Benoît Garnot

  • L'évolution de la justice, de l'Ancien Régime à nos jours, est le plus souvent présentée comme un processus de rationalisation, homogène et global, qui s'imposerait progressivement aux Français: l'Etat aurait monopolisé à son profit la violence, élargi son domaine d'intervention, reculé sans cesse les limites entre le privé et le public, et discipliné la population par des mécanismes d'obéissance. Cette vision, quant au fond inexacte, fait de l'Etat l'acteur principal. Or les modes de fonctionnement de la justice, depuis le XVIe siècle, s'expliquent d'abord par les demandes des justiciables. En outre, malgré l'apparent bouleversement de la Révolution, les continuités l'emportent sur les ruptures. S'il est une rupture essentielle, elle s'est produite à la fin du Moyen Age, avec l'affirmation de la justice de l'Etat, l'adoption de la procédure inquisitoire dans la justice pénale et du système des preuves dites " rationnelles ". Ces nouveautés créent la justice moderne; tout en évoluant, elles dominent jusqu'à l'époque contemporaine. Voilà qui offre à l'historien la possibilité de rendre compte de la " judiciarisation ", c'est-à-dire d'écrire une histoire à la fois de l'institution, des normes mais aussi des pratiques. En d'autres termes, une histoire sociale de la justice, de l'Ancien Régime à nos jours.

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  • Les crimes et les horreurs ont accompagné en grand nombre l'histoire de France au fil des siècles. Ce livre en présente une trentaine d'exemples. On y retrouvera des criminels restés célèbres jusqu'à nos jours, comme François Ravaillac, Charlotte Corday, les soeurs Papin, Violette Nozière, et d'autres qui eurent leur heure de gloire en leur temps : les empoisonneuses Marie-Madeleine de Brinvilliers et Hélène Jégado, le régicide Robert-François Damiens, le parricide Pierre Rivière, le violeur d'enfant Albert Soleilland, le psychopathe Ange Soleil, ou encore les impitoyables assassins de l'Auberge rouge, pour n'en citer que quelques-uns... À la description de crimes et d'horreurs à la Cour, succède celle de crimes et d'horreurs au village, puis en ville, enfin en justice. Illustres ou moins connus, tous ces événements sont révélateurs d'une ambiance et de certaines manières (bien peu conviviales, on en conviendra...) de se comporter en société. L'ouvrage s'achève par l'évocation de l'angoisse du bourreau, car ce n'est pas une sinécure de faire passer des êtres humains de vie à trépas.À la description de crimes et d'horreurs à la Cour, succède celle de crimes et d'horreurs au village, puis en ville, enfin en justice. Illustres ou moins connus, tous ces événements sont révélateurs d'une ambiance et de certaines manières (bien peu conviviales, on en conviendra...) de se comporter en société. L'ouvrage s'achève par l'évocation de l'angoisse du bourreau, car ce n'est pas une sinécure de faire passer des êtres humains de vie à trépas. Agrégé d'histoire et docteur ès lettres, Benoît Garnot est professeur d'histoire moderne à l'université de Bourgogne. Spécialiste de l'histoire de la justice et du crime, il a publié une cinquantaine d'ouvrages, dont une Histoire de la Bourgogne (avec Alain Rauwel) aux éditions Gisserot.

  • Depuis des siècles les juges se sont constitués en un véritable corps social doté de valeurs propres, de solidarités et de revendications. C'est de ce groupe professionnel dont il est question dans cet ouvrage, de la fin du Moyen-âge à nos jours, tant dans son organisation interne que dans ses rapports avec la société environnante.

  • Abolie en 1981, la peine de mort a été appliquée en France pendant des siècles, provoquant toujours réflexions et controverses. Partisans de la peine capitale ou de son abolition, philosophes, juristes et hommes d'État ont débattu, apportant des arguments religieux, moraux, philosophique, politiques voire, très prosaïquement, pratiques.

    Cet ouvrage présente, sur plus d'un millénaire, les grands textes, classiques ou inédits, qui abordent la peine de mort. Il reprend les âpres discussions qui se sont tenues depuis la Révolution, donnant la voix aux hommes et aux femmes qui y ont pris part, souvent avec passion. Chaque texte, présenté par un grand historien de la justice, est un morceau de bravoure et une source de réflexion sur l'une des grandes inflexions de notre histoire.

  • Voltaire et l'affaire Calas

    Benoît Garnot

    • Hatier
    • 11 Septembre 2013

    5 titres qui proposent un « moment choisi » de l´Histoire de France ou du monde, en lien avec les programmes d´Histoire enseignés au collège et au lycée.La démarche dans chaque ouvrageLe récit historique pose trois questions centrales mis en perspective par la structure de chaque ouvrage :o Le récit des temps forts : le rapport à l´événemento Les acteurs en présence des évènements : le rapport au témoin (procédure où s´élabore la connaissance historique, par exemple l´observation des témoins)o Les enjeux et les débats : le régime de vérité de cette connaissanceAu soir du 13 octobre 1761, Marc-Antoine Calas, jeune Toulousain d´une famille protestante, est retrouvé pendu dans la demeure familiale. Accusé d´avoir assassiné son fils, Jean Calas est exécuté le 10 mars 1762 à Toulouse. Au faîte de sa gloire, Voltaire, homme des Lumières, se saisit de l´affaire.

  • En 1658, des religieuses se disent possédées. En 1660, l'« épidémie diabolique » atteint les habitants de la ville. Des exorcismes publics ont alors lieu. Des femmes laïques sont condamnées au bannissement, d'autres sont massacrées par la population. Une « étude de psychologie historique », réalisée d'après des archives exceptionnelles.

  • Hiérarchies sociales, mondes des campagnes et des villes, religions et croyances, déviances exutoires et révoltes, démographie, hiérarchie des apparences et des manières de vivre : pour chacun de ces thèmes, l'auteur offre une introduction à l'étude de la France de l'Ancien Régime.SOMMAIRE :1.Les fondements d'une société : naître, vivre et produire.2. Des privilèges et des hommes : noblesse, clergé, bourgeoisies.3. Un monde majoritaire et dominé : la société rurale.4. Un milieu contrasté : la société urbaine.5. Vivre au quotidien : se nourrir, se loger, se vêtir. 6. La paix sociale : exutoires, dérivatifs et révoltes. 7. Les voies du salut : religions et croyances. 8. Les chemins de la connaissance : lire, écrire, savoir; 

  • Le 29 octobre 1728, alors qu'il rentrait chez lui, Jean Boiveau, « Sieur de Volesvres », est assassiné sur la route. Son épouse, Magdelaine, est accusée du crime - perpétré par tueur à gages - et condamnée, un an plus tard, à la question puis à la décapitation. L'affaire Boiveau, qui défraya alors la chronique, amènera la déposition de cent cinquante témoins. Relatant les faits avec talent, Benoît Garnot s'attache surtout à reconstituer le cadre social et les modes de pensée en oeuvre dans ce fait divers, ceux de la victime et de son entourage, ceux des juges, et enfin ceux du clergé, qui tentera de réhabiliter la « dame de Volesvres » après sa mort. Par les passions qu'elle implique, par la richesse exceptionnelle du dossier judiciaire dont nous disposons, cette affaire criminelle forme un témoignage précieux pour mieux connaître les mentalités au 18e siècle.

  • Le diable au couvent

    Benoît Garnot

    • Imago
    • 11 Février 1995

    Entre 1658 et 1663, le couvent des Ursulines, à Auxonne, près de Dijon, est le théâtre d'une étrange affaire de possession diabolique. Une quinzaine de religieuses, raconte-t-on, sont habitées par les démons. L'épidémie de sorcellerie s'étend peu après sur la ville, et des femmes laïques - jugées responsables de ces faits - sont condamnées au bannissement, brûlées au bûcher ou massacrées par la population. Mais, en octobre 1660, Barbe Buvée, soeur de Sainte-Colombe, reconnue comme la principale coupable, est accusée publiquement - notamment par la mère supérieure - de magie, de sortilège et d'infanticide, et mise aux fers au couvent...

  • Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plus qu'aux siècles précédents, le pouvoir grandissant de l'État impose à la population des villes, puis des campagnes, des institutions judiciaires efficaces et structurées. Inventant la « police », s'appuyant sur des spectacles de supplices et un usage plus prononcé de l'incarcération, l'époque moderne voit s'affirmer la criminalisation de l'individu, ainsi encadré et contrôlé.

  • Dominer et dresser : tel est, au XVIIIe siècle, le projet politique, social et religieux des élites face au peuple. Conjuguant leurs efforts, l'Église et l'État vont tout faire pour modifier en profondeur les mentalités populaires, entreprenant ainsi une immense oeuvre de remodelage des esprits et des corps. Mais le peuple ne renoncera pas à ses manières d'être et de penser...

  • Les historiens ont beaucoup travaillé et écrit sur la criminalité et sur les délinquants, mais peu sur les victimes. Cet ouvrage cherche à combler cette lacune. Fruit d'un colloque tenu à Dijon en octobre 1999, il rassemble une quarantaine de communications réparties en cinq thèmes majeurs : le regard de la société, identités et recours, mythes, typologie en fonction des instances créatrices de victimes, typologie en fonction des préjudices subis. Tous ces problèmes sont abordés de manière diachronique, de l'Antiquité à nos jours, ce qui permet de déboucher sur des comparaisons fécondes. S'intéresser aux victimes, c'est être attentif à l'histoire de la souffrance, morale et physique. C'est aussi aborder sous un angle inhabituel les multiples manifestations du crime. C'est entrer au coeur des pratiques sociales et individuelles, et, par conséquent, porter un regard neuf sur l'évolution des comportements et des mentalités à travers les siècles.

  • Cet ouvrage apporte des informations multiples et renouvelées sur un sujet qui n'a encore été que très peu abordé par les spécialistes de l'histoire de la justice et de la criminalité : les rapports entre témoins et justice au cours de l'histoire. Il le fait dans des perspectives diachroniques et comparatives, qui ne constituent pas la moindre de ses originalités. Deux chapitres introductifs présentent la preuve testimoniale à travers les siècles. Le corps du livre comprend trente-deux chapitres, répartis en trois thèmes : justice et témoins, portraits de témoins, le langage des témoins. Les deux derniers chapitres concluent sur l'analyse des rapports entre société et témoignages. Cet ouvrage n'est pas une édition des actes du colloque international (Les témoins, de l'Antiquité à l'époque contemporaine - Dijon, octobre 2001) dont il est le fruit. Ceux-ci ont été profondément remaniés pour aboutir à la rédaction d'un ouvrage possédant la cohérence d'un livre collectif destiné à une plus large diffusion.

  • « Intolérable anomalie », l'erreur judiciaire s'avère riche d'enseignements sur l'application du droit et sur l'état des sociétés qui la génère. Comment, selon les époques, se produit-elle ? Provient-elle d'une simple défaillance humaine ou d'un dysfonctionnement plus profond ? Pourquoi se trouve-t-elle parfois au coeur de véritables luttes idéologiques ? Les pratiques judiciaires seraient-elles flexibles en fonction de la conjoncture politique ou économique ?
    Dans cet ouvrage, historiens et sociologues s'interrogent sur de nombreux cas, les uns célèbres, les autres tombés dans l'oubli, et montrent que l'erreur judiciaire constitue toujours un révélateur de tensions et de conflits, souvent inavoués.

  • On pourrait s'attendre, à ce que les pratiques judiciaires reflètent les normes juridiques, qu'il s'agisse des lois ou des coutumes.
    Et cela peut se produire. Mais il arrive souvent qu'un écart apparaisse entre les unes et les autres, c'est-à-dire que les juges décident pour les délinquants des peines différentes de celles prévues par les lois, fréquemment dans le sens d'une sévérité moindre. On n'en finirait pas d'accumuler les exemples de ces écarts : ils abondent dans ce livre, qui couvre une très longue période, du Moyen Age à l'époque contemporaine, et un vaste espace géographique, puisque, si la France y est privilégiée, les autres pays européens et l'Amérique y sont largement abordés.
    Tenter d'analyser globalement les facteurs des distorsions, si fréquentes, entre les normes juridiques et les pratiques judiciaires, implique de prendre en compte en même temps les règles de droit, les instances qui sont chargées de les faire appliquer et ceux qui doivent, du moins en théorie, les respecter. Réfléchir à ces distorsions conduit à relativiser la part d'autonomie et d'influence du droit.
    Elles sont sans doute même une nécessité, sauf à Considérer que l'idéal à atteindre serait celui d'une société immobile (et coercitive ?).

  • La torture judiciaire a pour but de faire avouer un crime à un suspect - voire parfois de lui extorquer les noms de ses éventuels complices - en lui infligeant, selon un processus précis, des sévices physiques très douloureux et insoutenables. Héritage du droit romain, cette torture est réintroduite en Occident dans la procédure pénale au XIIIe siècle. Mais dès le XVIIIe siècle, elle est abandonnée et, par la suite, universellement interdite par le droit international. Cependant, depuis quelques décennies, nous assistons à une nette régression car la voici redevenue une pratique d´État dans des pays tenus pour démocratiques, comme les États-Unis.
    Comment comprendre et expliquer une telle institution ?

  • Monstre d'acier ou de béton, le pont, silhouette massive, occupe le paysage urbain et se fond au décor jusqu'à parfois s'y faire oublier. Voici treize nouvelles où toujours il se dresse, à la fois lien et tremplin, entre le bien et le mal, l'admiration et les désillusions. Alors que certains sautent dans le vide pour noyer leur mal-être, d'autres voient le mythique saut de l'ange comme une renaissance. Entre un futur proche où l'on coupe les ponts et une dynastie familiale sur le déclin émergent des problèmes de jeu, des couples en péril, mais aussi la grandeur de l'enfance et des retrouvailles inattendues.

    Charmée par la beauté brute des oeuvres composant la série « Ponts », de l'artiste montréalais James Kennedy, Chrystine Brouillet a invité douze créateurs à livrer un texte inspiré d'une pièce unique, chacune reproduite au début de la nouvelle s'y rattachant. Avec la participation de Marie-Eve Bourassa, Claudine Bourbonnais, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, R. J. Ellory, Claude A. Garneau, David Goudreault, François Lévesque, Tristan Malavoy, Martin Michaud, Ariane Moffatt, Marie-Ève Sévigny et Johanne Seymour

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