Caroline Guibet Lafaye

  • Alors même que la littérature critique sur la philosophie kantienne est abondante, rares sont les études qui ont porté sur les deux champs de la réflexion que sont la logique et l'esthétique. cet ouvrage met à l'épreuve de la logique kantienne les jugements esthétiques élaborés dans la Critique de la faculté de juger, et en particulier le jugement de goût. Cette analyse permet d'évaluer la pérennité du projet et de la démarche transcendantale de Kant, alors même que Kant a d'abord exclu de la philosophie transcendantale la critique du goût et a longtemps retardé le projet même d'une l'esthétique.

  • Esthétique kantienne et esthétique hégélienne se présentent comme l'origine duale de l'esthétique, en tant que théorie de la sensibilité et philosophie de l'art. Tout semble les opposer. Pourtant le fil conducteur d'une analyse logique permet de saisir entre elles, une filiation. Celle-ci se révèle à partir de l'actualisation esthétique de la table kantienne des concepts purs de l'entendement de la Première Critique . De la même façon, c'est à partir de l'actualisation des catégories (formes, essence, matière, contenu, effectivité, possibilité, nécessité) et des principe de la Grande Logique que l'esthétique hégelienne se déploie en son autonomie.

  • Dans le sillage de la contestation sociopolitique de la fin des années 1960, les démocraties occidentales connaissent une vague de violence révolutionnaire dont des hommes et des femmes s'emparent comme d'un outil politique. Les groupes armés d'extrême gauche se caractérisent par une implication et un engagement remarquables des femmes. Le climat des années 1970, les situations de résistance et les luttes de libération sont propices à la renégociation des rôles masculins et féminins. Les femmes sont également au coeur du projet de libération nationale de certaines organisations de la gauche turque et kurde, aujourd'hui encore, comme elles l'ont été en Amérique latine ou en Asie du Sud. Interroger la violence politique des femmes revient à porter l'accent sur un phénomène quasi exclusivement décliné au masculin. Pourtant, le genre constitue un outil heuristique pour saisir ce que la féminisation fait à la violence politique et à son inscription dans l'espace sociopolitique. En croisant les dimensions sociale, politique et sexuée, le recueil S'émanciper par les armes ? propose des lectures interdisciplinaires de la lutte armée au féminin et revisite les systèmes de valeurs dans lesquels la violence politique et la violence des femmes sont prises.

  • Entre chômage "longue durée", pour les uns, profits mirifiques pour les autres, le débat sur les inégalités et la justice sociale s'est durci. La société française serait devenue fondamentalement inégalitaire. C'est cette vision sans nuance que décortique le présent ouvrage. À partir d'une enquête de terrain approfondie et originale, il montre que la position socio-économique ne joue souvent qu'un rôle modéré dans la perception des inégalités.

  • La question cosmopolitique est restée en marge de l'intérêt qui a été porté à la pensée juridico-politique de Kant. En ce sens, le présent ouvrage vient combler une lacune dans l'exploration des ressources de l'oeuvre. Mais l'intérêt philosophique de la question cosmopolitique dépasse très largement ce cadre. Elle atteste d'abord que la théorie politique de Kant ne se limite pas à une théorie de l'État. Il doit y avoir un en deçà et un au-delà de l'État, où la politique dépasse l'idée de peuple pour atteindre celle d'humanité. Le cosmopolitisme est cette théorie politique de l'humanité. En ce sens, Kant est l'antidote de Carl Schmitt, qui portait en lui la haine de l'idée cosmopolitique. Cet antagonisme théorique entre Schmitt et Kant, entre le poison et le remède, est largement attesté dans ce volume. Ce qui montre à quel point nous avons besoin aujourd'hui du cosmopolitisme de Kant, pour penser le passage de la guerre à la paix, la place de l'hôte étranger dans nos sociétés complexes et la nouvelle configuration d'un monde globalisé.

  • L'esthétique hégélienne est, dans la littérature critique philosophique, un domaine peu exploré, voire confiné aux marges de l'hégélianisme. Peu de travaux envisagent l'esthétique hégélienne pour elle-même. Il s'agit, dans ce recueil, après l'Esthétique de Hegel publié aux éditions l'Harmattan en 1997, de déterminer, sans parti pris, sa place et sa fonction dans le système hégélien, dans une mise en perspective de l'esthétique par rapport, notamment à la religion, à la logique et à la philosophie de l'esprit.

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