Bord De L'eau

  • Un ouvrage de plus sur une personnalité politique ? Un nouveau témoignage, écrit souvent par un autre, publié par un élu ? Des « mémoires » édités en pleine activité ? Une biographie autorisée (ou pas) destinée à tout nous dire sur tel ou tel acteur de la chose publique ? Ce livre n'est rien de tout cela. C'est un exercice unique en son genre. Un recueil d'une vingtaine de contributions décryptant, sous de nombreuses facettes, la trajectoire et l'action politique de celui qui préside aux destinées de la plus grande région de France depuis janvier 2016 : la Nouvelle-Aquitaine. Il s'appelle Alain Rousset. « Provincial » mais diplômé de Sciences Po Paris, dix ans parlementaire tout en ayant été successivement maire, président d'une communauté urbaine, premier vice-président d'un département et président de région depuis 1998, Alain Rousset aurait pu être un de ces innombrables grands commis d'un État triomphant, plus jacobin que jamais mais colosse aux pieds d'argile. Les circonstances en ont décidé autrement. Les textes qui composent ce livre et qui donnent à voir une personnalité contrastée, originale et passionnée par le fait régional, ne tiennent pas de l'hagiographie béate d'admiration. Ils sont autant de points de vue différents puisque vus d'une pluralité de points : amicaux ; institutionnels, médiatiques ; universitaires ; sociaux ; économiques ; culturels et, même pour l'un d'eux, situé sur « l'autre rive » (politique). Ils éclairent, chacun à leur manière, le long entretien qui clôt cet ouvrage entre Alain Rousset, véritable décentralisateur de la République, et Jean Petaux. Un échange final en trois temps : celui d'apprendre, celui d'entreprendre et celui de comprendre.

    Avec les contributions de : Alain ANZIANI ; Joël AUBERT ; Naïma CHARAÏ ; Anne-Marie COCULA ; Emilie COUTANCEAU ; François DUBET ; Michel GARICOIX ; Guillaume GONIN ; Laurence HARRIBEY ; Jean-Noël JEANNENEY ; Alain JUPPÉ ; Jean PETAUX ; Marc PRIKAZSKY ; Jacques RIPOCHE ; Pierre SADRAN ; Gilles SAVARY ; Jean VIARD.

  • Tout le montre : le divorce entre les Française(s) et la classe politique est désormais consommé. Jamais on n'a eu autant le sentiment que le discours politique professionnel tourne à vide, incapable d'analyser le présent et de montrer l'avenir. Partout, en revanche, des milliers d'initiatives citoyennes essaient de réinventer la politique, l'économie, le rapport à la nature, la socialité, etc. Mais sont-elles cohérentes ? Dessinent-elles effectivement les contours d'une autre politique et d'une autre société à la fois possible et désirable ? C'est pour en avoir le coeur net que les intellectuels engagés réunis autour du convivialisme, et qui forment un échantillon représentatif de ces porteurs d'initiative, ont décidé de confronter les pistes et les solutions qu'ils proposent.

  • En prenant acte du recours croissant à la notion de santé environnementale dans les politiques publiques depuis une quinzaine d'années, il s'agit d'interroger la plasticité de cette notion à travers son histoire et à travers les forces sociales qui participent à la façonner. Un regard distancié sur cette notion est nécessaire, la santé dite environnementale pouvant ne constituer que le dernier avatar d'une préoccupation ancienne : celle de la relation entre la santé des êtres humains et les écosystèmes qu'ils habitent. L'émergence de cette notion, au tournant du XXIe siècle, s'inscrit dans un contexte d'incertitudes et de crise de la biomédecine :
    Après l'ère des « victoires spectaculaires » sur les maladies infectieuses, les dernières décennies voient naître des incertitudes quant aux effets sanitaires de certains choix de développement (agriculture intensive fondée sur le recours aux pesticides, usage du diesel, nanoparticules, etc.). Pour mieux caractériser ce moment de structuration de politiques publiques autour de la santé environnementale, en l'inscrivant dans une perspective historique, les regards d'historiens et de sociologues spécialistes des questions de santé, ainsi que ceux de géographes et de membres des professions médicales, permettent d'éclairer la manière dont l'action publique et les pratiques de santé peuvent être transformées lorsqu'une attention plus soutenue est portée à l'altération des écosystèmes dans lesquels évoluent les sociétés humaines.
    Ils révèlent aussi comment la notion de santé environnementale peut être utilisée pour renforcer les frontières socialement construites entre la santé publique et la santé au travail, en ignorant la question des risques industriels.

  • En ce début de XXIe siècle, de nombreux acteurs politiques et économiques, y compris des ONG environnementalistes, promeuvent une politique de préservation de l'environnement qui soit compatible avec les logiques de croissance économique, voire qui s'appuie sur des stratégies de marché. Dans ce cadre, depuis une trentaine d'années, nous assistons à une fl oraison d'instruments économiques et de tentatives de construction de marchés spécifi ques à l'environnement comme les permis de pollution, les banques de compensation ou les services écosystémiques. Ces politiques, dénoncées par de nombreux militants altermondialistes comme une marchandisation de la nature, sont souvent présentées comme le résultat du tournant néolibéral de la fi n des années 1980.
    Il s'agit de proposer ici une analyse originale des diff érentes tentatives d'intégration de l'environnement dans l'économie en mettant l'accent sur diff érents aspects peu développés dans les réfl exions contemporaines. En partant d'une analyse de longue durée qui montre que la volonté de mettre en économie l'environnement précède largement le tournant néolibéral des années 1980, c'est la pluralité des formes de mises en économie de l'environnement qui est donnée à voir. Cette pluralité répond à des logiques diff érentes qu'il est essentiel de distinguer dans un souci d'analyse ou d'action. Par ailleurs, il s'agit de ne pas prendre pour acquis l'existence eff ective d'un marché de l'environnement comme le proclament les tenants du marché de la biodiversité et parfois leurs adversaires. Il semble au contraire nécessaire de pointer les nombreux tâtonnements et diffi cultés de l'évaluation monétaire, malgré les eff orts répétés ainsi que les échecs déjà perceptibles de la construction de ce type de marchés comme celui des services écosystémiques. Finalement, les instruments et politiques de mise en économie de l'environnement sont, dans bien des cas, des opérations incantatoires, destinées à modeler les signifi cations et les représentations pour faire du marché le seul horizon politique possible. Comment, dans ce contexte, construire une politique critique qui ne prenne pas pour acquis ce projet idéologique ?

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  • En ce début du XXIe siècle, la coopération au développement fait face à une vague de critiques remettant en cause son efficacité et sa légitimité. Le paradoxe est que cette hypothèse survient à une époque où l'on assiste à une vague néo-développementiste sans précédent dans les pays en développement. Le basculement du monde engendré par le développement de la Chine et des autres pays émergents a débouché sur une baisse significative de l'extrême pauvreté et des inégalités Nord-Sud. C'est ainsi au moment où les politiques de développement enregistrent leurs résultats les plus probants que la mort programmée de la coopération au développement est annoncée. À cette aune, si son approche traditionnelle semble bel et bien obsolète, la coopération au développement n'est pas pour autant en crise terminale : c'est sa géographie qui se transforme. Tous les enjeux mondiaux du XXIe siècle siècle sont liés au développement et nécessitent un renforcement de la coopération internationale. Malgré de cuisants échecs et une histoire tourmentée, la coopération au développement se voit ouvrir de nouveaux horizons : son principal défi consiste à adapter sa boussole aux enjeux d'un monde en mutation.

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