Editions Matériologiques

  • Cet ouvrage est un choix de textes sur l'histoire de la biogéographie historique et sur ses développements récents, découlant d'une part des progrès apportés à la systématique par la méthode phylogénétique de Willi Hennig, d'autre part des vues controversées de Léon Croizat sur la « panbiogéographie ». Il comprend sept articles de Gareth Nelson, Norman Platnick, Colin Patterson et Robin Craw, qui comptent parmi les meilleurs théoriciens de la discipline.
    La biogéographie, de Linné à de Candolle et à Darwin jusqu'aux auteurs les plus modernes ; les périls de la plésiomorphie et des taxa largement répandus ; le modèle de la vicariance ; les buts et méthodes actuelles de la discipline ; le problème du rôle des fossiles ; la panbiogéographie et enfin l'avenir possible de la biogéographie historique sont successivement traités. Une bibliographie de près de 200 références offre au lecteur l'accès aux monographies et ouvrages fondamentaux d'une branche entièrement renouvelée de la biologie comparée.

  • Depuis Les Fondements naturels de l´éthique, datant de 1993 et dirigé par Jean-Pierre Changeux, aucun ouvrage collectif publié en France n´a présenté les travaux interdisciplinaires qui ont pour but, depuis plusieurs décennies, d´appliquer les connaissances scientifiques à la moralité humaine. Pourtant, ces travaux sont très nombreux et touchent à plusieurs domaines : biologie évolutionniste, sciences cognitives, anthropologie culturelle, psychologie morale, éthique expérimentale, etc. Ils ont accompli des avancées considérables et apportent des informations précieuses sur les origines, le développement, et les fondements des normes et valeurs humaines. Il offre à un large public (scientifiques, chercheurs en philosophie des sciences et en philosophie morale, mais également de tous ceux intéressés par les relations entre sciences et morale) une synthèse des questions abordées par les travaux contemporains.
    Le projet de naturalisation de la morale a bien souvent eu mauvaise presse en France : la réputation sulfureuse de l´évolutionnisme, du darwinisme social et de la sociobiologie ont ainsi longtemps soulevé une réticence certaines quant à la possibilité et à la légitimité de l´application du discours scientifique à la morale humaine. Nous montrons donc que, par delà les polémiques, le projet de naturalisation de la morale permet de reconsidérer nombre de problèmes classiques, susceptibles d´éveiller tout autant la curiosité du néophyte que celle du scientifique chevronné : conflit entre universalisme et relativisme, usage des vertus morales, rapport entre déterminisme et liberté, question de l´inné et de l´acquis, lien entre faits et valeurs, etc.
    A l´heure où les biotechnologies commencent à modifier la configuration génétique de l´espèce humaine, jusqu´à quel point la nature humaine constitue-t-elle encore un modèle permettant d´évaluer décisions individuelles et choix politiques ? Quelles sont les possibilités et les limites de la connaissance scientifique de la nature humaine dans le domaine de la bioéthique et de l´éthique appliquée ? Voici les nombreuses interrogations, parmi tant d´autres, auxquelles ce livre se propose d´apporter des éléments de réponse. La rareté des ouvrages en langue française portant sur les rapports entre sciences contemporaines et moralité humaine le rend particulièrement utile.

    Alberto Massala (codirecteur du volume) est chercheur post-doctoral à l´université Paris IV.
    Jérôme Ravat (codirecteur du volume) est ATER à l´université Paris IV.
    Luc Faucher (préfacier) est professeur au département de philosophie de l´UQAM (Québec).

  • Les essais précoces sont les tests de première administration d'une molécule chez l'être humain. En cancérologie, les essais précoces modernes sont « ciblés » : identi?ées comme candidates crédibles par des techniques bio-informatiques, les molécules à l'essai visent des cibles protéiques anormales caractéristiques de tel type moléculaire de tumeur. L'imagerie fonctionnelle permet d'observer si elles atteignent leur cible, si la tumeur diminue. Les essais précoces ciblés sont au coeur de la médecine « personnalisée », c'est-à-dire des nouvelles stratégies de traitement sur mesure selon le profil moléculaire de la tumeur d'un individu donné. Les essais précoces sont une voie d'accès à l'innovation thérapeutique pour les malades et une option de la prise en charge médicale qui peut être proposée, dans certains cas, bien avant les situations d'impasse thérapeutique avec les traitements classiques. En cela, ils posent une multitude de questions nouvelles qui interrogent bien au-delà des essais en cancérologie. Comment allouer les places de manière juste ? Faut-il repenser la distinction fondatrice entre soins et recherche, centrale pour l'éthique et pour la réglementation ? Avec quelles conséquences sur la pratique clinique ? L'ouvrage, rédigé à l'issue d'un colloque au Collège de France par les spécialistes les plus en pointe sur ces questions - cancérologues, biologistes, philosophes, sociologues et juristes - apporte d'abord une clarification des notions en jeu : essais précoces, médecine « personnalisée », thérapeutiques « ciblées ». Les questions de justice que soulèvent ces essais sont ensuite exposées et discutées de manière particulièrement claire. Pour nourrir un débat que le progrès des techniques rend chaque jour plus urgent.

  • Manifeste : Pour la cause républicaine
    Les crises sanitaire, sociale, économique, mais aussi idéologique, que nous traversons appellent tous les militants laïques et républicains au débat et à l'engagement. Faisons tout pour que 2021 soit l'année de la «?reconquête républicaine?» pour reprendre une formule de Christian Gaudray, président de l'UFAL. Pour que cette reconquête prenne force et vigueur, nous pensons qu'il convient de se mobiliser pour la cause républicaine. Pour y parvenir, nous devons nous réapproprier la culture républicaine dans toutes ses dimensions?: il s'agit de Reconstruire la République, intitulé du communiqué du Collectif laïque national du 4?novembre 2020 suite à l'odieux assassinat de Samuel Paty.

  • Ces dernières années, les débats à propos des notions de sexe et de genre entre biologie et sciences humaines et sociales connaissent une intensité accrue, tant pour des raisons scientifiques que pour l'effet que ces positions ont sur les usages sociétaux de ces notions. Beaucoup de biologistes rejettent la mise en cause par une partie des sciences humaines et sociales de ce que la biologie tient pour fondamental, telles la binarité des sexes ou les différences entre les sexes. Les spécialistes en sciences humaines et sociales, quant à eux, voient souvent la biologie comme une source académique et institutionnelle d'arguments naturalistes qui visent à s'opposer au genre. Ils dénoncent des biais d'interprétation des biologistes comme résultant, justement, de parti-pris liés au dispositif de genre. Pourtant, les échanges scientifiques à l'interface entre biologie et sciences humaines et sociales sont sans aucun doute nécessaires pour évacuer ces antagonismes.
    L'objectif de cet ouvrage, basé sur l'École thématique interdisciplinaire d'échanges et de formation en biologie du CNRS (dite «?École de Berder?») de 2015, est de mettre en oeuvre un dialogue entre des deux domaines, en tentant de passer outre des malentendus et des impensés qui n'ont que trop duré.
    Ce livre s'ouvre sur une présentation des définitions considérées comme consensuelles par les deux domaines, puis des contributions analysent l'idée selon laquelle certaines études sur les différences des sexes, en neurosciences ou en éthologie, publiée dans la presse de vulgarisation ou spécialisée, présentent des biais d'interprétation attribuables à des biais de genre. Des exemples d'études fortement interdisciplinaires illustrent cependant la possibilité de mêler sciences de la vie et sciences humaines au lieu de les opposer, en ce qui concerne le plaisir sexuel animal, la détermination du sexe ou la place des transidentités et de l'intersexuation dans les rapports entre sexe et genre.
    Mêlant études de cas, questionnements sociologiques, anthropologiques et épistémologiques, pour aboutir à la délinéation des si labiles notions de sexe et de genre, ce livre se veut un jalon pédagogique dans l'abord de ce champ de réflexion crucial.

  • Le bayésianisme connaît un succès croissant dans des domaines du savoir toujours plus nombreux. Le présent ouvrage vise d'abord à présenter l'état actuel du bayésianisme dans ses différentes dimensions, de la logique et la philosophie des probabilités jusqu'à la pratique des sciences empiriques, en passant par la théorie statistique. Il prétend également interroger l'unité des approches bayésiennes, entre les disciplines et dans le temps. Enfin, il aborde la question de savoir quelle est la portée de ces approches et comment il convient d'interpréter leur succès. Faut-il, en particulier, considérer que la fécondité d'un modèle bayésien signifie que ce dont il est un modèle est bayésien (en un sens qui resterait à préciser) ? L'ouvrage se veut abordable par un lectorat certes motivé, mais pas nécessairement spécialiste. L'exposé est pluridisciplinaire et tous les auteurs sont familiers ou acteurs, en leur domaine, des développements les plus contemporains du bayésianisme. Il s'agit de faire comprendre l'intérêt des approches bayésiennes, parfois en les comparant aux méthodes plus classiques avec lesquelles elles viennent rivaliser, et en explorant un éventail de projets et de disciplines qui soit aussi large que possible. Un tel projet éditorial est inédit en français. Isabelle Drouet est philosophe des sciences, maître de conférences à l'Université Paris-Sorbonne et membre de l'équipe de recherche Sciences, normes, décision (Paris- Sorbonne/CNRS, FRE3593).

  • Une réflexion relative à la part de réalité dans les modèles scientifiques
    Les rencontres « Physique et interrogations fondamentales » (PIF) sont l'occasion pour des scientifiques de formations très différentes de confronter leurs points de vue sur un thème lié aux grandes questions de la science contemporaine. Elles se situent à un niveau permettant à un public cultivé mais non spécialisé de suivre les exposés. Elles se tiennent tous les deux ans dans le grand amphithéâtre du site François Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France qui les coorganise avec la Société française de physique. La onzième édition de PIF a été consacrée à une mise au point sur les modèles et les simulations, omniprésents dans la pratique des sciences et techniques contemporaines comme le démontre l'éventail des contributions ici rassemblées. Alors qu'idéalement la méthode scientifique confronte théories et expériences qui s'adressent directement à l'objet étudié, les modèles complètent souvent une théorie inachevée, voire remplacent une théorie inexistante et décrivent tout ce qui est considéré comme bien connu dans un dispositif expérimental donné, pour ne laisser indéterminé que ce qui se rapporte à la question posée. La question de la part de réalité que ces modèles englobent est donc fondamentale. La simulation, qui est la méthode de choix pour résoudre des modèles trop complexes pour se prêter à un calcul exact, constitue, d'une certaine façon, une modélisation au second degré dont l'adéquation doit elle aussi être soigneusement mise à l'épreuve.
    Découvrez le recueil des contributions scientifiques issues de la onzième édition de PIF, centrée sur le thème des modèles et des simulations scientifiques.
    EXTRAIT
    Il est rare aujourd'hui de visiter un laboratoire ou un bureau d'études sans voir des chercheurs et des ingénieurs s'affairant autour de modèles ou de simulations. À tel point que l'on peut se demander, dans certains cas, ce qu'est devenu le réel. Notamment, on peut se demander ce qu'est devenue la pratique expérimentale réelle et si elle a trouvé des substituts adéquats dans les modèles et les simulations. On se doute que la réponse sera fortement nuancée. Ainsi, on peut se poser la question : n'a-t-on pas excessivement congédié le réel pour lui préférer ce qui passe le plus souvent pour sa représentation ou sa copie, à savoir le modèle ou la simulation ?
    À PROPOS DES AUTEURS
    Sous la direction de Jean-Michel Levy, physicien au Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies, unité mixte de recherche des universités Paris VI, Paris VII et du CNRS, différents auteurs ont collaboré à Les modèles, possibilités et limites : Pascale Braconnot, Daniel Estévez, Philippe Huneman, Valérie Masson-Delmotte, François Sauvageot, Michel Spiro, Romain Teyssier et Franck Varenne.

  • La science et la philosophie, autrefois indissociables, se sont progressivement éloignées au cours du XXe siècle. Pourtant, nombreuses sont les questions scientifiques issues de la réflexion philosophique. De plus, la signification profonde des résultats

  • Épistémologie française, cela peut signifier deux choses. C´est d´une part une entité géographique (l´ensemble des épistémologues de langue et de culture française), d´autre part le nom d´une forme de pensée spécifique, qui affirme la solidarité de problèmes (allant de la théorie des fondements de la connaissance à la philosophie des sciences) que d´autres traditions tendent à dissocier. Embrasse les deux sens du mot, mais se concentre principalement sur le premier.
    Les études rassemblées ici ont un double objectif.
    Le premier est d´identifier les écoles de pensée et les institutions. L´attitude adoptée par des penseurs français tels que Duhem, Poincaré, Rougier, relativement au positivisme est étudiée, mais aussi l´influence d´auteurs tels que Duhem et Meyerson sur la philosophie américaine des sciences (Quine, Kuhn). Sont aussi examinés les auteurs qui ont établi un dialogue entre épistémologie et histoire des sciences, et les institutions qui ont favorisé ce dialogue.
    Le second objectif a trait aux grandes figures de la philosophie des sciences en France. On examine d´abord les auteurs qui ont présenté des vues générales sur la science, avant et après l´apparition du mot « épistémologie » : Auguste Comte, Antoine-Augustin Cournot, Claude Bernard, Gaston Bachelard. Puis sont considérées les contributions à la philosophie des sciences spéciales : logique et mathématiques (Herbrand, Nicod, Cavaillès), sciences physiques et chimiques (Poincaré, Meyerson, Kojève, Destouches), biologie et médecine (Ravaisson, Canguilhem), enfin le droit (Eisenman).

  • « Qu'est-ce que la science... pour vous ? » Telle est la question posée ici à des scientifiques, philosophes, historiens des sciences, médiateurs et amateurs de sciences. Simple question certes, mais pas une question simple... Où est la vraie difficulté ? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques ? C'est pourquoi les cinquante auteurs de ce tome 1 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l'on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnelles à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C'est qu'il n'est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il. Les réponses sont brèves - quelques pages - afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.

  • Peut-on voir le vivant microscopique autrement qu'à travers le prisme de la lutte perpétuelle contre un monde principalement hostile qu'il faut vaincre pour assurer sa survie?? Telle est la question que la science soulève à la lumière des nouvelles connaissances.
    Les recherches les plus récentes montrent en effet que les virus, bactéries, archées, protozoaires, micro-algues ou champignons sont essentiels pour comprendre comment s'est construit le vivant et prendre la mesure de sa complexité, comment il s'est propagé sur Terre, comment il fonctionne, de l'organisme à l'écosystème. Ces recherches révèlent également le potentiel que les micro-organismes représentent en termes d'utilisations bio-inspirées pour le futur de l'humanité et de la biosphère.
    Cette partie de la biodiversité, si loin de nous mais si présente, est une solution et non un problème. C'est ce nouveau regard que le livre invite à porter sur ce qu'il convient d'appeler la microbiodiversité...
    Ouvrage dirigé par Laurent Palka, enseignant-chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, et préfacé par Bruno David, président du Muséum national d'histoire naturelle.
    Avec les contributions de?: Sina Adl, Frédéric Barrière, Nathalie Becker, Lucie Bittner, Bernard Bodo, Alyssa Carré-Mlouka, Samuel Chaffron, Claire Cherbuy, Unai Escribano-Vazquez, Damien Eveillard, Thomas Flinois, Patrick Forterre, Morgan Gaïa, Muriel Gugger, Lionel Guidi, Philippe Langella, Enrique Lara, Jacques Livage, Josselin Lupette, Éric Maréchal, Lionel Ranjard, Bruno de Reviers, Marc-André Selosse, Muriel Thomas.

  • En entendant les termes « ?réseaux sociaux? », vous penserez probablement à Facebook ou Twitter. Dans ce livre, ce terme est évidemment à comprendre autrement. Les animaux interagissent et communiquent notamment au sujet de la nourriture et de la reproduction. Dans un milieu écologique donné, les espèces tissent des liens de compétition, d´exclusion, de prédation, de coopération. La façon dont les espèces et les individus interagissent influence le réseau qu´ils forment, réseau plus ou moins dense, centralisé ou modulaire. L´analyse de tels réseaux sociaux est un puissant outil mobilisé en éthologie et en écologie pour étudier la structure des sociétés à toute échelle, de l´individu à la population, entre individus de la même espèce ou d´espèces différentes, entre écosystèmes. Différentes interactions, intragroupes, intergroupes ou même interespèces (entre proies et prédateurs, par exemple) peuvent être analysées avec les mêmes méthodes. Cette généralité d´application signifie que nous pouvons étudier comment le comportement d´un individu ou d´une espèce influence le réseau, mais que nous pouvons également déterminer l´influence du réseau et de ses propriétés sur la survie et la reproduction des individus constituant un groupe ou une population. Ce type de boucle de rétroaction est essentiel dans la compréhension de l´émergence et de la stabilité des systèmes sociaux et écologiques. Cependant, la combinatoire qui résulte de ces interactions peut alors devenir considérable, et de fait, inextricable sans les outils adéquats (informatique, simulation numérique, modélisation, théorie des graphes, étude des systèmes complexes, etc.) que ce livre expose. Outre la présentation des enjeux scientifiques et appliqués de ces méthodes et démarches, on y lit la vitalité des interactions et convergences disciplinaires entre écologues, éthologues, généticiens des populations, informaticiens, mathématiciens...

  • Il y a trente-cinq ans paraissait en France l´importante synthèse dirigée par Pierre Delattre et Michel Thellier : Élaboration et justification des modèles. Depuis cette date, que de chemins parcourus ! La simulation a pris un poids considérable. Sa pratique n´est plus seulement numérique. L´approche objets, la simulation à base d´agents, la simulation sur grille, le calcul parallèle se sont développés. La diversité des pratiques s´est donc considérablement accrue, essentiellement à la faveur de l´enrichissement des possibilités offertes par la computation. Si cette augmentation de la diversité a pu apparaître comme occasionnant un morcellement des pratiques de modélisation, on ne peut oublier qu´elle a été accompagnée d´une tendance inverse : l´intégration de différents types de sous-modèles dans des systèmes uniques de simulation.
    Reste que la puissance calculatoire des ordinateurs, la diversité des modes de simulation, l´amplification du phénomène « boîte noire » impliquée par ces deux facteurs, ont pu concourir à un effet de « sidération » devant l´effectivité de ces expériences in silico. Une forme de « scepticisme computationnel » doit alors être à l´oeuvre pour s´en prémunir.
    Il fallait tâcher de rendre compte de ces mouvements riches et en partie contradictoires. Il fallait tâcher d´en proposer des analyses épistémologiques en profitant des progrès de la philosophie des sciences sur la notion de modèle, fruits d´inflexions importantes qui ont également eu lieu dans cette discipline au cours des dernières décennies depuis l´analyse des théories scientifiques vers l´examen des modèles.
    Les 23 chapitres du tome 2 de Modéliser & simuler entendent compléter le vaste état des lieux commencé dans le tome 1 en mettant en valeur des disciplines et des approches qui n´y étaient pas représentées, par exemple la modélisation matérielle en physique, la modélisation formelle et la simulation en chimie théorique et computationnelle, en architecture ou encore en ingénierie et dans les sciences de la conception.

  • De nombreuses disciplines s´intéressent à l´individu sans que l´individualité fasse l´objet d´une science dédiée. Et pour cause?: le défi de connaître les réalités individuelles se pose à chaque fois de façon spécifique au biologiste, au sociologue, au philosophe, au praticien. Comment rendre compte dans son propre cadre disciplinaire de ce qui se joue à l´échelle et à la temporalité individuelles, sans pour autant réduire la singularité et le devenir des êtres auxquels on a affaire à une essence anhistorique, un système de dispositions, un concours de circonstances ou un programme génétique??
    Si la variété de ces problématiques exclut une approche transversale, elle en appelle d´autant plus une démarche comparative?: comment nos différentes disciplines font-elles pour dépasser un point de vue fixiste et réducteur niant la réalité des trajectoires de vie singulières?? Entre historicité, émergence, trajectoires et rencontres, nos pratiques de recherche développent des modes d´explicitation permettant de sortir de l´opposition binaire entre déterminisme et hasard où l´individualité est la première perdue.
    Cet ouvrage interdisciplinaire est une invitation à croiser les perspectives sur la notion d´individu, les difficultés qu´elle pose et l´inventivité méthodologique dont elle est l´occasion. Il vise à esquisser une définition de l´individu au prisme de ses trajectoires (biologiques, existentielles, sociales, éthiques) déterminées par des rencontres qui sont toujours en partie imprévisibles.

  • Dire ce que sont les sciences semble aller de soi pour nombre d´entre nous : on détermine assez spontanément ce qui en est proche et ce qui en est éloigné, ce qui est potentiellement redevable d´une approche scientifique ou ce qui ne peut prétendre s´apparenter à une telle approche. Pourtant, des problèmes et des questions surgissent?dès lors qu´il s´agit de formaliser définitions et démarcations entre sciences et pseudo-sciences : qui a le pouvoir de reconnaître, désigner, définir et légitimer un propos ou une pratique comme faisant partie de l´espace légitime des sciences et, par conséquent, d´inclure ou d´exclure les impétrants (tels que les mythes, religions, parasciences, pseudo-sciences, etc.) ? Certes, si les critères de démarcation sont discutables, la nécessité de séparer le bon grain de l´ivraie demeure intangible. L´analyse empirique des vaticinations et arguties des irrationalistes permet de raffiner sans cesse ces critères. Ce livre en donne maints exemples.
    Les sciences humaines sont souvent l´objet d´intrusions spiritualistes, l´instrument d´une « ?déraison savante? », le cheval de Troie des théories les plus insensées qu´une pléthore de mouvements et courants irrationalistes engendre à flots continus, en voulant faire main basse sur le « ?phénomène humain? ». Elles doivent donc affirmer la prévalence de leurs méthodes tout aussi scientifiques que celles des sciences de la nature et leur indéfectible rationalité, afin de se défendre contre ce qui émane de ces cloaques de la pensée. Telle est l´ambition des neuf auteurs de diverses disciplines (anthropologie, épistémologie, mathématiques, philosophie, psychologie, sociologie) qui donnent ici une éclairante variété d´analyses et de points de vue.
    Dans un monde où les obscurantismes jouent avec l´idée même de pensée rationnelle, la bafouant ou la retournant comme un gant, un tel livre se veut un humble jalon sur ce chemin rempli de leurres et de nasses...


  • Table des matières
    Introduction
    Philosophie économique, un état des lieux ........................ 3
    Gilles Campagnolo et Jean-Sébastien Gharbi
    I. L'articulation entre philosophie et économie
    II. Le choix des mots : comment appeler
    l'interaction entre philosophie et économie ?
    III. À propos de la définition de la philosophie économique
    III.1. Philosophie économique et théorie économique
    III.2. Philosophie économique et pluralisme
    III.3. Philosophie économique et histoire de la pensée économique
    IV. L'intérêt grandissant pour la philosophie économique
    V. Y a-t-il une tradition francophone en philosophie économique ?
    V.1. Des traditions distinctes en philosophie économique ?
    V.2. La langue : une question cruciale
    VI. Une nouvelle tripartition pour un état des lieux panoramique
    VII. Les contributions réunies dans cet ouvrage
    Partie I
    Philosophie morale et politique, et économie politique
    Chapitre 1
    Une critique de la conception utilitariste
    de la personne et de l'agent économique ........................... 51
    Catherine Audard
    I. Rawls et la conception utilitariste
    de la personne et de l'agent économique
    I.1. Le principe d'utilité : une conception publique de la justice ?
    I.2. Les avantages de la morale conséquentialiste
    I.3. Deux présupposés philosophiques
    II. La critique rawlsienne
    II.1. Le caractère distinct des personnes
    II.2. La confusion entre coordination et coopération
    II.3. La capacité à hiérarchiser les préférences :
    anticipation et liberté de choix
    III. Vers une dénaturalisation de la conception
    de l'agent comme être en développement
    III.1. Rawls et la conception kantienne de la personne
    III.2. Rawls et l'individualité comme développement de soi (Mill)
    IV. Quelques conséquences pour le Welfare State
    IV.1. La critique du Welfare State
    IV.2. La démocratie de propriétaires : Rawls et Meade
    Chapitre 2
    « L'économie du bien-être est morte. »
    Vive l'économie du bien-être ! .......................................... 77
    Antoinette Baujard
    I. Sur les comparaisons interpersonnelles d'utilité
    I.1. Du recours aux comparaisons à leur remise en cause
    I.1.1. Des comparaisons objectives mais normatives
    I.1.2. Compensation sans comparaison entre utilités subjectives
    I.2. De l'impossibilité du choix social au retour des comparaisons
    I.2.1. Le théorème d'Arrow
    I.2.2. La nécessité des comparaisons interpersonnelles
    II. L'économie scientifique et l'économie du bien-être
    II.1. L'ambition scientifique
    II.1.1. La genèse d'une science sociale
    II.1.2. Une science de la sphère matérielle pure et neutre
    II.2. Béhaviorisme ou flexibilité interprétationnelle des préférences
    II.2.1. Du béhaviorisme au béhaviorisme latent
    des préférences standards
    II.2.2. L'autonomisation des préférences standards
    III. Une épistémologie autonome pour l'économie du bien-être
    III.1. Opérationnalité et neutralité
    III.1.1. Une vaine ambition de la neutralité
    III.1.2. L'échec de l'opérationnalisme
    III.2. Activité et normativité de l'économie du bien-être
    III.2.1. De la distinction à l'articulation entre positif et normatif
    III.2.2. De la prescription à l'évaluation, l'art de l'économie normative
    IV. Conclusion
    Chapitre 3
    Économie de l'égalitarisme libéral. Réflexions pour
    mieux concilier libéralismes politique et économique ... 129
    Claude Gamel
    I. Actualité d'un vieux débat
    I.1. Une question de cohérence :
    « néolibéralisme » versus « égalitarisme libéral »
    I.2. Égalitarisme libéral : de la philosophie à l'économie
    II. Les premières priorités à peu près balisées
    II.1. La primauté de « l'égale liberté d'accès à l'emploi »
    II.2. L'égalisation des « capacités-potentialités »
    III. Le débat sur l'économie du « principe de différence »
    III.1.Redistribution forfaitaire du produit des « capacités-ressources »...
    III.2. ...ou égalisation de la « liberté réelle » de chacun ?
    IV. Conclusion : autres défis encore à relever
    IV.1. L'économie du principe de différence : suite et fin ?
    IV.2. L'économie de l'égalitarisme libéral, ici et maintenant
    Chapitre 4
    Philosophie économique de la propriété ........................ 181
    Jean Magnan de Bornier
    I. La propriété duale dans un monde hiérarchique
    I.1. Thomas d'Aquin
    I.2. Le droit naturel
    I.3. Jean-Jacques Rousseau
    II. La propriété de soi
    II.1. Locke et le second Traité
    II.2. Les successeurs optimistes de Locke
    II.3. Les successeurs critiques de Locke
    II.3.1 Propriété des fruits
    II.3.2 Propriété des instruments
    III. L'utilité
    IV. Quelques approches alternatives des fondements
    V. La propriété intellectuelle
    VI. Conclusion
    Chapitre 5
    La justice intergénérationnelle ....................................... 215
    Danielle Zwarthoed
    I. La justice entre générations fait-elle sens ?
    I.1. Le problème de la non-existence
    I.2. Le problème de la non-identité
    II. Quelles obligations avons-nous à l'égard des générations futures ?
    II.1. Le suffisantisme intergénérationnel
    II.2. Welfarisme et justice entre générations
    II.2.1. Utilitarisme et épargne intergénérationnelle
    II.2.2. Les enjeux éthiques du taux d'actualisation
    II.2.3. Le problème de la formation des préférences futures
    II.3. Rawls et la justice intergénérationnelle
    II.3.1. Position originelle et générations futures
    II.3.2. Le principe de juste épargne
    III. Comment mettre en oeuvre la justice intergénérationnelle ?
    IV. Conclusion
    Partie II
    épistémologie et méthodologie économique
    Chapitre 6
    L'ontologie de l'économie selon Aristote
    et la théorie économique actuelle ................................. 259
    Ricardo F. Crespo
    I. Facettes de l'oikonomike aristotélicienne :
    une ontologie de l'« action économique »
    I.1. Une action humaine
    I.2. Une capacité humaine
    I.3. Une habitude humaine
    I.4. Une science humaine
    I.5. Quelques conséquences déduites de
    l'analyse ontologique de l'oikonomike chez Aristote
    II. Conséquences éthiques de l'oikonomike aristotélicienne
    III. Conséquences d'une conception aristotélicienne
    en politique et économie politique
    IV. Quelques enseignements épistémologiques
    à tirer en économie des leçons d'Aristote
    V. Une brève conclusion
    Chapitre 7
    L'ontologie de l'économie ................................................ 283
    Pierre Livet
    I. Une ontologie relationnelle
    II. Ontologie et formalisme
    III. Ontologie et recherches expérimentales
    IV. Les paramètres nécessaires sont manquants ou erronés
    Chapitre 8
    Méthode scientifique et modes de raisonnement ............ 297
    Bernard WALLISER
    I. Recueil des données
    II. Définition de concepts
    III. Construction de relations
    IV. Révélation de mécanismes
    V. Test de théories
    VI. Reproduction du réel
    VII. Élaboration de fictions
    VIII. Processus dynamique d'élaboration scientifique
    IX. Classification des modes de raisonnement
    X. Sciences idiographiques et sciences nomothétiques
    XI. Sciences empiriques et sciences théoriques
    XII. Sciences qualitatives et sciences formalisées
    XIII. Sciences naturelles et sciences sociales
    XIV. Les modes de raisonnement en économie
    XV. Les typologies disciplinaires et l'économie
    XVI. Conclusion
    Chapitre 9
    La biodiversité comme thème
    de philosophie économique ............................................. 319
    Yves MEINARD
    I. La clarification du statut ontologique de la notion de
    biodiversité comme exercice de philosophie économique
    I.1. La biodiversité n'est pas une propriété observable
    sur la base du sens commun
    II.2. La biodiversité n'est pas une « entité inobservable »
    II.3. La biodiversité n'est ni plus ni moins qu'une notion qui sert à donner un sens chargé de valeurs aux problèmes traités par les sciences écologiques
    II. L'évaluation de la biodiversité comme
    problème de philosophie économique
    II.1. Pourquoi évaluer l'environnement ?
    II.2. L'argument de Sagoff contre l'évaluation
    économique de l'environnement
    II.3. Le problème sous-jacent à l'objection de Sagoff
    II.4. Les préférences abstraites : un objet économique
    II.5. Décomposer les préférences pour déployer l'information
    III. Conclusions
    Chapitre 10
    Modèles et simulations à base d'agents dans les sciences économiques et sociales : de l'exploration conceptuelle à
    une variété de manières d'expérimenter ........................ 347
    Denis Phan & Franck Varenne
    Introduction. Entre observation méthodique
    et analyse conceptuelle : une opposition ?
    I. Modélisation et expérience
    I.1. Les conceptions épistémologiques concernant les modèles scientifiques et analyse conceptuelle : une opposition ?
    I.2. Une vision ouverte et pragmatique : le modèle vu
    comme un construit visant à répondre à une question
    I.3. L'« analogie isolante » entre modèles et expériences
    I.4. La portée et le sens de la conjecture de Schelling selon Sugden
    I.5. Exploration conceptuelle et « validité interne »
    I.6. Les modèles comme autant de « mondes crédibles »
    II. Modèles, simulations et genres d'empiricité
    II.1. Modèles et simulations sur computer :
    quelques définitions et caractérisations
    II.2. Sous-symbolisation et hiérarchie
    dénotationnelle dans les simulations
    II.3. Trois genres de simulations sur computer
    II.4. Types d'empiricité des simulations sur computer
    II.5. Modèles, simulations et genres d'expériences
    III. Conclusion
    Partie III
    Philosophie de l'action et théorie de la décision
    Chapitre 11
    Le rôle de la psychologie dans la
    théorie néoclassique du consommateur ........................ 385
    Mikaël Cozic
    I. Le marginalisme
    I.1. La théorie marginaliste du consommateur
    I.1.1. utilité et utilité marginale
    I.1.2. L'optimisation et la seconde loi de Gossen
    I.1.3. L'hypothèse d'utilité marginale décroissante
    I.1.4. Quelques implications de la théorie marginaliste
    I.2. Les suppositions sur la mesure de l'utilité
    I.2.1. Les types de mesure
    I.2.2 La notion de supposition de mesure
    I.2.3. Le cardinalisme du marginalisme
    I.3. Le cardinalisme et le requisit de bonne fondation
    I.4. L'engagement psychologique de la théorie marginaliste
    II. L'ordinalisme et les préférences
    II.1. Les différentes versions de l'ordinalisme
    et la signification de l'utilité
    II.1.1. L'utilité comme « représentation » des préférences
    II.1.2. Interprétations monadique et comparative de l'utilité
    II.1.3. Conclusion
    II.2. L'interprétation des préférences
    II.2.1. Les interprétations mentalistes
    II.2.2. Les interprétations comportementales
    II.2.3. Quelle est l'interprétation dominante de la théorie ordinaliste ?
    II.3. La thèse de dispensabilité
    II.3.1. En quel sens peut-on « se passer » d'une utilité cardinale ?
    II.3.2. Utilite marginale décroissante et convexité des préférences
    II.3.3. Remarques complémentaires
    II.3.4. Conclusion
    II.4. La thèse de non-mesurabilité
    II.4.1. Un argument en faveur de la thèse de non-mesurabilité
    II.4.2. Les préférences comme base exclusive de mesure
    II.4.3. Difference de preference, comportement et introspection
    II.4.4. Conclusion
    II.5. L'utilité passée au rasoir d'Ockham
    II.5.1. Les arguments de parcimonie
    II.5.2. Parcimonie épistémique et interprétation mentaliste
    II.5.3. Parcimonie épistémique et interprétation comportementale
    II.6. L'engagement psychologique de la théorie ordinaliste
    III. La préférence révélée
    III.1. L'axiome faible de la préférence révélée (WARP)
    III.1.1. La théorie basée sur WARP
    III.1.2. La relation de préférence révélée
    III.1.3. L'axiome fort de la préférence révélée
    III.3. Commentaires préliminaires sur la TPR
    III.3.1. Préférences et préférences (indirectement) révélées
    III.3.2. Théorie de la préférence révélée et théorie ordinaliste
    III.3.3. L'analyse des « implications empiriques complètes »
    III.3.4. Théorie de la préférence révélée et interprétation comportementale de la théorie ordinaliste
    III.4. TPR, économie et psychologie
    III.4.1. TPR et béhaviorisme
    III.4.2. Quel usage faire de la TPR ?
    IV. Conclusions
    V. Annexes
    V.1. Une méthode de mesure de l'utilité des options à partir des préférences
    V.2. Quelques propriétés des préférences
    V.3. Effet de substitution et matrice de Slutsky
    V.4. L'équivalence définitionnelle
    Chapitre 12
    Agents économiques et rationalité ................................. 489
    Maurice Lagueux
    I. Des agents rationnels, mais en quel sens ?
    II. Le rôle de la rationalité en sciences économiques
    III. Macroéconomie et rationalité
    IV. Rationalité et formalisation mathématique
    V. Préférences révélées et réinterprétation de la rationalité
    VI. Que reste-t-il de la rationalité en économie évolutionniste ?
    Chapitre 13
    Théorie des jeux et analyse
    économique des institutions .......................................... 503
    Cyril Hédoin
    I. Les institutions et le problème de
    l'indétermination en théorie des jeux
    II. Théorie des jeux et institutions : l'approche « évolutionniste »
    II.1. L'approche évolutionniste : une caractérisation formelle
    II.2. L'émergence des points focaux
    III.3. La coévolution institutions/préférences
    III. Théorie des jeux et institutions : l'approche « épistémique »
    III.1. L'approche épistémique : une caractérisation formelle
    III.2. Croyances culturelles et organisation des échanges
    III.3. Communauté, saillance et suivi de règle
    IV. Théorie des jeux, histoire et individualisme méthodologique
    IV.1. Théorie des jeux, institutions et relation théorie/histoire
    IV.2. Le statut de l'individualisme méthodologique
    V. Conclusion
    Chapitre 14
    Les normes et la philosophie économique ..................... 549
    Emmanuel Picavet
    I. Situer la référence aux normes en philosophie économique
    I.1. L'idée de norme et le discours de l'économie
    I.2. Les normes, entre attentes et conséquences
    I.3. Deux rôles pour les normes
    I.4. Information et normes du jugement
    II. L'imbrication des valeurs, des intérêts
    et des normes dans la délibération
    II.1. La légitimité des intérêts
    II.2. Reconnaissance des normes et validation des intérêts
    III. Les normes et l'encadrement institutionnel
    III.1. L'interprétation des normes dans le jeu institutionnel
    III.2. L'établissement d'une normativité dans la coordination
    ou la coopération
    III.3. Normes économiques et logiques de l'endossement
    V. Conclusion
    Chapitre 15
    Philosophie de la finance : l'exemple
    de l'efficacité informationnelle d'un marché .................. 579
    Christian Walter
    I. Problèmes de définition
    I.1. Efficacité ou efficience ?
    I.2. L'évolution des définitions descriptives
    I.2.1. Trois histoires intellectuelles de longue durée
    I.2.2. Un basculement épistémologique
    II. Les définitions descriptives de l'efficacité informationnelle
    II.1. Définitions anciennes et « à l'ancienne »
    II.2. Les définitions modernes
    III. Problèmes de vérification
    III.1. Un exemple introductif : la juste valeur
    III.1.1. La juste valeur d'un actif
    III.1.2. La non-réfutabilité de l'efficacité informationnelle
    III.2. Les hypothèses auxiliaires
    III.2.1. Les quatre causes de l'efficacité informationnelle
    III.2.2. L'hypothèse auxiliaire du rendement attendu
    III.2.3. L'hypothèse auxiliaire de la morphologie du risque
    III.3. Un programme de recherche
    III.3.1. Valeur fondamentale et bulles spéculatives
    III.3.2. Stratagèmes conventionnalistes
    IV. Une convention stochastique
    IV.1. Un énoncé performatif ?
    IV.2. Une convention ?
    Annexe. L'intuition de la représentation martingale
    Annexe
    Éléments pour une histoire récente
    de la philosophie économique francophone .................. ???
    Gilles Campagnolo, Jean-Sébastien Gharbi et Pierre Livet
    Les contributeurs ........................................................................... 633






  • Diderot s'intéresse à l'humain depuis ses premiers écrits. Qu'il s'agisse de relativiser la place centrale que la religion lui donne, de renverser le dualisme âme/corps ou de penser l'histoire de l'espèce humaine, il développe des perspectives matérialistes stimulantes. Mais ces éléments ne s'organisent pas en une anthropologie systématique, car, même s'il pense leur cohérence, Diderot préfère déployer des pistes multiples nourries par les sciences de son temps. Les contributions de cet ouvrage s'intéressent à ces perspectives, qui nous conduisent de la chimie à l'économie politique en passant par l'histoire naturelle, la médecine, l'anatomie et la physiologie. Tout en examinant les horizons que chaque savoir offre, elles éclairent les liens qui se nouent entre eux pour dessiner une conception matérialiste complexe de l'humain. François Pépin est professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Louis le Grand à Paris et chercheur associé à l'Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités (UMR 5317-ENS de Lyon). Guillaume Lecointre est biologiste, professeur au Muséum national d'histoire naturelle où il dirige le département de recherche « Systématique et évolution ». Avec les contributions de Gilles Barroux, Marion Chottin, Jean-Marc Drouin, Guillaume Lecointre, Francine Markovits, Adrien Paschoud, François Pépin, Motoichi Terada, Caroline Warman.

  • Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) est une des figures les plus subversives du siècle des Lumières. Célèbre en son temps pour avoir défendu un monisme radical, qui lui valut nombre de critiques et de condamnations officielles, La Mettrie est l'un des premiers penseurs à se revendiquer matérialiste. Mais il fut aussi et d'abord un médecin, un auteur et un traducteur de nombreux ouvrages médicaux et scientifiques. Ses centres d'intérêt comprennent tous les champs environnant la médecine, notamment la physiologie, l'histoire naturelle, la chimie, les politiques publiques. La Mettrie fut encore un écrivain, sans doute sous-estimé, sachant allier attaques ad hominem, ironie et déplacements subtils dans une volonté toujours réaffirmée d'ébranler toutes les formes d'orthodoxie.
    C'est à ces divers aspects, dont l'articulation n'est pas toujours aisée, que le présent ouvrage s'est intéressé. Il réunit des spécialistes de La Mettrie, de la philosophie du XVIIIe?siècle, de l'histoire des sciences et de la littérature.

  • Le philosophe et historien des sciences Jean Gayon (1949-2018) est une figure éminente de ces deux disciplines. Son champ d'étude privilégié?: la biologie, plus particulièrement la biologie de l'évolution. Au cours des trois dernières décennies, il a formé de nombreux chercheurs, no¬tamment en encadrant des thèses souvent novatrices, et lancé une multitude d'initiatives de recherche qui ont permis à la philosophie de la biologie de prendre un essor sans pareil en France, grâce à des liens privilégiés avec les figures marquantes du domaine, oeuvrant à l'époque aux États-Unis et en Angleterre.
    Les textes rassemblés ici rendent hommage à l'homme, à l'enseignant et au penseur qui a largement impulsé le renouveau de la philosophie de la biologie, par ses réflexions déterminantes sur la théorie de l'évolution, la génétique, le hasard, etc., objets et concepts repensés conjointement à la lumière de l'approche classique de l'«?épistémologie historique?» et de celle fondée sur la philosophie analytique. Collègues, élèves et amis, réunis lors de journées d'hommage en mars?2017 dont ce livre est issu, montrent à quel point Jean Gayon est un pilier essentiel de la nouvelle philosophie des sciences. Au fil de 26 chapitres, répartis en quatre parties («?Épistémologie historique et philosophe de la biologie?», «?Histoire de la génétique?», «?Études d'histoire et de philosophie de la biologie évolutive?: thèmes de Jean Gayon?», «?Regards sur Jean Gayon, historien et philosophe, enseignant et chercheur?»), ce livre témoigne de la présence et de la nécessaire postérité de l'oeuvre de Jean Gayon.
    Sous la direction de?: Francesca Merlin, philosophe des sciences, chargée de recherche, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, CNRS & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Philippe Huneman, philosophe des sciences, directeur de recherche, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, CNRS & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
    Avec les contributions de?: Robert Brandon, Anastasios Brenner, Richard M. Burian, Gérard Chazal, Christine Clavien, David Depew, François Duchesneau, Anne Fagot-Largeault, Denis Forest, Élodie Giroux, Pierre-Henri Gouyon, Thierry Hoquet, Philippe Huneman, Denis Kambouchner, Laurent Loison, Françoise Longy, Jorge Martínez-Contreras, Francesca Merlin, Pierre-Olivier Méthot, Michel Morange, Thomas Pradeu, Armand de Ricqlès, Michael Ruse, Phillip Sloan, Edna Suárez Díaz, Stéphane Tirard, Michel Veuille.

  • «?Qu'est-ce que la science... pour vous???»
    Telle est la question posée ici à des scientifiques, philosophes, historiens des sciences, médiateurs et amateurs de sciences.
    Simple question certes, mais pas une question simple... Où est la vraie difficulté?? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques?? C'est pourquoi la cinquantaine d'auteurs de ce tome 2 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l'on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnels à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C'est qu'il n'est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il.
    Les réponses sont souvent brèves - quelques pages - afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.

  • Qu'est-ce que la complexité?? Et n'y en a-t-il qu'une sorte?? Ces rencontres pluridisciplinaires sur le thème complexité désordre vous invitent à un voyage entre art, philosophie, histoire, sciences dures et sciences humaines sous la conduite de spécialistes qui s'efforcent d'ouvrir leur message aux lecteurs?: non seulement leurs collègues directs, mais aussi et surtout les spécialistes d'autres disciplines, comme bien sûr les étudiants, les élèves et tout lecteur curieux. À travers la diversité des styles et des thèmes personnels, des questions majeures émergent, interconnectent les rapports et suggèrent de nouvelles applications. S'y révèle notamment la complexité de l'espace qui nous entoure, cet espace dans lequel la pesanteur déséquilibre l'isotropie et la régularité. S'y manifestent aussi le besoin et la nécessité d'observer la nature, sa complexité à différentes échelles, de différents points de vue, pour mieux l'appréhender dans sa globalité, dans sa diversité.
    La complexité de la nature (physis) pose, depuis l'Antiquité au moins, les deux questions de savoir si et pourquoi elle nous est compréhensible. Les sciences naturelles et les mathématiques tentent de répondre principalement à la première question, la philosophie et les sciences humaines à la seconde. Chercher à aborder ces deux questions de concert nécessite donc une approche globale où se rejoignent des disciplines très différentes. C'est dans ce cadre que se situe cet ouvrage dont l'objectif, au travers de la diversité des analyses et des auteurs, est de fournir quelques éléments de réponse ou de réflexion sur la nature de la complexité.
    Jean-Claude Serge Lévy est professeur émérite à l'Université Paris Diderot. Physicien du magnétisme, il s'est aussi intéressé à la structure des matériaux, aux réseaux de neurones, etc.
    Salomon Ofman a une double formation de mathématicien et de philosophe. Chercheur au CNRS (Université Paris 7), membre du groupe Histoire des sciences mathématiques de l'Institut mathématique de Jussieu-Paris Rive gauche.
    Contributeurs?: Kamel Boukheddaden, Nicolas Décamp, Philippe Depondt, Hung T. Diep, Kitsou Dubois, Pierre Ghewy, Laurent Goffart, Marc Jaillot, Victor Lefèvre, Vincent Legeay, Julien Léopoldès, Jean-Claude Serge Lévy, Fabrizio Li Vigni, Slawomir Mamica, Salomon Ofman, Hassan Peerhossaini, Raymond Pictet, Nicolas Piqué, Mouhamadou Sy, Anthony Tchekemian, Anne Tanguy, Gaston Tolila, Laurence Viennot, Thomas Vourc'h, Hervé Zwirn.

  • L'oeuvre du médecin et historien d'origine croate Mirko Grmek (1924-2000) représente un moment incontournable de l'histoire des sciences et de la médecine de la seconde moitié du XXe?siècle.
    S'installant à Paris au début des années 1960, Grmek travaille aux côtés de Fernand Braudel, Pierre Huard, René Taton, Georges Canguilhem et Alexandre Koyré, puis devient professeur-chercheur aux États-Unis et directeur d'études à la Sorbonne. Personnage imposant par son savoir scientifique et sa connaissance des principales langues européennes, il participe à l'essor de l'histoire de la médecine et des sciences grâce à ses nombreux travaux sur la nature du vieillissement, le rôle de la quantification dans les sciences biologiques, l'histoire des maladies, l'oeuvre de Claude Bernard, dont il reste l'un des plus grands spécialistes. Annonçant le «?tournant pratique?» en philosophie des sciences, Grmek renouvelle l'épistémologie de la découverte scientifique et les méthodes d'investigation en histoire des sciences. Éditeur fondateur de la revue History and Philosophy of the Life Sciences, son héritage se prolonge dans le cadre de l'école internationale en histoire de la biologie à Ischia, en Italie.
    Que retenir aujourd'hui de cette oeuvre couvrant l'histoire des concepts scientifiques de l'Antiquité à la période contemporaine?? Comment décrire cette méthode historique qu'il a préconisée?? À quel courant de pensée la rattacher?? Quelles voies nouvelles Grmek a-t-il tracées dans l'histoire des sciences biologiques?? Quelle est la singularité de son regard sur la science, la médecine, les techniques et leur historiographie?? Rassemblant des études récentes en français sur Mirko Grmek, cet ouvrage collectif se propose de dessiner les contours de son legs d'historien et de philosophe de la médecine et des sciences.

  • Depuis la célèbre fiction forgée par Laplace en 1814 dans son Essai philosophique sur les probabilités - dite du démon de Laplace, abondamment commentée dans ce "Matière première" - , qui voit une intelligence infinie calculer selon certaines lois tous les états du monde, le déterminisme est un cadre central de la connaissance scientifique. Pourtant, de nombreux débats parcourent cette idée. Existe-t-il un seul paradigme déterministe, dont les modifications seraient en fait des variantes, ou faut-il pluraliser les déterminismes selon les sciences (biologiques, historiques et sociales, etc.) et les positionnements philosophiques ? Face aux limites des modèles déterministes et du cadre laplacien, qu´il s´agisse de mécanique classique, de mécanique quantique, de biologie, des sciences humaines ou de philosophie, doit-on accepter l´écart entre l´horizon de notre connaissance et sa mise en pratique, éventuellement en nuançant l´idéal laplacien, ou faut-il au contraire tenter de dépasser tout paradigme déterministe ? Tombe-t-on alors nécessairement dans l´indéterminisme ontologique, comme on l´a souvent affirmé précipitamment ? Enfin, philosophiquement, quelles sont les implications d´un déterminisme conséquent, en particulier sur le plan moral ? Ce numéro de "Matière première" aborde d´une manière multiple et interdisciplinaire ces questions. Il articule des enjeux scientifiques, épistémologiques et philosophiques autour de la tension entre le déterminisme, ses critiques et l´indéterminisme. Épistémologues, historiens des sciences (naturelles et humaines), scientifiques et philosophes font le point sur les approches classiques et proposent de nouvelles perspectives.


    Contributions de : François Athané, Delphine Blitman, Cécilia Bognon-Küss, Jean Bricmont, Pascal Charbonnat, Jean-Matthias Fleury, Michel Gondran, Julie Henry, Michel Paty, François Pépin, Charles T. Wolfe.

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