Presses Universitaires de Vincennes

  • Les immigrants maghrébins et leurs descendants, relégués autrefois dans les marges sociales et culturelles, font depuis vingt ans pleinement partie de la vie nationale d'une france devenue multiculturelle. Au cinéma, ils ont acquis le reconnaissance du grand public en tant qu'acteurs et cinéastes ou comme sujets de nombreux films. Ce livre, qui réunit des chercheurs dans le domaine des études postcoloniales francophones, est le premier volume collectif à présenter un examen critique de ce cinéma multiple. Les auteurs de l'ouvrage mettent particulièrement en évidence les visions de l'intégration que les films de la diaspora maghrébine contribuent à faire émerger.
    Le bilan de cette production très diverse permet d'analyser dans toute leur complexité les changements sociaux dont ces films témoignent et qu'ils ont contribué à développer.

  • Pourquoi les philosophes du XVIIe siècle ont-ils exclu la guerre de leur champ de théorisation alors qu'elle apparaît dans les écrits philosophiques de l'époque ?
    Il est vrai que ceux qui vivent les malheurs de la guerre ne sont pas toujours ceux qui en font la théorie. Ni Pascal, ni Hobbes, ni Spinoza, ni Las Casas, ni Leibniz n'ont fait la guerre ou ne l'ont subie directement. Mais alors, d'où la connaissent-ils ?
    Les auteurs de ce volume ont tenté d'éclairer la place et le statut de la notion de guerre dans la pensée du XVIIe siècle, dans de nombreux espaces thématiques (le droit, la dialectique) comme géographiques: Grande-Bretagne, Espagne, Les Provinces-Unies, Taiwan.

  • Que veut-on dire lorsque l'on évoque « tout(e) l'oeuvre », l' « oeuvre complète», ou, plus couramment dit, les « oeuvres complètes » d'un auteur ? La question se pose avec d'autant plus d'acuité que la définition même de l' « oeuvre » est problématique ; et avec d'autant plus d'urgence que la notion d'« oeuvres complètes » n'a guère été théorisée.
    De manière neuve, le présent volume puise les réponses qu'il fournit à un vaste champ chronologique (de l'Antiquité gréco-romaine à nos jours), dans les limites du monde occidental. Accordant une large place à la littérature, à travers des figures, des époques, des genres et des courants variés, il ouvre aussi la réflexion sur d'autres domaines artistiques, comme la peinture, la sculpture, la musique ou le cinéma.
    Là résident sa force, sa richesse et son intérêt.

  • Synthèse en français des recherches internationales faites ces dix dernières années sur la question des industries créatives, leurs enjeux et leurs réalités.
    Un regard critique sur les origines de ces notions, sur les questions théoriques qu'elles soulèvent mais aussi sur leurs enjeux pour les territoires, pour l'éducation et pour les politiques publiques, tout particulièrement les politiques culturelles.

  • Ces langues et ces dialectes, déployés sur un vaste espace géographique, sont issus d'un socle commun, le latin, et illustrent dans leur variété toute une gamme de possibilités évolutives et typologiques.
    Les auteurs, éminents spécialistes de ces langues, posent ici les bases d'une linguistique complète des langues romanes. L'ouvrage est destiné à devenir la référence dans ce domaine.
    Langues romanes étudiées : le français et les dialectes d'oïl notamment le picard, l'occitan dans ses différentes variétés : gascon, provencal..., le francoprovençal.

  • Pour une romancière à la Belle Époque, écrire fut souvent une gageure ; écrire les hommes un défi.
    Neuf d'entre elles le relevèrent et laissent à la postérité un éventail de figures masculines qui en dit long sur leurs attentes, leurs reproches, leurs fantasmes et leurs constats.
    Ce volume pose un nouveau regard sur ces « hommes de papier » et nous invite à revisiter l'oeuvre de Colette, Louise-Marie Compain, Thérèse Bentzon, Georges de Peyrebrune, Daniel Lesueur, Rachilde, Marcelle Tinayre, Colette, Lucie Delarue-Mardrus et Anna de Noailles.

  • Le tuer ? C'est fait...Le ressusciter ? C'est en cours et assez bien porté...Le servir, recueillir la mondre bribe de son intention et, subjugué par son autorité, s'en parer comme d'un droit à écrire ou parler ? On ne fait que cela depuis des siècles. L'inventer? Pourquoi pas, pourvu que sa figure remodelée accompagne et conforte notre lecture. Mais attaquer l'auteur de front au moment où on le lit, prendre le propos auctorial à rebrousse-page et trouver l'assurance de bien lire ou de lire, en tout cas, de manière acceptable, voilà qui peut sembler des plus incongru, et même impossible. "On ne peut pas dire ça", "Tu ne peux pas écrire ça" se voient parfois opposer interprètes et critiques littéraires par trop audacieux. Partageant la conviction qu'aucun interdit ne vas de soi et que, pour chacun, en interroger les présupposés, voire le bien-fondé, relève d'une bonne hygiène mentale, les auteurs prennent ici le parti de demander des comptes à la lecture "en faveur de l'auteur", en scrutant son envers non sans jubilation, avec une curiosité manifeste et infiniment de talent.

  • « Pinget, c'est de l'orfèvrerie », déclarait Samuel Beckett. Cet inlassable inventeur de formes d'écriture a suscité l'admiration des plus grands de ses contemporains.
    Au moment où les délicieux Carnets de Monsieur Songe reparaissent en Poche Minuit, et après la publication de Mahu reparle aux éditions des Cendres, les auteurs de ce volume révèlent un Robert Pinget dont l'écriture inquiète bouscule les contraintes, se renouvelle sans cesse et échappe aux cadres convenus de l'histoire littéraire.

  • Les contacts culturels ont toujours été la norme et non l'exception, d'où l'aptitude humaine à s'y adapter.
    Conclusions de 5 années de réflexion commune de spécialistes de disciplines différentes sur les questions de contacts interculturels et sur leur dynamisme :
    S`appuyant sur les recherches de terrain et sur leur expérience, les auteurs retracent les étapes et décrivent les processus discrets, complexes et nuancés par lesquels les individus s'articulent en permanence aux autres, fabriquent du même avec de l'autre ou parviennent à rester eux-mêmes tout en devenant l'autre.

  • La correspondance de Flaubert tire son intensité de ses liens multiples, continus, avec l'oeuvre de son auteur. Journal d'un travail en cours, reflet de la longue durée dans la création, les lettres de Flaubert sont d'abord l'espace où s'expérimentent, avec Louise Colet en particulier, les traits profonds d'une écriture. Mais elles permettent aussi de suivre, à la lettre, l'effort propre de l'écrivain pour dire une tension, qui lui apparaît toute nouvelle, entre critique et création. La correspondance devient ainsi, peu à peu, l'oeuvre de l'oeuvre. C'est ce double mouvement que l'on a retracé ici, tout en reliant l'étude aux problèmes soulevés par l'édition d'une telle correspondance. Une très large bibliographie (éditions, traductions, études critiques) est présentée en fin de volume.

  • Faisant jouer divers éclairages, ce livre s'attache à mettre en perspective la pensée de l'image et le tissu complexe de ses relations avec le texte littéraire : comment l'image a été et se trouve aujourd'hui réfléchie dans son rapport au réel, au visible comme à l'invisible, comment elle-même réfléchit à sa manière lorsqu'elle nous envoie un message le plus souvent chiffré. Silencieuse et éloquente, bavarde dans ses représentations emblématiques, parfois muette dans les peintures qui veulent se borner à émouvoir sans rien dire, toujours étrange, l'image, qui n'est point si sage, est aussi l'art de dissimuler ce qu'elle simule. Sans méconnaître la spécificité du texte et de l'image poétique, ni celle des arts visuels et de la peinture, sans masquer les différences entre le dicible et le visible, on a tenté d'évaluer, à différents moments de l'histoire et dans différents types de dispositifs, les relations instables et précaires entre ces soeurs jumelles, et rivales en mimésis, que sont la poésie et la peinture, ennemies intimes, alliées familières.

  • Finir, ne pas finir... le point final, le mot de la fin, comment et pourquoi faire une fin ? En ce lieu stratégique tout écrit met en jeu à la fois sa cohérence, son rapport au monde et sa lecture. Programmée ou non, assumée ou déniée, la fin est inéluctable, et la rhétorique en a fixé depuis toujours les protocoles et les topoï. Pourtant, chaque texte doit inventer sa fin, c'est-à-dire simultanément la construire et la déjouer, sans parler de ceux qui, par nature, ne sauraient avoir de fin. L'étude des fins, comme celle des incipit, relève de la génétique autant que de la poétique et de la sociocritique. C'est en croisant ces trois approches qu'on explore ici cette problématique d'une écriture des fins, à partir des manuscrits et à travers quelques exemples majeurs empruntés à différents genres, de Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge, de Flaubert à Zola et à Sartre.

  • Pendant plus de vingt siècles, les gens de Mésopotamie ont mis par écrit les principes et la pratique de leur justice. À travers une série de procès, de lettres et de contrats en rapport avec des affaires judiciaires, cet ouvrage collectif cherche à présenter de manière concrète comment, du XXIe au Ve siècle avant J.-C., s'est élaboré puis exercé le droit dans l'une des plus anciennes civilisations connues. On voit ainsi émerger sous la mise en forme juridique des scribes spécialistes de l'écriture cunéiforme les réalités de la vie quotidienne des habitants du Proche-Orient antique. L'exercice des coutumes locales, les corrections qu'y apporte la loi du roi au nom de la protection des faibles, les problèmes d'établissement des preuves sont ici illustrés dans toute leur diversité. Ces textes témoignent, sur la très longue durée de la civilisation mésopotamienne, de principes profondément moraux mais aussi d'une adaptation pragmatique aux réalités, sans exclure le recours à l'irrationnel de l'ordalie par le dieu fleuve quand la justice humaine se révélait incapable de trancher.

  • 1842 : La Comédie humaine, OEuvres complètes de M. de Balzac... Ecce Balzac : sont donnés comme une évidence la stature d'un auteur et le profil d'un lecteur idéal. Mais ce double titre révèle un coup de force, sinon une fuite en avant, à la fois un défi et un déni, l'aveu déguisé d'une dépendance à l'égard du marché et l'affirmation souveraine d'une autonomie, à contretemps : la conjoncture, le moment engageait la librairie romancière au partage avec le journal, à la pratique du feuilleton, aux effets publicitaires. Le moment imaginaire fut aussi un tombeau. Ci-gît Balzac, dans sa gloire et son malheur.

  • Des « questions vives » de notre société (le genre, les utopies politiques, la démocratie, l'engagement...) pour mieux penser les enjeux politiques du présent.
    Genre et utopie rassemble les contributions de collègues et d'anciens étudiants désireux de rendre hommage au travail de Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d'histoire contemporaine à l'Université Paris 8. Ce livre est né du sentiment que notre actualité politique nécessite plus que jamais d'être questionnée grâce aux outils de l'histoire et de la pensée critique. Il postule que l'exhumation des utopies oubliées du XIXe siècle nous permet de mieux comprendre les impasses de notre présent.
    De même, alors que les études de genre ont suscité récemment de grandes incompréhensions et mésinterprétations, il semble pertinent de rappeler que le genre n'est pas une « théorie » mais bien un concept permettant de dévoiler l'histoire des processus de domination entre les sexes qui sont toujours à l'oeuvre dans notre société.

  • Critiqué pour son appui qu'il apporterait à l'ordre social, ou au contraire loué pour l'attention qu'il donne aux plus démunis, le travail social est souvent l'objet d'approches qui ne rendent pas compte de sa réalité quotidienne. Se placer au plus près du travail des « premières lignes » permet de saisir ses ombres et ses lumières. Cet ouvrage contribue à rendre intelligibles les paradoxes et contradictions d'un milieu où la volonté de bien faire son travail se trouve confrontée aux injonctions du « new public management » (améliorer le rapport coût/efficacité du service) et à la montée des insécurités sociales. Il pointe également l'extraordinaire richesse de certaines des expériences engagées qui portent en germe de nouvelles manières d'intervenir dans le champ social.

  • Homme des archipels, Édouard Glissant a révolutionné la pensée de l'identité, qu'il s'agisse du moi, de la nation ou de la culture. Dépassant l'opposition entre l'universel et le particulier, il a ouvert les esprits à l'expérience de la relation : celle qui transforme, démultiplie, créolise. Son oeuvre s'attache à la mémoire de l'esclavage, condamne la colonisation, tout en contestant les communautarismes, pariant généreusement sur les rencontres imprévisibles et fécondes.

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