sphère économique, indépendante. Le néolibéralisme nous oblige pourtant à reconnaître l'apparition d'une souveraineté inédite puisque le marché globalisé a permis l'émergence de décideurs surpuissants, qui façonnent nos existences. Ce pouvoir nouveau échappe à tout contrôle démocratique et s'affirme au moment où nous devons affronter des menaces majeures : celles du réchauffement climatique, du déclin du vivant et de l'épuisement des ressources terrestres ; et celle du tout numérique, qui pourrait ruiner cette autre souveraineté proprement humaine que nous exerçons sur nous-mêmes en détruisant nos capabilités.

    Ce livre montre que nous ne parviendrons à sauver nos libertés politiques, et en particulier la première de toutes, qui est de continuer à vivre sur une planète habitable, qu'en adoptant une conception renouvelée de la souveraineté et en rabattant drastiquement nos prétentions économiques.

  • Une autre relation au monde est possible : une autre modernité ayant renoncé au mythe d'une croissance infinie.

    - Un constat de première main sur l'état de délabrement de la planète :
    Réchauffement climatique, océan de déchets, épuisement des ressources naturelles...
    - Un plaidoyer pour une nouvelle forme de spiritualité, entendue comme la relation que les sociétés entretiennent avec ce qui leur est extérieur (elle conduit donc au respect de la nature), et comme un modèle de réalisation de soi (elle conduit donc au respect de l'autre).
    - Grande notoriété du philosophe, très médiatisé, ancien vice-président de la Fondation Nicolas Hulot. (voir clip de l'auteur - 5 millions de visites sur Facebook, consultable sur Youtube :
    Https://www.youtube.com/watch?v=v4Z9sjVmj7c).

    Notre civilisation est si matérialiste qu'elle détruit paradoxalement les bases matérielles de notre vie commune, à commencer par les équilibres du climat et de la vie sur Terre, ceci dans une indifférence quasi générale. Comment rendre compte de notre capacité de destruction sans égale ?
    On tente de répondre à partir de l'époque qui nous échoit : celle de l'Anthropocène (qui marque les dommages introduits par l'homme dans l'environnement), celle aussi de l'envolée du numérique et d'un délitement de nos démocraties. Ce parcours permet de dégager les racines spirituelles de la violence que nous faisons subir à notre environnement.
    Or la spiritualité est une donnée fondamentale à toute société, où se rejoignent un dépassement de soi et un certain rapport à la nature. Affirmer ceci, c'est libérer l'esprit de sa fonction purement transformatrice, et l'ouvrir à une forme de contemplation. Le salut du monde est à ce prix.

  • Tout le monde parle du développement durable, à tout propos : politiques et ONG, industriels, urbanistes, agriculteurs... mais savons-nous bien ce que cette notion recouvre ? Et avons-nous les moyens de nos intentions ? S'il paraît en effet difficile d'admettre que le mode de développement actuel, en passe de s'étendre à la planète, puisse durer indéfiniment, existe-t-il des pistes pour sortir de cette impasse ? Avons-nous les moyens - et la volonté - d'éviter un devenir catastrophique ? Car le développement durable n'est pas une notion nouvelle : on en débattait déjà à la fin du XIXe siècle !

  • Alors que l'ampleur de la crise écologique impose une nouvelle ambition pour l'humanité, nos démocraties n'avancent qu'à petits pas. Or les dégradations en cours de la biosphère menacent nos conditions de vie et exigent un changement de cap rapide. Face à la nécessité d'anticiper et de réagir vigoureusement, certains s'interrogent sur l'efficacité de la démocratie, suggérant qu'un gouvernement autoritaire permettrait de relever plus aisément le défi. Notre ambition est au contraire de parier sur la démocratie, de l'approfondir et de la renouveler. Pour ce faire, il s'agit d'avancer des propositions concrètes permettant d'engager tous ensemble l'indispensable transition écologique. Ce livre refuse, ainsi, de choisir entre démocratie et environnement et ne propose rien de moins qu'une architecture institutionnelle nouvelle : une république écologique. Cet ouvrage est le fruit d'une réflexion collective et transdisciplinaire conduite au sein de la Fondation pour la nature et l'homme. Sous la direction de Dominique BourgAvec : J. Bétaille, L. Blondiaux, M.-A. Cohendet, J.-M. Fourniau, B. François, P. Marzolf, Y. Sintomer.  

  • Publié en allemand en 1986, l'essai d'Ulrich Beck sur La Société du risque semblait signer la prise de conscience collective de la vulnérabilité des sociétés contemporaines et d'un passage d'une société du progrès à une société du risque. Mais si les années 1970-1980 sont celles d'une prise de conscience des dégâts du « progrès », comment oublier que ce sont aussi celles du tournant néo-libéral dont les effets dévastateurs se déroulent sous nos yeux ? Par ailleurs, les « nouveaux risques » ne masquent-ils pas des risques plus anciens, comme les risques sociaux ? Quelle politique de la connaissance a inauguré le concept de « société du risque » ? Quels nouveaux horizons a ouvert cette notion ?
    Cet ouvrage, issu d'un colloque de Cerisy, qui rassemble des contributions des meilleurs spécialistes de la question des risques dans les domaines de l'histoire, de l'économie, de la sociologie, du droit, de l'environnement et de la médecine, montre comment les sociétés technologiquement avancées pro-gressent, inexorablement semble-t-il, vers un horizon obscurci par la menace.

  • Primauté du vivant Nouv.

    La modernité est née de l'affirmation que la nature se réduisait à un agrégat de particules mécaniques auquel les êtres humains étaient par nature et par destinée étrangers. Quelques siècles plus tard, nous sommes sous la menace de chocs et d'effondrements successifs : que l'essor impulsé par le mécanisme moderne a fini par susciter les conditions de son propre dépassement, par rendre insoutenable les dualismes qu'il avait produits. Alors que l'on a cherché à réduire la pensée et le pensable aux seules représentations subjectives humaines, ils ne cessent d'affleurer de toutes parts... avec l'intelligence animale, avec les plantes, la sylvothérapie. C'est cette réaffirmation de la pensée, indissociable du vivant et de la matière, qu'on cherche ici à comprendre, dans le cadre d'une construction métaphysique connue sous le nom de « monisme réflexif ». Ce livre est une contribution philosophique à un réenchantement du monde.

  • Le livre fait le point sur la désobéissance civile et l'état de nécessité, juridiquement, historiquement et philosophiquement. Il rassemble des témoignages, des plaidoiries exemplaires et des jugements, des argumentaires et analyses en faveur de la désobéissance civile et des éclaircissements en matière de doctrine, tant en ce qui concerne l'engagement juridique de l'état de nécessité que le rôle du juge. Il permet de comprendre les limites, les raisons et la fonction des actions de désobéissance civile. Il met en lumière la pertinence de l'argument de l'état de nécessité dans le contexte qui nous échoit désormais. Dans un style précis mais accessible, il est utile à toute personne, qu'elle soit juriste, politiste, militante, journaliste, et à toute citoyenne ou citoyen qui veut réfléchir sur ces sujets

  • Dérèglement climatique, disparition de la biodiversité, changement de la composition chimique de l'atmosphère, déforestation, acidification des océans,... En quelques dizaines d'années, l'humanité est devenue une véritable force géologique, qui menace désormais les conditions physiques de sa propre existence sur Terre en faisant basculer la planète vers un nouvel état environnemental.
    Au-delà d'un état des lieux détaillé, Alain Papaux et Dominique Bourg proposent une méditation croisée d'une rare profondeur sur ce monde en gestation. Ainsi interrogent-ils les facteurs, notamment politiques, qui nous ont conduits à devenir « modernes » - pointant par là même ce qu'il y a lieu d'abandonner, mais révélant aussi certaines lignes de force que l'humanité pourrait déployer pour entrer dans ce nouveau monde sans perdre les conditions d'une vie décente. Alors s'engage une vaste réflexion sur l'avènement des biens communs, les quotas de ressources, le droit nouveau, la liberté positive, un rééquilibrage de faber par sapiens. Par là, les auteurs nous invitent à une prise de conscience lucide des difficultés, nombreuses et dramatiques, qui nous attendent, mais également des opportunités que présente cette situation inédite.

  • Ce dictionnaire ne se limite ni à l'écologie politique, ni à l'écologie scientifique, ni à l'écologisme, mais rassemble au contraire toutes les réflexions, les constructions conceptuelles et les pistes d'action que peuvent inspirer l'état de la planète et le fonctionnement de la Biosphère.

  • Il faut bien le constater, la transition numérique mondiale s'accélère tandis que la transition écologique, au mieux, marque le pas. Cette situation ne sera pas longtemps soutenable. Il importe de se donner le plus rapidement possible un objectif collectif qui corresponde enfin à ce qu'exige l'état de dégradation du système-Terre. Comment concilier une empreinte écologique radicalement réduite avec la pluralité actuelle de nos sociétés et de leur tissu économique ?
    Chercher une voie de sortie, c'est changer de regard : en partant d'où nous sommes, sans nier nos désaccords sur les solutions à apporter, envisageons une pluralité de voies d'expérimentation - des micro-expériences citoyennes de permaculture jusqu'à la production industrielle la plus high tech en passant par les chemins de l'économie sociale et solidaire. À chacune de démontrer que ses solutions permettront d'atteindre l'objectif ultime : une empreinte écologique décroissante pour nous permettre de retourner puis de rester à l'intérieur des limites de la biosphère, sans renoncer à notre modernité, en oeuvrant en faveur d'une priorité environnementale enfin claire et, à terme, libératrice.

  • Nous parlons depuis trente ans d'environnement et de dveloppement durable, et depuis trente ans les difficults ne cessent de s'aggraver. Jusqu' quand ? Contrairement ce qu'on pourrait croire, cette impasse s'explique d'abord par une inaptitude politique et institutionnelle : le gouvernement reprsentatif moderne, hrit du XVIIIe sicle, n'est pas capable de rpondre aux problmes d'environnement contemporains. Ce livre propose des innovations institutionnelles, notamment dlibratives, pour refonder notre sens du bien commun et mieux prendre en compte les enjeux environnementaux, tant au niveau des citoyens que des politiques publiques. Le dfi cologique est avant tout un dfi dmocratique.

    Dominique Bourg est professeur l'universit de Lausanne (Facult des gosciences et de l'environnement). Il a publi rcemment Le Nouvel ge de l'cologie (Descartes et Cie, 2003), Confrences de citoyens mode d'emploi (ECLM, 2005) et Risques technologiques et dbat dmocratique (La Documentation franaise, 2007).Kerry Whiteside est professeur de sciences politiques au Franklin and Marshall College, en Pennsylvanie. Il a publi rcemment Divided Natures: French Contributions to Political Ecology (MIT Press, 2002) et Precautionary Politics: Principle and Practice in Confronting Environmental Risk (MIT Press, 2006).


  • Avec une population de 9 milliards à l´horizon 2050 et un environnement planétaire dégradé, nous n´échapperons pas à des sociétés plus sobres. Qui croira en effet qu´on peut découpler la création infinie de richesses matérielles, mesurée par le PIB, d´une consommation elle-même croissante de ressources énergétiques, minérales et biotiques ? Comment dès lors basculer sans violence vers des modèles plus sobres du vivre-ensemble ? Sur quels leviers nous appuyer ? À quoi pourrait ressembler le nouveau paysage social et institutionnel, économique et techno-scientifique ?
    Cet ouvrage traite de l´avenir de notre vivre-ensemble dans un horizon de limitation des ressources naturelles et énergétiques. Un tel ensemble de réflexions fait suite au « Pacte écologique » et aux prises de position de la Fondation Nicolas Hulot présentées ici, donnant lieu à une série de contributions aux signatures prestigieuses sur ce que pourrait être une société sobre et désirable.

  • Un essai sur les trois principaux courants de la pensée écologique (écologies « profonde », « autoritaire » et « démocratique ») et sur l'idéologie économique qu'ils viennent contredire à des degrés divers. Le point sur cette idéologie (qui prend sa source chez Adam Smith et vise à faire de l'économie un ordre propre et autonome), sa prégnance dans le monde, ses dangers et les signes de son essoufflement. Une critique des thèmes et des présupposés de l'écologie « profonde » ainsi que du scénario fondamentaliste auquel elle conduit : à quelles contradictions peut mener ce rejet global de l'humanisme. Une généalogie de l'écologie « autoritaire » : comment les grands axes de la pensée de Hans Jonas, qui détermine en partie ce courant et confère aux experts un rôle décisif, conduisent à un scénario politique difficile à mettre en place. Une analyse des grands enjeux de l'écologie « démocratique » qui vise, elle, à freiner « de l'intérieur » les excès de la société industrielle, sans toutefois remettre en cause la totalité de ses principes.

  • Avec les informations inquiétantes qui, hélas, se succèdent sur l'état de la planète et la qualité de notre vie quotidienne - réchauffement climatique, farines animales et maladie de la vache folle, pollution atmosphérique, organismes génétiquement modifiés, et la liste n'est pas close -, le principe de précaution est que jamais à l'ordre du jour.
    Mais sait-on de quoi il s'agit ? Souvent on le limite à des mesures de prudence, d'abstention, d'évitement de tout risque. Ce livre, qui présente les multiples facettes d'un principe (mal nommé) - son histoire récente, ses raisons actuelles, son extension, les conditions scientifiques, juridiques, politiques de son usage -, défend l'inverse selon le principe de précaution, dans l'incertitude des risques du lendemain pour l'environnement et la santé, il est urgent d'agir !.

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