Julliard

  • Présentation de la rentrée littéraire 2013 des éditions Julliard.
    Les anges meurent de nos blessures, Yasmina Khadra Vertiges, Lionel Duroy Sulak, Philippe Jaenada

  • Paru en feuilletons en 1927, dans un obscur quotidien de l'Yonne, Fulgur est l'oeuvre collective de neuf élèves du lycée Louis-le-Grand : Roger Vailland, Robert Brasillach, Thierry Maulnier (qui s'appelait encore Jacques Talagrand), Paul Gadenne, Fred Semach, Jean Martin, José Lupin, Pierre Frémy et Antonin Fabre. Trois d'entre eux connaîtront des fortunes diverses après 1945 : Robert Brasillach, fusillé ; Roger Vailland, figure de proue des intellectuels communistes ; Thierry Maulnier, élu à l'Académie française. Fortement influencé par le film à épisodes Judex, les fascicules de Fantômas et de Todd Marvel détective-milliardaire, ce prodigieux roman d'aventures fantastico-scientifique met en scène une séduisante criminelle qui, à grand renfort de crimes étranges et de prodiges inexplicables, ressuscite l'ancien royaume de Catalogne, et déchaîne l'Asie contre l'Europe. Entre autres chapitres sensationnels, l'un d'eux réunit les membres du gouvernement dans l'ascenseur de la tour Eiffel et se termine par cette phrase : Arrivé au troisième étage, l'ascenseur ne s'arrêta pas.

  • Voilà vingt-cinq ans, un restaurateur talentueux, Martin Cantegrit, s'intallait au coeur de Saint-Germain-des-Prés, quartier de prédilection des éditeurs et des écrivains, dans une ravissante impasse au nom prédestiné : celui de Mme Récamier. L'âme de cette illustre égérie des lettres françaises au XIXe siècle devait souffler sur les lieux : très vite, la finesse de la cuisine et la qualité des convives y furent en parfaite harmonie. Sous le portrait de Juliette, Le Récamier ressuscita, dans sa salle à manger, l'atmosphère brillante et animée des salons littéraires d'antan. Aujourd'hui, en quinze nouvelles, quinze auteurs, quinze amants du Récamier vous offrent, chacun à sa manière, le récit de leur histoire d'amour avec cette maison qui est, pour eux, beaucoup plus qu'un simple restaurant. Ils se sont assis à l'une des tables, ont trempé leur plume dans la saucière du Récamier, laissé vagabonder leur imagination ou affleurer des souvenirs qui évoquent l'enfance, et ressemblent à ces mets que l'on goûte toujours avec la même émotion, mémoire de nos bonheurs passés. En écho, les meilleures recettes du Récamier viennent compléter ce recueil. Vous pourrez les exécuter vous-mêmes, et vous verrez : si la littérature invite au rêve, la gastronomie aussi - lorsque le talent les unit, elles témoignent bien l'une et l'autre du même art de vivre.

  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire 2014 des éditions Julliard : Fouad Laroui, Les Tribulations du dernier Sijilmassi Jean-Luc Marty, La Mer à courir Sophie Brovas, Le Cercle des femmes

  • Anagrammes, lipogrammes, tautogrammes, acrostiches, amalgames et pastiches, argot, verlan ou jargon furent les hôtes de toutes les écritoires. Pourtant, s'ils sont antiques, ils sont loin d'être solennels et leur verdeur extraordinaire en fait de succulents bains de jouvence où retremper les textes fanés. À leur contact revigorant, La Marseillaise change de disque et recouvre, dans « Caprices pour soldat seul », une fermeté, une santé, pour le moins inattendues chez une bicentenaire. « Les écarts majeurs », quant à eux, puisent dans Le Bateleur, La Papesse ou La Maison Dieu les lettres nécessaires à l'élaboration de scènes courtes et drôles. Et les cartes terribles des tarots divinatoires en sortent cornées et toutes retournées. Enfin, « Douze Signes au déclin », avec ses thèmes astraux comiques et zozotant, conclut ce recueil d'histoires serpentines qui se mordent la queue en riant. R.D.

  • Qu'est-ce que le monde ? Pourquoi y a-t-il des continents et des langues étrangères ? Et pourquoi la Terre parle-t-elle, seule dans la Nuit ? Sandro Tott aurait bien pu n'être qu'un parvenu vulgaire, une espèce de César Birotteau latino-américain, couvrant sa ville d'enseignes géantes et tapageuses. Mais il entreprend, inexplicablement, de se poser mille questions de ce genre, et d'en chercher la réponse dans les livres d'école, dans Homère ou dans Swift, dans les Vies des hommes illustres ou le Discours sur l'histoire universelle. Débora l'Indienne, Rafaël le complice, Joaquim l'ami d'enfance et l'associé, Santos-Berrier l'écrivain futile et inquiet, sont les témoins de cette métamorphose. L'important, dans la vie d'un homme, c'est ce à quoi personne ne pouvait s'attendre.

  • Ce livre est une déclaration d'amour-passion pour une reine, Séville, et une invitation à rêver en son royaume, l'Andalousie. Dans la plus haute lignée des écrivains français amoureux de l'Espagne - Mérimée, Gautier, Montherlant... - Jean Cau, au rythme de ses Sévillanes, voit et chante, offre et dévoile sa Séville, son Andalousie, son Espagne, comme on le ferait d'une amante à l'égard de laquelle on éprouve une passion jalouse. Peintre, il peint la célèbre Semaine Sainte sévillane avec un bonheur inégalé. Aficionado, il initie le lecteur au monde d'ombres et de lumières de la tauromachie à travers la plus fameuse des Ferias. Mais, et là est le sortilège du livre, Jean Cau, à propos de Séville en pleurs et en fêtes, fait l'école buissonnière pour raconter des « histoires », tracer des portraits, graver des caprices goyesques, donner vie à Dom Juan ou à ses émules toreros, évoquer le flamenco, inviter enfin à comprendre ce tragique que l'Espagne mêle toujours à son génie picaresque. Aussi bien Sévillanes, le plus beau chant qu'ait inspiré une terre étrangère à l'amour sorcier (et sourcier) d'un écrivain français, est-il l'aveu secret d'un exil lorsqu'on a connu, là-bas, des paradis.

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