Presses universitaires de Provence

  • Cet ouvrage offre une perspective nouvelle aux études sur la littérature des voyages dont la vaste matière iconographique reste à ce jour relativement peu exploitée. Il propose une réflexion théorique et analytique inédite sur la place et le rôle de l'image dans le vaste ensemble de la littérature des voyages, en regroupant les contributions de littéraires, de géographes, d'historiens de l'art, d'historiens du livre et en travaillant la notion d'imaginaire, via l'étude d'images concrètes, de supports iconographiques divers, tous liés à l'écriture du voyage. Il couvre la période de la fin du Moyen Âge au XIXe siècle, c'est-à-dire des origines iconographiques arabes à la naissance de la photographie, ainsi qu'une aire géographique maritime vaste, de la Méditerranée aux Océans oriental et occidental.

  • La notion de didascalies est au coeur même de l'esthétique théâtrale. Elle pose la question qui touche à l'essence du théâtre, celle du rapport auteur/metteur en scène, acteur/spectateurs, lecteurs. Qui parle dans les didascalies et à qui ? Quasi inexistantes dans le théâtre renaissant et dans le théâtre classique, elles abondent dans le théâtre aujourd'hui au point de constituer aux côtés du dialogue un texte à part entière comme le montre l'ensemble des articles rassemblés dans ce recueil. C'est là une des grandes caractéristiques du théâtre depuis le début du XXe siècle. Est-ce que l'hypertrophie de ce discours didascalique est venue transformer la nature même du texte de théâtre ? Telle est la question à laquelle ce volume collectif tente de répondre afin de cerner la spécificité de l'écriture dramatique aux XXe et XXIe siècles.

  • Ce volume est le quatrième recueil, édité aux PUP, des actes du séminaire de l'EA SIGMA Sociétés, Idéologies et Croyances au Moyen Âge, centre de recherches de l'Université de Provence, faisant suite à « Peuples du Moyen Âge », « Faire mémoire. Souvenir et commémoration au Moyen Âge » et « Hiérarchies et Services au Moyen Âge ». Il réunit neuf études, préparées au cours de l'année universitaire 1999-2000, dont la thématique prend son origine dans les oeuvres de Raoul Giaber et de Georges Duby. Il envisage donc, au-delà de l'année mille, la période de l'An Mil, hors de toute polémique, dans quelques-uns de ses aspects socio-politiques (le mariage, la royauté, les conciles de paix), littéraires (les origines de l'épopée, l'écriture hagiographique), artistiques (l'architecture religieuse) ou géopolitique (les Turcs au Moyen Orient). Sans être exhaustif, ce panorama contribue à montrer comment l'individualisation par Georges Duby de la période qui s'étend environ de 970 à 1040 a pu fournir aux médiévistes un remarquable observatoire historique.

  • Les chansons de geste nous présentent la chrétienté en état de tension. Le héros doit lutter contre les Sarrasins, soit pour repousser leurs invasions, soit pour conquérir de nouveaux territoires. Les deux camps s´opposent et semblent souvent inconciliables. Pourtant, si l´on se réfère à la réalité historique, Orient et Occident ne représentent pas, au Moyen Âge, deux univers séparés, étanches ou sans communication. On constate au contraire des jeux d´influences et des transferts réciproques entre deux mondes enchevêtrés. Pourquoi les oeuvres littéraires choisissent-elles une vision manichéenne ? Est-ce uniquement pour mettre en évidence des traits spécifiques de chaque parti ? N´est-il pas possible d´apercevoir, à travers les Sarrasins épiques, une sorte de miroir des chrétiens ?

  • Si la présence de l'eau est vérifiable dans d'innombrables épisodes de récits arthuriens, elle se fait plus rare dans les gestes épiques ou dans les intrigues romanesques qui échappent au cycle d'Arthur. Surtout, elle n'y possède que rarement la signification secrète qui constitue pour les mers, fleuves, rivières et sources celtiques l'essence de leur mystère. L'eau épique ou romanesque est généralement plus "naturelle", si l'on peut dire, elle est moins perfide, moins équivoque que l'eau celtique. Elle recèle pourtant des périls qui peuvent être mortels pour le héros. L'eau dangereuse coule alors dans le paysage épique : elle apparaît fréquemment comme la composante d'une situation dramatique, ou sa cause. Elle sert de décor à des scènes violemment pathétiques, dont nous fournirons un certain nombre d'exemples ; elle peut prendre dans l'épopée et surtout le roman un sens symbolique, adopter une personnalité morale, être un piège pour l'homme.

  • De nombreux ouvrages ont traité de la société ou des sociétés du Moyen Âge, mais ce sont le plus souvent les structures sociales, ou encore les institutions dans leurs rapports avec la société, qui ont retenu l'attention. Choisir pour thème de réflexion « vivre en société » nécessite d'abord de s'interroger sur cette expression pour en examiner toutes les implications et pour envisager la façon de les rapporter à l'ensemble de la période médiévale : d'où la nécessité de revenir sur le sens des mots et d'abord sur celui de « société », dans le cadre de l'occident chrétien. Parallèlement, dire que l'on vit en société implique que l'on puisse vivre en dehors, par volonté ou par contrainte : la dialectique de l'inclusion et de l'exclusion est donc au centre de la réflexion sur toute forme de société. Les quinze études présentées ici sont le reflet d'un travail collectif d'une année qui a rassemblé des historiens médiévistes connus et un certain nombre de leurs élèves, nouveaux médiévistes dont beaucoup n'en sont pas à leur première publication.

  • À l'image de la mosaïque qui lui donne son titre, cet ouvrage assemble les éléments d'un motif laissant à l'espace méditerranéen une place centrale. Combinant les approches, entrecroisant trajectoires individuelles et destins collectifs, il donne à voir le rôle structurant des villes dans la façon de concevoir et représenter l'espace, témoigne des réussites et des échecs du vivre ensemble. Dans une perspective d'anthropologie historique, il interroge la question de la souffrance des corps au travail et des corps asociaux. Il joue enfin sur les échelles de la mémoire, questionnant l'action des institutions et des hommes comme passeurs de culture, mettant en évidence l'importance du phénomène de la circulation au sein d'un espace marqué par un incessant va-et-vient de civilisations dont l'extrême enchevêtrement a fini par donner naissance à une certaine forme d'homogénéité.

  • Qui est le notaire ? Quelle est sa formation, sa pratique quotidienne du métier ? Quels sont les liens que cet acteur de la justice civile a su tisser avec la société, le milieu de la judicature, les institutions, les pouvoirs, l'État du haut Moyen Âge à la fin de l'époque moderne ? Telles sont les questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage qui prête une attention particulière à l'Europe occidentale (France, Italie, Portugal, Espagne et les « Indes », Suisse et Catalogne). Privilégiant une lecture plurielle, renouvelée et différenciée, selon les temps et les espaces, du notaire, de l'activité notariale et des actes, les études réunies ici permettent de saisir à la fois les techniques et le savoir-faire mis en oeuvre par ce professionnel du droit, dont le rôle de médiateur assumé au sein de la Cité et des sociétés rurales anciennes est fondamental. Les analyses ainsi conduites mettent en lumière aussi bien l'existence de conflits politiques, sociaux et institutionnels dont le notaire est le centre, qu'elles révèlent les contours de l'identité professionnelle conférée par cette activité essentielle dans les sociétés d'Ancien Régime. Praticien du droit, au service des pouvoirs citadins et des familles, du VIIIe au XVIIIe siècle, le notaire figure au coeur des mécanismes de régulation liés à l'infrajudiciaire tout comme à la pacification des dissensions, en favorisant le recours à la justice institutionnelle et le maintien de l'ordre.

  • Ce colloque nous engage sur un terrain difficile ; comment les autorités sociales d'autrefois se sont-elles trouvées prises entre un devoir de punir, résultant de la mission qui les définissait, et un "devoir" de ne pas punir, où le plus haut souci religieux pouvait se mêler confusément aux nécessités pratiques ? et comment se sont-elles défini un éventail de solutions applicables aux différents cas ?

  • L'or est soit un objet, soit un mythe de cet objet. L'objet-or est soit un métal, minerai ou épuré, soit un bijou à éventail de multiples significations dont celle de monnaie. Le mythe part de l'éclat solaire qu'avive le traitement au feu du métal-minerai ; il aboutit par cet éclat, par la consistance, l'utilité, les formes du bijou, les charmes de cette luminosité, à porter la joie et l'espérance du monde d'outre-nuit où le soleil qu'il symbolise ne se couche pas. Ainsi la longévité et la ductilité de cet objet-mythe lumineux évoque à l'homme son rêve d'immortalité. Car tout mythe est une réalité de sentiments que les hommes font reposer sur des objets réels en se servant d'heureuses apparences qui leur symbolisent les qualités de l'invisible. L'or est ainsi lumière et bonheur éternel ; les chefs et les femmes le portent avec prédilection comme certains enfants, tandis que le guerrier, ut sic, préfère le fer, et la forge. L'art de l'or, et celui de l'argent fort proche, est ainsi aux confins de l'économie et de la religion, une structure de médiation, une médio-structure toujours liée au roi : orfèvre de ses trésors et de sa liturgie ou monnayeur de sa puissance. D'Aristote à Thomas d'Aquin, on a toujours su distinguer le métal d'orfèvre et le signe monnayé, le trésor et la monnaie, le mythe et l'utilité fonctionnelle.

  • Soleil, Lune, Étoiles : leur présence, si l´on fait appel à ses souvenirs de lectures, n´est pas très fréquente dans les oeuvres romanesques ou épiques du xiiième siècle. Mais si leurs apparitions sont rares, elles ont toujours, ou presque, une fonction que l´on peut qualifier dès maintenant de magique ou de mystique ; soleil, lune, étoiles remplissent alors le rôle de signes ; ils annoncent des situations, des conjonctures romanesques parfois conventionnelles, parfois plus originales : ils s´intègrent alors dans l´action ; ou ils font partie d´un climat amoureux, ils sont les attributs de scènes courtoises ; ou ils ouvrent un chemin mystique aux héros. Ils remplissent assez rarement un rôle utilitaire, plus rarement un rôle purement esthétique, suscitant la seule émotion artistique chez l´auditeur, ainsi que le public moderne y est habitué depuis les romantiques : « Pâle étoile du soir, messagère lointaine... » écrivait Musset.

  • Le Parlement de Provence aurait eu 500 ans en 2001 si la Révolution française n'avait mis fin à sa carrière en 1790. Pendant trois siècles, il a été la principale instance judiciaire de la province, et son histoire se confond avec celle de l'Ancien Régime provençal, Le Parlement constituait le tribunal supérieur du ressort de Provence. Il était aussi mêlé à l'Histoire nationale, et, à ce titre, il était un des intermédiaires entre le Roi et les Provençaux. Les parlementaires ont aussi marqué profondément de leur empreinte la capitale provençale, qui était leur siège. Cet ouvrage rassemble seize communications présentées au colloque tenu à Aix en avril 2001 : huit concernent le Parlement d'Mix, de son origine à sa mort et les affaires qui y ont été traitées ; cinq évoquent les parlementaires en tant que groupe social et à travers leurs attitudes religieuses et culturelles ; trois enfin élargissent le propos, avec des comparaisons sur la justice à l'époque des Lumières, notamment dans la péninsule ibérique.

  • Pour éclairer l'histoire d'Avignon et du Comtat Venaissin, trop vite rendue au ténèbres, après son âge d'or pontifical, René Moulinas a creusé son sillon dans la part encore dormante des archives du Vaucluse, dans une quête des faits culturels et religieux. Ce recueil, qui rassemble des contributions de vingt-deux auteurs, explore, en forme d'hommage, des domaines historiques familiers à René Moulinas. De la fin du Moyen Âge au début du XIXe siècle, dans le sud-est de la France, chrétiens et juifs ont cohabité, du fait du maintien de ces derniers sur les terres pontificales comtadines. Cet ouvrage présente divers aspects de la vie de ces communautés catholiques, protestantes, juives, dans ce qui fait leur identité, ainsi que dans leurs relations.

  • Le morphème, qui est un des grands acquis théoriques de la linguistique moderne, semble maintenant un peu oublié par les linguistes et les grammairiens, qui en reviennent paresseusement au mot de la tradition. Ce livre voudrait proposer une théorie du morphème et de l'analyse en morphèmes qui soit compatible avec une véritable théorie du mot. Il illustre les concepts de cette théorie en s'appuyant beaucoup sur le français, mais aussi en essayant de décrire des langues typologiquement plus ou moins différentes comme l'allemand, le russe, le latin, le grec, ou encore le finnois, le hongrois, le chinois, le japonais, l'arabe, l'hébreu, ainsi que les langues des débuts de l'écriture que sont le sumérien et l'égyptien. Il le fait en prenant comme corpus des versets du premier chapitre de la Genèse, et les conjugaisons de l'espagnol, de l'italien et du latin. Ce livre s'adresse avant tout aux étudiants de premier cycle en lettres modernes, en sciences du langage et en langues vivantes. Il s'adresse à tout débutant qui n'a jamais fait de morphologie, ou d'analyse en morphèmes, et définit donc tous les concepts qu'il emploie. Il s'adresse aussi aux linguistes, auxquels il propose une synthèse cohérente et actuelle de linguistique descriptive.

  • Aimant cueillir les fleurs variées de l´imaginaire dans l´espace qu´il appelle son « jardin secret », André Moisan n´est pas sans évoquer ces clercs du Moyen Âge qui savaient allier le soin des réalités célestes et l´amour des belles lettres. Par ce volume de Mélanges, ses collègues et ses amis ont voulu rendre hommage à l´engagement scientifique et à la modestie d´un « chercheur de l´ombre », au travail et à l´érudition d´un homme qui, inlassablement et en marge de l´institution universitaire, a contribué jour après jour à l´ouverture et à la diffusion des connaissances dans le vaste domaine qui était le sien : l´épopée française. Malgré la diversité des textes abordés et la variété des approches choisies, ce volume s´organise autour de ce thème unique qui lui confère, par sa richesse et par son ampleur, souplesse et cohérence. Épopée et hagiographie, épopée et historiographie, rayonnement européen de l´épopée en constituent en effet les lignes directrices. Certains essais ont privilégié une approche linguistique, d´autres ont insisté sur la dimension spirituelle de divers textes ; l´étude des sources, les mises en valeur thématiques, l´analyse des effets d´intertextualité, la confrontation de plusieurs versions d´une même oeuvre sont les autres lieux de cette réflexion plurielle qui vient enrichir notre connaissance d´un genre auquel André Moisan, comme en témoignent les cinq volumes de son Répertoire et ses nombreux travaux, a consacré sa brillante énergie. Ce livre d´hommage constitue donc, pour sa part, un apport, à la fois riche et généreux, aux études médiévales.

  • Ce volume 47 de la collection « Senefiance » offre le texte des 29 communications qui ont été prononcées lors du colloque organisé par l'équipe de recherche du CUER MA (EA 2077) les 2, 3 et 4 mars 2000 à l'Université de Provence.Les intervenants ont porté leur réflexion soit sur des oeuvres précises (Fierabras, Aliscans, Eneas, Bisclavret, Silence, Merlin, Lancelot en prose, Queste del saint Graal), soit sur une vaste partie ou l'ensemble d'un domaine littéraire (lyrique occitane, chanson de geste, roman d'antiquité, roman arthurien, fabliau, théâtre, hagiographie).La connaissance de realia propres à la vie monastique ou aux pratiques funéraires permet des rapprochements intéressants avec la littérature, en éclairant des détails descriptifs ou des allusions. L'étude de l'imaginaire du vêtement révèle ses richesses mais aussi celles dont se pare la rhétorique lorsqu'elle joue des métaphores.Enfin, cinq de ces communications portent sur les littératures germanique et persane et ouvrent ainsi le champ à des études comparatives.

  • L´on n´est jamais trahi que par les siens. S´il y a du vrai dans cet adage, les relations familiales, où s´expriment parfois les solidarités les plus fortes, ne seront-elles pas aussi l´occasion des dissensions les plus douloureuses ? La parenté peut susciter parfois de bien curieuses rivalités, et l´épopée, qui accorde tant d´importance aux liens familiaux, en propose des exemples fort variés. Souvent, les Sarrasines rejettent leurs pères, leurs frères, leurs époux. Ailleurs, Ganelon trahit son beau-frère l´empereur, et Roland son fillastre. Mais les oppositions les plus inattendues sont parfois les moins brutales.

  • La société médiévale apparaît souvent comme une société d´affrontement, distinguant le clerc du laïc, le supérieur de l´inférieur, le croyant de l´incroyant, le courtois du vilain, mais aussi le beau du laid. La littérature narrative des xiième et xiiième siècles n´échappe pas à cette antithèse et oppose le geste beau et bienséant au geste laid et inconvenant. Les auteurs rejoignent donc sur ce point les moralistes de l´époque qui tentent de définir le beau geste afin de concevoir une discipline du corps et une éducation du geste destinée à rehausser la vertu de l´âme. La vie quotidienne se trouve ainsi organisée jusque dans ses gestes les plus infimes - hygiène, manière de se tenir, de communiquer et même de se nourrir - et l´accent est mis sur un idéal de maîtrise de soi, de mesure, d´harmonie, en somme de contrôle permanent de l´individu sur ses moindres gestes.

  • À qui parcourt la littérature médiévale apparaît clairement l'importance du motif du coeur au sein de multiples genres littéraires. Les occurrences de « cuer » sont multiples et interviennent en de nombreuses circonstances. Le coeur se révèle ainsi être la racine de quantité d'équations posées au centre du tumulte des sentiments humains, dont le « corage » est finalement la résultante : traduire l'humeur générale d'un être par un tel dérivé, où « coeur » se lit sans cesse en filigrane, est bien la marque, inscrite au sein du langage, du maître-rôle qui lui est assigné dans la gestion des passions.

  • Le héros des romans de Chrétien de Troyes est un 'chevalier', ce qui suppose, au Moyen Âge, toute une série de qualités d'ordre et moral et social, qui le différencient du reste et qui le situent à l'intérieur de l'élite de son monde. On pourrait même ajouter que le chevalier a un désir de transformation qui vise le perfectionnement personnel, et que ce désir le définit d'une certaine façon. Mais, avant toute chose, on est 'chevalier' quand 'on combat à cheval', et, sans aucun doute, l'essence du chevalier est intimement liée à sa monture. Le cheval définit le héros, non pas de façon statique - comme le définissent les vertus caractéristiques de sa classe - mais en `mouvement´. C'est, précisement, dans la `chevauchée´ qu'ils forment un tout indissociable, de telle façon que l'idée de l'un sans l'autre reste inconcevable. Et l'on peut dire donc que c'est dans le départ 'à cheval' vers le monde inconnu - dans le mouvement - que le héros est un vrai chevalier, car, d'un côté, il chevauche sur l'animal qui lui prête son nom, et, de l'autre, il se dirige vers la perfection à laquelle il tend par nature.

  • Si nous nous représentons le système pénal tel qu´il existait dans l´Europe médiévale, et tout particulièrement en Allemagne au bas Moyen Âge, celui-ci nous apparaît comme étant un « théâtre de l´horreur et de la terreur » puisque les méthodes punitives se caractérisaient à cette époque par une atrocité et une brutalité extrêmes et atteignaient leur point culminant par l´accomplissement de rituels superstitieux et de cérémonies macabres. À la cruauté des méthodes punitives s´ajoutait également le fait odieux selon lequel les sanctions, qu´il se fût agi de peines mutilatoires, déshonorantes, de condamnations à mort telles que l´enterrement de personnes lors de leur vivant, la noyade forcée, la potence, le bûcher, le supplice de la roue etc..., donnaient lieu à des festivités publiques et joyeuses, à des spectacles très prisés par le peuple et par les classes dirigeantes d´alors. Or, ce côté pervers du système pénal médiéval, loin d´être arbitraire, reposait sur des fondements très précis et était légitimé par des intentions visant à maintenir coûte que coûte l´ordre dans la société. Afin de pouvoir comprendre ce monde si complexe et si étrange, tel qu´il se reflétait, entre autres, dans le droit pénal, nous devons tout d´abord nous libérer des idées sur la cruauté du droit médiéval, telles qu´elles ont été inculquées aux générations passées depuis le siècle des lumières.

  • Ce recueil rassemble seize communications, faites au séminaire de l'équipe de recherches « Sociétés, Idéologies et Croyances au Moyen Âge » à l'université de Provence, en 2001 et 2002. Chacun des chercheurs universitaires qui y a participé avait la tâche de revenir sur un certain nombre des sources qui lui étaient familières et de réfléchir sur les méthodes mises en oeuvre dans leur analyse, sur leur finalité et leur apport à la connaissance du Moyen Âge occidental. Le propos n'était dont pas d'établir une typologie complète des sources écrites, mais d'arriver à dégager la conception du monde partagée par leurs auteurs. Les sources envisagées se réfèrent à des autorités garantissant leur authenticité et leur véracité et, en dernier ressort, à Dieu ordonnateur du temps et de l'histoire des hommes, dont émane toute vérité. Cette recherche de l'authenticité est aussi celle de l'historien médiéviste de notre temps, guidée par d'autres critères dont celui de se « mettre devant ses sources » pour s'en approcher au plus près.

  • Depuis que l'histoire des femmes a - récemment - gagné droit de cité, on n'a cessé de vérifier qu'elle couvrait, en vérité, tous les champs de l'histoire, parce qu'elle était bien celle de la moitié de l'humanité, jusque-là négligée. La vie sociale, bien des dimensions de l'économie, certaines expressions culturelles, l'analyse des mentalités, la « sphère du privé », voire la politique s'y éclairaient d'un jour nouveau. Yvonne Knibiehler a, dans plusieurs de ces domaines, fait oeuvre pionnière : histoire des mères et de la maternité principalement, mais aussi de la famille, de l'action sociale, de la paternité, du féminisme, de destins féminins... C'est en suivant des pistes qu'elle avait tracées que quelques un(e)s de ses ami(e)s ont voulu lui rendre hommage par des études inédites, qui ne sont pas sans quelques convergences.

  • Ce volume 48 de la collection "Senefiance" rassemble les textes des quinze communications qui ont été prononcées lors du colloque organisé par l'équipe de recherche du CUER MA les 22-23-24 février 2001 à l'Université de Provence. Le choix du sujet a été déterminé par l'engagement pris au mois de novembre 1993 d'inscrire ce colloque parmi les manifestations proposées à Aix-en-Provence dans le cadre du 750e anniversaire de la fondation d'un lieu de culte à Saint-Jean-de-Malte. Textes médiévaux concernant la vie de Jean-Baptiste ou s'y référant sont ici étudiés, qu'il s'agisse des Vies rédigées du XIIe au XIVe siècle, du roman de Perlesvaus (XIIIe), de la Divine Comédie de Dante, des Mystères du XVe siècle, d'un chant royal rouennais du XVIe siècle, ou de diverses productions littéraires canadiennes du XIXe siècle consacrées au saint patron des canadiens français. Fresques avignonnaises du XIVe siècle, sculptures sur pierre de la cathédrale de Chartres, ou sur bois des stalles de Saint-Gervais à Genève fournissent un champ d'étude varié de la figure du saint. Celui qui parle dans les déserts, offre le baptême sur les rives du Jourdain, qui annonce la nouvelle Loi et montre le Christ, est "inscrit dans le temps en ce moment où le monde a changé". Figure du solstice d'été, il dit la rupture bénéfique, l'énergie et l'espérance joyeuse d'un temps nouveau, ici-bas ou dans le royaume divin.

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