Ginkgo

  • La « crise migratoire » s'invite à la table des échanges internationaux comme à celle des repas de famille. Et tous de déplorer les horreurs en Libye, les victimes des naufrages en Méditerranée, les passeurs odieux, les drames de la montagne...

    Ce livre propose une approche radicale : il n'y a pas de crise migratoire, mais une crise de l'accueil des réfugiés - terme que les auteurs ont préféré à « migrants ». En effet, si l'on parle volontiers des migrants entrants, on oublie systématiquement les sortants, tous les Français qui partent chercher fortune ou rayon de soleil à l'étranger, pour les mêmes raisons qui poussent les Africains de l'Ouest à venir chez nous ! En nous appuyant sur des données officielles, nous réfutons la thèse de l'envahissement : le solde migratoire, en France, diminue depuis dix ans !

    Nous avons souhaité ne pas nous limiter à une approche purement démographique ou économique, mais aller au plus profond des causes qui poussent des jeunes gens courageux à affronter tous les dangers dans l'espoir d'une vie meilleure ou pour échapper à un sort funeste.

    Nous avons également percé à jour les mécanismes officiels et n'hésitons pas à parler d'un racisme d'État : des contrôles au faciès à la frontière, parfois accompagnés de violences, au labyrinthe intenable de la demande d'asile.

    Enfin, nous sommes allés à la rencontre des milliers de citoyens qui ont opté pour la solidarité et ont inventé des solutions à cette crise de l'accueil. Leurs témoignages donnent des raisons d'espérer en un monde plus juste et plus fraternel, face aux machinations et aux mensonges des gouvernements qui se succèdent depuis plus de vingt ans.

  • La multiplication des régimes autoritaires ou l'égocentrisme de la première démocratie du monde jettent des brouillards nouveaux sur la compréhension de notre environnement international. La Crise du Coronavirus et les tensions qu'elle provoque entre USA et Chine, sans même parler des égoïsmes nationaux qu'elle suscite en est, hélas, la plus «remarquable» des illustrations. L'actualité place cette crise, sans oublier la situation au Moyen-Orient, en première place à la Une de tous nos journaux. L'escalade entre les USA et l'Iran semble inéluctable ; La rivalité américano-chinoise semblant moins inquiéter les observateurs. Les germes de violence sont moins visibles, mais bien présents. La tension est durable car elle devient de plus en plus systémique. La bataille peut être féroce. Les victimes "potentielles" de ce nouveau paradigme des relations internationales sont multiples.
    Parmi les premiers ensembles fragilisés dans ce contexte bipolaire figure naturellement l'Europe. Mais pour l'Europe les équilibres internationaux changent en profondeur. Les États Unis sont-ils des alliés durables pour employer un qualificatif à la mode ? Sur tous les grands sujets, changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, ... l'Europe est tiraillée et se condamne à des attitudes plus réactives que pro-actives. Le dossier de l'intelligence artificielle est particulièrement significatif de la capacité de l'Europe à assumer sa souveraineté La deuxième victime possible est le multilatéralisme. La multiplication des initiatives unilatérales d'une part et la domination de la dialectique bilatérale sino-américaine d'autre part marginalisent le multilatéralisme.
    L'Afrique est potentiellement très menacée par la rivalité entre ses deux principaux investisseurs. Le premier risque serait que l'Europe, prise entre le marteau américain et l'enclume chinoise, se désintéresse de l'Afrique. Avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins pour la révolution digitale, avec sa demande d'investissements, l'Afrique ne peut plus être à la périphérie des préoccupations du monde ! Face aux nouvelles formes de violence « intelligente » ni les murs ni les mers ne nous protégerons des drones ou des cyberattaques. L'indifférence à l'Afrique est à la fois absurde et coupable -La quatrième victime potentielle pourrait-être le peuple chinois qui a fait des efforts considérables pour transformer son pays. Ce fut souvent dans la douleur et dans le sang. Puissante, la Chine est aussi fragile. Malgré son attachement à l'idée d'unité, elle est aussi fracturée. Une colère ou une misère du peuple chinois s'étendrait vite au monde.
    Cette nouvelle donne internationale est dangereuse. Partout l'idée de guerre semble banalisée. Les grandes puissances développent leur budget militaire de façon parfois vertigineuse.
    Cet Almanach reprend et développe ces thèmes primordiaux. Il ne propose ni de prévoir, ni de décrire le futur, mais plus simplement de réfléchir aux grands enjeux de demain.
    La Fondation Prospective et Innovation par la voix de son Président Jean-Pierre Raffarin et sous la plume des meilleurs experts nous appelle au travers de cet Almanach 2020 à la réflexion.

  • Quel monde en 2050 ? Qui eût pu prédire en 1911 le monde de 1945, en 1885 celui de 1919, en 1982 celui de 2016 ?
    Trente-quatre ans nous séparent de cet horizon, et selon toute probabilité, le monde sera dans ce tiers de siècle tout autre que ce que nous sommes aujourd'hui en mesure d'imaginer. Il n'y a à son propos guère de certitude plus solide à avancer.
    L'histoire combine continuités et changement permanent. Elle a longtemps laissé les premières contenir le second, mais bien des indices suggèrent que depuis bien longtemps, ce dernier a pris le pas et gouverne notre destin. C'est vers l'avenir que les Lumières osaient éclairer le chemin loin des ombres du passé, mais il se peut que, saturés d'éclairage, nous marchions désormais en aveugles vers un futur opaque.
    Connaître les continuités, prévoir les évolutions, ressentir les tressaillements de l'éventuel verse à la prospective la ressource d'une lucidité. Le colloque tenu les 17 et 18 novembre pour célébrer les trente ans du Futuroscope s'est employé à les rassembler. Mais l'histoire avance, l'Histoire le prouve, par transformations fractales : soudain, on s'aperçoit que la formule qui ordonnait toutes choses a changé et qu'une nouvelle géométrie est en train de se mettre en place. Il était possible de percevoir le vacillement de la première, mais absolument pas l'équation de la nouvelle.
    Ce qui importe alors se résume à deux points seulement : s'être ménagé des marges, et s'être tenu prêt. Le reste s'en jouera moins mal. Or l'humanité d'aujourd'hui vit déjà avec des marges négatives, des inerties pétrifiantes, des engagements excessifs. Elle se rue toujours plus vite vers le futur en se souciant de plus en plus du seul présent.
    Quant à être prête... Choisissant cependant l'éthique d'Énée plutôt que la prescience de Cassandre, Ce livre invite à préparer l'idée de Rome quoi qu'il doive advenir plutôt que pleurer sur notre Troie encore intacte. Tel est l'esprit que propage le présent ouvrage, tiré de ces débats.

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