Artois Presses Université

  • L'enseignement des langues vivantes dans le système éducatif français a fait l'objet d'importantes réformes, en particulier depuis le lancement en 2005 du Plan de rénovation de l'enseignement des langues vivantes étrangères, adossé au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) du Conseil de l'Europe. Sa mise en place progressive arrive à son terme et une pédagogie actionnelle caractérise aujourd'hui l'ensemble du parcours d'enseignement-apprentissage, du primaire au secondaire. Les étudiants qui rejoignent aujourd'hui l'université sont formés à la compétence de communication selon des modalités nouvelles. Celles-ci modifient fondamentalement les orientations et les techniques d'enseignement des langues dans le supérieur et amènent, par conséquent, à une réflexion sur l'application à l'université du Cadre européen commun de référence pour les langues, trop souvent limitée encore aux certifications de type CLES et pas réellement insérée dans une démarche didactique et pédagogique. Cet ouvrage propose non seulement une réflexion sur le développement des capacités langagières mais présente également de nouvelles approches afin d'optimiser le processus d'enseignement-apprentissage et de rénover les pratiques actuelles. Les travaux ainsi réunis portent un regard actualisé et critique sur les questions de l'apprentissage, de la motivation et de l'auto-motivation, des nouvelles technologies et de l'innovation.

  • Jacqueline Lévi-Valensi note que le colloque dont ce volume est la mémoire, Camus et les écritures du xxe siècle, est à la fois continuité et ouverture. « Continuité, parce qu'il se situe dans le prolongement des travaux menés depuis le Colloque de Cerisy-la-Salle qui, en 1982, était le premier à se tenir en France et a vu naître la Société des études camusiennes » ; continuité aussi par l'origine, l'âge et la diversité des intervenants. Ouverture parce que « les oeuvres de Camus sont ici abordées dans leur relation à l'autre, au Maghreb, en particulier, mais également à d'autres mondes européens, à d'autres continents, à d'autres écrivains, à d'autres écritures, sous le signe, bien camusien, du dialogue. C'est peut-être pourquoi son oeuvre est à la fois singulière et universelle, classique et pourtant si moderne, tenant un "langage clair" et gardant ses énigmes, née "dans la chair et la chaleur des jours" et porteuse d'une véritable mythologie, qui nous parle, simultanément de la tragédie de la vie et du bonheur de vivre, qui nous apprend l'émerveillement et la lucidité. Une oeuvre ancrée dans les fureurs de son temps, et qui reste d'une étonnante actualité ». Proposant de mettre cette trentaine de contributions sous l'éclairage du double pouvoir de l'écriture, sur l'écrivain et sur ses lecteurs, elle conclut : « Camus ne cesse de nous dire qu'il y a en l'homme quelque chose qui échappe aux violences de l'histoire et qui refuse de mourir, et que ce sont les artistes qui témoignent de cette part irréductible. Peut-être pouvons-nous alors placer ce dialogue entre les oeuvres sous l'égide d'une phrase qui résume le bonheur grave de la création : Écrire, ma joie profonde ».

  • La traduction est couramment définie comme une opération qui relie deux cultures nationales monolingues. Mais qu'en est-il des traductions produites au sein de cultures nationales ou régionales plurilingues comme le Canada, la Belgique, la Suisse ou les Caraïbes ? Peut-on encore arguer à leur propos de « sources » et de « cibles » ou de relations de « symétrie » et d'« équivalence », sachant que les cultures diglossiques ou pluriglossiques instaurent plutôt des inégalités entre les langues et les littératures ? Si les cartographies qui représentent l'espace culturel ont longtemps cherché à minorer ou à occulter ces inégalités, il s'impose de reconsidérer la nature des relations intraculturelles à mesure que les cultures se reconnaissent de plus en plus ouvertement comme plurilingues. Les notions de frontière (linguistique) et d'espace (national) y sont aujourd'hui mises à mal, en faveur d'une hybridation des langues dont la traduction se ressent à son tour. Cet ouvrage réunit des contributions théoriques, historiques et analytiques sur les traductions dans les cultures plurilingues. Il s'attache plus précisément à la période qui va de la naissance des idéologies monolingues au XIXe siècle à leur questionnement radical à partir de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Très débattus au sein de la communauté linguistique, les thèmes du temps, de l'aspect et des classes de mots sont abordés ici sous un angle résolument novateur, étant donné qu'ils sont traités d'un point de vue à la fois théorique et didactique et qu'ils sont étudiés en relation les uns avec les autres. En effet, on ne s'attend pas a priori à ce que les prépositions (sauf les temporelles), les noms (excepté les noms d'action), les adverbes (exception faite des aspectuels et temporels), les adjectifs, soient porteurs d'indications aspectuelles/ temporelles. Les auteurs se proposent d'explorer et d'expliciter le réseau serré d'informations relatives au temps et à l'aspect dont sont chargées plusieurs (sous)-classes de mots, ainsi que les problèmes théoriques et didactiques qui en découlent, aussi bien en français qu'en roumain.

  • Les petites filles ont-elles une histoire ? Et si oui, comment est né cet objet d'intérêt, ce nouveau sujet qui traverse les classes et les trames ? Vers 1850 apparaissent des textes qui deviendront des classiques de la littérature : Alice au pays des merveilles, en Angleterre, Les Malheurs de Sophie, en France, Les Quatre filles du docteur March, en Amérique. Un peu plus tard, Freud élabore une théorie de la séduction, prémisse du complexe d'OEdipe. Même l'Eglise s'intéresse aux visions des petites filles pour en faire des bienheureuses. Un siècle plus tard, le mythe s'incarne en Lolita, une version amère et désespérée de la femme fatale et de l'amour en Occident. La petite fille a donc bien une histoire, et l'on peut en suivre les méandres dans la littérature, du modèle de la jeune fille accomplie de la période prérévolutionnaire, en passant par l'âge romantique qui réévalue l'enfance et la femme, jusqu'au triomphe de la littérature enfantine, pour arriver au lendemain de la seconde guerre mondiale. On peut suivre l'itinéraire de l'enfance féminine, chez Mme de Staël et Jane Austen, Percy et Mary Shelley, Byron, Charlotte Brontë, Mme de Ségur, George Sand, Victor Hugo, Marie Bonaparte, Vladimir Nabokov, sans oublier les figures extralittéraires qui ont eu prise sur l'imaginaire comme Eugénie de Montijo ou Bernadette Soubirous. .

  • On pensait avoir tout dit sur le géant, figure figée dans un double stéréotype de violence archaïque ou de bonté débordante, et n'ayant plus guère sa place dans la littérature, si ce n'est dans celle destinée aux enfants. Or ce colloque a permis de découvrir que le géant, présent dans presque tous les récits d'origine où il est tantôt grand ancêtre protecteur, tantôt monstre sauvage tout droit sorti du chaos, continuait à hanter les oeuvres les plus contemporaines. Les articles qui constituent ce volume explorent, à travers les siècles et les oeuvres littéraires, les nombreux enjeux esthétiques, scientifiques ou philosophique de la figure gigantale et nous invitent à découvrir l'étonnante richesse et complexité de ce " personnage-métaphore". La rencontre des spécialistes de domaines et d'époques très différents a ainsi mis en lumière combien le géant est profondément inscrit, non seulement dans l'imaginaire de l'Occident, mais encore dans sa conscience littéraire et artistique.

  • Les contributions proposées dans ce volume, par leur diversité, apportent un nouvel éclairage sur des questions centrales relatives à l'enseignement / apprentissage du verbe. Elles permettent de mettre en évidence le lien étroit entre recherche linguistique et application didactique dans ce domaine et de réfléchir sur les conditions d'une transposition didactique, en vérifiant la pertinence des propositions faites dans le cadre d'expérimentations menées en classe. En proposant une réflexion sur les critères identificatoires de cette unité ou sur l'organisation du système verbal, en portant une attention particulière sur les manuels scolaires ou encore sur les constructions syntaxiques dépendant du verbe, les études proposées ici ébauchent aussi des pistes qui pourraient être envisagées utilement dans le cadre de la formation des enseignants.

  • Depuis la naissance du professionnalisme en 1932, plus de 500 footballeurs algériens jouent dans le Championnat de France. D'Ali Benouna à Zinédine Zidane, qui sont ces travailleurs immigrés du sport ? Et quelles sont leurs histoires ? En croisant des archives exceptionnelles et des entretiens inédits avec une centaine d'anciens joueurs et leurs proches, Stanislas Frenkiel révèle un pan méconnu de l'immigration algérienne en France. Loin des masques du business et du spectacle, il met en lumière trois générations de footballeurs professionnels dont les carrières sportives et trajectoires sociales s'inscrivent dans les ambiguïtés et turbulences du XXe siècle : décolonisation et mondialisation, désindustrialisation et émancipation, démocratisation et professionnalisation du sport. À la suite d'une longue et passionnante enquête de terrain et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres parcourus en France et en Algérie, l'auteur dévoile un livre de référence sur l'immigration dans le football. Il est issu du remaniement approfondi de sa thèse de doctorat.

  • La Révolution française et les secousses qu'elle a durablement engendrées dans toute l'Europe ont souligné de manière inédite l'influence du Verbe sur la politisation collective. Selon quelles modalités le bouillonnement rhétorique de la Révolution a-t-il été assimilé, mis à distance et pour partie réinventé en Europe occidentale dans le demi-siècle qui a suivi, tant chez les partisans que chez les adversaires du mouvement initié en 1789 ? Quelle a été l'incidence de cette rhétorique fondatrice dans la sensibilité des générations suivantes et dans la politisation d'individus n'appartenant pas aux élites sociales ? Du monde anglo-saxon aux confins méridionaux de l'Europe occidentale en passant par le territoire flamand, la rhétorique de 1789 a fait l'objet d'adaptations profondes et significatives, quand elle n'était pas franchement rejetée. En France même, loin d'une diffusion de valeurs républicaines directement issue du Verbe révolutionnaire, les analyses présentées au fil de cet ouvrage suggèrent toute la complexité des entrelacements argumentatifs dans la maturation progressive d'un modèle politique national jusqu'en 1848.

  • L'intérêt de cet ouvrage consiste à confronter différents champs disciplinaires sur la notion de frontière au sens propre comme au sens figuré : frontière linguistique, religieuse, économique, sociale, géographique, culturelle, artistique, religieuse et naturellement politique. On y trouvera dès lors des contributions portant sur l'histoire, la géographie, l'histoire de l'art, l'archéologie et les religions, mais aussi des études linguistiques et culturelles. La définition et la perception de la frontière sont envisagées comme une zone de rencontres, d'échanges, de regroupements mais aussi comme une zone de confrontation ou de fracture politique, religieuse, militaire.

  • De façon récurrente aujourd'hui, dramaturges, acteurs ou metteurs en scène se référent à la musique pour désigner une composante majeure de leur travail, voire un « modèle d'écriture ». On se propose ici d'étudier ce phénomène en l'abordant sous l'angle du corps, et d'explorer les modalités de mise en relation entre le corps et le fait musical (qu'elle soit littérale, ou plus symbolique), dans les textes comme sur les scènes du théâtre moderne et contemporain, en en cherchant la source dans quelques figures phare du xxe siècle, pour se concentrer ensuite sur quelques dramaturgies très contemporaines. De quoi ce « corps musical » est-il donc le symptôme ? La question est aussi bien esthétique que politique. Une première partie de cette étude abordera les écritures, au sens large du terme ; la seconde traitera de la question du corps au plateau, de l'acteur à la mise en scène : qu'est-ce que le corps fait à la musique, et la musique au corps ? Et surtout, quel modèle de pensée, via cet imaginaire musical, vient informer la représentation théâtrale dans son ensemble ? Clôturant chaque partie, deux tables rondes, - l'une d'écrivains et traducteurs, l'autre de musiciens pour la scène -, permettent d'entendre des points de vue parfois divergents sur cette question de la musique et du corps dans le processus de création.

  • Ce volume constitue le deuxième volet d'une recherche que nous avons voulu consacrer aux écritures théâtrales pour la jeunesse dont le premier est paru en 2015 dans la revue Recherches et Travaux. Ici encore, il s'agit d'examiner comment le rapport à la jeunesse correspond moins à une thématique qu'à un engagement dépassant le seul théâtre destiné aux jeunes et interrogeant à la fois le monde et le théâtre, la jeunesse et les adultes soucieux de regarder le monde tel qu'il va depuis l'enfance. Cet engagement est ici plus précisément étudié via la focale de la poétique du drame - une poétique résolument plurielle qui ne manque pas de vivifier le champ de la littérature théâtrale contemporaine dans son ensemble. Attentif aussi bien aux poétiques de l'engagement qu'à l'engagement du poétique dans le théâtre de jeunesse, ce volume propose d'aller à la rencontre de dramaturgies et de voix singulières, telles celles d'Edward Bond, de Joseph Danan, de Daniel Danis, de Philippe Dorin, de Mike Kenny, de Claudine Galea, de Suzanne Lebeau, de Sylvain Levey ou encore de Dominique Richard.

  • De bouche à oreille, de recueils en romans, sur la scène ou sur la toile, la chanson pour enfants circule, se fixe dans des livres pour la jeunesse, surgit dans les oeuvres dramaturgiques adressées au jeune public, se transforme au fil des époques, des pays, des médias. À partir de corpus très variés - du XVIIIe au XXIe siècle, en France mais aussi dans des espaces culturels aussi divers que le Japon, la République Tchèque ou les États-Unis, dans les recueils, les albums, les romans, les textes de théâtre ou sur scène -, les études rassemblées dans cet ouvrage mettent en évidence la diversité des modalités de circulations et d'inscriptions des chansons au sein de la littérature pour enfants et adolescents. Des chansons dont les mouvements et les métamorphoses interrogent le lien entre l'oralité qui fait leur essence, les supports écrits qui les modèlent ou les fixent, les images qui les reconfigurent, les voix qui les (ré)inventent, les corps qui les incarnent. Ces études montrent tout particulièrement comment les chansons peuvent renouveler la littérature adressée à la jeunesse et contribuer à tracer le territoire en mouvement de la culture de l'enfance.

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