Institut de recherche sur le Maghreb contemporain

  • La ville a constitué un élément majeur du processus historique de civilisation. Avec la réduction progressive des sociétés paysannes et une urbanisation quasi généralisée qui fait pratiquement s'équivaloir la modernité et l'urbain, la ville a connu au cours du XXe siècle des transformations radicales par rapport aux siècles antérieurs et occupe désormais, à différents niveaux (local, national et international), une place stratégique dans les enjeux sociétaux, économiques et politiques. S'agissant des recherches sur les formes et les modes d'évolution des processus sociaux, la ville et l'urbain offrent un champ d'étude particulièrement riche parce qu'ils permettent de croiser des jeux complexes : entre acteurs individuels et collectifs, organisations publiques et privées et territoires multiples (d'administration, d'identifications, d'emboîtements, de concurrences, d'exclusions, ...). Les études réunies dans le présent ouvrage portent plus particulièrement sur les aires arabe et européenne, s'étalent chronologiquement du XVIIe au XXIe siècle, décrivent dans des contextes différents (constructions de l'État national, modernisations autoritaires, destructions militaires, habitat informel, habitat résidentiel, ...) les stratégies et les formes de négociations de différents segments sociaux (notables, citadins ordinaires, ...) et montrent à l'oeuvre quelques-uns des partenaires de l'action publique urbaine (des usagers aux professionnels, militants associatifs, intellectuels, aménageurs, planificateurs, urbanistes, élus, ...).

  • Les deux catégories de public et de privé sont-elles universelles ou particulières ? Peuvent-elles rendre compte de la dynamique des « sociétés musulmanes » ? C'est à partir d'une analyse de la trilogie espaces, autorités publiques et libertés individuelles que ce livre collectif voudrait interroger les notions de public et de privé et étudier autrement l'évolution des cultures et des sociétés où la religion islamique est un référent majeur. La diversité des sujets traités (la privacy, la communication, la culture politique, l'urbain, les conflits familiaux, le harem, les seuils, les pratiques habitantes, la régulation étatique de la religion, l'intérêt général, la moralité, le cinéma et la censure des moeurs) concourt à illustrer aussi bien les interpénétrations et les transitions que les frontières et les distinctions entre ces deux sphères structurantes de la vie individuelle et collective : celle publique et celle privée. Des approches différentes puisant dans plusieurs domaines du savoir humain (histoire, droit, architecture, science politique, sociologie, anthropologie) sont adoptées en vue de susciter un vaste débat théorique et empirique ayant pour objectifs à la fois de repenser les notions de public et de privé et de renouveler la compréhension de l'Islam contemporain.

  • Les études réunies dans Biographies et récits de vie se situent au carrefour de questionnements multiples. Questionnements sur les rapports entre sciences sociales qui voudraient que la biographie, portant de façon plutôt totalisante sur des individus ou des élites, relèverait davantage de l'histoire, tandis que les récits de vie, menant en scène plutôt des fragments de personnalités individuelles ou collectives, relèveraient davantage de la sociologie ou de l'anthropologie. Questionnements sur les rapports entre individu et société, entre individualisme et déterminations sociétales. Questionnements sur les rapports de récrit - plutôt impersonnel et achevé - qui serait caractéristique de la biographie, et de l'oral - sollicité et inachevé - qui serait le propre des récits de vie. Questionnements sur les rapports de l'unité personnelle que privilégierait, voire majorerait, le genre biographique et de la fabrication de soi avec ses lignes de force mais aussi ses incertitudes que les récits de vie permettraient de mieux saisir. Questionnements sur la multiplicité des dimensions temporelles et spatiales de l'existence humaine. A l'égard de ces questionnements» Biographies et récits de vie brouille les clivages disciplinaires» introduit du tumulte dans les régularités, des ratés dans les parcours lisses, montre le jeu des projections, voire du romanesque, des mémoires et des reconstructions tant dans la formation des savoirs que chez les acteurs, qu'il s'agisse de personnalités exceptionnelles (Muhammad, Bourguiba), moyennes (notables) ou ordinaires (Juan de Tolède), d'individus (convertis), groupes (militants, employés de banque) ou communautés (émigrés).

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