Mémoire d'encrier

  • Mort le 10 août 2010 à 53 ans à Paris, Bolya Baenga est l'écrivain le plus doué de sa génération. En 1986, il a reçu le Grand Prix littéraire de l'Afrique noire pour son roman Cannibale. Journaliste, essayiste, romancier, ce Congolais qui se définit comme « nomade cosmopolite mais sédentaire de l'éthique » est un esprit brillant, d'une culture prodigieuse, un briseur de tabous, un homme engagé.
    Bolya a consacré sa vie au développement du continent africain à travers plusieurs essais où il propose une approche inédite, voire révolutionnaire, une nouvelle voie de sortie du sous-développement (L'Afrique en kimono, 1991 et L'Afrique à la japonaise, 1995). Il a aussi contribué à fonder l'école congolaise du polar en mettant en scène l'inspecteur nègre dans La polyandre (1998) et dans Les cocus posthumes (2001). Ses derniers combats sont livrés contre le viol, arme de guerre (La profanation des vagins, 2005) après avoir dressé dans Afrique, le maillon faible (2002), un portrait pessimiste du continent africain, terre où se livre la plus barbare des guerres, celle de la mondialisation sauvage, de laquelle nul ne réchappe.
    Promenade biographique et érudite, cet ouvrage, souvenirs et études critiques, lui rend hommage.

  • Ikuma. Carnet de tournage réunit entretiens, photographies, aquarelles, poèmes, récits des principaux artisans du film Le jour avant le lendemain, réalisé par un collectif de femmes inuites d'après le récit de l'écrivain danois Jørn Riel. S'élèvent ici les formes et les voix des ancêtres, les maîtres du territoire arctique. L'univers du Grand Nord est rendu dans sa vérité et sa poésie initiatique.

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